

Planisphère géopolitique et stratégique
Diploweb
L’actualité du monde est passée au crible par les experts de la géopolitique et des questions stratégiques. Cette émission Planisphère est diffusée sur la bande FM sur les fréquences de RND et RCF, puis mise à disposition comme podcast sur cette plateforme. Produite par Pierre Verluise, cette émission est également installée sur le premier site géopolitique qu'il dirige, Diploweb.com, accompagnée d'une synthèse rédigée, validée par l'intervenant. Enfin, vous trouverez ici quelques enregistrements de podcasts du Diploweb, antérieurs à cette émission Planisphère, par ex. avec Y. Lacoste.
Episodes
Mentioned books

Apr 2, 2026 • 26min
Quelle est la stratégie de Trump II ? Avec M. Quessard
Comment comprendre la politique étrangère de Donald Trump… et ses conséquences stratégiques pour les alliés occidentaux ? D’ailleurs, Trump II a-t-il une stratégie ? Ukraine, Gaza, Venezuela, Iran… la question se pose. Pour y répondre, Planisphère a la joie de recevoir Maud Quessard. Podcast et synthèse rédigée complète sur Diploweb.com. Cette émission a été enregistrée le 17/03/2026 et diffusée le 31/03/2026 sur RCF Notre Dame.Extrait de la synthèse rédigée"Le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis depuis le 20 janvier 2025 soulève une interrogation centrale en relations internationales : existe-t-il une véritable stratégie derrière ce que certains perçoivent comme une diplomatie erratique ? À travers l’analyse de Maud Quessard, spécialiste de la politique étrangère américaine, il apparaît que le « trumpisme stratégique » ne relève pas de l’absence de stratégie, mais d’une transformation profonde des logiques traditionnelles de puissance. Entre recentrage hémisphérique, diplomatie transactionnelle et remise en cause du multilatéralisme, cette politique redéfinit les équilibres internationaux et impose aux alliés occidentaux, notamment européens, une adaptation accélérée. Contrairement à une idée répandue, l’administration Trump II s’appuie bien sur des documents stratégiques formels, notamment la « National Security Strategy » (2025) et la « National Defense Strategy » (2026). Ces textes révèlent un recentrage sur l’hémisphère occidental, inspiré de la doctrine Monroe, que Trump rebaptise symboliquement « doctrine Donro ».Cependant, cette stratégie se distingue par sa nature profondément politique et personnalisée : les documents accessibles, valorisent la figure présidentielle et s’éloignent du langage technocratique habituel. Ils traduisent une vision du monde fondée sur la hiérarchisation des alliances, où la loyauté envers les États-Unis devient le critère principal du soutien.Ainsi, le trumpisme stratégique ne repose pas sur une grande stratégie cohérente au sens classique, mais sur une logique impériale et transactionnelle centrée sur les intérêts immédiats des États-Unis.L’un des traits majeurs de Trump II est la substitution d’une diplomatie experte par une « diplomatie spectacle ». Inspirée de l’univers médiatique, elle repose sur des coups de force visibles, rapides et politiquement valorisables.Cette approche se traduit par :. des interventions ponctuelles (ex : Venezuela) assimilables à des opérations de démonstration,. une gestion plus complexe et incertaine de dossiers structurants (Iran),. une volonté constante de conclure des « deals ».Toutefois, cette stratégie présente une contradiction interne : elle s’oppose aux attentes d’une partie de la base électorale isolationniste(MAGA), créant ainsi une vulnérabilité politique intérieure.Le trumpisme redéfinit profondément le lien transatlantique. Les alliances ne sont plus considérées comme des engagements durables fondés sur des valeurs communes, mais comme des relations conditionnelles et asymétriques.Les conséquences sont multiples :. mise sous pression des Européens pour augmenter leurs dépenses militaires,. incertitude stratégique pour les alliés (Europe, Japon, Corée du Sud),. affaiblissement du cadre normatif international porté historiquement par les États-Unis.Ce repositionnement agit paradoxalement comme un accélérateur de l’autonomie stratégique européenne, notamment au sein de l’OTAN. L’imprévisibilité américaine devient un facteur de structuration pour l’Europe.La politique étrangère de Trump II ne relève ni du chaos ni d’une stratégie classique, mais d’une transformation profonde des logiques de puissance. Elle repose sur trois piliers : transactionnalité, personnalisation et remise en cause des normes internationales. Ses conséquences sont majeures : fragilisation des alliances, accélération de la fragmentation mondiale et montée des acteurs privés.(...)"Voir la synthèse rédigée complète sur Diploweb.com.

Apr 2, 2026 • 26min
La Chine en Afrique : quelles « diplomaties » alternatives ? Avec M. Mérino et C. Pina
Quelles sont les formes et les limites des avancées de la République populaire de Chine sur le continent africain ? Quels sont les secteurs clés ciblés par Pékin pour y marquer des points ? La présence de la Chine en Afrique pose de nombreuses questions. Pour mieux comprendre, Planisphère reçoit deux des trois co-directeurs de l’étude 129 de l’IRSEM : « La Chine en Afrique. Des « diplomaties » alternatives pour de nouveaux enjeux sécuritaires ». Pour en parler, nous avons l’honneur de recevoir Mathieu Mérino et Carine Pina. Podcast et synthèse rédigée complète sur Diploweb.com Cette émission a été enregistrée le 17/02/2026 et diffusée le 24/03/2026 sur RCF Notre Dame.Extrait de la synthèse "A l'occasion de la publication de l’étude collective n°129 de l’IRSEM, « La Chine en Afrique : des diplomaties alternatives pour de nouveaux enjeux sécuritaires », et en s’appuyant les travaux des différents contributeurs, Mathieu Mérino et Carine Pina analysent les formes, les ambitions et les limites de l’engagement chinois sur le continent africain.Si la Chine est aujourd’hui le premier partenaire commercial de l’Afrique, sa présence dépasse largement le simple cadre économique. Elle s’étend aux domaines sanitaire, informationnel et sécuritaire. Cette montée en puissance suscite, toutefois, interrogations et critiques croissantes. L’Afrique apparaît ainsi comme un laboratoire des ambitions globales de Pékin, mais aussi comme un révélateur de ses contradictions.Depuis une quinzaine d’années, la Chine occupe la place de premier partenaire commercial du continent africain, avec environ 350 milliards de dollars d’échanges en 2025. Une des clefs de cette réussite est que Pékin renforce sa dynamique d’échanges avec les pays africains par des mesures favorables aux exportations desdits pays, avec par exemple la suppression à venir des droits de douane pour les pays partenaires.Cependant, cette relation s’inscrit dans une compétition internationale intense. L’Afrique n’est plus une périphérie dominée par l’Occident, mais un espace stratégique convoité par de nombreux acteurs comme les États-Unis, la Russie, la Turquie, l’Inde ou encore les monarchies du golfe Persique. Pour les États africains, cette diversification de partenariats possibles représente une opportunité à la fois pour rééquilibrer leurs échanges avec le reste du monde mais également d’affirmer leur souveraineté dans un contexte de recomposition des relations internationales. La Chine évolue donc dans un environnement où son influence est forte, mais non exclusive.Carine Pina souligne que la présence chinoise ne repose plus uniquement sur les grandes entreprises publiques. Elle inclut désormais PME, entrepreneurs indépendants, étudiants et travailleurs qualifiés. Des communautés importantes se sont ainsi implantées dans plusieurs pays, comme en Afrique du Sud, en Angola ou bien en République démocratique du Congo.Cette dimension humaine consolide alors les réseaux économiques et favorise une implantation de long terme. La Chine agit ainsi à la fois par l’État et au travers de sa diaspora, renforçant en profondeur de son ancrage. (...)La Chine est devenue un acteur sécuritaire important en Afrique. Comme l’explique Quentin Couvreur dans cette étude, elle figure parmi les principaux contributeurs aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, tant en troupes qu’en financement, avec une majorité de ses effectifs déployés sur le continent. Cet engagement vise à affirmer son statut de puissance responsable tout en protégeant ses investissements et ses ressortissants. (...) La Chine est devenue un acteur sécuritaire important en Afrique. Comme l’explique Quentin Couvreur dans cette étude, elle figure parmi les principaux contributeurs aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, tant en troupes qu’en financement, avec une majorité de ses effectifs déployés sur le continent. (...)".Synthèse rédigée complète sur Diploweb.com

Mar 18, 2026 • 26min
Comment la fiction peut-elle aider à penser le terrorisme ? Marc Hecker
Planisphère se penche aujourd’hui sur une manière originale de partager une solide expertise du terrorisme. Non pas par un énième rapport aux plus hautes autorités, non pas par une audition devant les parlementaires, mais par un roman. Comment la fiction peut-elle aider à penser le terrorisme ? Pour répondre, Planisphère a le plaisir de recevoir Marc Hecker. Podcast et synthèse rédigée complète sur Diploweb.com Marc Hecker, Directeur exécutif de l’Institut français des relations internationales, l’Ifri. Docteur en science politique, Marc Hecker conduit depuis une vingtaine d’années des recherches sur le terrorisme. Cette fois, il signe un roman : « Daech au pays des merveilles », aux éditions Spinelle.Cette émission a été enregistrée le 17/02/2026 et diffusée le 17/03/2026. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée. Extraits de la synthèse rédigée"Comment penser le terrorisme autrement que par des rapports institutionnels ou des analyses académiques classiques ? C’est à cette question originale que répond Marc Hecker, directeur exécutif de l’Institut français des relations internationales (Ifri), en choisissant la voie de la fiction. Dans l’émission Planisphère, il revient sur son premier roman, « Daech au pays des merveilles », qui mêle rigueur scientifique et narration romanesque pour explorer les dynamiques du terrorisme, de la radicalisation et de la résilience sociétale. Cette intervention éclaire à la fois l’intérêt heuristique de la fiction, les mutations de la menace terroriste en France et en Europe, ainsi que les tensions entre médias, recherche et temporalité de l’analyse. Marc Hecker explique son choix de la fiction par un double objectif : toucher un public plus large et dépasser certaines limites structurelles de la recherche académique. Le roman permet tout d’abord de tester des hypothèses prospectives sur le temps long, en déroulant des scénarios complexes que les études prospectives ne peuvent souvent qu’esquisser. Ensuite, la fiction offre un accès privilégié à la conscience des acteurs et à leur manière de penser, là où le chercheur se heurte à l’impossibilité de « perquisitionner les cerveaux ». Elle permet ainsi de mieux comprendre les logiques subjectives, émotionnelles et identitaires de la radicalisation. Enfin, le roman offre la possibilité d’intégrer des anecdotes de terrain, des expériences professionnelles et des situations humaines qui n’ont pas leur place dans les formats académiques traditionnels.L’idée de ce roman repose sur une audition réelle du directeur général de la sécurité intérieure en 2016, évoquant le risque d’une « grande confrontation » entre l’ultra-droite et les musulmans en France. Marc Hecker s’interroge sur les raisons pour lesquelles cette confrontation n’a pas eu lieu. Deux explications principales émergent : d’une part, la résilience de la société française ; d’autre part, l’efficacité des services de renseignement, qui ont déjoué une quinzaine de projets d’attentats d’ultra-droite. Le roman agit ici comme une mise en lumière de ce à quoi la société française a échappé, donnant à l’ouvrage une dimension à la fois uchronique et anticipatrice. Initialement appliqué aux individus, le concept de résilience est étendu par Marc Hecker à l’échelle collective. Il désigne la capacité d’une société à absorber un choc majeur sans s’effondrer ni basculer dans une polarisation irréversible. Malgré la stratégie djihadiste visant explicitement l’implosion sociale et la guerre civile, la société française a su éviter cette trajectoire. Des mécanismes de désescalade politique, institutionnelle et sociale ont permis de contenir la violence. (...)Voir la synthèse rédigée complète sur Diploweb, avec des ressources complémentaires

Mar 18, 2026 • 26min
Europe, année zéro ? Avec A. Revol
Aujourd’hui l’Union européenne est contrainte de repenser ses fondations, mais elle semble parfois dans un état de sidération ou de somnambulisme. Guerre en Ukraine, dépendance énergétique, défense, démocratie… autant de sujets qui invitent à s’interroger : Europe, année zéro ? Pour en parler au micro de Planisphère, Pierre Verluise est heureux de recevoir Adina Revol. Podcast et synthèse rédigée. Adina Revol, Docteure en science politique, précédemment porte-parole de la Commission européenne en France. Adina Revol a publié « Rompre avec la Russie. Le réveil énergétique européen », aux éditions Odile Jacob. Elle enseigne les affaires européennes à Sciences Po Paris et à l’ESCP.Cette émission a été enregistrée le 3/02/2026 et diffusée le 10/03/2026. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigéeExtrait de la synthèse rédigée."Dans cet entretien accordé à l’émission Planisphère, Adina Revol, docteure en sciences politiques et ancienne porte-parole de la Commission européenne en France, propose une lecture lucide et critique de l’état de l’Union européenne. Face à la guerre en Ukraine, à la dépendance énergétique, aux fragilités démocratiques et aux enjeux de défense, elle défend l’idée que l’Europe traverse un moment fondateur : une véritable « année zéro ». Cette période impose de revisiter des choix historiques non résolus et de refonder l’autonomie stratégique européenne sur des bases concrètes, politiques et démocratiques. Cette émission a été enregistrée avant le début de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, le 28 février 2026, mais ce nouveau conflit dont personne ne peut prévoir l’issue et les conséquences ne fait qu’ajouter à l’urgence de cette refondation. (...) L’intervenante insiste sur le caractère fondamentalement démocratique de l’Union européenne. Pourtant, cette réalité est largement invisibilisée dans l’espace public. L’Europe souffre d’un déficit d’incarnation médiatique et territoriale, ce qui la rend vulnérable aux discours populistes. Cette logique s’observe aussi bien dans les anciens que dans les nouveaux États membres, y compris en Europe centrale et orientale, pourtant largement bénéficiaires des fonds européens. Ce paradoxe alimente une montée du populisme, souvent renforcée par des stratégies d’ingérence étrangère. (...) Pour Adina Revol, la priorité numéro un de cette « Europe année zéro » est la maîtrise du destin énergétique européen. Sans autonomie énergétique, aucune souveraineté n’est possible : ni industrielle, ni militaire, ni technologique. L’Europe a longtemps externalisé son approvisionnement, notamment depuis la Russie, au nom d’une illusion d’interdépendance pacificatrice. Or, dépendre de régimes autoritaires empêche toute liberté stratégique et expose l’Union à des chantages majeurs. (...) L’Europe a échoué à construire une véritable union de l’énergie dès ses origines. Faute de compétence européenne claire en la matière, chaque État a conservé son propre mix énergétique. Cette fragmentation a conduit plusieurs pays, dont l’Allemagne, à renforcer leur dépendance au gaz russe, en espérant que les échanges économiques favoriseraient la démocratisation de Moscou. Cette stratégie s’est révélée être une erreur majeure, exploitée par Vladimir Poutine comme une arme géopolitique. (...) La guerre en Ukraine est, selon Adina Revol, une guerre existentielle pour l’Europe. Il ne peut y avoir de paix durable sans une défaite claire de Vladimir Poutine. Toute solution de type « gel du conflit » serait illusoire, car le régime russe n’a jamais respecté ses engagements [2]. Laisser faire aujourd’hui, c’est accepter des agressions futures, y compris contre les États membres de l’OTAN. (...)Voir la synthèse rédigée complète sur Diploweb.com

Mar 8, 2026 • 26min
Que nous apprend l’histoire mondiale du renseignement ? Avec S-Y Laurent
Depuis longtemps, mais peut-être plus que jamais, le renseignement joue un rôle clé dans le devenir du monde. Par définition, il s’agit d’une activité secrète. Alors, nous est-il possible d’avoir - à partir de sources ouvertes - une connaissance du renseignement à l’échelle du monde entier ? Pour en parler, nous avons l’honneur de recevoir Sébastien-Yves Laurent. Professeur de science politique à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye. Co-auteur avec Peter Jackson et Boris Delagenière de « L’essor du renseignement moderne. Une histoire mondiale de l’espionnage », chez Nouveau monde éditions. Cette émission a été enregistrée le 5/01/2026 et diffusée le 3/03/2026. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée Extrait de la synthèse rédigée"Voici une une réflexion approfondie sur la nature, l’évolution et les enjeux contemporains du renseignement. À rebours des représentations fantasmées de l’espionnage, il développe une approche scientifique et historique du renseignement comme objet politique, institutionnel et technologique. L’entretien permet ainsi d’éclairer la place centrale du renseignement dans les rapports de pouvoir, les crises internationales et la prise de décision stratégique.Sébastien-Yves Laurent propose une définition volontairement simple mais structurante : le renseignement est avant tout une pratique d’usage de l’information. Il ne s’agit pas uniquement de collecter des données, mais bien d’en faire (ou non) un usage politique, stratégique ou opérationnel. Cette distinction est essentielle car elle met en lumière un problème récurrent dans l’histoire : le fait que des informations pertinentes puissent être disponibles sans pour autant être prises en compte par le décideur. L’exemple de l’URSS face à l’invasion allemande en 1941 illustre tragiquement cette situation, où Staline disposait d’informations précises mais choisit de les ignorer. À l’inverse, certaines opérations contemporaines (capture du président du Venezuela Maduro en janvier 2026) montrent combien un renseignement exploité efficacement peut être décisif.La thèse centrale repose sur l’idée de modernité du renseignement, qui émerge au XIXe siècle. Cette modernité se caractérise par quatre éléments fondamentaux :. L’institutionnalisation bureaucratique des services de renseignement en temps de paix.. Leur capacité à centraliser l’information.. Leur proximité avec le pouvoir exécutif.. L’irréversibilité de leur existence.Contrairement aux dispositifs ponctuels existant dans les siècles précédents, les services modernes deviennent des bureaucraties permanentes, désormais indissociables de l’État. (...)Deuxième thèse majeure : le renseignement est historiquement profondément dépendant des technologies de l’information. Dès le XIXe siècle, la télégraphie, puis la radio, l’interception des communications et le déchiffrement transforment les pratiques. La Première Guerre mondiale apparaît comme un tournant décisif : développement massif de l’écoute des communications, photographie aérienne, usage de l’avion comme outil de collecte d’information, coopération technologique entre alliés. Cette dynamique s’est poursuivie jusqu’à aujourd’hui avec le numérique et l’intelligence artificielle, créant une dépendance structurelle du renseignement à la technologie. (...)L’un des apports les plus novateurs évoqués concerne la féminisation massive du renseignement lors de la Première Guerre mondiale. Loin des clichés de la « femme fatale », les femmes ont joué un rôle crucial dans les grandes bureaucraties du renseignement, notamment dans le déchiffrement, le traitement de l’information et la gestion administrative. Bien que cantonnées à des fonctions subalternes en raison des normes sociales de l’époque, leur contribution fut structurellement indispensable au fonctionnement des services."Voir sur Diploweb.com la synthèse rédigée complète

Mar 8, 2026 • 26min
Désordres et manipulations de l’information : comment y voir plus clair ? Avec C. Debiève
Nous vivons actuellement un nouvel épisode d’un grand classique : les manipulations de l’information. Mais, quelles sont leurs nouvelles formes ? Et comment caractériser l’espace informationnel aujourd’hui ? Et pour demain, est-il encore possible de rester optimiste et de mettre en place des solutions ? Pour dialoguer à propos des désordres et manipulations de l’information, Planisphère a le bonheur de recevoir Chloé Debiève. Après plusieurs années à se spécialiser sur les enjeux informationnels dans le secteur public, Chloé Debiève a créé en décembre 2025 sa structure dédiée. Son objectif : accompagner et sensibiliser, et ainsi mieux lutter contre les manipulations de l’information. Chloé Debiève est conférencière et consultante dédiée aux enjeux informationnels. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée . Cette émission a été enregistrée le 15/12/26 et diffusée le 24/02/26.Extrait de la synthèse rédigéeLes manipulations de l’information ne sont pas une nouveauté historique, mais elles prennent aujourd’hui une ampleur et des formes inédites. À l’ère des réseaux sociaux, de l’économie de l’attention et de l’intelligence artificielle, l’espace informationnel est marqué par une surcharge de contenus, une personnalisation extrême et une confusion croissante entre le vrai, le faux, l’opinion et le fait. Invitée de l’émission Planisphère, Chloé Debiève, conférencière et consultante spécialisée dans les enjeux informationnels, propose une grille de lecture de ce chaos informationnel, en analyse clairement les risques pour nos sociétés démocratiques et partage des pistes pour mieux s’y orienter.Chloé Debiève commence par déconstruire une idée reçue : la manipulation de l’information n’est ni nouvelle, ni simple. La désinformation, la guerre de l’information et l’usage stratégique des récits existent depuis longtemps. Ce qui change aujourd’hui, ce sont les échelles et les modalités.Elle rappelle que :. la désinformation correspond à une information fausse, diffusée en connaissance de cause,. il existe aussi des informations vraies sorties de leur contexte ou détournées pour induire en erreur et/ou nuire, qualifiables de malinformation,. et des informations fausses relayées sans intention de tromper ni malveillance, on parle alors de mésinformation.Réduire le problème aux seules « fake news » masque la diversité des mécanismes en jeu. Pour comprendre l’ampleur du phénomène, il faut saisir ces multiples visages de la manipulation informationnelle.L’espace informationnel contemporain se caractérise d’abord par une surcharge massive d’informations. Par le biais des smartphones, des réseaux sociaux et, désormais, de l’intelligence artificielle (IA), nous sommes exposés à un flux continu de contenus. Chloé Debiève reprend l’image d’un amas de « boue numérique » (aussi appelé « slop ») : un mélange de contenus souvent futiles, redondants, de qualité très inégale, qui nous inonde en permanence. Cette saturation rend difficile la prise de recul, favorise l’épuisement cognitif et rend plus compliquée la hiérarchisation de ce qui est important. Nous avons du mal à nous extraire de ce flux continu, à couper, à reprendre la main sur notre temps et notre attention. (...)Chloé Debiève insiste sur un point qu’elle juge particulièrement inquiétant : la disparition progressive de plusieurs frontières essentielles.. La frontière entre vrai et faux se brouille : certains considèrent que la vérité n’est qu’une opinion parmi d’autres.. La frontière entre cible et acteur s’estompe : nous sommes à la fois exposés aux contenus et relais potentiels, par nos partages, commentaires, likes.. La frontière entre opinion et fait se dilue : la croyance et la perception peuvent prendre le pas sur la recherche de la vérité. (...)Voir la synthèse rédigée complète sur Diploweb.

Feb 18, 2026 • 26min
Le Sahel, espace de confrontation informationnelle ? Avec S. Mihoubi
Voici quelques années, la France était un acteur géopolitique important au Sahel. Puis la France a été contrainte de laisser la place à d’autres acteurs. Cette éviction s’est notamment faite au moyen d’une lutte informationnelle qui a diffusé des récits géopolitiques défavorables à Paris. Pour comprendre comment le Sahel est devenu un espace de confrontation informationnelle, Planisphère a la joie de recevoir Selma Mihoubi. S. Mihoubi, docteure en géopolitique de Sorbonne Université. Consultante spécialisée en influence informationnelle. S. Mihoubi partage au micro de Planisphère son expertise des dynamiques informationnelles à l’œuvre au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise.Lire la synthèse rédigée complète sur Diploweb.comExtrait de la synthèse"Longtemps zone d’influence prioritaire de la France, le Sahel est devenu en quelques années un espace central de confrontation informationnelle. La perte d’influence française, les coups d’État successifs au Mali, au Burkina Faso et au Niger comme l’arrivée de nouveaux acteurs étrangers ont profondément reconfiguré le paysage médiatique et géopolitique de la région. Selma Mihoubi, docteure en géopolitique et spécialiste de l’influence informationnelle, éclaire les mécanismes de diffusion des récits, les rivalités médiatiques et les stratégies d’acteurs qui transforment l’espace public sahélien. Son analyse met en évidence la complexité d’un environnement où se croisent désinformation locale, propagande étrangère et fragilité structurelle des systèmes médiatiques. Selma Mihoubi conteste l’idée selon laquelle la désinformation au Sahel serait essentiellement importée par des acteurs étrangers, en particulier russes. Selon elle, cette vision occulte la responsabilité et l’activité propres des acteurs locaux : autorités politiques, groupes sociaux ou communautaires, organisations sous-régionales. La désinformation circule souvent en lien direct avec les dynamiques internes, les tensions politiques, les crises sécuritaires et les récits historiques déjà présents. Ignorer cette dimension revient à méconnaître les logiques sociales et politiques qui façonnent la réception des discours.(...) Plusieurs facteurs fragilisent structurellement l’espace informationnel sahélien : faible développement économique, faiblesse des infrastructures médiatiques, contexte de guerre contre les groupes djihadistes, dépendance historique aux médias étrangers. Ces vulnérabilités attirent des acteurs cherchant à influencer les perceptions locales. Par ailleurs, l’héritage colonial et postcolonial, notamment avec la France, continue de structurer les imaginaires et offre un terreau fertile à des narratifs hostiles. L’accès dominant des agences de presse occidentales accentue aussi les inégalités dans la production d’information. (...) Les régimes militaires sahéliens ont accru leur contrôle sur les médias publics et privés. Intimidations, arrestations de journalistes, restrictions de diffusion : ces pratiques renforcent l’autocensure et limitent les discours critiques. Les autorités cherchent à uniformiser les narratifs et à empêcher toute remise en cause de leur légitimité. Sur les réseaux sociaux, une multiplication de comptes, authentiques ou non, pro-AES et pro-russes accompagne cette stratégie, relayant des discours hostiles à la France et valorisant les nouvelles alliances. (...) La France tente aujourd’hui de redéployer sa présence informationnelle. En 2025, France Médias Monde a lancé ZOA, une plateforme 100 % numérique et panafricaine basée au Sénégal, à Dakar. Son ambition est d’adopter un ton plus jeune et d’intégrer davantage de journalistes locaux, répondant aux critiques sur la distance culturelle entre les médias français et les publics africains. (...)"Lire la synthèse rédigée complète sur Diploweb.comCette émission a été enregistrée le 08/12/2025 et diffusée le 17/02/2026

Feb 15, 2026 • 26min
Pourquoi l’Arctique devient-il stratégique ? Avec J. Bachelier
Longtemps relégué à la périphérie des préoccupations stratégiques, l’Arctique a bénéficié d’une forme d’« exception polaire » tacite, garantissant à la région une stabilité relative. Cet espace, perçu comme marginal, scientifique et coopératif, semblait durablement éloigné des grandes rivalités de puissance. Pourtant, dès 2017, la Revue stratégiquedu ministère des Armées identifiait déjà l’Arctique comme un possible « espace de confrontation ». L’évolution récente du contexte international lui a donné raison. La relance de la guerre russe en Ukraine en 2022 a profondément bouleversé les équilibres géopolitiques et mis fin à l’exception arctique. En juillet 2025, la France publiait sa Stratégie de défense pour l’Arctique. Quelques mois plus tard, en janvier 2026, le président des États-Unis réaffirmait sa volonté de prendre, d’une manière ou d’une autre, le contrôle du Groenland, suscitant un moment de fortes tensions, y compris entre alliés au sein de l’OTAN. Pourquoi l’Arctique est-il devenu un espace stratégique à part entière, et comment la France entend-elle y jouer son rôle ? Pour le savoir, Planisphère reçoit à son micro Jérémy Bachelier. Podcast et synthèse rédigée.Jérémy Bachelier, Capitaine de frégate, officier d’active de la Marine nationale. Il occupe actuellement les fonctions d’expert aéro-maritime au sein de la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS), au titre desquelles il a travaillé à la préparation de la stratégie française de défense pour l’Arctique, publiée en juillet 2025. Il s’exprime en son nom propre. Cette émission a été enregistrée le 27/01/2026 et diffusée le 10/02/2026. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus la synthèse rédigée complète sur Diploweb.comExtrait de la synthèse rédigée " (...) Depuis plus de quarante ans, cet espace connaît une transformation environnementale rapide et profonde. Les données satellitaires disponibles depuis 1979 attestent d’une réduction de la superficie de la banquise de 10 à 12 % par décennie, ainsi que d’une perte moyenne d’épaisseur d’environ 30 cm par décennie. Ces évolutions modifient radicalement les usages de la région, en rendant accessibles des espaces jusqu’alors inexploitables, tant pour les activités économiques que pour l’accès aux ressources énergétiques et minières.Historiquement, la gouvernance de l’Arctique reposait sur une logique de coopération, notamment au sein du Conseil de l’Arctique, centré sur les enjeux environnementaux et scientifiques. Le changement climatique a profondément bouleversé cet équilibre. L’ouverture progressive de routes maritimes et l’accès à des ressources stratégiques ont transformé l’Arctique en nouvel espace de compétition entre puissances. (...)Pour la France, l’Arctique fait pleinement partie de sa profondeur stratégique, indissociable de la sécurité euro-atlantique. La Stratégie française de défense pour l’Arctique, publiée en juillet 2025, identifie quatre enjeux prioritaires.Le premier est celui de la sécurité collective. En tant que membre de l’Union européenne et de l’OTAN, la France considère que toute agression contre un État nordique aurait des conséquences directes sur l’ensemble de ces organisations.Le deuxième enjeu concerne la liberté d’action, qu’il s’agisse de navigation, de survol ou d’accès aux espaces communs. La France entend préserver sa capacité à opérer librement, tant sur le plan commercial que militaire.Le troisième enjeu porte sur la sécurisation des ressources. L’Arctique recèle un potentiel important en hydrocarbures, minerais stratégiques et métaux critiques. La France souhaite éviter toute situation de dépendance ou de fait accompli, en sécurisant les chaînes d’exploitation et de transport.Le quatrième enjeu porte sur la protection des biens et des personnes. (...)"Voir la synthèse rédigée complète sur Diploweb.com

Feb 4, 2026 • 26min
Quelle présence russe en Afrique ? Avec C. Marin
Quelle est la réalité de la présence russe en Afrique ? S’agit-il d’une nouveauté ou d’un retour réinventé ? Quelles sont ses formes et … ses limites ? Pour comprendre au mieux la présence russe en Afrique, Pierre Verluise reçoit au micro de Planisphère Cécile Marin, docteure en histoire contemporaine de l’INALCO. Claire, précise, nuancée. Podcast et extrait de la synthèse rédigée. Cécile Marin, docteure en histoire contemporaine, Enseignante en histoire à Sciences Po au sein du programme Europe/Afrique. C. Marin y anime le séminaire "Histoire et géopolitique de la présence russe en Afrique". Cette émission a été enregistrée le 3/11/2025 et diffusée le 3/02/2026. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée. Extrait de la synthèse rédigée. "La présence russe en Afrique suscite de plus en plus d’attention dans un contexte où les puissances occidentales, notamment la France, semblent en retrait sur le continent. Pour autant, cette influence russe, si elle paraît récente et vigoureuse, s’inscrit dans une histoire longue, marquée par les héritages soviétiques et les recompositions géopolitiques post-Guerre froide. Cécile Marin nous propose une lecture nuancée de cette présence, en soulignant à la fois ses continuités, ses transformations et ses limites structurelles. (...) L’isolement de la Russie après l’annexion illégale de la Crimée en 2014 l’a poussée à chercher de nouveaux partenaires, notamment en Afrique. Sa doctrine de politique étrangère de 2023 consacre pour la première fois un chapitre entier au continent africain, signe de son importance stratégique.Cette diplomatie s’exprime par l’organisation de sommets Russie-Afrique (Sotchi 2019, Saint-Pétersbourg 2023), la réouverture d’ambassades et de multiples forums multilatéraux ou régionaux. Ces rencontres très médiatisées visent à mettre en scène un rapprochement entre Moscou et les États africains. Les dirigeants africains trouvent dans ce partenariat une alternative narrative : la Russie se présente comme une puissance non coloniale, en opposition à l’Occident. Ce discours anticolonial, bien que paradoxal pour un "ancien" empire, séduit certains régimes en quête de légitimité face à leurs opinions publiques. (...) La principale dimension de la présence russe en Afrique est sécuritaire. Profitant du retrait français au Sahel, la Russie s’appuie sur des sociétés paramilitaires, notamment le groupe Wagner, puis Africa Corps après 2023. Ces forces soutiennent des régimes fragiles (Mali, Centrafrique, Niger) dans leurs luttes contre les groupes armés et deviennent un outil d’influence politique. Wagner ne s’est pas limité au mercenariat : le groupe a mené une guerre informationnelle, diffusant une propagande pro-russe et anti-occidentale via les réseaux sociaux, des campagnes de désinformation et des médias affiliés.Cette influence numérique et psychologique exploite les ressentiments postcoloniaux et contribue à remodeler les perceptions locales : la Russie y apparaît comme le partenaire libérateur face à l’Occident déclinant. La Russie a développé un écosystème médiatique offensif en Afrique. Après l’interdiction de Russia Today et Sputnik en Europe, ces médias ont recentré leurs activités sur le continent africain, avec la création de Sputnik Afrique en 2022. Ces médias diffusent massivement du contenu en français et en anglais, parfois relayé gratuitement par des chaînes locales africaines grâce à des accords de partenariat. En parallèle, la Russie mène des campagnes numériques sophistiquées, souvent appuyées par des IA génératives, comme l’a révélé le service français Viginum. Face à cela, l’Europe et la France ont tardé à réagir, concédant un retard stratégique dans la bataille des récits. (...) La présence russe en Afrique est donc une réalité plurielle, plus politique et symbolique qu’économique. (...)"Voir sur Diploweb.com la synthèse rédigée complète.

Jan 28, 2026 • 24min
Existe-t-il une géopolitique du sable ? Avec J. Bueb
Avez-vous déjà fait des pâtés de sable ? Et vous êtes-vous déjà demandé s’il est possible de faire une géopolitique du sable ? Parce qu’il s’agit d’un matériaux clé de la mondialisation, Planisphère pose la question à Julien Bueb , Docteur en économie de l’environnement. Il vient de publier « Géopolitique du sable » aux éditions Le Cavalier bleu. Cette émission a été enregistrée le 29/09/2025 et diffusée le 28/01/2026. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée complèteExtrait de la synthèse rédigée"Le sable souvent associé à l’image des plages et des déserts, est en réalité l’une des ressources les plus stratégiques de notre époque. Matériau le plus consommé après l’air et l’eau, il est indispensable à la construction, aux technologies modernes et à de nombreuses industries. Dans son ouvrage « Géopolitique du sable », Julien Bueb explore les dimensions environnementales, économiques, sociales et géopolitiques de cette ressource en apparence banale mais essentielle à la mondialisation.Le sable est massivement utilisé dans le BTP (béton, voiries, ballast, autoroutes), mais aussi dans le verre, les fioles médicales, la fibre optique ou encore la fracturation hydraulique. Chaque être humain consomme en moyenne 18 kilos de sable par jour. Cette demande colossale, bien supérieure à celle des métaux rares, met sous pression une ressource pourtant considérée comme abondante.L’extraction du sable entraîne de nombreux impacts écologiques :. Pollution de l’eau et de l’air, contamination aux métaux lourds.. Affaissements de terrains et destruction d’écosystèmes.. Érosion côtière et disparition de plages, accentuées par les prélèvements marins.. Salinisation des nappes phréatiques, mettant en danger l’accès à l’eau potable et l’agriculture.La moitié de la population mondiale vivant en zone côtière est directement exposée à ces risques, aggravés par le changement climatique. Sur le plan social, ces pressions créent de nouvelles vulnérabilités pour les populations locales.La rareté et les réglementations croissantes favorisent l’émergence de réseaux illégaux. Les mafias du sable prospèrent, notamment en Inde, où elles vont jusqu’à pratiquer la corruption et parfois l’assassinat. La demande croissante des marchés émergents alimente ce trafic mondial et contribue à un système parallèle de fourniture pour les besoins du BTP.Le sable ne fait pas directement l’objet de conquêtes territoriales, mais il sert d’auxiliaire stratégique. En mer de Chine méridionale, Pékin utilise le sable pour poldériser des récifs et construire des bases, renforçant ses revendications territoriales. De même, en draguant du sable près des îles taïwanaises, la Chine fragilise les territoires voisins tout en exploitant les ressources halieutiques.Singapour illustre la puissance du sable comme outil de croissance : l’État insulaire a agrandi son territoire grâce à des importations massives, entraînant la disparition d’îles indonésiennes. Les Émirats arabes unis, quant à eux, ont bâti leur stratégie de soft power touristique (Palm Islands, hôtels de luxe) grâce à l’importation de sable australien, le sable désertique étant inadapté à la construction. (...)Julien Bueb envisage trois scénarios pour l'avenir:« Business as usual » : la consommation continue de croître (jusqu’à 60 milliards de tonnes par an en 2050), aggravant les désastres écologiques et sociaux.La croissance verte : parier sur la technologie pour réduire l’empreinte matérielle, mais cette solution reste largement insuffisante.La sobriété : repenser nos modes de consommation et de production, réduire la demande et interroger nos besoins réels, en intégrant une nouvelle manière « d’habiter la Terre »."Lire la synthèse rédigée complète


