
Planisphère géopolitique et stratégique La Chine en Afrique : quelles « diplomaties » alternatives ? Avec M. Mérino et C. Pina
Quelles sont les formes et les limites des avancées de la République populaire de Chine sur le continent africain ? Quels sont les secteurs clés ciblés par Pékin pour y marquer des points ? La présence de la Chine en Afrique pose de nombreuses questions. Pour mieux comprendre, Planisphère reçoit deux des trois co-directeurs de l’étude 129 de l’IRSEM : « La Chine en Afrique. Des « diplomaties » alternatives pour de nouveaux enjeux sécuritaires ». Pour en parler, nous avons l’honneur de recevoir Mathieu Mérino et Carine Pina. Podcast et synthèse rédigée complète sur Diploweb.com
Cette émission a été enregistrée le 17/02/2026 et diffusée le 24/03/2026 sur RCF Notre Dame.
Extrait de la synthèse
"A l'occasion de la publication de l’étude collective n°129 de l’IRSEM, « La Chine en Afrique : des diplomaties alternatives pour de nouveaux enjeux sécuritaires », et en s’appuyant les travaux des différents contributeurs, Mathieu Mérino et Carine Pina analysent les formes, les ambitions et les limites de l’engagement chinois sur le continent africain.
Si la Chine est aujourd’hui le premier partenaire commercial de l’Afrique, sa présence dépasse largement le simple cadre économique. Elle s’étend aux domaines sanitaire, informationnel et sécuritaire. Cette montée en puissance suscite, toutefois, interrogations et critiques croissantes. L’Afrique apparaît ainsi comme un laboratoire des ambitions globales de Pékin, mais aussi comme un révélateur de ses contradictions.
Depuis une quinzaine d’années, la Chine occupe la place de premier partenaire commercial du continent africain, avec environ 350 milliards de dollars d’échanges en 2025. Une des clefs de cette réussite est que Pékin renforce sa dynamique d’échanges avec les pays africains par des mesures favorables aux exportations desdits pays, avec par exemple la suppression à venir des droits de douane pour les pays partenaires.
Cependant, cette relation s’inscrit dans une compétition internationale intense. L’Afrique n’est plus une périphérie dominée par l’Occident, mais un espace stratégique convoité par de nombreux acteurs comme les États-Unis, la Russie, la Turquie, l’Inde ou encore les monarchies du golfe Persique. Pour les États africains, cette diversification de partenariats possibles représente une opportunité à la fois pour rééquilibrer leurs échanges avec le reste du monde mais également d’affirmer leur souveraineté dans un contexte de recomposition des relations internationales. La Chine évolue donc dans un environnement où son influence est forte, mais non exclusive.
Carine Pina souligne que la présence chinoise ne repose plus uniquement sur les grandes entreprises publiques. Elle inclut désormais PME, entrepreneurs indépendants, étudiants et travailleurs qualifiés. Des communautés importantes se sont ainsi implantées dans plusieurs pays, comme en Afrique du Sud, en Angola ou bien en République démocratique du Congo.
Cette dimension humaine consolide alors les réseaux économiques et favorise une implantation de long terme. La Chine agit ainsi à la fois par l’État et au travers de sa diaspora, renforçant en profondeur de son ancrage. (...)
La Chine est devenue un acteur sécuritaire important en Afrique. Comme l’explique Quentin Couvreur dans cette étude, elle figure parmi les principaux contributeurs aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, tant en troupes qu’en financement, avec une majorité de ses effectifs déployés sur le continent. Cet engagement vise à affirmer son statut de puissance responsable tout en protégeant ses investissements et ses ressortissants. (...) La Chine est devenue un acteur sécuritaire important en Afrique. Comme l’explique Quentin Couvreur dans cette étude, elle figure parmi les principaux contributeurs aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, tant en troupes qu’en financement, avec une majorité de ses effectifs déployés sur le continent. (...)".
