

Planisphère géopolitique et stratégique
Diploweb
L’actualité du monde est passée au crible par les experts de la géopolitique et des questions stratégiques. Cette émission Planisphère est diffusée sur la bande FM sur les fréquences de RND et RCF, puis mise à disposition comme podcast sur cette plateforme. Produite par Pierre Verluise, cette émission est également installée sur le premier site géopolitique qu'il dirige, Diploweb.com, accompagnée d'une synthèse rédigée, validée par l'intervenant. Enfin, vous trouverez ici quelques enregistrements de podcasts du Diploweb, antérieurs à cette émission Planisphère, par ex. avec Y. Lacoste.
Episodes
Mentioned books

Jan 21, 2026 • 26min
Trump II. Quoi de neuf ? JB. Velut et C. Renault
Voici « Trump II, quoi de neuf ? » Deuxième partie, avec Jean-Baptiste Velut et Clément Renault. La puissance américaine sous Trump II se durcit, mais se fragilise. L’arsenalisation du commerce et la politisation du renseignement traduisent moins une stratégie cohérente de domination qu’une réaction défensive face à un monde devenu multipolaire. À court terme, ces choix peuvent produire des effets de contrainte. À long terme, ils accélèrent la perte de leadership des États-Unis, au profit d’acteurs plus constants et plus lisibles, au premier rang desquels la Chine, tout en poussant les Européens à repenser leur autonomie stratégique. Podcast et synthèse rédigée.Jean-Baptiste Velut, Professeur à l’Université Sorbonne Nouvelle, spécialiste de la politique commerciale et des relations État-marché aux Etats-Unis. Clément Renault, Chercheur “Renseignement, guerre et stratégie” à l’IRSEM et enseignant à Sciences-Po, spécialiste du renseignement. Propos enregistrés lors d’une conférence publique le 5/11/2025 ; radiodiffusés le 20/01/2026. Les partenaires de cette conférence : Diploweb.com, ENC, IRSEM, Radio Notre-Dame et RCF, OPEXAM, Politique Américaine et le Centre géopolitique.Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse. Lire la synthèse rédigée du podcastExtrait de la synthèse. 1e partie – Jean-Baptiste Velut"Jean-Baptiste Velut définit l’arsenalisation de la politique commerciale comme l’instrumentalisation assumée de l’économie à des fins stratégiques et politiques. Droits de douane, restrictions à l’exportation ou sanctions deviennent des leviers de pression diplomatique. S’il rappelle que les liens entre commerce et sécurité ne sont pas nouveaux, notamment durant la Guerre froide, il souligne que leur usage est aujourd’hui beaucoup plus frontal, décomplexé et politisé, s’inscrivant dans une logique de géoéconomie assumée.La principale nouveauté du second mandat de Trump réside dans ce que Peter Feaver appelle le transactionnalisme nu. Les mesures commerciales ne servent plus uniquement à obtenir des concessions économiques ou stratégiques, mais deviennent des outils punitifs personnalisés, utilisés pour sanctionner des partenaires en désaccord avec les positions politiques ou personnelles du président des Etats-Unis. Des alliés traditionnels comme le Canada, le Brésil ou l’Union européenne se retrouvent ainsi ciblés, parfois pour des motifs sans lien direct avec le commerce, ce qui rompt avec les pratiques diplomatiques classiques. (...)"2e partie – Clément Renault"Selon Clément Renault, le second mandat de Trump marque une politisation profonde et multiforme du renseignement. Celle-ci se manifeste par :. l’usage sélectif ou détourné des évaluations fournies par les services,.la réorientation idéologique des priorités de l’ensemble de la communauté du renseignement,.et l’exploitation des services à des fins politiques personnelles.Les priorités sécuritaires sont de plus en plus indexées sur les enjeux de politique intérieure (immigration clandestine, trafic de drogues, etc. ), au détriment de menaces stratégiques de long terme. (...) Face à l’incertitude générée par Trump II, Clément Renault observe une intensification des coopérations de renseignement entre États européens, en dehors du cadre institutionnel de l’Union européenne. Ces coopérations ad hoc, bilatérales ou multilatérales, permettent de compenser partiellement la fragilisation du lien transatlantique. Toutefois, l’idée d’un service de renseignement européen intégré demeure, à ce stade, irréaliste."Lire la synthèse rédigée du podcast

Jan 13, 2026 • 26min
Trump II. Quoi de neuf ? Avec E. Chelle et D. Cadier.
Nous sommes chaque semaine bousculés par une actualité internationale disruptive. Manifestement, le monde n’est plus comme avant. Mais comment le comprendre ? Voici un an, Donald Trump faisait son retour à la Maison Blanche. Plus dur avec ses alliés européens qu’avec des régimes autoritaires, les Etats-Unis contribuent à rebattre les cartes. Alors, la puissance américaine est-elle devenue prédatrice ou en péril ? A l’approche de l’anniversaire du retour de D. Trump nous vous proposons deux émissions à partir des propos des experts rassemblés lors d’une conférence publique, le 5 novembre 2025, à l’ENC Blomet (Paris). Voici, Trump II, quoi de neuf. Première partie avec Élisa Chelle puis David Cadier. Propos enregistrés lors d’une conférence publique le 5/11/2025 ; radiodiffusés le 13/11/2026. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigéeExtrait de la synthèse "Pour Élisa Chelle, on ne peut interpréter la politique étrangère de Donald Trump qu’en tenant compte des fractures internes au Parti républicain. Celui-ci se compose à la fois d’un courant isolationniste, hostile aux interventions extérieures coûteuses depuis les attentats du 11 septembre et d’un courant interventionniste, souvent nourri d’une vision idéologique et religieuse de la mission américaine dans le monde. Trump n’ayant aucun intérêt politique à trancher entre ces deux factions, il adopte une position fluctuante, qui lui permet de conserver le soutien des uns comme des autres. Les revirements apparents sont donc moins des incohérences que le résultat d’une stratégie d’équilibriste.Trump privilégie une diplomatie du Verbe, où l’annonce publique, la menace et la provocation priment souvent sur l’action concrète. Les ultimatums spectaculaires, les déclarations contradictoires et les improvisations calculées créent un climat de tension permanente qui lui permet d’afficher une posture de fermeté sans engager immédiatement des moyens militaires. Cette communication agressive sert autant à rassurer sa base politique qu’à déstabiliser ses interlocuteurs, tout en minimisant les risques et les coûts pour les États-Unis. La diplomatie devient alors un théâtre où se joue la puissance plus qu’elle ne s’exerce matériellement. (...)David Cadier s’intéresse ensuite à la politique américaine à l’égard de la guerre en Ukraine. Les positions de D. Trump sont marquées par les revirements, les annonces improvisées et les déclarations à effet médiatique. Cette imprévisibilité nourrit la confusion parmi les alliés européens, qui ne savent plus comment anticiper l’évolution de la politique américaine. Le rapport aux partenaires devient dès lors anxiogène car la cohérence stratégique semble céder la place au calcul politique immédiat.Malgré cette apparente instabilité, il est possible d’identifier des constantes. Trump cherche d’abord à obtenir un accord de paix, ou plus exactement un « deal », dont la valeur réside surtout dans sa capacité à renforcer son image personnelle. Il souhaite ensuite réduire la responsabilité sécuritaire américaine en Europe, en transférant davantage de charges aux États européens. Enfin, il ambitionne de normaliser les relations avec la Russie, dans une logique pragmatique plutôt que normative. L’important n’est pas la cohérence, mais l’efficacité perçue.David Cadier insiste sur le fait que l’administration Trump adopte une lecture différente de celle des Européens : la guerre n’est pas seulement l’expression d’un impérialisme russe, mais un engrenage stratégique comparable à celui de 1914. Par ailleurs, les États-Unis tendent à réorienter leurs priorités vers d’autres régions du monde. L’Europe cesse d’être un centre stratégique majeur, ce qui confirme un mouvement de fond engagé depuis plusieurs années. (...)"Voir la suite sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée

Jan 7, 2026 • 26min
Que peut nous apprendre le lauréat du GP de l’Académie du renseignement ? Y. Zolets
Le roman peut-il nous éclairer sur le monde secret du renseignement ? Oui, quand il est lauréat du Grand Prix de l’Académie du renseignement. Le Grand Prix Œuvre de création - mention « Fiction » 2025 a été décerné à Yann Zolets pour son roman intitulé « Le Petit caporal », paru aux éditions La Manufacture du livre. Cet ouvrage - qui se lit avec beaucoup de plaisir - débute par cet avertissement au lecteur : « Dans ce roman, les vérités se mêleront à la fiction et à l’imagination pour veiller à la sérénité et à la tranquillité de nos espions. » L’auteur de cet ouvrage, « Le Petit caporal » signe sous le pseudonyme de Yann Zolets. L’auteur de ce roman, « Le Petit caporal » signe au éditions La manufacture du livre sous le pseudonyme de Yann Zolets. Il est lauréat du Grand Prix de l’Académie du renseignement (2025). Il a servi 16 ans au sein de la Marine nationale française. Il a parcouru l’espace post-soviétique pendant une dizaine d’années. Il appartient au monde du renseignement français. Cette émission a été enregistrée le 22/12/2026 et diffusée le 6/01/2026. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée. Extrait de la synthèse rédigée : "Le renseignement constitue un univers discret, souvent fantasmé, dont la réalité demeure largement inaccessible au grand public. Pourtant, la littérature peut offrir une voie d’accès privilégiée à ce monde secret, à condition qu’elle soit documentée et empreinte de crédibilité. Le roman « Le Petit Caporal », signé sous pseudonyme par Yann Zolets, lauréat du Grand Prix de l’Académie du Renseignement 2025 – mention Fiction, s’inscrit précisément dans cette perspective. Ancien officier de la Marine nationale et familier des milieux du renseignement, l’auteur livre un récit où la fiction s’entrelace avec la vérité, tout en respectant la confidentialité nécessaire aux services. À travers son œuvre et ses propos, il explore le rôle des clandestins, l’évolution géopolitique contemporaine et la tension entre vérité et raison d’État.Au cœur du roman et de l’entretien se trouve la figure du clandestin, parfois appelé « taupe » ou « illégal ». Ces agents d’exception doivent adopter une nouvelle identité culturelle et linguistique, tirant un trait définitif sur leur vie passée. Leur mission consiste à s’insérer durablement dans une société étrangère pour développer des réseaux de sources ou faciliter les opérations d’autres espions. Cette existence se caractérise par une préparation longue, exigeante et par un effacement total de soi, au service de l’État.Si tous les grands services de renseignement ont recours à des clandestins, la Russie demeure historiquement la plus expérimentée en la matière. Des opérations menées aux États-Unis ou en Europe, parfois inspiratrices de séries comme « The Americans », illustrent ce savoir-faire. Aujourd’hui, les méthodes évoluent, notamment par l’utilisation de diasporas pour contourner les contrôles. Toutefois, la pratique reste largement répandue au sein des grandes puissances.La décision de livrer des informations à une puissance étrangère répond rarement à une cause unique. Les Anglo-Saxons résument ces leviers sous l’acronyme MICE : Money (argent), Ideology (idéologie), Compromise(compromission), Ego. La trahison constitue toujours une rupture morale profonde, souvent liée à des circonstances personnelles critiques plutôt qu’à une conviction paisible et durable.Le développement de la biométrie, des traces numériques et de la surveillance globale complique considérablement l’activité clandestine. Il devient de plus en plus difficile de créer une identité totalement artificielle. Les services privilégient désormais davantage le recrutement local plutôt que l’infiltration classique d’agents étrangers, tant les risques techniques et opérationnels se sont accrus. (...)"Lire sur Diploweb la suite de la synthèse rédigée.

Jan 2, 2026 • 26min
La guerre russo-ukrainienne peut-elle s’étendre à l’ Europe ? Avec C. Gloaguen
Quelles sont les perspectives stratégiques ? Dès juillet 2025, le Secrétaire général de l’OTAN nous a averti du risque d’une coordination entre la Russie et la Chine pouvant mener à des conflits simultanés en Europe et en Asie. Et le 5 novembre 2025 le chef d’état-major des armées françaises, le général Fabien Mandon a pointé la Russie comme notre principale menace. La Russie, dit le CEMA, "peut être tentée de poursuivre la guerre sur notre continent" et tester les limites françaises et européennes "d’ici 3 à 4 ans", avec un risque de "choc" plus violent. Alors, la guerre russo-ukrainienne peut-elle s’étendre à l’ Europe ? Pour en parler, Pierre Verluise reçoit Cyril Gloaguen au micro de Planisphère. Cyril Gloaguen, ancien attaché naval et militaire en Russie et au Turkménistan, ancien collaborateur des Nations Unies en Abkhazie/Géorgie. Docteur en géopolitique (IFG, Paris VIII). Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-La-guerre-russo-ukrainienne-peut-elle-s-etendre-a-l-Europe-Avec-C-Gloaguen.html Extrait de la synthèse rédigée: "Invité de l’émission Planisphère, Cyril Gloaguen analyse la dégradation de l’équilibre stratégique mondial et les risques de conflit entre la Russie et l’Europe. Son propos s’inscrit dans le contexte des alertes récentes du secrétaire général de l’OTAN et du chef d’État-major des armées françaises, le général Fabien Mandon, qui considèrent la Russie comme la principale menace et évoquent la possibilité de tensions majeures d’ici quelques années. Pour Cyril Gloaguen, le désordre international, la fragilité européenne et la stratégie offensive de la Russie composent un tableau particulièrement préoccupant.Cyril Gloaguen décrit un monde entré dans une phase de désordre global. Les grandes opérations occidentales en Irak (2003) et en Libye (2011) sont derrière nous, mais elles ont laissé derrière elles des États faillis et des zones d’instabilité durable, notamment en Afrique et au Moyen-Orient. Parallèlement, de nouveaux acteurs montent en puissance : la Chine poursuit son renforcement, la Russie reste un acteur stratégique central malgré ses fragilités, tandis que des puissances régionales comme l’Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie, la Corée du Sud ou encore le Pakistan s’imposent sur la scène internationale, notamment comme exportateurs d’armes. Cette recomposition se superpose à la persistance d’une menace djihadiste protéiforme, active en Europe, en Afrique et en Asie, qui nourrit un climat de tension permanente.Cyril Gloaguen décrit un monde entré dans une phase de désordre global. Les grandes opérations occidentales en Irak (2003) et en Libye (2011) sont derrière nous, mais elles ont laissé derrière elles des États faillis et des zones d’instabilité durable, notamment en Afrique et au Moyen-Orient. Parallèlement, de nouveaux acteurs montent en puissance : la Chine poursuit son renforcement, la Russie reste un acteur stratégique central malgré ses fragilités, tandis que des puissances régionales comme l’Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie, la Corée du Sud ou encore le Pakistan s’imposent sur la scène internationale, notamment comme exportateurs d’armes. Cette recomposition se superpose à la persistance d’une menace djihadiste protéiforme, active en Europe, en Afrique et en Asie, qui nourrit un climat de tension permanente. (...)"Lire toute la synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-La-guerre-russo-ukrainienne-peut-elle-s-etendre-a-l-Europe-Avec-C-Gloaguen.html

Dec 31, 2025 • 27min
Quelle réindustrialisation ? Avec A. Voy-Gillis
En 2020, la pandémie de COVID-19 a mis en évidence que la France ne disposait plus des moyens industriels pour fabriquer des produits comme le doliprane, des masques et des respirateurs. Des prises de parole ont suivi, en faveur de la réindustrialisation de nos territoires, notamment dans une quête de souveraineté. Cinq ans plus tard, où en sommes-nous en matière de réindustrialisation ? Pour le savoir, Planisphère a la joie de recevoir Anaïs Voy-Gillis, Docteure en géographie, Chercheuse associée au CEREGE de l’IAE Poitiers. Auteure de « Pour une révolution industrielle », éd. Presses de la Cité.Cette émission a été enregistrée le 6/10/2025 et diffusée le 23/12/2025. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Quelle-reindustrialisation-Avec-A-Voy-Gillis.htmlExtrait de la synthèse rédigée : "Jusqu’à la pandémie, l’industrie était perçue en France comme un secteur du passé, voué à disparaître au profit des services et du numérique. Cependant, la succession de crises, sanitaire, énergétique, géopolitique, a rappelé son importance stratégique. L’industrie ne se résume pas à des cheminées polluantes : elle est multiple, souvent discrète et essentielle à la souveraineté nationale. Produire localement permet de garantir la disponibilité de produits vitaux (médicaments, acier, ciment, semi-conducteurs) et de limiter la dépendance à des zones instables ou éloignées.Anaïs Voy-Gillis identifie quatre enjeux majeurs de la réindustrialisation :1. La souveraineté nationaleL’objectif est de réduire la dépendance aux intrants stratégiques (semi-conducteurs, composants de batteries, électrolyseurs…). Maîtriser la production locale renforce l’autonomie technologique et géopolitique, tout en protégeant les chaînes de valeur face aux crises internationales.2. La cohésion sociale et territorialeL’industrie est un moteur d’emploi local. Chaque emploi industriel génère deux à trois emplois indirects et autant d’emplois induits. Elle permet donc de revitaliser des territoires en difficulté, à condition d’articuler cette stratégie avec une politique d’aménagement du territoire et des infrastructures adaptées.3. La réduction de l’empreinte carboneProduire en France, où les normes environnementales sont plus strictes et notre mix électrique moins carboné, permet de réduire les émissions mondiales. Cela diminue également les « émissions importées », souvent plus élevées dans les pays à énergie fortement carbonée comme la Chine et donc in finel’empreinte carbone de la France.4. Le financement du modèle socialL’industrie génère des emplois mieux rémunérés et donc une fiscalité plus dynamique. Elle pourrait contribuer à stabiliser le financement des retraites et de la sécurité sociale, en remettant la création de valeur au cœur du territoire.L’économie circulaire, qui repose sur la réutilisation, la réparation et le recyclage des produits, permettrait de limiter la dépendance aux matièrespremières importées, tout en améliorant le bilan environnemental de l’industrie. Elle favorise la résilience économique et écologique en revalorisant les ressources sur le sol français. Ce modèle offre une double promesse : réduire l’impact environnemental et renforcer la souveraineté nationale.La réindustrialisation ne peut se concevoir sans une politique énergétique claire. Si l’UE progresse dans le développement du solaire et de l’éolien, les débats sur le nucléaire ou les énergies renouvelables restent vifs. Pour Anaïs Voy-Gillis, il faut combiner ces deux sources afin d’assurer un mix énergétique stable, décarboné et compétitif. (...)"Lire la suite de la synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Quelle-reindustrialisation-Avec-A-Voy-Gillis.html

Dec 31, 2025 • 26min
Quelles recompositions géopolitiques en Afrique ? Avec N. Bagayoko
En Afrique, les positions françaises ont été pour le moins bousculées ces dernières années. Pour actualiser notre compréhension de ce continent, il faut donc clarifier les dynamiques des acteurs géopolitiques. Pour ce faire, planisphère reçoit le docteur Niagalé Bagayoko, Docteur en sciences politiques, responsable de la formation Afrique à la FMES et présidente du think tank ASSN. Cette émission a été enregistrée le 10/10/2025 dans le cadre des RSMED à Toulon, avec les moyens de RCF Méditerranée, diffusée le 16/12/ 2025. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Quelles-recompositions-geopolitiques-en-Afrique-Avec-N-Bagayoko.html Extrait de la synthèse rédigée : "Ces dernières années, les positions françaises en Afrique ont été profondément bousculées. Pour actualiser notre compréhension du continent, il faut clarifier les jeux d’acteurs, étatiques et non étatiques, qui reconfigurent pouvoir, influence et récits. Invitée de Planisphère, Niagalé Bagayoko dresse un panorama sans fard des rapports de force et des angles morts européens.L’échec de l’intervention au Sahel (militaire et civile) a conduit à l’expulsion des forces françaises du Mali, Niger, Burkina Faso, et à la fermeture de programmes de développement (AFD). La présence militaire française se réduit à deux bases (dont Djibouti en pivot), avec maintien d’effectifs au Gabon et fin de dispositifs en Côte d’Ivoire, Sénégal, Tchad. Au cœur : une contestation souverainiste et nationaliste remettant en cause l’efficacité et la légitimité françaises.La Russie combine retours historiques (ex. Mali) et implantations inédites (RCA). Les performances militaires de Wagner sont contrastées (revers au Mozambique, limites en Libye et Soudan, échec à Tin-Zaouatine après la reprise de Kidal). Là où Moscou excelle, c’est dans l’informationnel : relais audiovisuels (RT, Sputnik), radios locales en langues nationales, société civile et récits calibrés, un maillage capacitaire souvent sous-estimé par Paris.Au-delà des opérations adverses, la désaffection précède l’offensive russe : résultats jugés insuffisants contre les groupes armés, tonalité moralisatrice des partenaires internationaux, effets pervers d’une communication qui minimise les capacités adverses. Sur ce terreau prospèrent théories du complot (ex. fantasmes de prédation des cheptels), qui cristallisent un soupçon généralisé envers « les acteurs traditionnels ».L’Arabie saoudite déploie de longue date réseaux religieux, éducatifs et humanitaires. Le Qatar s’affirme économiquement et diplomatiquement (médiations RDC–Rwanda, dialogue inter-tchadien, formats régionaux). L’Irans’appuie notamment sur les diasporas libanaises (dont chiites). La Turquie conjugue activisme économique et sécuritaire (diplomatie des drones TB2). Israël relance ses liens africains et ambitionne une place accrue dans les enceintes panafricaines. Ces acteurs s’imbriquent dans les agendas locaux plus qu’ils ne les dictent.Structurellement, l’Afrique demeure en queue de priorités américaines, malgré des pics d’intérêt (ex. AGOA sous B. Clinton). Sous D. Trump, le prisme a souvent été contentieux (ex. Afrique du Sud) mais ponctué d’initiatives ciblées (médiations, dossiers sécuritaires). En parallèle, un soft power religieux (évangéliques, réseaux conservateurs catholiques) travaille les sociétés sur le temps long.Les élites et opinions publiques africaines sont actrices des recompositions. Une lame de fond patriote/souverainiste, souvent conservatrice sur les questions sociétales, reconfigure les attentes envers l’État, les partenaires extérieurs et les normes « libérales ».(...)"Lire la suite de la synthèse à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Quelles-recompositions-geopolitiques-en-Afrique-Avec-N-Bagayoko.html

Dec 31, 2025 • 27min
Les Baltes, de la périphérie au centre du débat stratégique européen ? Avec P. Perchoc
Le plus souvent, nos cartes placent les trois pays Baltes à la marge de l’Europe, au Nord-Est. Estonie, Lettonie et Lituanie sont à la périphérie de l’UE. Et nous en ignorons l’histoire, mais encore la géographie, la population et la situation stratégique. Après avoir été soviétisés à la faveur de la Seconde Guerre mondiale, les Baltes sont redevenus indépendants en 1990-91. Ils deviennent membres de l’OTAN puis de l’UE en 2004. La dégradation des relations avec la Russie les place maintenant au cœur des préoccupations. Pour comprendre comment les Baltes sont passés de la périphérie au centre du débat stratégique européen, nous avons la chance de recevoir le Docteur Philippe Perchoc, Chef de l’antenne IRSEM Europe, auteur de Etude n°125, « Estonie, Lettonie, Lituanie. De la périphérie au centre du débat stratégique européen » sur le site de l’IRSEM, rubrique publication / catégorie Etudes. Il enseigne les questions européennes dans plusieurs universités en France et en Belgique. Cette émission a été enregistrée le 6/10/2025 et diffusé le 9/12/2025. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Les-Baltes-de-la-peripherie-au-centre-du-debat-strategique-europeen-Avec-P-Perchoc.htmlExtrait de la synthèse rédigée : "Longtemps considérés comme des marges géographiques et politiques de l’Europe, les pays baltes, Estonie, Lettonie et Lituanie, occupent aujourd’hui une position centrale dans le débat stratégique européen. Après des décennies d’occupation soviétique, leur indépendance retrouvée en 1991 puis leur intégration à l’OTAN et à l’Union européenne en 2004 ont marqué un tournant historique. Dans le contexte actuel de dégradation des relations avec la Russie, ils apparaissent désormais comme un maillon essentiel de la sécurité européenne. Philippe Perchoc retrace ce basculement historique et géopolitique, tout en soulignant la résilience démocratique et stratégique de ces petits États.Philippe Perchoc rappelle que les pays baltes ont perdu leur indépendance en 1940 à la suite du pacte Molotov-Ribbentrop, qui partageait l’Europe entre l’Allemagne nazie et l’URSS. Occupés par les Soviétiques, puis brièvement par les nazis, ils ont subi une seconde domination soviétique de 1945 à 1991. La soviétisation s’est opérée par plusieurs leviers :. Élimination des élites locales (déportations, purges, répressions) ;. Ingénierie sociale, avec l’installation de travailleurs russophones pour modifier la composition ethnique ;. Grands projets d’infrastructures imposés, qui ont fini par susciter des contestations écologiques et identitaires dans les années 1980. Ces politiques ont nourri, paradoxalement, un réveil national et culturel qui a préparé le retour à l’indépendance.Après 1991, les Baltes ont vu dans l’adhésion à l’OTAN et à l’Union européenne une garantie de sécurité et de prospérité. En 2004, ils rejoignent d’abord l’OTAN, puis l’UE un mois plus tard. Selon Philippe Perchoc, cette adhésion simultanée répondait à une stratégie de réintégration dans la communauté euro-atlantique :. L’OTAN assurait la sécurité militaire face à la Russie.. L’Union européenne impliquait une transformation structurelle profonde : démocratisation, économie de marché et reconstruction d’une société civile. (...)Entre 2004 et 2014, les pays baltes ont alerté l’Union euriopéenne sur la menace persistante de la Russie, souvent sans être entendus. L’invasion russe de la Géorgie (2008), puis surtout celle de la Crimée (2014), ont confirmé leurs craintes. Depuis 2014, la région est devenue un espace clé du dispositif militaire de l’OTAN (...)"Lire la suite de cette synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Les-Baltes-de-la-peripherie-au-centre-du-debat-strategique-europeen-Avec-P-Perchoc.html

Dec 31, 2025 • 27min
Comment la désinformation influence-t-elle les conflits modernes ? Avec C. Dugoin-Clément
La désinformation est ancienne mais quelles sont ses nouvelles formes ? Planisphère vous offre un tableau actualisé de l’état de la menace, des nouveaux compétiteurs et des nouvelles opportunités. Ukraine, Moyen-Orient, Afrique autant de terrains où la désinformation influence le conflit. Oui, mais comment ? Pour le savoir, nous recevons Christine Dugoin-Clément, Chercheuse à l’Observatoire de l’intelligence artificielle - Université Panthéon-Sorbonne. Auteure de « Géopolitique de l’ingérence russe. La stratégie du chaos », édition PUF. Cette émission a été enregistrée dans le cadre des RSMED à Toulon le 10/10/2025 avec les moyens de RCF Méditerranée et diffusée le 2/12/2025. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Comment-la-desinformation-influence-t-elle-les-conflits-modernes-Avec-C-Dugoin-Clement.htmlExtrait de la synthèse rédigée : "La désinformation n’est pas un phénomène nouveau : elle accompagne les conflits humains depuis toujours. Cependant, les mutations technologiques, la globalisation de l’information et la montée des tensions géopolitiques ont profondément transformé sa nature et son ampleur. Comme l’explique Christine Dugoin-Clément, la désinformation contemporaine est devenue multiforme, rapide et industrialisée. L’Ukraine, le Moyen-Orient et l’Afrique sont aujourd’hui des théâtres privilégiés où se jouent ces batailles cognitives, où l’objectif n’est plus seulement de manipuler l’adversaire, mais d’affaiblir la confiance dans la vérité elle-même.Depuis 2014, la guerre russe en Ukraine a servi de laboratoire à ciel ouvert pour les stratégies de manipulation informationnelle. La Russie, la Chine et d’autres puissances ont développé des actions dites d’ingérence informationnelle, visant les perceptions, les émotions et la cohésion sociale des sociétés adverses. Ces opérations reposent sur une désinhibition croissante : les États n’hésitent plus à mobiliser ouvertement leurs canaux diplomatiques, médiatiques et numériques pour influencer l’opinion mondiale. À côté d’eux, on trouve des prestataires privés de désinformation, parfois liés à des structures étatiques (comme Wagner ou l’Internet Research Agency), qui brouillent les responsabilités et renforcent le déni plausible des commanditaires.La désinformation est désormais alimentée par un véritable marché de services. Des individus ou groupes autonomes vendent leurs compétences d’influence ou mènent des actions ponctuelles pour gagner en visibilité. L’écosystème s’étend à des entreprises commerciales, des idéologues ou même des particuliers cherchant à prouver leur valeur dans le domaine de l’influence numérique. Ce système s’auto-alimente grâce à la baisse des coûts technologiques : Internet, les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle permettent à de nouveaux acteurs d’entrer dans la compétition informationnelle, créant un environnement où la frontière entre vérité et manipulation devient de plus en plus floue.Les outils numériques ont révolutionné la désinformation. Les deepfakes, les sites générés par IA, ou les campagnes de désinformation massives sur les réseaux sociaux permettent de diffuser rapidement des récits fabriqués. Ces méthodes favorisent la vitesse, la viralité et le brouillard informationnel, rendant la vérification de plus en plus complexe. L’objectif n’est plus seulement de faire croire à une fausse information, mais de provoquer une saturation cognitive : submerger les citoyens de récits contradictoires jusqu’à ce qu’ils ne croient plus en rien. Cette stratégie s’avère redoutable, car elle mine les fondements mêmes de la démocratie et du débat rationnel.(...)"Lire la suite de cette synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Comment-la-desinformation-influence-t-elle-les-conflits-modernes-Avec-C-Dugoin-Clement.html

Dec 31, 2025 • 26min
La Sibérie sauvera-t-elle la Russie ? Avec L. Spetschinsky
Comme chacun sait, la Russie est à la fois d’Europe et d’Asie, de part et d’autre de l’Oural. Au début du XVIIIe siècle, le tsar Pierre Le Grand entend rapprocher la Russie de l’Europe qui incarne alors la modernité. Il fait construire la ville de Saint Pétersbourg sur la baltique pour incarner cette dimension européenne de la Russie. Au début du XXIe siècle, Vladimir Poutine arrive au Kremlin, et depuis quelque temps déclare ne plus avoir besoin de l’Europe. La Sibérie sauvera-t-elle la Russie ? Pour en savoir plus, Planisphère est heureux de recevoir à son micro Laetitia Spetschinsky, Docteure en relations internationales et chargée de cours invitée à l’Université catholique de Louvain, en Belgique. Chercheure associée à l’Institut autrichien des relations internationales. Laetitia Spetschinsky organise régulièrement une Master Class Géopolitique de l’Eurasie dont l’actualité est présentée sur le site www.skyls.eu. Cette émission a été enregistrée le 29/09/2025 et diffusée le 25/11/2025. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-La-Siberie-sauvera-t-elle-la-Russie-Avec-L-Spetschinsky.htmlExtrait de la synthèse rédigée: "La Russie, partagée entre l’Europe et l’Asie, nourrit une éternelle interrogation : est-elle européenne, asiatique, ou une synthèse des deux ? Depuis Pierre le Grand, qui au XVIIIe siècle fit construire Saint-Pétersbourg pour incarner l’ouverture européenne, jusqu’à Vladimir Poutine, qui affirme désormais le décrochage de la Russie à l’égard de l’Europe, le balancier entre l’Ouest et l’Est reste une constante. Aujourd’hui, un pivot assumé vers la Sibérie et l’Asie se dessine, mêlant ambitions politiques, besoins économiques et stratégies militaires.Depuis la dynastie des Rurikides et Ivan le Terrible, qui lança l’expansion vers la Sibérie, la Russie oscille entre rapprochement et détachement vis-à-vis de l’Europe. Cette tension traduit une interrogation identitaire profonde, exprimée dans la littérature comme dans le discours politique : la Russie est-elle européenne ? En un quart de siècle de pouvoir, Poutine a écrit un nouveau chapitre, qui glorifie l’identité russe comme synthèse des deux mondes, mais avec une nouveauté : une volonté délibérée de déplacer durablement le centre de gravité du pays vers la Sibérie orientale afin non seulement de s’opposer à l’Europe, mais aussi de s’en décrocher structurellement.Le pivot vers la Sibérie ne date pas de la guerre en Ukraine : il prend racine dans la seconde moitié des années 1990 sous l’impulsion du ministre E. Primakov, puis s’accélère avec le discours de V. Poutine à Munich (2007) et surtout après l’annexion illégale russe de la Crimée (2014). Plus récemment, le politologue Sergei Karaganov a clarifié la dimension existentielle de cet impératif stratégique : il exhorte le peuple russe à retrouver en Sibérie ses racines vitales pour garantir la survie de la nation. Tout ceci est significatif, mais l’essentiel se situe au niveau économique et logistique.Cette impulsion est dirigée par l’État, fidèle au modèle d’une Russie où les grandes orientations viennent « d’en haut ». Depuis 2018, l’impulsion politique s’accompagne de mesures d’incitation concrètes : des mesures fiscales, sociales, foncières sont mises en place pour attirer les citoyens et les entreprises vers l’immensité sibérienne. La pandémie de COVID-19 a interrompu en 2020 cet élan, mais la relance de la guerre russe en Ukraine l’a replacé depuis 2022 au-devant des priorités. (...)"Lire la suite de la synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-La-Siberie-sauvera-t-elle-la-Russie-Avec-L-Spetschinsky.html

Dec 31, 2025 • 26min
Le silence est-il la clef oubliée pour comprendre la puissance des mafias ? Avec J-F. Gayraud
Le silence est-il la clef oubliée pour comprendre la puissance des organisations criminelles ? Planisphère a la joie de recevoir un auteur qui fait progresser la compréhension du crime organisé en décryptant très finement un paramètre clé de l’emprise des mafias en Italie comme aux Etats-Unis. Ce paramètre à l’origine de l’emprise des organisations criminelles et de la durée de leur position dominante, dans l’ombre, c’est le silence. Pour en parler, Planisphère reçoit à son micro Jean-François Gayraud, l’un des meilleurs spécialiste du crime organisé, publie un nouveau livre : « Les sociétés du silence. L’invisibilité du crime organisé », aux éditions Fayard, 2025. Il a précédemment publié « La mafia et la Maison Blanche », éditions Plon.Cette émission a été enregistrée le 10/11/2025 et diffusée le 18/11/2025. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Le-silence-est-il-la-clef-oubliee-pour-comprendre-la-puissance-des-mafias-Avec-J-F.htmlExtrait de la synthèse rédigée: "Dans son ouvrage « Les sociétés du silence. L’invisibilité du crime organisé » (Fayard, 2025), Jean-François Gayraud propose une lecture profondément novatrice de l’emprise des organisations criminelles. Longtemps décrites à travers deux prismes, la violence et l’accumulation capitalistique, les organisations criminelles révèlent, selon lui, une troisième dimension décisive : le silence. Il illustre cette réflexion sur la place du silence à travers le modèle des Mafias, des entités criminelles à l’acmé de l’art du silence. Cette clé d’interprétation, à la fois culturelle, stratégique et anthropologique, éclaire la longévité et la puissance d’organisations criminelles fondées sur la discrétion, l’invisibilité et la maîtrise du langage. À travers l’entretien mené dans l’émission Planisphère, Jean-François Gayraud détaille cette grammaire du silence, ses déclinaisons sociales, linguistiques, fictionnelles et temporelles, ainsi que ses prolongements contemporains, notamment en France.Jean-François Gayraud souligne que les analyses classiques du crime organisé reposent sur deux axes : la violence visible (meurtres, intimidation, règlements de comptes) et l’accumulation du capital criminel. Pourtant, une dimension essentielle échappe souvent aux observateurs : le silence comme principe actif de survie, d’expansion et de domination. Pour l’auteur, les mafias ne sont pas de simples bandes criminelles, mais de véritables sociétés secrètes, construites pour durer au-delà des générations. Leur culture du silence constitue un outil de protection, de cohésion interne et de dissimulation face aux institutions. C’est cette capacité à rester invisibles qui leur permet de durer bien plus longtemps que les polices et services judiciaires qui les combattent.Jean-François Gayraud propose une interprétation élargie de l’omerta. Celle-ci ne se réduit pas au simple fait de se taire. Elle comporte trois dimensions distinctes :. Ne pas parler à l’extérieur, afin de protéger l’organisation.. Dire la vérité à l’intérieur, obligation souvent ignorée dans les représentations populaires.. Ne jamais poser de questions, dimension la plus radicale du serment mafieux.L’omerta devient alors une véritable langue, faite d’euphémismes, de discours obliques, de paraboles, permettant de communiquer sans jamais s’exposer. Cette rhétorique sophistiquée surprend d’autant plus qu’elle est portée par des individus souvent non diplômés, témoignant d’une intelligence rusée proche de la métis grecque. (...)"Lire la suite de cette synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Le-silence-est-il-la-clef-oubliee-pour-comprendre-la-puissance-des-mafias-Avec-J-F.html


