
Planisphère géopolitique et stratégique Quelle réindustrialisation ? Avec A. Voy-Gillis
En 2020, la pandémie de COVID-19 a mis en évidence que la France ne disposait plus des moyens industriels pour fabriquer des produits comme le doliprane, des masques et des respirateurs. Des prises de parole ont suivi, en faveur de la réindustrialisation de nos territoires, notamment dans une quête de souveraineté. Cinq ans plus tard, où en sommes-nous en matière de réindustrialisation ? Pour le savoir, Planisphère a la joie de recevoir Anaïs Voy-Gillis, Docteure en géographie, Chercheuse associée au CEREGE de l’IAE Poitiers. Auteure de « Pour une révolution industrielle », éd. Presses de la Cité.
Cette émission a été enregistrée le 6/10/2025 et diffusée le 23/12/2025. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Quelle-reindustrialisation-Avec-A-Voy-Gillis.html
Extrait de la synthèse rédigée :
"Jusqu’à la pandémie, l’industrie était perçue en France comme un secteur du passé, voué à disparaître au profit des services et du numérique. Cependant, la succession de crises, sanitaire, énergétique, géopolitique, a rappelé son importance stratégique. L’industrie ne se résume pas à des cheminées polluantes : elle est multiple, souvent discrète et essentielle à la souveraineté nationale. Produire localement permet de garantir la disponibilité de produits vitaux (médicaments, acier, ciment, semi-conducteurs) et de limiter la dépendance à des zones instables ou éloignées.
Anaïs Voy-Gillis identifie quatre enjeux majeurs de la réindustrialisation :
1. La souveraineté nationale
L’objectif est de réduire la dépendance aux intrants stratégiques (semi-conducteurs, composants de batteries, électrolyseurs…). Maîtriser la production locale renforce l’autonomie technologique et géopolitique, tout en protégeant les chaînes de valeur face aux crises internationales.
2. La cohésion sociale et territoriale
L’industrie est un moteur d’emploi local. Chaque emploi industriel génère deux à trois emplois indirects et autant d’emplois induits. Elle permet donc de revitaliser des territoires en difficulté, à condition d’articuler cette stratégie avec une politique d’aménagement du territoire et des infrastructures adaptées.
3. La réduction de l’empreinte carbone
Produire en France, où les normes environnementales sont plus strictes et notre mix électrique moins carboné, permet de réduire les émissions mondiales. Cela diminue également les « émissions importées », souvent plus élevées dans les pays à énergie fortement carbonée comme la Chine et donc in finel’empreinte carbone de la France.
4. Le financement du modèle social
L’industrie génère des emplois mieux rémunérés et donc une fiscalité plus dynamique. Elle pourrait contribuer à stabiliser le financement des retraites et de la sécurité sociale, en remettant la création de valeur au cœur du territoire.
L’économie circulaire, qui repose sur la réutilisation, la réparation et le recyclage des produits, permettrait de limiter la dépendance aux matièrespremières importées, tout en améliorant le bilan environnemental de l’industrie. Elle favorise la résilience économique et écologique en revalorisant les ressources sur le sol français. Ce modèle offre une double promesse : réduire l’impact environnemental et renforcer la souveraineté nationale.
La réindustrialisation ne peut se concevoir sans une politique énergétique claire. Si l’UE progresse dans le développement du solaire et de l’éolien, les débats sur le nucléaire ou les énergies renouvelables restent vifs. Pour Anaïs Voy-Gillis, il faut combiner ces deux sources afin d’assurer un mix énergétique stable, décarboné et compétitif. (...)"
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