Colloques du Collège de France - Collège de France

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Oct 18, 2024 • 39min

Colloque de rentrée 2024 - Genre et Sciences : Penser les carrières académiques à l'aune des dynamiques du genre

Colloque de rentrée 2024 - Genre et Sciences : Penser les carrières académiques à l'aune des dynamiques du genreSession 4 : Science du genreNicky Le FeuvreProfesseure ordinaire de sociologie du travail, université de LausanneSéance animée par François Héran.RésuméLes femmes reçoivent désormais la moitié des doctorats délivrés en Europe, mais elles peinent à capitaliser sur ces atouts éducatifs au moment des recrutements sur des postes académiques ou lors des promotions aux postes professoraux stabilisés. Confrontées à un monde académique organisé autour du « masculin neutre », elles ne doivent pas seulement (se) convaincre de leurs compétences et savoir-faire, elles doivent souvent accomplir des « rituels de loyauté à l'égard des normes de genre » (Hollander, 2012), sous peine de susciter rejet et stigmatisation. L'intervention consistera à illustrer les apports d'une approche dynamique du genre à la compréhension des principaux enjeux (et défis) des carrières académiques au féminin en Europe. Publications : Le Feuvre, N., Sümer, S., O'Connor, P. (2024) Gendered Academic Citizenship: Investigating Resources, Recognition and Belonging in Higher Education Institutions, In B. Siim & P. Stoltz (Eds.) "The Palgrave Handbook of Gender & Citizenship", Palgrave Macmillan: 469-491; O'Connor, P., Le Feuvre, N., & Sümer, S. (2023) Cross-National Variations in Postdoc Precarity: An Inquiry into the Role of Career Structures and Research Funding Models, Policy Futures in Education, 22(4), 606-624.RéférencesHollander, Jocelyn A. (2012). I Demand More of People: Accountability, Interaction and Gender Change. Gender & Society. 27(1), 5-29.Nicky Le FeuvreNicky Le Feuvre est professeure ordinaire de sociologie du travail à l'université de Lausanne (UNIL), où elle est doyenne de la faculté de sciences sociales et politiques. De nationalité britannique, elle a rejoint l'UNIL après une vingtaine d'années passées à l'université de Toulouse Jean-Jaurès (France), où elle a fondé et dirigé l'équipe Simone-SAGESSE (Savoirs, genre et rapports sociaux de sexe - EA3053). Une part importante de ses recherches porte sur le processus de féminisation des groupes professionnels qualifiées (avocats, médecins, etc.), dans une perspective comparative européenne. Entre 2011 et 2022, elle a coordonné le volet Gender & Occupations du NCCR LIVES Surmonter la vulnérabilité (https://www.centre-lives.ch/fr). À l'échelle européenne, elle a dirigé le projet Dynamics of Accumulated Inequality for Seniors in Employment (DAISIE) au sein du programme NORFACE-DIAL (https://www.norface.net/program/dial/) et a coordonné le volet suisse du projet Gendering the Academy & Research (GARCIA) sur la précarité dans les débuts de carrières académiques (www.garciaproject.eu). Elle a récemment publié plusieurs articles autour de la notion de citoyenneté académique, développée avec ses collègues Sevil Sümer et Pat O'Connor. Dans l'ensemble de ses recherches, Nicky Le Feuvre porte une attention particulière aux évolutions contradictoires des inégalités de genre dans les sociétés européennes contemporaines.
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Oct 18, 2024 • 41min

Colloque de rentrée 2024 - Genre et Sciences : Prendre le « droit de l'Homme à la science » des femmes au sérieux

Colloque de rentrée 2024 - Genre et Sciences : Prendre le « droit de l'Homme à la science » des femmes au sérieuxSession 3 : Science biologique et génomique, juridiqueSamantha BessonProfesseure du Collège de FranceSéance animée par Vinciane Pirenne-DelforgeRésuméDepuis 1948, le droit international des droits de l'Homme garantit un droit de l'Homme de participer à la science et à ses bienfaits (souvent abrégé « droit de l'Homme à la science »). Affaibli par une reformulation plus individualiste et passive lors de sa garantie par le Pacte international des droits économiques, sociaux et culturels de 1966, ce droit a longtemps été négligé en pratique. Depuis une quinzaine d'années, toutefois, différents efforts de réactivation du droit sont en cours aux Nations unies, et notamment par l'Unesco, le Comité des droits économiques, sociaux et culturels et la Rapporteuse spéciale sur les droits culturels. La question de l'égalité de participation en science, et notamment de l'égalité des femmes, est au cœur de ces efforts. Cette contribution commencera par présenter les différents types d'obligations et responsabilités que cette égalité fonde pour les États et les organisations internationales, mais aussi pour les communautés scientifiques au titre des trois volets du droit de l'Homme à la science que sont : le droit d'accéder et participer à la pratique scientifique ; le droit d'accéder et participer aux bienfaits de la science ; et le droit d'être protégées des effets néfastes de la science. Il s'agira ensuite de traiter des questions de discrimination des femmes en science qui sont propres à la pratique scientifique et à sa structure normative et institutionnelle, et dont les organes onusiens mentionnés précédemment n'ont pas encore suffisamment traité. En dialogue avec certaines philosophes féministes des sciences, de nouvelles interprétations du droit de l'Homme à la science des femmes seront alors proposées.
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Oct 18, 2024 • 31min

Colloque de rentrée 2024 - Genre et Sciences : Émergence d'écarts entre filles et garçons en mathématiques à l'école primaire

On explore l’apparition précoce d’un écart entre filles et garçons en mathématiques dès la première année scolaire. On décrit une vaste évaluation nationale et des tests précis en langage et maths. On examine l’impact de la scolarisation, du Covid, et des facteurs de classe. On propose des pistes d’interventions pédagogiques et politiques pour réduire ces inégalités.
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Oct 18, 2024 • 46min

Colloque de rentrée 2024 - Genre et Sciences : Sexe et genre à l'ère de l'épigénétique

Discussion sur la distinction entre sexe génétique et construction sociale du genre. Exploration de l’épigénétique montrant comment l’environnement marque biologiquement les différences sexuelles. Présentation de mécanismes moléculaires (méthylation, histones, ARN) et d’études chez la souris et sur grands jeux de données humains. Appel à intégrer sexe et genre en recherche et pratique médicale.
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Oct 18, 2024 • 31min

Colloque de rentrée 2024 - Genre et Sciences : Défenses immunitaires et dimorphisme sexuel

Colloque de rentrée 2024 - Genre et Sciences : Défenses immunitaires et dimorphisme sexuelSession 3 : Science biologique et génomique, juridiqueYasmine BelkaidDirectrice générale de l'Institut PasteurSéance animée par Vinciane Pirenne-DelforgeRésuméThe immune system serves as a potent rheostat of host physiology, a fundamental function that requires specialized regulation across tissues, age and biological sex. Such tailored control also contributes to differences in disease manifestations. Notably, sex bias in host immunity is believed to account for differences in the incidence, tropism and severity of diseases between males and females. Clinical and experimental work revealed that females tend to develop stronger responses to infections and vaccines, and have a greater incidence of autoimmune disorders than males. As an illustration of this phenomenon, sex differences in infection outcomes were recently highlighted in the context of the SARS-CoV-2 pandemic, with enhanced risk for severe infection and lethality in men compared to women. Differential susceptibility to infections and inflammatory disorders has been, at least in part, attributed to heightened innate and adaptive immune potency in females than males (3, 4). While several mechanisms have been proposed to account for this phenomenon, our understanding of the key players involved in shaping sex-specific immunity remains surprisingly sparse. Sexual dimorphism can result from sex chromosome and/or hormonal control of host physiology. Notably, both androgens and estrogens have been shown to have the capacity to directly impact the function of various immune cells. Sexual bias in host immunity is of particular importance in barrier tissues that are primary targets of infections, injury and chronic inflammatory disorders. Indeed, sexual dimorphism has long been recognized in the context of various barrier tissue inflammatory disorders such as asthma, atopic dermatitis and Sjögren's syndrome. Collectively, biological sex has broadly been associated with differences in the intensity and tropism of numerous disorders. How constitutive wiring of barrier tissues in males versus females predicts disease outcomes remains largely unclear, but emerging evidence supports the idea that each tissue may be differentially impacted by biological sex. For instance, comparison of 44 human tissues revealed tissue-specific differences in the number of genes differentially regulated between men and women, with the skin notably displaying the highest number of sex−biased genes. We uncovered a dominant role for type 2 innate lymphoid cells (ILC2) in shaping sexual immune dimorphism within the skin. Mechanistically, negative regulation of ILC2 by androgens leads to a reduction in dendritic cell (DC) accumulation and activation in males, and reduced tissue immunity. This recent work reveals an androgen-ILC2-DC axis in controlling sexual immune dimorphism.Yasmine BelkaidPr Yasmine Belkaid is the President of the Institut Pasteur (Paris) and the head of the Metaorganism Immunity laboratory at the Institut Pasteur. She obtained her Master in Biochemistry at the University of Science and Technology Houari Boumediene in Algiers, Algeria and her PhD from the Institut Pasteur in France. Following a postdoctoral fellowship at the National Institute of health (Bethesda) on immune regulation during infection, she started her research program at the Children's Hospital Research Foundation in Cincinnati. In 2005, she joined the National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID) where she served as department chair of the Laboratory of Host Immunity and Microbiome, Director of the trans-NIH Center for Human immunology and founder and Director of the NIAID Microbiome program prior to joining the Institut Pasteur in 2024. Her work explores fundamental mechanisms that regulate tissue homeostasis and host immune responses and uncovered key roles for the microbiota and dietary factors in the control of immunity and protection to pathogens. Her work also explores the role of the immune system in organismal remodeling and the impact of infections on maternal child DYAD. Dr Belkaid is a member of the National Academy of Sciences, the American Academy of Arts and Sciences, the National Academy of Medicine and recipient of numerous awards including the Lurie Prize in Biomedical Sciences, the Emil von Behring Prize, the Sanofi-Institut Pasteur Award, the Robert Koch Award and the AAI Excellence in Mentoring Award.
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Oct 17, 2024 • 35min

Colloque de rentrée 2024 - Genre et Sciences : Derrière chaque grand homme… : les collaboratrices familiales du travail scientifique

Une plongée dans les contributions invisibles des épouses aux travaux scientifiques. Récits de tâches matérielles, logistiques et éditoriales qui ont soutenu la recherche. Analyse des sources d'archives et des raisons juridiques et sociales de leur effacement. Réflexion sur le coût individuel et institutionnel de cette invisibilisation et sur ce que la science aurait perdu sans ce travail.
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Oct 17, 2024 • 44min

Colloque de rentrée 2024 - Genre et Sciences : Ce que les sciences font au genre, ce que le genre fait aux sciences : à propos de la reproduction médicalement assistée

Colloque de rentrée 2024 - Genre et Sciences : Ce que les sciences font au genre, ce que le genre fait aux sciences : à propos de la reproduction médicalement assistéeinachevéeSession 2 : Histoire et comparaisonDelphine GardeyProfesseure, Faculté des Sciences de la Société, université de GenèveSéance animée par Patrick Boucheron.RésuméEn mobilisant des travaux théoriques et empiriques classiques dans le champ des Science and Technology Studies et de la critique féministe des sciences ainsi que des contributions et recherches personnelles publiées ou en cours, je me propose de regarder ce que les transformations dans l'ordre des sciences et des rapports sociaux de genre font aux savoirs et pratiques médicales de la reproduction. Et, symétriquement en quoi certaines transformations dans les savoirs et les pratiques médicales et biomédicales de la reproduction relèvent de, accompagnent, et produisent des transformations dans l'ordre social et de genre. Delphine GardeyHistorienne et sociologue, Delphine Gardey est depuis 2009 professeure ordinaire à l'Institut des Études genre (faculté des sciences de la société, université de Genève) qu'elle a dirigé jusqu'en 2017. Elle a été fellow au Max-Planck-Institut for the History of Science (Berlin), fellow à l'Institute for Advanced Study (Berlin) et à l'Institut des études avancées (Paris), professeure invitée à l'EHESS (Paris) et à Ochanomizu University (Tokyo). Spécialisée dans le champ des études de genre et des sciences et des techniques, elle a contribué à l'histoire des femmes et du genre en Occident ; la sociologie des techniques ; l'histoire des sociétés de l'information ; l'anthropologie de l'écriture ; l'histoire du parlementarisme, ainsi qu'aux études liant genre, sexualité, corps et biomédecine autour des questions de reproduction. Ses recherches sur la reproduction ont été financées par le Fonds national suisse de la recherche scientifique, les fondations Maurice Chalumeau et Boninchi. Delphine Gardey est l'auteure de quatre monographies et de plus de soixante articles et chapitres scientifiques ; coéditrice de cinq livres et de six numéros spéciaux.
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Oct 17, 2024 • 39min

Colloque de rentrée 2024 - Genre et Sciences : La discrimination contre les femmes scientifiques. Une histoire (récente) inachevée

Esther Duflo, économiste et lauréate du prix Nobel spécialisée en économie du développement, explore l'histoire et la persistance des discriminations contre les femmes en science. Elle revient sur l’affaire Nancy Hopkins, les biais dans les recrutements et publications, les expériences par CV et le rôle paradoxal des jurys mixtes. Discussion vive sur culture scientifique, crédits de coautorat et obstacles à la publication.
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Oct 17, 2024 • 33min

Colloque de rentrée 2024 - Genre et Sciences : Les « droits de l'esprit » : la science des Lumières a-t-elle un genre ?

Colloque de rentrée 2024 - Genre et Sciences : Les « droits de l'esprit » : la science des Lumières a-t-elle un genre ?Session 2 : Histoire et comparaisonAntoine LiltiProfesseur du Collège de FranceSéance animée par Patrick Boucheron.RésuméLe monde scientifique du XVIIIe siècle était encore organisé sur le principe de la « clôture masculine du savoir » (Michèle Le Doeuff). Ni les universités, ni les académies n'acceptaient les femmes. L'accès de celles-ci à l'éducation était limité et les préjugés à l'encontre du savoir féminin restaient puissants. Ainsi, Émilie du Châtelet protestait contre le « préjugé qui nous exclut universellement des sciences » et appelait à faire bénéficier les femmes de « tous les droits de l'humanité et surtout de ceux de l'esprit ».Or, au-delà de son cas devenu emblématique, des travaux historiques récents, comme ceux de Nina Gelbart, mettent en évidence le rôle actif de plusieurs femmes de science : mathématiciennes, astronomes, physiciennes ou botanistes. Elles furent rares, mais leur mérite fut parfois reconnu et loué. La communication présentera quelques-unes de ces contributions féminines à la science des Lumières et s'attachera surtout à restituer l'expérience de ces femmes au sein d'un monde essentiellement masculin, mais peut-être moins fermé qu'on ne le pense. Ce qui apparaît alors, au coeur de la culture des Lumières, ce sont les tensions entre un imaginaire genré du savoir et une conception plus universaliste de la science.
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Oct 17, 2024 • 33min

Colloque de rentrée 2024 - Genre et Sciences : Les femmes savantes sont-elles toujours ridicules ? Perceptions des sciences au féminin au XVIIe siècle

Colloque de rentrée 2024 - Genre et Sciences : Les femmes savantes sont-elles toujours ridicules ? Perceptions des sciences au féminin au XVIIe siècleSession 2 : Histoire et comparaisonMarie-Frédérique PellegrinMaitresse de conférences HDR à la faculté de philosophie de l'université Lyon 3Séance animée par Patrick Boucheron.RésuméLors de la création de l'Académie française, le choix est fait d'en exclure les femmes. Beaucoup de traités d'éducation du XVIIe siècle (comme le plus célèbre d'entre eux, L'Éducation des filles de Fénelon) insistent parallèlement sur l'inutilité de la plupart des sciences pour les femmes. Face à ce constat, l'Époque moderne est-elle une époque de disqualification des femmes dans le domaine des sciences ? S'il faut souligner un discours souvent ironique concernant les femmes qui veulent s'initier aux sciences et les pratiquer, on constate que la question de la légitimité et de la reconnaissance des femmes savantes est en réalité discutée et donne lieu à des réponses variées. D'une part, on trouve des défenseuses et défenseurs d'un droit d'accès et de participation aux activités scientifiques pour les femmes ; d'autre part, celles-ci pratiquent effectivement les sciences (terme qu'il faudra d'ailleurs définir dans son acception de l'époque). On peut donc mettre en valeur à la fois des éléments théoriques et des éléments pratiques soutenant cette perspective nuancée. La réflexion sur la nature des femmes (sont-elles à même de penser aussi bien que les hommes ?) tout comme l'examen des rôles sociaux des deux sexes permettent en effet de comprendre que, pour des raisons proprement philosophiques, les savantes ne sont pas forcément considérées comme ridicules au XVIIe siècle. L'analyse mobilisera notamment Marie de Gournay, René Descartes, Élisabeth de Bohême, Louis de Lesclache et François Poullain de La Barre.Marie-Frédérique PellegrinAncienne élève de l'École normale supérieure, agrégée et docteure en philosophie, Marie-Frédérique Pellegrin est spécialiste de philosophie moderne. Elle s'intéresse particulièrement à la pensée de Malebranche ainsi qu'au cartésianisme et à ses postérités, notamment féministes. Elle travaille actuellement sur la question du canon philosophique et sur la nécessité d'y inclure des femmes philosophes. Elle relit en ce sens les œuvres de Marie de Gournay et d'Élisabeth de Bohême. Son dernier ouvrage (Pensées du corps et différences des sexes à l'Époque moderne, ENS Éditions) propose une psycho-physiologie des sexes et des genres à l'Époque moderne à partir de la question : est-ce que le sexe du corps a une influence sur la pensée ?

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