

Le Nouvel Esprit Public
Philippe Meyer
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
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Jul 14, 2019 • 1h 1min
Thématique : l’État vu d’en bas, avec Noël de Saint-Pulgent / n°97
Noël de Saint-Pulgent vous êtes actuellement délégué du défenseur des droits pour le 19ème arrondissement ; un rôle encore méconnu dans notre société.
Le 17 juillet 2014, Jacques Toubon a été nommé défenseur des droits par François Hollande. Selon l’article 71-1 de la Constitution, « Le Défenseur des droits veille au respect des droits et libertés ». C’est une personne indépendante qui défend les droits de chaque citoyen de manière confidentielle et gratuite.
Afin de parvenir à mener à bien cette mission, le défenseur des droits est appuyé par des délégués. Ces derniers peuvent aider un citoyen s’il a des difficultés dans ses relations avec les services publics, si les droits d’un enfant ne sont pas respectés ou s’il est discriminé. Les délégués du Défenseur des droits accueillent, écoutent et orientent gratuitement tous ceux qui pensent que leurs droits ne sont pas respectés. Ils ont donc tout autant un rôle d’information que de médiateur.
Selon le rapport annuel d’activité, en 2018 l’institution a reçu 95 836 dossiers de réclamations soit une augmentation de plus de 6% par rapport à 2017 et de 13% sur les deux dernières années. 80% des règlements amiables engagés par l’institution ont abouti favorablement. En outre, le Défenseur des droits a répondu à 34 999 demandes d’information. Il a rendu 295 décisions, adressé 29 avis au Parlement et présenté à 108 reprises des observations devant des juridictions.
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Jul 7, 2019 • 59min
Thématique : Royaume-Uni : il n'y a pas que le Brexit, avec Pauline Schnapper / n°96
Pauline Schnapper vous êtes professeure de civilisation britannique contemporaine à l’université Sorbonne-Nouvelle et avez fait paraitre en 2015 un ouvrage intitulé "Britain and the Crisis in the European Union".Le 24 mai dernier, Theresa May a démissionné de la direction du parti conservateur tout en restant Première ministre jusqu’à la nomination de son successeur.Durant son mandat, outre l’échec de sa principale mission qui était de faire sortir le Royaume-Uni de l’Union européenne, aucune décision majeure n’a été prise à l’exception d’une loi antiterroriste controversée, d’une réforme de la justice et de mesures contre le blanchiment d’argent. Les ministères ont vu leurs budgets fondre tandis que le gouvernement a laissé les municipalités dépérir. Leurs allocations ont diminué de 49,1 % en termes réels entre les années fiscales 2010-2011 et 2017-2018, selon le Bureau d’audit national (NAO). Le comté du Northamptonshire, pourtant dirigé par les conservateurs, a fait faillite en 2018. Alors que la nouvelle dernière échéance pour le Brexit est fixée au 31 octobre 2019, on s’interroge sur ses diverses répercussions importantes pour le Royaume-Uni. Son union est-elle menacée par les projets d’indépendance de la Première ministre d’Ecosse ? Les guerres d’Irlande pourraient-elles menacer à nouveau ? L’économie britannique souffrira-t-elle de cette séparation d’avec l’Europe ou suivra-telle le modèle de Singapour ? Les palinodies de la classe politique, travaillistes et conservateurs confondus aboutiront-elles à la fin du bipartisme ou à un bipartisme nouveau qui verrait s’opposer les deux vainqueurs des élections européennes, les populistes du Brexit party et européistes libéraux démocrates avec un tiers parti, les Verts, qui ont recueilli 12,5% des suffrages soit presque autant que les travaillistes de Jeremy Corbyn. Sans oublier, bien sûr, les possibles conséquences de tous ces événements sur la monarchie britannique, question dont nous savons tous qu’elle passionne très largement les frontières du Royaume Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du nord.
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Jun 30, 2019 • 1h 2min
La cajolerie des territoires / Erdogan un revers sévère / n°95
LA CAJOLERIE DES TERRITOIRES :Lundi 24 juin, la Cour des comptes a publié son rapport annuel sur les finances locales. Elle enregistre un excédent de 2,3 milliards d’euros pour les administrations publiques territoriales en 2018. Ces chiffres s’expliquent. L’État n’a pas diminué ses dotations en 2018, contrairement aux trois années précédentes. Ses transferts de fonds aux collectivités ont augmenté de 1,8 milliard d’euros. Les administrations centrales ont réduit leur production de normes qui entraîne des coûts importants pour les communes, départements et régions. La règle édictée par Édouard Philippe en juillet 2017 de deux normes supprimées pour une nouvelle a fonctionné. Le coût des injonctions réglementaires nationales est passé de 1 milliard d’euros en 2017 à 400 millions d’euros en 2018. Le 13 juin lors de son discours de politique générale devant le Sénat, Édouard Philippe a joué la carte girondine en promettant une nouvelle loi de décentralisation d’ici 2020. Avant cela, un projet de loi « Engagement et proximité », censé résoudre la crise des vocations municipales et simplifier la vie des édiles devrait être adopté. Vendredi 14 juin, lors du congrès de l’association Villes de France à Albi dans le Tarn, le Premier ministre s’est livré à une opération de séduction pour se doter d’un maillage local. Il a nourri son discours de la notion de "confiance" et a appelé les maires à dépasser " des étiquettes politiques bien vieillies."La réforme de la fiscalité locale attendue par les collectivités territoriales a été présentée mardi 18 juin par les ministres de la Cohésion des territoires et des Comptes publics. Les maires recevront l'intégralité de la taxe foncière des départements et Bercy promet aux édiles la révision des bases locatives qu'ils demandent depuis des décennies. Engagée à faire baisser la pression fiscale sur les ménages, la majorité avait, dès son arrivée au pouvoir, décidé la suppression de la taxe d’habitation, dans un premier temps pour les ménages modestes ce qui avait provoqué de vives réactions parmi les maires de France. Pour compenser le manque à gagner des communes, l’exécutif a choisi l’attribution au bloc communal (communes et intercommunalités) de l’intégralité de l’autre impôt local, la taxe sur le foncier bâti, payée, elle, par les propriétaires. Les départements vont donc perdre la part de cette taxe foncière qui leur revenait. En contrepartie, les conseils départementaux recevront une partie de la TVA. L’État en soutien du local, c’est également ce qu’avait déjà commencé à faire le gouvernement, avec l’opération Cœur de Ville, un programme de réhabilitation des centres des 222 villes moyennes lancé il y a un an, avant la crise des gilets jaunes. ***ERDOGAN : UN REVERS SÉVÈREDimanche 23 juin, les habitants d’Istanbul se sont rendus aux urnes afin d’élire leur maire pour la seconde fois en moins de trois mois.L'ancien Premier ministre Binali Yildirim, candidat de l'AKP, le parti du président Erdogan, à la mairie de la plus grande ville turque, a échoué face à l'opposant Ekrem Imamoglu, que peu de Stambouliotes connaissaient il y a six mois et qui a obtenu 53,86 % des voix contre 45,23 % pour son adversaire. Le 31 mars, Ekrem Imamoglu avait déjà remporté cette élection municipale, mais d’une courte tête – avec 13. 000 voix d’avance. Sous la pression du président turc Recep Tayyip Erdogan, sa victoire avait été invalidée, au motif d’« irrégularités » dans les bureaux de vote. Le vote kurde a joué un rôle décisif. Les Stambouliotes originaires de cette minorité, traditionnellement divisée entre pro et anti-AKP, constituent environ 20 % des quelques 15 millions d'habitants de la mégalopole. Durant sa campagne, le candidat de l'opposition Ekrem Imamoglu a pris la défense de Selahattin Demirtas, l'ancien coleader du parti prokurde HDP, embastillé depuis plus de deux ans. Au pouvoir depuis 17 ans, Recep Tayyip Erdogan avait prévenu ses partisans en aout 2017 : « Si nous calons à Istanbul, nous trébucherons en Turquie. Depuis 1994, la ville la plus riche du pays est, en effet, un bastion de l’AKP dont Erdogan lui-même a été maire de 1994 à 1998. Alors que, depuis 2003, la force d'AKP était son bon bilan économique et social, le pays traverse depuis dix mois sa première récession en dix ans, souffre d'un chômage proche de 14 % et d'un effondrement de la livre turque, qui a porté l'inflation à plus de 20 %. Un effondrement lié à la fois aux tensions d'Ankara avec ses partenaires occidentaux et au déficit important de la balance des paiements.
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Jun 23, 2019 • 1h 1min
Hong Kong : le grand défi / Municipales : Grandes manœuvres et petits calculs / n°94
HONG KONG : LE GRAND DEFI Le 16 juin dernier, un million de personnes ont défilé à Hongkong selon les organisateurs de la mobilisation, alors que la ville compte sept millions d’habitants. Cette mobilisation est un record depuis la rétrocession du territoire à la Chine en 1997. Les Hong-kongais sont vent debout contre un projet de loi qui permettrait à leur gouvernement d’extrader plus facilement des personnes présentes sur son territoire, notamment vers Pékin. Sous souveraineté chinoise, Hongkong jouit d'une semi-autonomie et de libertés qui n'existent pas en Chine continentale, et ce, en théorie, jusqu’en 2047. L’ex-colonie britannique a été le théâtre de violence et d’émeutes notamment lors d’un rassemblement non autorisé du mercredi 12 juin où les répressions policières ont été sévères. Ce n’est pas la première fois que de telles marées humaines envahissent le centre-ville d’Hong-Kong. En 2003, en 2012 et lors de la « révolution des parapluies » en 2014, des scènes similaires s’étaient produites. Alors qu’Hong-Kong n’avait obtenu aucune concession de Pékin en 2014, la population semble aujourd’hui déterminée à ne rien lâcher. C’est ce que montre par exemple Joshua Wong, l’une des figures de la contestation des parapluies, qui tout juste libéré de prison lundi 17 juin, a rejoint les rangs de la mobilisation. Le rassemblement du 16 juin était deux fois plus important que celui du dimanche précédent alors que le gouvernement local avait suspendu la veille l’examen du projet de loi. La colère des Hong-kongais a désormais pour objet Carrie Lam, la cheffe de l’exécutif local pro-Pékin. Mardi 18 juin, elle a présenté des excuses à la population tout en refusant de démissionner. La suspension du projet de loi constitue un revers pour le président chinois qui a fait de l’intégration de cette ville un modèle qu’il voudrai reproduire à Taïwan, et ceci au moment où la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis connaît un regain de tension. ***MUNICIPALES : GRANDES MANOEUVRES ET PETITS CALCULS Lundi 17 juin, la Commission nationale d’investiture du Parti Présidentiel dirigée par Marie Guévenoux et Alain Richard, respectivement députée de l’Essonne et sénateur du Val-d’Oise, a dévoilé ses 19 premiers candidats pour les élections municipales de 2020.Le parti macroniste, qui n’a pas encore été en lice à des élections municipales, ne compte aujourd’hui que 2 000 élus municipaux, sur un total d’environ 500 000 mais vise à s’implanter sur tout le territoire. Pour ce faire, il entend procéder au cas par cas : dans les villes qu’il estime à sa portée, il compte présenter ses propres listes avec des candidats étiquetés LRM et MoDem. Dans celles qui lui paraissent imprenables sous sa seule étiquette, l’idée est de nouer des alliances avec des élus sortants d’un autre parti.La République en Marche et le Rassemblement national, les deux formations politiques arrivées en tête des élections européennes, sont paradoxalement celles qui comptent le moins d’élus locaux. En face, les partis de gouvernement historiques comptent de nombreux fiefs locaux, surtout la droite, grande vainqueur des élections municipales de 2014.Marine Le Pen s’est dit, dimanche 16 juin, « prête à discuter » avec des électeurs et des militants Les Républicains (LR), en crise depuis la déroute de cette formation aux élections européennes de mai, et avec ceux qui « contestent » Emmanuel Macron, pour fonder « des plateformes d’action communes ». Les écologistes ont obtenu leurs scores les plus élevés aux élections européennes dans les grandes villes, dépassant parfois un score de 20 %. Ils nourrissent des ambitions à Nantes, Rennes, Toulouse et même à Paris. Dans la capitale, le parti d’Emmanuel Macron a exclu, lundi, l’organisation de primaires comme le demandaient les candidats nombreux à vouloir défier Anne Hidalgo. Le 9 juillet, les six candidats LREM qui se disputent l’investiture aux municipales parisiennes, passeront un grand oral pour se départager. Benjamin Griveaux, ancien porte-parole du gouvernement fait figure de favori.
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Jun 20, 2019 • 18min
Bada #14 - Macron, l'acte II interprété par Edouard Philippe; Du rififi dans le détroit d'Ormuz
Émission enregistrée en public à la mairie du 9eme arrondissement de Paris le 16 juin 2019.
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Jun 16, 2019 • 1h 5min
Macron, l'acte II interprété par Edouard Philippe / Du rififi dans le détroit d'Ormuz / n°93
Macron acte II et Détroit d’Ormuz
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Jun 9, 2019 • 1h 3min
D’autres populismes / Vers une nouvelle donne politique / n°92
Vers une nouvelle donne politique : Le dimanche 2 juin, Laurent Wauquiez a annoncé sa démission de la présidence du parti Les Républicains (LR). Cette annonce fait suite au revers de la liste conduite par son poulain, François‐Xavier Bellamy, aux élections européennes du 26 mai. Avec 8,48 % des suffrages exprimés, le parti a enregistré son plus mauvais score sous la Ve République. L’ancien patron de LR avait perdu le soutien de son parti puisqu’au Sénat, Gérard Larcher avait pris la tête de la résistance de la droite modérée et à l’Assemblée nationale, une vingtaine de députés menaçaient de faire dissidence. Cette démission ne met fin ni au débat sur la ligne du parti dont LREM a siphonné une partie des électeurs, ni à la recherche d’un nouveau leader, ni à l’hémorragie de personnalités comme la présidente de la Région Île-de-France, Valérie Pécresse. Après le scrutin européen, la majorité doit aussi se réorganiser notamment dans la perspective des élections municipales de 2020. Premier signe du changement : le chef de l’État a décidé de ne pas prendre la parole devant le Parlement réuni en Congrès et de confier à Édouard Philippe le soin de préciser les étapes de l’acte II du quinquennat lors d’un discours de politique générale suivi d’un vote de confiance le 12 juin prochain. Pour séduire les 13,3% de voix parties vers les écologistes d’EELV, Édouard Philippe a par ailleurs promis un « verdissement » de la politique du gouvernement. A la droite de la droite, l’arrivée en tête du Rassemblement national n’a pas pu longtemps cacher l’impossibilité pour ce parti de prétendre gouverner seul. Marion Maréchal est sortie de son silence pour le souligner et mettre sur la table la question des alliances, question à laquelle une partie de LR n’est pas insensible.A la gauche de la gauche, Jean-Luc Mélenchon a laissé ses proches minimiser la contestation interne menée par Clémentine Autain. Il ne s’est pas attardé sur le faible résultat de LFI et a réaffirmé que son but était la prise du pouvoir par une victoire à l’élection présidentielle de 2022.D’ici là, les Français voteront beaucoup. En 2020 pour le renouvellement des conseils municipaux et d’une partie du sénat électorales, en 2021 pour celui des conseils départementaux et régionaux. Les maires élus sous une étiquette de droite font l'objet de l'attention toute particulière de LRM qui manque d’assise territoriale.***D'autres populismes : Lors de la campagne pour les élections européennes, une attention toute particulière s’est portée sur les populismes dans bon nombre de pays européens. L’hémisphère Sud n’est pas en reste, où des dirigeants aux manières controversées, promettent de renverser le « système ». Au Brésil, Jair Bolsonaro, élu président en octobre 2018, s’érige en champion de la lutte contre la corruption. Le rejet des élites corrompues du pays avait amené ce nostalgique de la dictature à remporter les élections. Admirateur de Donald Trump, il est notamment en guerre contre les universités et a récemment annoncé le gel de 30% de leurs subventions. Il prône la privatisation des plus importantes compagnies publiques et des mesures de dérégulation de l’agro-industrie. Il a augmenté de près de 5% le salaire minimum et condamné les aides sociales aux plus pauvresEn Asie, le Premier ministre indien, Narendra Modi, vient d’être réélu le 19 mai et s’affiche en leader d’une indépendance nationale glorifiant le « Made in India industriel et technologique. A 68 ans, il avait fait des élections législatives un quasi-référendum sur sa personne. Sa campagne a été marquée par un discours sécuritaire anxiogène et nationaliste, le présentant comme le protecteur du pays et lui permettant de passer sous silence son bilan économique mitigé. Aux Philippines, les candidats du président Rodrigo Duterte sont arrivés en tête des élections de mi-mandat du 13 mai. Le président, élu depuis 2016, a bâti sa réputation de champion de la lutte contre le narcotrafic à l’aide de ses escadrons de la mort chargés d’exécuter les criminels sans autre forme de procès. « Oubliez les droits de l'homme, si je deviens président, ça va saigner », déclarait-il lors de sa campagne.Les élections présidentielles argentines qui se profilent le 17 octobre prochain font réapparaitre le spectre du péronisme, laboratoire du populisme dans les années 40, et 50 avec la figure de Cristina Kirchner, ancienne présidente de 2007 à 2015 qui se présente comme vice-présidente derrière son chef de cabinet, Alberto Fernandez, afin que celui-ci puisse signer une amnistie interrompant les procédures judiciaires qui la visent. Elle doit être jugée dans le cadre de l’affaire de l’attentat à la bombe de 1994 contre l’association juive Amia de Buenos Aires qui avait fait 85 morts et des centaines de blessés. Elle affiche dans son programme la nationalisation du commerce extérieur et la mise sous tutelle des secteurs de la justice et des médias.
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Jun 2, 2019 • 1h 4min
Élections européennes en Europe / n°91
ÉLECTIONS EUROPÉENNES EN EUROPE :La participation aux élections européennes a progressé dans vingt des vingt-huit pays de l’UE, et de huit points en France, passant de 42,6 % à 51 %. Les pays membres de l’Union où le vote a le plus progressé sont la Pologne et le Hongrie, où la participation a presque doublé, l’Autriche, la République tchèque et la Slovaquie, où elle a augmenté de 10à 14%. Dans les pays « baissiers », l’Irlande, l’Italie, la Belgique, la Grèce, le Portugal, la différence de participation avec 2014 n’est jamais supérieure à 3%Dans plusieurs pays, la progression de l’extrême droite est notable. En Italie, la Ligue de Matteo Salvini est arrivée en tête avec 34,27 % des suffrages, contre 6,15 % en 2014. En Belgique, le score du Vlaams Belang passe de 5,60 à 11,45%. En Espagne, Vox, formation créée il y a six ans, a presque quadruplé son score, passant de 1,57 % en 2014 à 6,2 %. Mais dans plusieurs autres pays, les résultats des partis d’extrême droite stagnent ou évoluent de façon moins spectaculaire comme en Allemagne où Alternative pour l’Allemagne (AfD) a obtenu un score en dessous de ses résultats aux élections législatives de 2017 (12,6 %). L’Autriche, éclaboussé par un scandale quelques jours avant le scrutin, a perdu un élu pour le Parti autrichien. En Grande Bretagne,où le taux de participation a été à la fois faible et en hausse, malgré le succès du Brexit party de Nigel Farage, le total des voix obtenues par les formations favorables à un second referendum lui est supérieur (39% contre 33,7% pour les deux partis brexiteurs.Le duopole gauche-droite qui faisait la loi au Parlement depuis la première élection, en 1979, a cessé d’être. Les conservateurs du PPE, parti populaire européen, remportent 180 sièges soit 41 de moins qu’il y a 5 ans. Les sociaux-démocrates comptent 146 sièges soit 45 de moins qu’à la précédente élection.Trois formations eurosceptiques s’imposent dans le paysage politique communautaire : L’Europe des nations et des libertés (ELL) de Marine Le Pen et Matteo Salvini, les conservateurs et réformistes européens (ECR) dominé notamment par des élus polonais, les britanniques de Nigel Farage et du mouvement 5 étoiles obtiennent au total 171 sièges et constituent la deuxième force du Parlement.Les Verts / ALE obtiennent 69 sièges soit 19 de plus qu’en 2014. l’ALDE (alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe) remporte 109 sièges contre 67 auparavant. Les partis politiques nationaux doivent reconfirmer leur appartenance aux différentes formations paneuropéennes dans le courant de juin avant la première session du parlement le 2 juillet.Les chefs d’État proposeront un nom pour la présidence de la Commission au Conseil du 20 au 21 juin. Il sera soumis au vote au Parlement européen entre le 15 et le 18 juillet.
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May 26, 2019 • 1h 4min
USA-Iran : un autre torchon brûle / Les populismes européens, leurs points communs, leurs divergences et leurs alliés extérieurs / n°90
USA-IRAN : UN AUTRE TORCHON BRÛLE Le 5 mai, après le renforcement des sanctions contre l’Iran par les États-Unis, les tensions entre Washington et Téhéran, déjà exacerbées depuis un an, par le retrait des États-Unis de l'accord sur le programme nucléaire iranien, se sont accrues. L’option du conflit armé est arrivée sur la table du bureau ovale, le président Trump déclarant : « Si l'Iran veut se battre, ce sera la fin officielle de l'Iran. Ne menacez plus jamais les États-Unis » En réponse à une « menace crédible » de Téhéran, le Pentagone a annoncé début mai l’envoi dans le Golfe du porte-avions USS Abraham Lincoln et le déploiement d'une force de bombardiers, puis, quelques jours plus tard, l'envoi d'un navire de guerre transportant notamment des véhicules amphibies, et d'une batterie de missiles Patriot. Mercredi 8 mai, l’Iran a suspendu certains de ses engagements pris en vertu de l'accord de 2015, tandis que l'administration Trump a renforcé ses sanctions contre l'économie iranienne. Mercredi 15 mai, en raison d’une “menace imminente” de l’Iran, le département d’État américain a décidé le rapatriement du personnel gouvernemental non essentiel de l’ambassade à Bagdad ainsi que du consulat à Erbil, au Kurdistan irakien. Selon le New York Times, Washington aurait été alarmé par des images aériennes montrant des missiles assemblés sur des bateaux dans le Golfe Persique. Les cours du pétrole ont terminé sur une note mitigée lundi sur le marché new-yorkais Nymex, partagés entre la crainte d'un ralentissement de la demande liée au conflit USA-Chine d'une part, et les tensions au Moyen-Orient, ainsi que la perspective d'un maintien des baisses de production de l'Opep, de l'autre. Face au durcissement des sanctions américaines, la question du devenir du pétrole iranien demeure. ***« Les populismes européens, leurs points communs, leurs divergences et leurs alliés extérieurs »Samedi 18 mai, à l'invitation du ministre italien de l'intérieur Matteo Salvini, les nationaux-populistes européens se sont rassemblés à Milan à une semaine des élections. Douze leaders de partis europhobes se sont exprimés à la tribune dont Marine Le Pen au nom du Rassemblement national. Les chefs de l'AfD allemande, des Vrais Finlandais, le néerlandais Geert Wilders, patron du parti de la liberté, et bien d'autres, étaient aussi à Milan. La Lega de Matteo Salvini et le Rassemblement national de Marine Le Pen s’activent depuis plusieurs mois pour réunir le plus d’alliés possible au Parlement européen. Néanmoins, la coalition Salvini-Le Pen ne rassemble pas l’ensemble de l’extrême droite et ses efforts pour séduire le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, ou le PiS, au pouvoir en Pologne sont sans effet. Des organisations plus extrémistes sont par ailleurs en mesure d’accéder au Parlement européen tout en étant pour la plupart d’entre eux partisans de sortir de l’UE : le Jobbik hongrois (ancien allié du Front national), l’Aube dorée grecque et sa branche chypriote (ELAM), des Slovaques de Notre Slovaquie et des Slovènes du Parti national. La réunion de Milan a, en outre, été ternie par les révélations de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel datant de la veille. Une vidéo de parfaite qualité, datant de 2017, montre le futur vice‐chancelier autrichien, Heinz‐Christian Strache, offrant à une jeune femme qu’il pense liée à un oligarque russe des contrats publics lucratifs en échange d’un soutien financier à son parti. M. Strache discute également de la possibilité pour l’investisseur russe de prendre le contrôle d’un quotidien populaire autrichien afin de soutenir son parti d’extrême droite, le FPÖ, et évoque la stratégie de contrôle des médias du Premier ministre hongrois, Viktor Orban. Ces révélations baptisées “Ibiza-gate” ont provoqué un séisme politique en Autriche où M. Strache a démissionné de ses fonctions de vice‐chancelier et de chef de parti, entrainant le départ de tous les ministres du FPÖ et laissant la liste des candidats de sa formation affaiblie alors que ce parti était un maillon important dans la stratégie de constitution d’un groupe eurosceptique au Parlement européen, après les élections des 23 et 26 mai.
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May 19, 2019 • 1h 1min
L’Europe au pied du mur / Chine - États-Unis : le torchon brûle / n°89
L’EUROPE AU PIED DU MUR : Lundi 13 mai, a débuté la campagne officielle pour les élections européennes. Les Européens s'attendaient à n'élire plus que 705 eurodéputés mais la sortie du Royaume-Uni ayant été repoussée au 31 octobre 2019, ce sont donc toujours 751 parlementaires qui devraient siéger à Strasbourg. En France, 34 listes comprenant chacune 79 noms s'affrontent en vue du scrutin des 25 et 26 mai prochains. Un nombre de listes record et néanmoins inférieur aux 41 listes engagées en Allemagne où il n’y a pas de seuil d’éligibilité tandis qu’en France, le rétablissement d’une circonscription nationale unique était censé limiter le nombre de listes. Cette profusion ne profite pas aux eurosceptiques en Allemagne où le vote qui se profile est un "oui" massif pour l'Europe : les formations pro-européennes recueilleraient entre 69 et 76% des voix. En France, La République en marche (LREM) et le Rassemblement national (RN) font la course en tête avec près de 22% d'intentions de vote chacun, devant Les Républicains à environ 11% mais aussi quantité de petites formations politiques telles que l'Alliance jaune de Francis Lalanne, ou une liste Espéranto prônant "une démocratie linguistique en Europe". L’intérêt des Français pour le scrutin du 26 mai prochain reste bas avec un taux de participation attendu à 41 %, niveau inférieur à celui enregistré en 2014 (42,4 %). 68% des Français âgés de 18 à 25 ans expriment leur désintérêt pour le scrutin prévu. En Italie, la campagne des européennes a démarré tardivement, signe de l’intérêt mesuré qu’on lui porte, même si la question de l’Europe et notamment de la question migratoire demeure un enjeu de taille. Parmi les 18 listes qui s’affrontent, les sondages donnent la Ligue, parti europhobe du ministre de l’intérieur Matteo Salvini, en tête des intentions de vote avec 32 % tandis que le Parti Démocrate qui se relance avec son nouveau leader, Nicola Zingaretti, pourrait obtenir 22 % des voix. Un résultat cuisant pour le vice-premier ministre Luigi di Maio. ***Chine - Etats Unis : LE TORCHON BRÛLE Vendredi 10 mai, les États-Unis ont mis à exécution une menace qu'ils brandissaient depuis plusieurs mois : le passage de 10 % à 25 % des taxes douanières sur 200 milliards de dollars de biens chinois importés. Trois jours après Pékin a riposté en décrétant que des droits de douane supplémentaires affecteront 60 milliards de dollars (53 milliards d'euros) de biens américains. Échelonnés de 10 % à 25 %, ils visent 5.140 produits, a averti lundi le ministère des Finances chinois. Ces mesures, décrétées de part et d'autre du Pacifique, marquent la fin d'une session de tractations infructueuses. Les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine se sont interrompues à Washington, vendredi 10 mai, sans que les deux parties puissent parvenir à un résultat. Ce regain de tension a effrayé les marchés financiers. A l'annonce des représailles chinoises, le Dow Jones perdait 2,5 % et le Nasdaq 3,4 %, tandis qu'à Paris le CAC 40 avait reculé de 1,22 % et à Francfort, le Dax, de 1,52 %. L'escalade des tensions entre Washington et Pékin a fait chuter la devise chinoise à son plus bas de l'année, entraînant dans son sillage la chute d'autres monnaies émergentes comme le won coréen ou le dollar taïwanais. Donald Trump entend de réduire le déficit commercial étatsunien (environ 380 milliards de dollars en 2018) mais aussi obtenir la protection de la propriété intellectuelle américaine et mettre fin aux transferts de technologies et aux subventions chinoises aux entreprises publiques. En témoignent l’envoi des navires de guerre dans le détroit de Taïwan ou encore la volonté affichée de réduire à néant les ambitions des équipementiers des télécoms Huawei et ZTE aux États-Unis.
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