Le Nouvel Esprit Public

Philippe Meyer
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Sep 15, 2019 • 1h 2min

Le point sur les réformes / Les relations France-Russie / n°106

Le point sur les réformesEn matière de réformes, le gouvernement a changé de ton et de rythme. Le mot avait d’ailleurs disparu au printemps dernier, et c’est une « loi de transformation (et non de réforme) du statut de la fonction publique » que la majorité a adoptée avec le soutien des Républicains avant que le Conseil constitutionnel la valide en août. Pour les chantiers de l’automne : retraites, santé, procréation médicalement assistée, le président et le gouvernement soulignent la nécessité de prendre le temps et (ou) de consulter largement.   A propos des retraites, pour la réforme (ou la transformation) desquelles le gouvernement dispose du rapport Delevoye qui préconise le remplacement des différents régimes actuels par un régime unique, à partir de 2025, l’exécutif met en avant la nécessite de recueillir tous les points de vue. Le Premier ministre a reçu les partenaires sociaux la semaine dernière et une consultation citoyenne a été lancée sur le sujet, tandis que le président de la République exprimait son souhait d’une négociation sur le nombre de trimestres de cotisations plutôt que sur l’âge du départ.  En matière de Santé publique, la loi adoptée en juillet prévoit notamment la fin du "numerus clausus" dès 2020, la labellisation de 500 à 600 hôpitaux, la création d'un espace numérique de santé et une obligation pour les internes de passer six mois dans les zones à faible densité médicale. Face à la grève des médecins urgentistes, Agnès Buzyn a présenté lundi 9 septembre un « plan d'action » qui prévoit notamment une admission directe pour les personnes âgées et une vidéo-assistance dans tous les Samu, ainsi qu’un recours à la médecine libérale afin de désengorger les urgences.    Emmanuel Macron avait choisi de retarder le vote de la loi sur la procréation médicale assistée afin de ménager les différentes sensibilités et d'éviter que ne se répètent des manifestations telles que lors de la loi sur le mariage pour tous. Un texte sera soumis au parlement en septembre.​​     Enfin, le 28 août dernier, la ministre de la justice Nicole Belloubet a présenté les trois projets de loi réformant les institutions. Ils prévoient une diminution de 25 % du nombre de parlementaires, (433 députés contre 577 et 261 sénateurs contre 348), une limitation à trois mandats successifs pour un certain nombre d'élus ainsi qu'une introduction de 20% de proportionnelle aux élections législatives, un élargissement des possibilités de convoquer un référendum et l’inscription dans la Constitution du service national et du soutien de toutes les actions en faveur de la biodiversité.       Loin des ambitions de campagne d'Emmanuel Macron, l'endettement public a continué d'augmenter rapidement pour frôler les 100 % du PIB, et la baisse du nombre de fonctionnaires devrait être de l'ordre de 15 000 contre 120 000 annoncés.***Les relations France-RussieLundi 9 septembre, les ministres des affaires étrangères français et russe se sont rencontrés à Moscou, une première depuis l'annexion de la Crimée en 2014. Le 19 août dernier, Emmanuel Macron avait accueilli Vladimir Poutine au fort de Brégançon à la veille du G7 dont son pays est exclu depuis 2014. Bien qu'opposé à la réintégration de la Russie, Emmanuel Macron a semblé ces dernières semaines amorcer un réchauffement des relations diplomatiques avec elle, affirmant situer cette relation dans le « temps long ».     Les raisons de la mésentente diplomatique entre la France (et de manière généralel'Europe) et la Russie sont multiples, particulièrement depuis l'annexion de la Crimée en 2014 et le soutien aux séparatistes de l'est de l'Ukraine. Les tentatives d'assassinats russes et notamment l'affaire Skripal en 2018 sur le sol britannique ont contribué à détériorer ces relations.     Autre sujet de tension, la Russie soutient les opérations militaires de Bachar el-Assad contre l'opposition et sous couvert de lutte contre l’État Islamique.       Sur la scène intérieure, la Russie est régulièrement accusée de violer les droits de l'Homme et notamment les libertés politiques de ses opposants. Elle pointe à la 144ème place selon l'indice de démocratie de The economist group.   Au cours des dernières années, les sanctions économiques et diplomatiques de l'Union européenne approuvées par la France ont contribué à la diminution de 10 %du niveau de vie de la population.      Les relations avec les États Unis ont été marquées par une tentative de redémarrage décidée par le président Barack Obama au début de son premier mandat. Elle s'est heurtée à une opposition russe dans tous les dossiers internationaux.        L'élection de Volodymyr Zelensky en Ukraine en début d'année a contribué au réchauffement des relations diplomatiques de l'Ukraine avec son voisin russe et s'est concrétisée samedi 7 septembre par un échange de prisonniers. Du côté français, Emmanuel Macron a annoncé souhaiter une Europe allant de Lisbonne à Vladivostok et chercher un rapprochement avec la Russie afin d'améliorer la coopération et d'encourager une amélioration des droits de l'Homme. En juin dernier, la France a voté en faveur d'une réintégration de la Russie au sein du conseil de l'Europe. Cette réintégration a été accueillie comme une victoire diplomatique par Vladimir Poutine. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Sep 11, 2019 • 29min

BADA #15 - L'éducation selon Blanquer; le parlement selon Bojo

Les échanges avec le public. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Sep 8, 2019 • 1h 4min

L'éducation selon Blanquer / Le parlement selon Bojo / n°105

Émission enregistrée en public à l'Ecole Alsacienne le 8 septembre 2019. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Sep 1, 2019 • 59min

Thématique : le patrimoine au cœur du débat, avec Maryvonne de Saint-Pulgent / n°104

       Maryvonne de Saint-Pulgent, vous êtes présidente de section au Conseil d’État, ancienne directrice du Patrimoine au ministère de la Culture et présidente de la Caisse nationale des monuments historiques et des sites aujourd’hui appelée Centre des Monuments nationaux. Vous êtes aussi présidente de la Fondation des Treilles, très active dans les domaines des sciences des lettres et des arts, vous avez notamment publié Le Gouvernement de la Culture chez Gallimard et cosigné avec Denis Jeambar un livre sur Gershwin car, avant d’entrer à l’ENA, vous aviez moissonné quelques prix au Conservatoire National Supérieur de Musique.             Un peu plus d’un mois après, l’incendie de Notre-Dame, le 16 avril dernier, un sondage BVA relevait l’attachement de 86% des Français à leur patrimoine culturel. 96% d’entre eux soulignent le rôle du patrimoine dans la découverte de la diversité des régions de France et sa contribution au rayonnement de la France. 74% des persones interrogées estiment que le patrimoine culturel est accessible à tous, mais 72% trouvent son accès trop cher. 31% des Français déclarent avoir déjà donné pour la conservation de ce patrimoine, et le don moyen est d’environ 260€. Si les Français estiment en grande majorité qu’il est normal que le financement de l’entretien du patrimoine soit réalisé par les fondations (88%) ou les jeux (78%), ils sont en revanche plus partagés sur les financements émanant de sources étrangères. Aux yeux d’une majorité de Français, le patrimoine religieux (62%) et les monuments civils ou sites archéologiques (50%) apparaissent comme le mieux mis en valeur en France. Néanmoins, cette mise en valeur cache d’importantes disparités territoriales. C’est à ce titre, qu’Emmanuel Macron avait lancé le 16 septembre 2017 la mission patrimoine confiée à Stéphane Bern. Le loto du patrimoine, le jeu qui soutient cette mission a, lors de sa première édition en 2018, dépassé son objectif initial de 15 à 20 millions d’euros pour récolter 22 millions d’euros. Une deuxième édition a donc été reconduite. Le ministre de la Culture a présenté le 11 juin la liste de 103 monuments bénéficiaires du tirage spécial, qui sera organisé le 14 juillet. Ce sont 121 nouveaux sites en péril, contre 270 l’an passé, qui bénéficieront de cette opération. Outre les 18 monuments emblématiques, un projet par département a été sélectionné, pour assurer un meilleur maillage géographique.              Dans un pays riche de 44 318 monuments historiques immobiliers (source base Mérimée 2014), la question des financements de leur conservation demeure cruciale. C’est à ce titre que la potentielle réforme du dispositif d’incitation fiscale accordée par la loi dite Aillagon de 2003 a provoqué au mois de juin de fortes réactions parmi les spécialistes en gestion des institutions culturelles et patrimoniales.         Maryvonne de Saint-Pulgent, au-delà de l’émotion en France et à l’étranger, quelles conséquences l’incendie de Notre Dame de Paris peut avoir sur la politique du patrimoine, j’allais dire de tous les patrimoines car, dans l’esprit et dans la pratique des Français, ce mot recouvre aussi bien les chapelles romanes que les friches industrielles ?  Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Aug 25, 2019 • 59min

Thématique : les Jeunes et l’information , avec François Dufour / n°103

François Dufour, vous êtes le cofondateur avec deux de vos amis proches Gaëtan Burrus et Jérôme Saltet et le rédacteur en chef de PlayBacPresse, société qui fêtera prochainement ses 25 ans et qui publie les seuls quotidiens pour enfants en France. Les quelques 100.000 familles abonnées reçoivent leur journal papier chaque matin via la Poste, du lundi au samedi. Chaque jour le choix des sujets est laissé à des rédacteurs en chef junior et nous accueillons également quelques-uns d’entre eux.       Dans une époque où les enfants passent pour être devenus « accros » aux écrans, le journal Mon Quotidien apparait comme une sorte d’anomalie résistant dans un paysage aujourd’hui saturé d’outils numériques. L’ambition de PlayBacPresse est, en effet, de faire lire 10 minutes par jour. Unique en Europe, cette formule n’existe qu’au Japon et en Corée du Sud.Alors que la presse papier décline fortement, les jeunes Français demeurent d’importants consommateurs de contenus d’information. Ils en font désormais un usage particulièrement intense sur les réseaux sociaux. Selon une enquête du ministère de la culture parue en 2018, 32% des 15-34 ans passent uniquement par les réseaux sociaux ou les moteurs de recherche pour accéder à des contenus d’information en ligne. Un site comme Facebook est par exemple devenu un lieu majeur d’accès à l’information bien que cette exposition à l’actualité puisse être choisie ou accidentelle. Avec la prolifération de fake news sur la toile, l’éducation aux médias est devenue primordiale pour que les jeunes apprennent à se forger un regard critique sur leurs sources d’information. 
                 Avant d’aborder certains points particuliers, notamment ceux qui concernent le contenu et le mode de fabrication de vos quotidiens, j’aimerais vous demander comment vous voyez vos lecteurs et, après presque un quart de siècle, comment vous les avez-vu évoluer. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Aug 18, 2019 • 59min

Thématique : le rebond de l'Espagne, avec Benoît Pellistrandi / n°102

Benoît Pellistrandi, vous êtes historien de l’Espagne, professeur agrégé au lycée Condorcet et auteur du récent ouvrage Le Labyrinthe catalan paru aux éditions Desclée de Brouwer en 2019. Le 26 mai, un mois après la victoire de Pedro Sánchez aux législatives, le PSOE (parti socialiste ouvrier espagnol) a remporté les européennes avec 33 % des suffrages, infligeant une défaite à son principal rival, le parti conservateur PP (Parti populaire) qui n’obtient que 20,1 % des voix. Ces élections ont pris en Espagne un air de deuxième tour pour le leader socialiste. Il sort renforcé par le bon score de son parti, tant sur le plan européen que sur le plan national, puisque le pays tenait aussi en parallèle des élections municipales et régionales. Malgré ces bons résultats les socialistes pâtissent des divisions chez leurs alliés de Podemos. La mairie de Madrid est passée aux mains d'une alliance de droite entre Parti populaire, Ciudadanos et Vox, ainsi qu'à Barcelone, où les indépendantistes de gauche arrivent en tête et où Manuel Valls a été sèchement battu. Podemos, le parti de Pablo Iglesias, qui avait conquis en 2015 les plus grandes villes espagnoles avec les autres mouvements de gauche radicale, a perdu ces municipalités et essuyé une défaite humiliante dans les urnes. Le gouvernement entend profiter du bon score du PSOE pour réclamer un rôle de premier plan dans l'UE. Ombre notable à ce tableau, le bon score recueilli en Catalogne par les listes indépendantistes annonce l'exportation du conflit catalan vers les institutions européennes et devrait provoquer de nouveaux casse-têtes juridiques pour Madrid. La querelle autour de l’indépendance de la Catalogne se poursuit un an et demi après le référendum et la déclaration manquée d’indépendance. Ce débat structure le débat politique en Espagne avec notamment l’émergence au niveau national d’un parti d’extrême droite, Vox, qui a fait de la lutte contre l’indépendantisme catalan l’axe majeur de son discours. La campagne des élections législatives anticipées a été parasitée par le procès de 12 dirigeants catalans ; un procès historique encore en cours. Après les élections du 28 avril, les partis indépendantistes catalans ont obtenu 22 sièges au Parlement à l’issue des élections législatives. Benoît Pellistrandi, peut-on dire que la question catalane divise profondément la société espagnole et fragilise l’unité du pays ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Aug 11, 2019 • 59min

Thématique : les enjeux du Sahel, avec Louis Gautier / n°101

Louis Gautier vous êtes conseiller maître à la Cour des comptes, professeur en Science politique à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, directeur de la Chaire "Grands enjeux stratégiques contemporains" et ancien Secrétaire général de la Défense nationale. Nous vous recevons aujourd’hui pour éclaircir la situation du Sahel, région marquée par un récent regain de violence. Le Sahel méridional, celui qui se situe au sud du Sahara, est une immense bande de terre aride s’étendant de l’océan Atlantique à la mer Rouge, qui traverse peu ou prou la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad, le Soudan et l’Érythrée. C’est une des régions les plus pauvres du monde, peuplée par une mosaïque d’ethnies.Au Mali, les massacres à caractère communautaire se multiplient dans un contexte de déflagration territoriale. Les groupes armés profitent du vide laissé par l’État et de l’incapacité du président Ibrahim Boubacar Keïta réélu en 2018 à rétablir la sécurité et le développement dans son pays. Par sa résolution 2423, le Conseil de sécurité de l’ONU avait jugé nécessaire, en 2018, de renouveler le mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Le Mali n’est pas le seul pays du Sahel en proie à la violence. Vingt-huit soldats nigériens ont été tués en mai dernier dans une embuscade tendue par des terroristes. Face à cela, la Mauritanie le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad se sont rassemblés en 2014 dans un G5S et s’efforcent de lier étroitement développement économique et sécurité tout en impliquant les autres États du Sahel directement menacés par les différentes organisations djihadistes de la région car les groupes islamistes du Sahel migrent vers le sud, noyautant de plus en plus le Burkina Faso et les États côtiers pour ouvrir de nouveaux fronts. L'enlèvement le 1er mai 2019 d'un couple de Français dans une réserve animalière au nord du Bénin avait ainsi servi d'alarme. La France, avec l’opération « Barkhane » combat les djihadistes au Sahel. Depuis bientôt cinq ans, les soldats français traquent les groupes terroristes affiliés à l’organisation État islamique (EI) dans le Grand Sahara (EIGS) et à Al‐ Qaida au Maghreb islamique (AQMI), sur un territoire sahélien vaste comme l’Europe où, malgré leurs efforts, les djihadistes continuent de prospérer. Au cours des trois opérations menées dans la région, 28 militaires français ont perdu la vie. Louis Gautier, nous aimerions voir avec vous si le ou les conflit(s) dans le(s)quel(s) notre pays est engagé risque l’enlisement, si les pays du G5S ont les moyens de leurs ambitions affichées ou encore ce que l’on peut attendre des autres pays occidentaux dans cette région explosive… Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Aug 4, 2019 • 1h

Thématique : les déserts médicaux, avec Roselyne Bachelot / n°100

Roselyne Bachelot : Vous êtes docteur en pharmacie, vous avez exercé diverses responsabilités dans un laboratoire pharmaceutique, vous avez été élue conseillère générale, régionale, députée (française et européenne), secrétaire générale adjointe du RPR, puis nommée ministre de l'environnement, de l'écologie et du développement durable de 2002 à 2004. En 2007 vous êtes ministre de la santé, de la jeunesse et des sports, puis ministre des solidarités et de la cohésion sociale de 2010 à 2012. Depuis, vous animez diverses émissions de radio et de télévision et vous publiez des essais qui traduisent votre dilection pour la musique aussi bien que vos convictions féministes. Nos auditeurs peuvent en savoir davantage sur votre vie en écoutant le Kitafétoi dont vous êtes la protagoniste et qui est accessible sur notre site.Comme députée, vous vous êtes consacrée aux questions de santé et de santé au travail, de protection sociale, d'exclusion, de bioéthique et de handicap. En 1991, vous avez voté la loi Evin sur le tabagisme et l'alcool, en opposition avec les consignes du RPR, comme vous vous aviez pris une position en rupture sur le Pacs en 1998. Ministre, vous avez travaillé sur la réforme des franchises médicales, la résorption du déficit de la sécurité sociale, les plans de lutte contre Alzheimer et contre le cancer, l'amélioration des conditions de travail à l'hôpital et la réorganisation des soins palliatifs. Vous avez défendu en 2009 la loi « hôpital, patients, santé et territoires ». Avec vous, nous allons donc tenter d’éclairer la question des déserts médicaux.La France est l’un des pays de l'OCDE les plus dépensiers en matière de santé : elle y consacre 11,8 % de son PIB. Mais la question se pose de ces parties du territoire où il est de plus en plus difficile d'accéder aux soins et dont il a beaucoup été question lors du récent « grand débat national ».L’expression « désert médical » recouvre une réalité complexe dont les chiffres rendent un compte insuffisant et contradictoire. Selon la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) du ministère de la Santé, 98 % de la population réside à moins de 10 minutes de route d'un cabinet de généraliste et trois quarts des Français sont à moins de 20 minutes du spécialiste le plus proche, quelle que soit la spécialité. Ces statistiques ne mesurent pas le temps d’attente avant d’obtenir un rendez-vous, or, il peut se monter à plusieurs mois. Elles s’opposent à d’autres statistiques établies par la même Drees selon laquelle le pays compte 11.329 communes dans des zones considérées comme "déserts médicaux" et 12% de la population réside dans une commune considérée comme "sous-dense" en médecins généralistes.Si la situation actuelle est comparable à celle des années 80, une dégradation est à craindre face à une double évolution : l'augmentation de l'espérance de vie des Français et le vieillissement des médecins généralistes qui sont 8% de moins qu'en 2009 selon les données de la Drees et dont les rangs devraient continuer à s’éclaircir jusqu'en 2025, conséquence d’un numerus clausus que le gouvernement entend supprimer. Le plan « Ma santé 2022 » visant notamment à résoudre les problèmes de disparité géographique des services de santé n'est pas le premier du genre. Qu'elles soient incitatives ou autoritaires, les actions publiques se sont révélées largement inopérantes jusqu'alors.La médecine salariée prend le pas sur la médecine libérale. La précarité de l'équilibre financier du système de santé, dont le déficit vient d’augmenter à nouveau pose la question du mode de rémunération des actes autant que celle de leur limitation. Les réformes de l’hôpital doivent affronter l'inertie du système, avec ses structures mastodontes comme les CHU et remédier à des dégradations spectaculaires comme celle des services d’urgence. Roselyne Bachelot si chacun reconnait qu’il faudra des années pour donner une solution à tous ces problèmes, par lequel l’ancienne ministre de la Santé que vous êtes pense qu’il faudrait commencer ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Jul 28, 2019 • 57min

Thématique : la politique de concurrence de l'Union européenne, avec Pierre Sellal / n°99

     Pierre Sellal, vous êtes Ambassadeur de France et actuellement le président de la Fondation de France. Vous avez auparavant été représentant de la France auprès de l’Union européenne à Bruxelles, l’occasion de nous pencher aujourd’hui l’actuelle politique de concurrence de l’UE.           Le 6 février dernier, la Commission européenne a annoncé qu'elle bloquait le projet de fusion Siemens-Alstom ; deux constructeurs ferroviaires l’un allemand et l’autre français. Une décision assumée par Margrethe Vestager, la commissaire chargée de la Concurrence européenne selon qui : " cette concentration aurait entraîné une hausse des prix pour les systèmes de signalisation qui assurent la sécurité des passagers et pour les futures générations de trains à très grande vitesse". Cette dernière décision a fait l'objet de nombreuses contestations et relancé le débat sur la politique de concurrence européenne. La Commission est essentiellement critiquée pour avoir empêché la création d'un "champion européen", apte à déstabiliser la concurrence chinoise. La direction générale de la concurrence européenne (DG) est souvent accusée d'être trop tournée vers le marché intérieur et d'appliquer strictement le droit concurrentiel au détriment de l'émergence d'entreprises prêtes à faire face aux nouvelles concurrences dans certains secteurs stratégiques.            Margrethe Vestager a néanmoins placé son mandat sous le signe des sanctions spectaculaires. A l’inverse de son prédécesseur, l’espagnol Joaquim Almunia qui avait opté pour des négociations avec Google, Madame Vestager a, en juillet 2018, infligé à Google une amende record de 4,34 milliards d’euros en raison de « pratiques illégales » favorisant, sur son système d’exploitation Android, son moteur de recherche et son navigateur. L’importance du thème de la régulation des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) dans la campagne des européennes et le résultat des élections donneront des indications sur la suite.                 Pierre Sellal, comment caractériseriez-vous l’évolution de la politique européenne dans le domaine de la régulation de la concurrence et quelles données du problème vous semblent-elles mériter un traitement prioritaire ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Jul 21, 2019 • 59min

Thématique : l’Allemagne vue de France et la France vue d’Allemagne, avec Matthias Fekl / n°98

      Matthias Fekl, vous êtes normalien et énarque, vous avez été haut fonctionnaire, député, secrétaire d’État chargé du commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l’étranger et ministre de l’intérieur. Vous êtes aujourd’hui avocat. Si c’était notre sujet, je rappellerai que vous aviez proposé à François Hollande une réforme audacieuse de nos institutions, mais je vais me contenter de rappeler que vous êtes né en Allemagne d'un père allemand et d'une mère française tous deux professeur et chacun d’eux enseignant la langue de l’autre. Vous possédez les deux nationalités française et allemande, vous avez fréquenté les établissements d’enseignement des deux pays et vous êtes bilingue. Nous souhaitons aujourd’hui nous pencher avec vous  sur la question des relations franco-allemandes et de leur évolution récente.              Le 2 mai, Paris et Berlin annonçaient « 5 à 6 milliards d’euros » d’investissements pour leur projet de consortium européen de batteries de voitures électriques surnommé l'« Airbus des batteries ». Bruxelles a alors donné son accord de principe, jugeant urgent de combler le retard de l’Europe face à la Chine. Plus tôt dans l’année, le 25 mars, l'assemblée parlementaire franco-allemande, composée de 50 députés de chacun des deux pays, tenait sa session inaugurale à Paris au Palais Bourbon. sur les plans économique et politique, l’unité franco-allemande s’affiche des deux côtés du Rhin renforcée par des images fortes comme celle prises lors de la signature du traité d’Aix-la-Chapelle le 22 janvier dernier.            Malgré cela, le couple Macron-Merkel bat de l’aile sur le Brexit, l’ouverture de négociations commerciales entre les États-Unis et l’Europe et sur la question sensible d’un éventuel échange de territoires entre le Kosovo et la Serbie pour laquelle ils se sont rencontrés ce 29 avril lors d’un sommet à Berlin. La réaction d’Annegret Kramp‐ Karrenbauer dite AKK, nouvelle dirigeante de la CDU, à la lettre d’Emmanuel Macron « pour une Renaissance européenne » a fortement attisé les tensions alors qu’Angela Merkel a d’ores et déjà annoncé qu’elle quitterait la vie politique en 2021.                 Matthias Fekl, au-delà de ces événements particuliers, comment décririez-vous la perception des uns par les autres et sa récente évolution ? Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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