

Collège de France - Sélection
Collège de France
Une sélection des enseignements et conférences du Collège de France. Retrouvez l’ensemble des podcasts du Collège de France par professeur sur notre site internet.
Episodes
Mentioned books

Nov 29, 2024 • 1h 6min
Conférence - Síofra O'Leary - Quel avenir pour la Cour européenne des droits de l'homme ?
Samantha BessonDroit international des institutionsCollège de FranceAnnée 2024-2025Conférence - Síofra O'Leary - Quel avenir pour la Cour européenne des droits de l'homme ?Síofra O'LearyAncienne présidente de la Cour européenne des droits de l'hommeRésuméLe thème de mon intervention – Quel avenir pour la Cour européenne des droits de l'homme ? – a pour but d'inspirer la réflexion en ces temps troublés en Europe, marqués par la guerre qui fait rage en Ukraine, le recul de l'État de droit, l'érosion démocratique et la polarisation sociétale rampante dans nos sociétés.Mon intervention consistera, d'une part, à mettre en lumière les principaux développements que la Convention a connus dans le passé, en retraçant la manière dont la jurisprudence de la Cour a contribué à la protection de l'ordre public européen (I) et, d'autre part, à expliquer les défis du présent, en particulier le nombre élevé et croissant d'affaires pendantes, le caractère systémique ou répétitif d'un grand nombre de violations de la Convention et l'élargissement du contentieux auquel la Cour est confrontée, ainsi que les problématiques liées aux conflits qui ont lieu actuellement à l'intérieur de l'espace juridique de la Convention (II). Enfin, je tenterai d'offrir quelques éléments importants de réflexion ou de vision pour l'avenir (III).Si le but du Conseil de l'Europe et du système conventionnel est d'« instaurer un ordre public communautaire des libres démocraties d'Europe afin de sauvegarder leur patrimoine commun de traditions politiques, d'idéaux, de liberté et de prééminence du droit » (voir Autriche c. Italie, 1961), il convient de se demander si, aujourd'hui, nous permettons au système conventionnel et à la Cour de Strasbourg d'exercer la fonction essentielle qui est la sienne au sein de l'Europe.Alors que la question de l'avenir de la Cour de Strasbourg a suscité de nombreux débats institutionnels et académiques dans le passé, il me serait difficile de dresser en une seule intervention le bilan des différentes propositions et prédictions, et je ne tenterai pas de le faire.Mon intention sera simplement de m'appuyer sur une vue d'ensemble des succès et des défis du passé et du présent afin d'inviter l'auditoire à une réflexion plus profonde et plus authentique sur la voie à suivre pour le système de la Convention et pour la Cour, une voie adaptée aux besoins de nos démocraties.Je ne chercherai pas à remettre en question les diverses réformes introduites avant et pendant le Processus d'Interlaken, ni, surtout, le droit de recours individuel qui constitue la pierre angulaire du système de la Convention. Cependant, je marcherai sur les traces de certains de mes prédécesseurs à la présidence de la Cour, y compris le président Costa, en appelant à une réflexion sur le rôle futur de la Cour européenne des droits de l'homme qui aille au-delà de simples questions concernant les solutions pragmatiques à des problèmes conjoncturels (parfois relevant du « rafistolage »), les ajustements des formations judiciaires, la gestion des affaires et de la procédure, et ainsi de suite.Síofra O'LearySíofra O'Leary est la juge de la Cour européenne des droits de l'homme élue au titre de l'Irlande (2015–2024). Elle est la 17e présidente de la Cour depuis le 1er novembre 2022, après en avoir été vice-présidente et présidente de la cinquième section. Avant de rejoindre la Cour européenne des droits de l'homme, la juge O'Leary avait travaillé pendant près de deux décennies à la Cour de justice de l'Union européenne dans des fonctions judiciaires et administratives. Parallèlement à son travail au sein des deux cours européennes, la juge O'Leary est Visiting Professor au Collège d'Europe de Bruges où elle a enseigné des cours de master sur le droit de l'UE et l'individu, ainsi que sur le droit social et la politique sociale de l'UE, et où elle participe à un atelier judiciaire annuel. Elle a siégé au conseil de rédaction de la Common Market Law Review et elle est désormais membre de son conseil consultatif ainsi que du conseil d'administration du Irish Centre for European Law. Elle est également membre de la Society of Legal Scholars et du conseil de rédaction de plusieurs périodiques nationaux et européens. En 2016, elle a été élue Honorary Bencher de l'Honorable Society of King's Inns. Diplômée de l'University College Dublin (BCL) et titulaire d'un doctorat de l'Institut universitaire européen, la juge O'Leary était auparavant directrice adjointe du Centre of European Legal Studies de l'université de Cambridge, membre de l'Emmanuel College, Visiting Fellow à la faculté de droit de l'University College Dublin, chercheur postdoctoral à l'université de Cadix (Espagne) et Research Associate à l'Institute for Public Policy Research de Londres. La juge O'Leary est l'auteur de deux ouvrages intitulés The Evolving Concept of Community Citizenship (Kluwer, 1996) et Employment Law at the European Court of Justice (Hart Publishing, 2001) et elle a publié de nombreux articles dans des revues universitaires et des monographies juridiques sur la protection des droits fondamentaux en droit de l'UE et dans le cadre de la CEDH, sur le droit du travail de l'UE, sur la libre circulation des personnes et des services ainsi que sur la citoyenneté de l'union européenne en général.

Nov 28, 2024 • 1h 24min
Conférence - Jean Winand : Festina lente : une lecture hiéroglyphique du monde
Jean-Luc FournetCollège de FranceCulture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantineAnnée 2023-2025Dimitte voces, accipe sensus ! Les hiéroglyphes à la Renaissance ou l'utopie d'une langue et d'une écriture universellesConférence - Jean Winand : Festina lente : une lecture hiéroglyphique du mondeJean WinandProfesseur ordinaire, Département des sciences de l'Antiquité, égyptologie, mondes anciens, université de LiègeJean Winand est invité par l'assemblée du Collège de France sur proposition du Pr Jean-Luc Fournet.https://www.college-de-france.fr/fr/personne/jean-winandRésuméLe célèbre motif de l'ancre au dauphin est attesté depuis l'époque impériale romaine, comme en atteste le monnayage de Titus. Repris par les artistes et les humanistes de la Renaissance, son sens se développe et se transforme. La devise se laissera décliner iconographiquement de plusieurs manières sur des supports variés : outre l'ancre et le dauphin qui en constituent l'expression la plus populaire, on trouve l'ancre et le rémure, mais aussi le crabe et le papillon, qui illustrent la devise originale d'Auguste sur une série d'émissions monétaires. La composition incarne une autre face des hiéroglyphes renaissants : les iconogrammes, c'est-à-dire des compositions complexes devant être lues symboliquement et susceptibles d'être glosées linguistiquement, sans pour autant suivre les règles d'écriture propres aux néo-hiéroglyphes. Ce mode d'expression connaîtra un grand succès à la Renaissance, favorisant l'éclosion de genres nouveaux, comme les emblèmes et les imprese. Sans le savoir, les iconogrammes de la Renaissance renouaient avec une pratique amplement attestée en Égypte ancienne.

Nov 25, 2024 • 53min
Conférence - David Papineau - Thoughts and Things : Stop Making Senses
François RecanatiPhilosophie du langage et de l'espritCollège de FranceAnnée 2024-2025Conférence - David Papineau - Thoughts and Things : Stop Making SensesDavid PapineauDépartement de philosophie, King's College LondonRésumé :Fregean senses are associated with a subject-centred rather than ecological view of reality. On this traditional view, intentional content is fixed from inside the mind, via subjects' grasp of what they are thinking of, rather than by features of their environment.In recent philosophical debates, this subject-centred perspective has been supported by an unholy alliance of traditional idealism and cognitive scientific methodological solipsism.Once we free ourselves from the subject-centred perspective, however, it turns out that senses have no explanatory work to do. We do not need them to explain the role of thoughts in cognition and actions; nor to explain the way we attribute thoughts to each other; nor to explain the requirements for successful communication.

Nov 21, 2024 • 1h 24min
Conférence - Jean Winand : Venise, 1499 : Hypnerotomachia Poliphili ou la naissance des néo-hiéroglyphes
Jean-Luc FournetCollège de FranceCulture écrite de l'antiquité tardive et papyrologie byzantineAnnée 2024-2025Dimitte voces, accipe sensus ! Les hiéroglyphes à la Renaissance ou l'utopie d'une langue et d'une écriture universellesConférence - Jean Winand : Venise, 1499 : Hypnerotomachia Poliphili ou la naissance des néo-hiéroglyphesJean WinandProfesseur ordinaire, Département des sciences de l'Antiquité, égyptologie, mondes anciens, université de LiègeJean Winand est invité par l'assemblée du Collège de France sur proposition du Pr Jean-Luc Fournet.https://www.college-de-france.fr/fr/personne/jean-winandRésuméLa parution en 1499, chez l'éditeur Aldo Manuce, à Venise, de l'Hypnerotomachia Poliphili attribuée à Francesco Colonna marque le début d'un mode d'expression savant et original dont les quelques productions qui nous sont parvenues s'étendent sur un peu plus d'un siècle. L'écriture en néo-hiéroglyphes entendait renouer, voire amplifier, une forme de communication en lien direct avec le monde des idées sans passer par le truchement d'une langue naturelle. Ce faisant, les humanistes du XVe siècle et les artistes de la Renaissance pensaient se rattacher à une tradition authentique remontant à l'Égypte antique telle qu'elle avait été remodelée par les philosophes et les historiens de la tradition platonicienne. Si l'engouement pour le mode d'expression hiéroglyphique doit beaucoup à la redécouverte en 1419 des Hieroglyphica, transmis sous le nom d'Horapollon, il fut aussi facilité par la pratique continue de divers modes d'expression symbolique depuis la fin de l'Antiquité jusqu'à l'aube de la Renaissance, ce qui permit d'ancrer la culture des images hiéroglyphiques dans les préoccupations chrétiennes, en en légitimant ainsi l'usage.

Nov 18, 2024 • 50min
Conférence - David Papineau - Thoughts and Things : Ecological Minds
François RecanatiPhilosophie du langage et de l'espritCollège de FranceAnnée 2024-2025Conférence - David Papineau - Thoughts and Things : Ecological MindsDavid PapineauDépartement de philosophie, King's College LondonRésumé :Humans and other animals have minds because reality is predictable. The world is full of items that behave in regular ways. Our minds lock onto these items so that we can anticipate events and act accordingly.The central role of thoughts is thus to refer to items in the world. I shall argue on this basis that reference is the only notion of semantic content we need.A long tradition of philosophical analysis holds we need a semantics for senses as well as referents. Frege held that we need senses to explain how subjects can erroneously disbelieve true identity claims like Hesperus = Phosphorous. However, an alternative is simply to posit that such subjects have two distinct vehicles of thought that are semantically alike. We should view "Frege cases" (of disbelieved true identities) as no less breakdowns of rationality than "confused ideas" (that conflate two referents under a single mental name).Not all cognition is directly relevant to practical action. Even so, the approach to semantic content that starts with action can be extended to all species of thought.David Papineau :David Papineau a occupé plusieurs postes académiques aux universités de Reading, Macquarie, Birkbeck London et Cambridge. Depuis 1990, il poursuit sa carrière à King's College London et, pendant la période allant de 2015 à 2020, il a enseigné un semestre de chaque année académique au Graduate Center de la City University de New York. Il a été président de la British Society for Philosophy of Science, la Mind Association et l'Aristotelian Society. Parmi ses ouvrages, on peut citer Theory and Meaning (1980), Philosophical Naturalism (1992), Thinking about Consciousness (2002), Philosophical Devices (2012), Knowing the Score (2017) et The Metaphysics of Sensory Experience (2021). À l'heure actuelle, il s'intéresse au concept de causalité.

Nov 13, 2024 • 1h 15min
Colloque - L'avenir de la compétitivité européenne : table ronde en présence du Président de la République
Philippe AghionCollège de FranceÉconomie des institutions, de l'innovation et de la croissanceAnnée 2024-2025Colloque - L'avenir de la compétitivité européenneTable ronde avec M. Emmanuel Macron, Président de la République, et le Pr Mario Draghi, ancien président du Conseil des ministres italien, ancien président de la Banque centrale européenne, animée par Philippe Aghion.Quelques jours après le Conseil européen informel de Budapest des 7 et 8 novembre 2024, au cours duquel les chefs d'État et de gouvernement ont longuement échangé sur les conclusions du rapport remis par Mario Draghi à la présidente de la Commission européenne, le 9 septembre 2024, et adopté la Déclaration de Budapest sur le nouveau pacte pour la compétitivité européenne, cette table ronde, organisée par le Pr Philippe Aghion, titulaire de la chaire Économie des institutions, de l'innovation et de la croissance du Collège de France, permet de revenir, à la suite des constats et recommandations du rapport de Mario Draghi, sur la situation économique dans laquelle se trouve aujourd'hui l'Europe, à la fois structurellement (déficit d'investissements et de compétitivité, abondance de normes, faible utilisation de l'épargne…) et conjoncturellement, sur fond de tensions géopolitiques et commerciales.Titre en anglais : The Future of European CompetitivenessProgramme14 h 00 – 14 h 05 Introduction par Thomas Römer, administrateur du Collège de France 14 h 05 – 14 h 20 Présentation par Philippe Aghion (Collège de France, INSEAD, London School of Economics) 14 h 20 – 14 h 35 Présentation par Antonin Bergeaud (HEC Paris, Innovation Lab du Collège de France) 14 h 35 – 14 h 50 Présentation par Dietmar Harhoff (Max Planck Institute for Innovation and Competition, Munich) 14 h 50 – 15 h 05 Présentation par Natacha Valla (doyenne de l'École de management et d'innovation - Sciences Po Paris) 15 h 05 – 15 h 20 Présentation par Mathias Dewatripont (Université Libre de Bruxelles) 15 h 30 – 16 h 30 Table ronde avec M. Emmanuel Macron, Président de la République, et le Pr Mario Draghi, ancien président du Conseil des ministres italien, ancien président de la Banque centrale européenne, animée par Philippe Aghion

Nov 13, 2024 • 1h 14min
Colloque - L'avenir de la compétitivité européenne : Introduction et présentations
Philippe AghionCollège de FranceÉconomie des institutions, de l'innovation et de la croissanceAnnée 2024-2025Colloque - L'avenir de la compétitivité européenne : Introduction et présentationsQuelques jours après le Conseil européen informel de Budapest des 7 et 8 novembre 2024, au cours duquel les chefs d'État et de gouvernement ont longuement échangé sur les conclusions du rapport remis par Mario Draghi à la présidente de la Commission européenne, le 9 septembre 2024, et adopté la Déclaration de Budapest sur le nouveau pacte pour la compétitivité européenne, cette table ronde, organisée par le Pr Philippe Aghion, titulaire de la chaire Économie des institutions, de l'innovation et de la croissance du Collège de France, permet de revenir, à la suite des constats et recommandations du rapport de Mario Draghi, sur la situation économique dans laquelle se trouve aujourd'hui l'Europe, à la fois structurellement (déficit d'investissements et de compétitivité, abondance de normes, faible utilisation de l'épargne…) et conjoncturellement, sur fond de tensions géopolitiques et commerciales.Titre en anglais : The Future of European CompetitivenessProgramme14 h 00 – 14 h 05 Introduction par Thomas Römer, administrateur du Collège de France 14 h 05 – 14 h 20 Présentation par Philippe Aghion (Collège de France, INSEAD, London School of Economics) 14 h 20 – 14 h 35 Présentation par Antonin Bergeaud (HEC Paris, Innovation Lab du Collège de France) 14 h 35 – 14 h 50 Présentation par Dietmar Harhoff (Max Planck Institute for Innovation and Competition, Munich) 14 h 50 – 15 h 05 Présentation par Natacha Valla (doyenne de l'École de management et d'innovation - Sciences Po Paris) 15 h 05 – 15 h 20 Présentation par Mathias Dewatripont (Université Libre de Bruxelles) 15 h 30 – 16 h 30 Table ronde avec M. Emmanuel Macron, Président de la République, et le Pr Mario Draghi, ancien président du Conseil des ministres italien, ancien président de la Banque centrale européenne, animée par Philippe Aghion

Nov 7, 2024 • 1h 1min
Leçon inaugurale - François-Marie Bréon : Le cycle perturbé du carbone
François-Marie BréonAvenir Commun Durable (2024-2025)Collège de FranceAnnée 2024-2025Leçon inaugurale : Le cycle perturbé du carboneRésuméL'augmentation de la concentration du CO2 atmosphérique est la cause principale du réchauffement climatique observé depuis cinquante ans. Pourtant, les quantités de carbone fossile qui sont extraites du sous-sol et injectées dans l'atmosphère sont faibles devant les échanges naturels entre les grands réservoirs que sont l'atmosphère, les sols et la végétation, et l'océan. L'augmentation de la concentration atmosphérique vient perturber le cycle naturel du carbone. Aujourd'hui, du fait de l'augmentation de la concentration atmosphérique, les échanges de carbone entre ces réservoirs conduisent à un flux net vers les océans et la végétation, limitant ainsi la part dans l'atmosphère.La nature nous aide donc à limiter l'augmentation du CO2 atmosphérique et donc le changement climatique. Combien de temps va durer cette aide ? On observe déjà dans le monde une augmentation de la fréquence des grands incendies qui injectent des quantités significatives de CO2 dans l'atmosphère. De même, le changement climatique conduit en France à un certain dépérissement des forêts, réduisant ainsi l'absorption du carbone par les écosystèmes sur notre territoire. On peut donc craindre que le changement climatique implique à terme une source additionnelle de carbone dans l'atmosphère et donc une accélération du réchauffement climatique. Ces processus sont encore très incertains et difficiles à modéliser, et constituent donc une source principale d'incertitude sur la vitesse du changement climatique.Plusieurs composantes du cycle du carbone peuvent être observées par satellite. En particulier, on peut mesurer la distribution de la végétation, son évolution et les anomalies interannuelles en lien avec des perturbations climatiques. Des instruments en orbite permettent aussi de mesurer la concentration du CO2 et du méthane dans l'atmosphère pour en déduire les émissions par les principaux sites émetteurs, mais aussi les échanges avec la végétation. C'est l'objet de la mission MicroCarb, développée par le CNES et qui sera lancée en 2025.François-Marie BréonChercheur au Laboratoire des Sciences du Climat et de l'EnvironnementFrançois-Marie Bréon, né en 1965, est ancien élève de l'École normale supérieure. Il a soutenu une thèse en 1989 à l'université Pierre-et-Marie-Curie sur l'utilisation des observations spatiales pour mesurer les profils de température et d'humidité dans l'atmosphère, visant à améliorer les prévisions météorologiques. Après des postdoc aux États-Unis (UC San Diego) et au Japon (Meteorological Research Institute), il a été embauché au CEA, où il a conduit toute sa carrière, dans ce qui deviendra le Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement.François-Marie Bréon est spécialiste de l'utilisation des observations spatiales pour comprendre les processus climatiques et suivre leur évolution. Il a ainsi participé au développement d'instruments spatiaux pour mesurer la composition de l'atmosphère et caractériser l'état des surfaces terrestres et océaniques. Ces mesures lui ont permis, par exemple, de montrer l'impact des aérosols – petites particules en suspension dans l'atmosphère – sur la réflectivité des nuages.Ses travaux sur le bilan radiatif de la Terre et les forçages anthropiques l'ont conduit a être sélectionné pour contribuer à la rédaction du 5e rapport du GIEC.François-Marie Bréon est aussi impliqué dans la vulgarisation scientifique et la lutte contre les pseudo-sciences. C'est dans ce cadre qu'il a été président, et est maintenant porte-parole de l'Association française pour l'information scientifique.

Nov 6, 2024 • 1h 33min
Conférencier invité - Daniel Petit - La langue lituanienne : histoire et perspectives
Luigi RizziLinguistique généraleCollège de FranceAnnée 2024-2025Conférencier invité - Daniel PetitLa langue lituanienne : histoire et perspectivesDaniel PetitÉcole normale supérieure & École pratique des hautes études, ParisIDans le cadre de la Saison de la Lituanie en France, le professeur Luigi Rizzi a invité le professeur Daniel Petit pour une conférence sur la langue lituanienne afin de faire le point sur l'étude de cette langue dans l'Hexagone et ses perspectives.Cet événement est aussi l'occasion de mettre en lumière un partenariat entre le Collège de France et l'Ambassade de Lituanie en France. Suite au classement du fonds d'archives du professeur Antoine Meillet, un manuscrit portant sur les langues baltes, et plus précisément sur le lituanien, a été retrouvé. L'Ambassade a financé la numérisation de ce document qui va faire l'objet d'une étude approfondie par le professeur Daniel Petit. Cette conférence est donc aussi une forme d'introduction à ce futur travail.Invitée d'honneur : Madame Diana Nausėdienė, Première dame de Lituanie, ambassadrice de l'action éducative lituanienne dans le mondeRésuméDepuis le XIXe siècle, la langue lituanienne, membre de la famille baltique au sein des langues indo-européennes, a attiré l'attention de nombreux linguistes en Europe de l'Ouest. Plusieurs voyages de collecte ethnographique et linguistique en Lituanie ont été entrepris par des linguistes aussi célèbres qu'August Schleicher (1821-1868), Karl Brugmann (1849-1919) et Ferdinand de Saussure (1857-1913). La découverte récente, au Collège de France, de notes prises vers 1920 par le linguiste Antoine Meillet (1866-1936) sur la langue lituanienne montre que cet intérêt s'est prolongé au-delà du XIXe siècle ; il se poursuit de fait encore aujourd'hui. L'objet de cette communication est de donner une présentation générale de la langue lituanienne, de sa position dans sa famille de langues et de ses principales caractéristiques linguistiques, afin d'expliquer pourquoi cette langue a autant attiré les linguistes. On abordera successivement trois aspects qui rendent le lituanien fascinant pour les linguistes : d'abord, son archaïsme linguistique, qui en fait la langue la plus conservatrice de toute la famille indo-européenne, à part égale avec les grandes langues anciennes que sont le grec, le latin et le sanskrit ; d'autre part, sa position aréale au carrefour des langues de la Baltique orientale, qu'elles soient indo-européennes (polonais, russe, allemand), ou non-indo-européennes (langues fenniques) ; enfin, sa singularité typologique, qui en fait un objet d'étude particulièrement fécond pour la linguistique générale.ProgrammePrésentation par Monsieur l'Administrateur Thomas RömerIntervention de la Première dame de Lituanie, Mme Diana NausėdienėOuverture par Monsieur le Recteur de l'université de Vilnius, Rimvydas PetrauskasIntroduction à la conférence par Monsieur le Professeur Luigi RizziConférence par Monsieur Daniel Petit, Professeur à l'École normale supérieure, Directeur d'études à l'École pratique des hautes étudesFocus sur le fonds d'archives Antoine Meillet, par Ina Valintelyte

Oct 3, 2024 • 1h 1min
Conférence - Mikael Larsson : La bible blasphématoire – la réception de la Bible dans quelques films de Lars von Trier
Thomas RömerCollège de FranceAnnée 2024 - 2025Milieux BibliquesConférence - Mikael Larsson : La bible blasphématoire – la réception de la Bible dans quelques films de Lars von TrierMikael Larsson est invité par l'assemblée du Collège de France sur proposition du Pr Thomas Römer.Le Pr Larrson s'exprimera en anglais, avec un support de cours en français.RésuméLe réalisateur danois Lars von Trier est une figure qui divise et sa marque de fabrique personnelle consiste à tromper les attentes de ses audiences et à s'opposer à leurs goûts. Ses films innovent par leur forme et leur genre, et ils abordent systématiquement quelques thèmes théologiques centraux, comme la signification du sacrifice ou la relation entre le pouvoir et la liberté. Dans cette contribution, j'examine l'assemblage de traditions bibliques par von Trier et je le présente comme un cas de réception biblique. Pour le dire simplement, je cherche à savoir quelle Bible apparaît dans les films de von Trier et pourquoi.Je commencerai par une brève introduction au domaine de la Bible et du cinéma et à l'œuvre de Lars von Trier. À l'aide de trois films (Anti-Christ [2009], Nymphomaniac [2013] et The House that Jack Built [2018]), je montrerai comment la Bible apparaît dans les films et quelle Bible est utilisée. Je suggérerai également la façon dont les réceptions bibliques fonctionnent pour chaque film, et j'identifierai certains dénominateurs communs dans l'utilisation de la Bible par le réalisateur. Enfin, je réfléchirai au lien entre la réception de la Bible chez von Trier et la notion de société contemporaine « post-séculaire » et je demanderai pourquoi des spectateurs et spectatrices (prétendument) sécularisé(e)s s'intéressent à l'utilisation de la Bible par le réalisateur et pourquoi des controverses sont apparues quant à la façon dont le réalisateur subvertit ou réifie les « vues de l'Ancien Testament sur les femmes ».Mikael LarssonAssociate professor in Old Testament Studies, Faculty of Theology, Uppsala UniversityMikael Larsson est professeur associé en Ancien Testament à la faculté de théologie de l'université d'Uppsala, en Suède. Il y dirige le département d'études bibliques et est vice-président de la Société suédoise d'exégèse. Ses recherches portent principalement sur la Bible dans la culture contemporaine et sur les questions relatives au genre, à la sexualité et au pouvoir. Il a effectué un post-doc au Centre d'études sur le genre (Université d'Uppsala) et a été chercheur au sein de l'unité de recherche de l'Église de Suède. Il est membre d'Interfilm et a participé aux jurys œcuméniques des festivals internationaux de cinéma de Zlin (2008), Berlin (2011) et Nyon (2017).


