
Planisphère géopolitique et stratégique A l’heure de Trump II, quels sont les soutiens de la Russie ? Avec D. Minic
Quand nous vivons dans l’Union européenne… nous avons tendance à penser que la Russie est isolée par les nombreux trains de sanctions prises à son encontre depuis des années. Mais, en réalité, la Russie compte des soutiens. Lesquels ? Pour en parler au micro de Planisphère, nous recevons avec plaisir Dimitri Minic. Chercheur au Centre Russie / Eurasie de l’IFRI, historien et docteur en histoire des relations internationales, auteur de « Pensée et culture stratégiques russes : du contournement de la lutte armée à la guerre en Ukraine » Éditions de la MSH. Cette émission a été enregistrée le 22/09/2025, diffusée le 4/11/2025. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-A-l-heure-de-Trump-II-quels-sont-les-soutiens-de-la-Russie-Avec-D-Minic.html
Extrait de la synthèse rédigée :
"Souvent perçue en Europe comme un pays isolé par des sanctions massives, la Russie conserve néanmoins plusieurs soutiens sur la scène internationale. Dimitri Minic, auteur de « Pensée et culture stratégiques russes : du contournement de la lutte armée à la guerre en Ukraine », rappelle que cette perception est incomplète : Moscou s’appuie sur des partenaires stratégiques tels que la Chine, la Corée du Nord et l’Iran. L’analyse de ces relations permet de comprendre comment la Russie résiste à l’isolement occidental, tout en révélant les limites et les asymétries de ces alliances.
Poutine est loin d’être le stratège ou le « joueur d’échec » que fantasment certains observateurs. L’« opération militaire spéciale » en a fourni un exemple paroxystique : initialement conçue pour soumettre politiquement Kyiv en un rien de temps, cette opération a débouché sur une guerre longue et meurtrière imprévue, qui a considérablement affaibli la Russie. Cet échec a d’ailleurs ouvert une période de déstabilisation pour le pouvoir russe, qui s’est fermée à l’été 2023 avec l’échec de la contre-offensive ukrainienne et l’assassinat de E. Prigozhin.
Le premier soutien majeur de Moscou est Pékin. Depuis la chute de l’URSS, les deux pays approfondissent leur partenariat en réaction aux interventions occidentales. L’annexion de la Crimée (2014) puis l’invasion de l’Ukraine en 2022 ont renforcé ce rapprochement, marqué par une asymétrie croissante au profit de la Chine. Pékin soutient la Russie diplomatiquement et économiquement, en lui fournissant notamment des biens à double usage qui lui permettent de continuer sa guerre en Ukraine. Leur point commun : des ambitions impérialistes et un projet anti-occidental affirmé. Cette relation n’est pas transactionnelle. La Chine a choisi de sacrifier sur l’autel de cette relation les bénéfices économiques qu’elle tirait d’une position ambiguë à l’égard de l’Occident, et notamment de l’Europe, partenaire économique essentiel pour la Chine.
Moscou s’est d’abord adressé à Pyongyang dans une perspective opportuniste, pour obtenir des obus d’artillerie puis des soldats qui se sont notamment battus dans la région russe de Koursk. Si la qualité militaire de ce soutien doit être relativisée, ce dernier a été à la fois crucial et révélateur des difficultés rencontrées par Moscou. Les deux pays ont considérablement renforcé leur partenariat depuis le 24 février 2022 au point de conclure une alliance militaire. Toutefois, rien ne permet d’affirmer en 2025 que la Chine, la Russie et la Corée du Nord formeraient un bloc uni et coordonné.
Les livraisons iraniennes de Shahed à la Russie ont permis de rééquilibrer la relation entre les deux pays. Depuis le 7 octobre 2023, l’Iran a par ailleurs été considérablement affaibli. Ce partenariat reste limité : Moscou et Téhéran n’ont pas signé de clause de défense mutuelle (...)"
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