Choses à Savoir HISTOIRE

Choses à Savoir
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Apr 9, 2025 • 2min

Comment l'Empire Romain aurait fait baisser le QI des européens ?

Une étude récente met en lumière l'impact significatif de la pollution au plomb générée par l'Empire romain sur la santé cognitive des populations européennes de l'Antiquité. Cette recherche, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), révèle que les émissions massives de plomb, principalement issues des activités minières et métallurgiques, ont probablement entraîné une diminution moyenne de 2,5 à 3 points du quotient intellectuel (QI) des habitants de l'époque.​Méthodologie de l'étudeLes chercheurs ont analysé des carottes de glace prélevées dans l'Arctique, qui conservent des traces des polluants atmosphériques anciens. Ces échantillons permettent de reconstituer avec précision les variations des concentrations de plomb dans l'atmosphère au fil du temps. Les résultats indiquent que la pollution au plomb a atteint son apogée à la fin du IIᵉ siècle avant J.-C., période correspondant à l'apogée de la République romaine. Une diminution notable est observée au Iᵉʳ siècle avant J.-C., durant la crise de la République, suivie d'une nouvelle augmentation vers 15 avant J.-C., avec l'avènement de l'Empire romain. Cette pollution est restée élevée jusqu'à la peste antonine (165-180 après J.-C.), qui a gravement affecté l'Empire. ​Sources de la pollution au plombL'extraction de l'argent, essentielle pour la production monétaire romaine, était la principale source de cette pollution. Pour obtenir de l'argent, les Romains fondaient de grandes quantités de galène, un minerai riche en plomb. Ce processus libérait d'importantes quantités de plomb dans l'atmosphère. On estime qu'au cours des deux siècles d'apogée de l'Empire, plus de 500 000 tonnes de plomb ont été émises. Conséquences sur la santé publiqueL'exposition chronique au plomb est connue pour ses effets délétères sur la santé, notamment sur le développement cognitif. Chez les enfants, même de faibles niveaux d'exposition sont associés à une diminution du QI, des troubles de l'attention et une baisse des performances scolaires. Chez les adultes, le plomb peut provoquer de l'anémie, des troubles neurologiques, des maladies cardiovasculaires et augmenter le risque de cancer. ​Impact démographique et sociétalLes chercheurs suggèrent que cette pollution au plomb a pu contribuer à affaiblir la population romaine, la rendant plus vulnérable aux épidémies, notamment lors de la peste antonine. Cette épidémie aurait causé la mort de 5 à 10 millions de personnes, exacerbant les difficultés de l'Empire. ​ConclusionCette étude souligne que la pollution industrielle n'est pas un phénomène exclusivement moderne. Dès l'Antiquité, les activités humaines ont eu des impacts environnementaux et sanitaires significatifs. Les recherches futures pourraient approfondir la compréhension des interactions entre pollution ancienne et dynamiques sociétales, offrant ainsi des perspectives sur les défis environnementaux contemporains. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Apr 8, 2025 • 4min

Pourquoi les Vikings ont-ils abandonné le Groenland ?

Pour écouter mon podcast Le fil IA:Apple Podcast:https://podcasts.apple.com/fr/podcast/le-fil-ia/id1797244733Spotify:https://open.spotify.com/show/7DLZgY60IARypRmVGAlBM0?si=bacee66244884d27-----------------------------À la fin du Xe siècle, des colons vikings venus d’Islande, menés par Érik le Rouge, s’installent sur la côte sud-ouest du Groenland. Pendant plusieurs siècles, ils y vivent, élèvent du bétail, bâtissent des églises, commercent avec l’Europe… puis, au XVe siècle, ils disparaissent. Mais pourquoi ? Pourquoi ces colonies scandinaves ont-elles été abandonnées ?Plusieurs facteurs, combinés, expliquent ce retrait.D’abord, le climat. Au moment de l’installation des Vikings, l’Atlantique Nord connaît un réchauffement appelé l’optimum climatique médiéval. Les températures sont relativement clémentes, permettant la culture de l’orge et l’élevage de vaches et de moutons. Mais à partir du XIIIe siècle, le climat change. Un épisode plus froid et humide s’installe : c’est le début du petit âge glaciaire. Les hivers deviennent plus longs, les mers se couvrent de glace, et les pâturages disparaissent sous le pergélisol. Les rendements agricoles chutent, et la population commence à souffrir de malnutrition.Ensuite, l’isolement croissant. Le Groenland viking dépendait des échanges avec la Norvège pour obtenir du fer, du bois, du goudron et d’autres produits essentiels. Or, au XIVe siècle, les expéditions deviennent plus rares, en partie à cause du refroidissement des mers, mais aussi à cause de crises politiques et économiques en Europe. La peste noire, qui frappe le continent à partir de 1347, affaiblit davantage les réseaux commerciaux.Le commerce du morse joue également un rôle. Les Vikings exportaient de l’ivoire de morse vers l’Europe, où il était très recherché pour la sculpture. Mais à partir du XIIIe siècle, l’ivoire africain devient plus accessible et moins cher. Le produit vedette des Groenlandais perd de sa valeur, affaiblissant l’économie locale.La rigidité culturelle a aussi pesé. Les colons groenlandais ont tenté de reproduire leur mode de vie européen dans un environnement beaucoup plus rude. Ils ont préféré garder leurs habitudes d’élevage plutôt que de s’adapter à un régime plus marin, comme le faisaient les Inuits, pourtant bien mieux adaptés à l’environnement local. Il n’y a aucune trace d’assimilation ni de coopération durable entre Vikings et Inuits.Finalement, les dernières traces écrites datent du début des années 1400. Les églises sont abandonnées, les maisons vides, les ossements montrent des signes de famine.En somme, le départ des Vikings du Groenland n’est pas dû à une seule cause spectaculaire, mais à une lente agonie, faite de climat de plus en plus rude, d’isolement économique, de rigidité culturelle… et peut-être, d’un dernier bateau qui n’est jamais revenu. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Apr 7, 2025 • 3min

Que disent les archives JFK qui viennent d'être déclassifiées ?

Les récentes déclassifications des archives relatives à l'assassinat du président John F. Kennedy ont mis à disposition du public environ 80 000 pages de documents. Ces archives, désormais accessibles au National Archives at College Park dans le Maryland, seront progressivement mises en ligne au fur et à mesure de leur numérisation. ​1. Interactions de Lee Harvey Oswald avec des entités étrangères :Les documents déclassifiés apportent des précisions sur les contacts de Lee Harvey Oswald avec les ambassades soviétique et cubaine, notamment lors de son séjour à Mexico en septembre 1963. Ces informations incluent des transcriptions d'écoutes téléphoniques et des rapports de surveillance, suggérant qu'Oswald a tenté d'obtenir un visa pour Cuba via l'ambassade cubaine, avec l'intention éventuelle de se rendre ensuite en Union soviétique. Ces interactions ont alimenté les spéculations sur d'éventuelles influences étrangères dans l'assassinat de Kennedy.2. Relations tendues entre JFK et les agences de renseignement :Les archives révèlent que, suite à l'échec du débarquement de la baie des Cochons en 1961, le président Kennedy envisageait de réduire le pouvoir de la CIA. Un mémo de son assistant spécial, Arthur Schlesinger Jr., datant de juin 1961, propose que le Département d'État prenne le contrôle des activités clandestines et suggère une possible division de la CIA. Cette volonté de restructuration témoigne de la méfiance croissante de Kennedy envers l'agence.3. Allégations d'implication de la CIA :Certains documents contiennent des affirmations selon lesquelles une "clique de la CIA" aurait été responsable de l'assassinat de Kennedy, craignant que le président n'expose leurs activités illégales, notamment le trafic d'armes et de stupéfiants. Par exemple, Gary Underhill, un ancien officier du renseignement de l'armée américaine, exprimait des craintes pour sa vie et était persuadé que la CIA était impliquée dans l'assassinat de JFK. Ces allégations, bien que controversées, ravivent les théories du complot entourant l'événement.4. Détails sur les opérations de surveillance :Les archives dévoilent des informations sur les méthodes de surveillance et d'espionnage de la CIA à l'époque, y compris des transcriptions non censurées de témoignages d'officiers supérieurs du contre-espionnage, comme James Angleton. Ces documents offrent un aperçu des pratiques de l'agence durant la guerre froide, notamment l'utilisation de techniques de surveillance sophistiquées et les relations avec des exilés cubains.Ces nouvelles informations enrichissent la compréhension du contexte politique et des opérations des agences de renseignement américaines dans les années 1960, bien qu'elles ne fournissent pas nécessairement de réponses définitives aux nombreuses questions entourant l'assassinat de JFK. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Apr 6, 2025 • 3min

Comment expliquer les mutineries dans l'armée française en 1917 ?

Au printemps 1917, l’armée française traverse l’une des plus graves crises de son histoire : des dizaines de milliers de soldats se mutinent, refusant de monter au front. Contrairement à une idée reçue, ces hommes ne se rebellent pas pour fuir le combat, mais pour protester contre des conditions de guerre devenues insupportables.Tout commence avec l’offensive du Chemin des Dames, lancée en avril 1917 par le général Nivelle. Elle devait être décisive, briser les lignes allemandes et mettre fin à l’impasse de la guerre de tranchées. Mais c’est un échec sanglant : plus de 130 000 soldats français sont tués ou blessés en quelques jours, pour un gain territorial minime. Les tranchées sont remplies de boue, de cadavres, et les soldats, surnommés les "poilus", en sortent brisés physiquement et moralement.Mais la colère couvait déjà. Depuis 1914, les soldats vivent l’horreur au quotidien : bombardements incessants, attaques à la baïonnette, gaz toxiques, conditions sanitaires déplorables. À cela s’ajoute le fossé entre le front et l’arrière : pendant que les poilus risquent leur vie, l’arrière semble reprendre une vie normale, et certains enrichis par la guerre paraissent indifférents à leur sort. Le moral s’effondre.Les premières mutineries éclatent en mai 1917. Au total, elles toucheront près de 40 divisions sur les 110 que compte l’armée française. Des soldats refusent de retourner au front, chantent des chansons antimilitaristes, réclament des permissions, et parfois, hurlent : "À bas la guerre !". Mais ils ne désertent pas massivement : ils restent dans les casernes, dans les cantonnements, prêts à défendre leur patrie... mais plus à mourir pour des offensives absurdes.Face à cette crise, l’état-major réagit avec fermeté mais aussi intelligence. Le général Pétain, qui remplace Nivelle en mai 1917, comprend qu’il faut restaurer la confiance. Il renonce aux offensives inutiles, améliore l’approvisionnement, allonge les permissions, renforce les soins médicaux. Il prend aussi des mesures répressives : 554 condamnations à mort sont prononcées, mais seules 49 exécutions auront effectivement lieu.Ces mutineries resteront longtemps un sujet tabou, perçues comme une tache sur l’honneur militaire. Pourtant, elles expriment avant tout un ras-le-bol collectif face à l’inhumanité d’une guerre d’usure, et un désir de vivre, pas de trahir.En somme, les mutineries de 1917 ne furent pas une rébellion contre la France, mais un cri désespéré de soldats à bout, épuisés par des années d’une guerre devenue absurde. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Apr 3, 2025 • 2min

Depuis quand les européens ont-ils la peau claire ?

L’image classique d’un Européen à la peau claire, aux yeux bleus et aux cheveux blonds ne correspond en réalité qu’à une évolution récente dans l’histoire humaine. Une nouvelle étude menée par Silvia Ghirotto et son équipe de généticiens de l’université de Ferrare, en Italie, bouleverse nos certitudes. En analysant 348 génomes anciens d’individus ayant vécu en Eurasie au cours des 45 000 dernières années, les chercheurs montrent que les traits clairs ne se sont généralisés qu’il y a environ 3 000 ans.Jusqu’à l’âge du fer, donc jusque vers 1000 av. J.-C., la majorité des Européens avaient encore la peau, les cheveux et les yeux foncés. Les premiers Homo sapiens arrivés en Europe, il y a environ 50 000 à 60 000 ans, étaient encore très proches génétiquement de leurs ancêtres africains, dont ils avaient hérité des traits pigmentaires foncés, dus à des centaines de gènes interconnectés.L’étude, publiée sur la plateforme scientifique BioRxiv.org, repose sur l’usage du système HIrisPlex-S, un outil utilisé en médecine légale pour prédire la couleur des yeux, de la peau et des cheveux à partir d’échantillons d’ADN même partiels. Grâce à une méthode appelée « inférence phénotypique probabiliste », les chercheurs ont pu reconstruire l’évolution des caractéristiques pigmentaires de nos ancêtres.Les premiers indices de peau claire apparaissent au Mésolithique, il y a environ 12 000 ans, avec un individu découvert en Suède, identifié comme le premier à posséder à la fois les yeux, la peau et les cheveux clairs. Toutefois, ce type physique restait alors très rare.C’est avec la diffusion des populations agricoles néolithiques, venues du Proche-Orient, que la fréquence des traits clairs commence à augmenter. Les mélanges génétiques, la migration et les sélections locales ont ensuite favorisé leur diffusion, notamment en Europe de l’Ouest.Mais pourquoi cette évolution ? Selon Ghirotto, la peau claire offrait un avantage évolutif : elle permettait une meilleure synthèse de la vitamine D dans les régions au faible ensoleillement, comme le nord de l’Europe. En revanche, la couleur claire des yeux, elle, n’aurait pas présenté de bénéfice biologique évident, et serait plutôt liée à la sélection sexuelle… ou au hasard.Ainsi, les Européens n’ont pas toujours eu la peau claire. Ce trait, emblématique aujourd’hui, est en fait le fruit d’une lente évolution, influencée par le climat, la migration et la génétique, bien plus tardive qu’on ne le pensait. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Apr 2, 2025 • 3min

Connaissez-vous le Polari, l’argot secret des homosexuels britanniques ?

Le Polari est un argot codé utilisé principalement par la communauté homosexuelle britannique au cours de la première moitié du XXe siècle, à une époque où l’homosexualité était non seulement taboue, mais aussi illégale au Royaume-Uni. Ce langage a permis à des générations d’hommes gays (et dans une moindre mesure de lesbiennes, de drag queens ou d’artistes de cabaret) de communiquer entre eux en toute discrétion, de se reconnaître dans l’espace public, et parfois même de se protéger.Origines du PolariLe Polari n’est pas né de nulle part. Il s’agit d’un mélange linguistique, un patchwork issu de plusieurs sources :L’italien (notamment le vénitien), via le théâtre de rue et les marins ;Le romani, la langue des gens du voyage ;Le Cockney rhyming slang, argot populaire de Londres ;Des éléments de français, de yiddish et de backslang (mots prononcés à l’envers).Ce langage était déjà utilisé dans les milieux du spectacle itinérant, du cirque, des marchés forains, et surtout dans les théâtres, où se mêlaient artistes marginaux, travestis et homosexuels. Au fil du temps, il devient un code de reconnaissance pour la communauté gay urbaine, surtout à Londres, Manchester ou Brighton.Pourquoi un argot secret ?Jusqu’à la décriminalisation partielle de l’homosexualité en 1967 en Angleterre et au Pays de Galles, les homosexuels risquaient l’arrestation, l’emprisonnement, le chantage ou la violence. Le Polari permettait de flirter, plaisanter ou s’alerter discrètement sans éveiller les soupçons de la police ou des passants.Exemple typique :“Bona to vada your dolly old eek!” signifie “Ravi de voir ta jolie tête !”(Bona = bon, vada = voir, dolly = joli, eek = visage, de “ecaf” = “face” à l’envers)Déclin et résurgenceAprès la légalisation partielle de l’homosexualité en 1967, le besoin de secret a diminué. Le Polari a peu à peu disparu, considéré parfois comme désuet ou stigmatisant par les jeunes générations gay en quête de reconnaissance sociale et d’intégration.Cependant, le Polari a connu une renaissance culturelle. Des linguistes, artistes et activistes LGBTQ+ y voient un patrimoine queer précieux, témoin de la résistance et de la créativité face à l’oppression. Il est aujourd’hui étudié dans les universités et célébré dans certaines œuvres artistiques.Un langage de survie devenu symboleLe Polari n’était pas qu’un jeu de mots ou un code : c’était un outil de survie, un espace linguistique sûr, une manière d’exister dans un monde hostile. Il symbolise aujourd’hui l’ingéniosité et la solidarité d’une communauté qui, même dans la marginalité, n’a jamais cessé de s’exprimer avec humour, style… et fierté. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Apr 1, 2025 • 2min

Pourquoi une rançon fut-elle demandée pour libérer Louis IX ?

En 1250, lors de la septième croisade, le roi de France Louis IX, futur Saint Louis, est fait prisonnier par les troupes égyptiennes à la suite de la désastreuse bataille de Mansourah, en Égypte. À la tête d’une armée chrétienne venue libérer Jérusalem, Louis avait tenté de prendre la ville du Caire, mais son expédition tourne rapidement au désastre. Son armée affaiblie par la maladie et la faim, il est capturé avec une partie de ses chevaliers par les Mamelouks.C’est une première dans l’histoire de la royauté française : le roi lui-même est prisonnier d’un pouvoir musulman. Pour le libérer, les Mamelouks exigent une rançon colossale : 400 000 livres tournois, soit plus d’une fois et demie les revenus annuels de la Couronne. Une somme astronomique, inimaginable pour l’époque.Et pourtant, cette somme est réunie en un temps record. Comment un royaume médiéval parvient-il à mobiliser autant de fonds aussi rapidement ?Tout d’abord, la régente du royaume en l’absence du roi, Blanche de Castille, sa mère, prend en main la gestion de la crise. Elle lance une campagne d’emprunts massifs auprès des villes, des marchands et des ordres religieux. Les Templiers, puissants banquiers de l’époque, jouent un rôle central dans la logistique du paiement. Des impôts exceptionnels sont également levés, notamment la "dîme du roi", un prélèvement direct sur les revenus de l’Église, accepté par le clergé dans un effort patriotique. Les élites nobles, bien qu’ébranlées par la captivité du roi, participent aussi à l’effort.Une partie de la rançon est versée en nature, notamment sous forme d’argent fondu. La monnaie est frappée sur place en Égypte avec l’aide des Templiers, qui assurent aussi la sécurité des transferts.Finalement, Louis IX est libéré après un mois de captivité, mais il choisit de ne pas rentrer immédiatement en France. Il reste encore quatre ans en Terre sainte pour tenter, malgré tout, de sauver les objectifs de la croisade.Cette libération spectaculaire, orchestrée avec une efficacité remarquable, montre à quel point la monarchie capétienne disposait déjà d’un appareil administratif solide, capable de mobiliser tout le royaume en période de crise. C’est aussi l’un des rares cas où un roi de France fut littéralement "acheté" pour revenir sur son trône. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Mar 31, 2025 • 2min

Pourquoi a-t-il fallu 7 ans pour mettre en œuvre le mètre ?

Aujourd’hui, le mètre est une évidence. Il sert à mesurer nos tables, nos routes ou même la taille de nos enfants. Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’il a fallu sept années d’efforts acharnés pour le définir avec précision. Et que cette aventure, à la fois scientifique et humaine, remonte à la Révolution française.En 1790, l’idée d’unifier les unités de mesure s’impose. Jusqu’alors, chaque région utilisait ses propres unités : toises, pieds, coudées… Un véritable casse-tête ! L’Assemblée constituante décide alors de créer une unité universelle, fondée non pas sur le corps humain – comme la longueur d’un pied ou d’un bras – mais sur la Terre elle-même.L’idée est audacieuse : mesurer un quart du méridien terrestre, c’est-à-dire la distance entre l’équateur et le pôle, puis diviser ce quart en dix millions de parties égales. L’une de ces parties deviendrait le mètre. Simple sur le papier… mais redoutablement complexe à réaliser.Pour cette mission, deux astronomes sont désignés en 1791 : Jean-Baptiste Delambre et Pierre Méchain. Leur tâche ? Mesurer avec la plus grande précision possible la distance entre Dunkerque et Barcelone. Pourquoi ce trajet ? Parce qu’il traverse un arc de méridien, en passant par Paris.Ils utilisent une méthode très rigoureuse pour l’époque : la triangulation. Elle consiste à créer un réseau de triangles entre des points élevés – clochers, tours, montagnes – et à en mesurer les angles pour calculer les distances. Le problème, c’est que chaque point nécessite des calculs précis, une installation minutieuse des instruments, et souvent des journées d’attente pour avoir un ciel dégagé.À cela s’ajoutent les obstacles humains. Nous sommes en pleine Révolution, puis sous la Terreur. Les deux scientifiques sont souvent pris pour des espions avec leurs longues-vues et leurs plans. Ils doivent sans cesse expliquer leur mission aux autorités locales, parfois hostiles. Méchain, de son côté, est obsédé par l’exactitude, au point de refaire certains calculs pendant des mois, voire des années.Au final, leur mission s’achève en 1798. Un an plus tard, en 1799, le mètre est officiellement adopté comme unité de mesure. Il est né d’une volonté de raison et de science, mais aussi d’un effort titanesque. Une unité universelle… issue d’une aventure humaine hors norme. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Mar 30, 2025 • 3min

Pourquoi le Japon est-il resté à l'écart du monde pendant plus de 200 ans ?

Entre le début du XVIIe siècle et le milieu du XIXe siècle, le Japon a connu une période d’isolement volontaire connue sous le nom de sakoku – littéralement « pays verrouillé ». Cette politique, instaurée par le shogunat Tokugawa en 1639, a duré plus de deux siècles, jusqu’à l’ouverture forcée du pays en 1853. Pendant cette période, le Japon a strictement limité ses contacts avec l’étranger, tant sur le plan commercial que culturel et religieux.L’origine de cet isolement remonte à la crainte d’une déstabilisation du pouvoir politique et social. Dès le milieu du XVIe siècle, les Européens – Portugais, Espagnols, Hollandais et Anglais – arrivent au Japon, apportant avec eux des technologies nouvelles, comme les armes à feu, mais aussi des idées, notamment le christianisme.Les missionnaires jésuites, en particulier François Xavier, obtiennent des succès impressionnants : on estime à plus de 300 000 le nombre de Japonais convertis au christianisme vers 1600. Cette expansion rapide alarme les autorités. Le christianisme est perçu comme une menace directe à l’unité du pays, car il crée une allégeance spirituelle étrangère – au pape – qui échappe au contrôle du shogun.En 1614, le christianisme est interdit. Les missionnaires sont persécutés, les convertis traqués. Le point culminant de cette répression est la révolte de Shimabara (1637-1638), menée en partie par des paysans chrétiens. Elle est violemment réprimée et confirme, aux yeux du shogunat, le danger des influences étrangères.C’est dans ce contexte que le Japon adopte le sakoku :Interdiction d’entrée sur le territoire pour les étrangers, sauf les marchands hollandais, confinés sur l’îlot artificiel de Dejima, dans le port de Nagasaki. Interdiction de sortie pour les Japonais, même pour des raisons commerciales ou religieuses, sous peine de mort. Contrôle strict du commerce extérieur, limité à la Chine, la Corée et les Pays-Bas. L’objectif du sakoku était double : maintenir la paix intérieure dans un pays que les Tokugawa venaient à peine de pacifier après une longue période de guerres civiles, et éviter toute forme de colonisation ou d'ingérence étrangère, comme on en voyait déjà en Chine ou aux Philippines.Ce n’est qu’en 1853, avec l’arrivée des navires noirs du commodore Matthew Perry, que l’isolement prend fin. Menacé par la supériorité technologique des États-Unis, le Japon signe le traité de Kanagawa en 1854, ouvrant ses ports au commerce international. Ce moment marquera le début de la modernisation rapide du Japon sous l’ère Meiji.Ainsi, loin d’un repli par ignorance, le sakoku fut une stratégie politique consciente, destinée à préserver l’indépendance et l’identité du Japon face à un monde perçu comme instable, missionnaire… et dangereux. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Mar 28, 2025 • 6min

Pourquoi les Égyptiens construisaient-ils des obélisques ?

Aujourd’hui, ils trônent sur les places publiques des grandes villes du monde, comme à Paris, Rome, Londres ou New York. Hauts, élancés, monolithiques, les obélisques semblent défier le temps. Mais à l’origine, ces monuments impressionnants n’étaient pas destinés à orner les capitales modernes. Ils viennent d’Égypte, et leur signification, bien que parfois oubliée, nous plonge au cœur de la civilisation des pharaons.Alors, pourquoi les Égyptiens construisaient-ils des obélisques ? Que symbolisaient-ils ? Et comment ces colosses de pierre ont-ils été érigés avec les moyens de l’époque ? Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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