Bookmakers : le making-of de la littérature

ARTE Radio
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Dec 13, 2023 • 31sec

Bookmakers : la collection de livres

Tout savoir des grands noms de la littérature contemporaine Le podcast ARTE est devenu une collection de livres. Richard Gaitet interroge les meilleures autrices et les meilleurs auteurs sur leurs secrets d'écriture. Après Nicolas Mathieu et Alice Zeniter, c'est au tour de Maria Pourchet. En janvier 2024, Hervé le Tellier complètera la collection. Une coédition ARTE Éditions / Points. Maria Pourchet «Mon premier livre serait comme le dessin du cygne qui, dans la fable, fut travaillé des années avant d’être offert à un empereur japonais. Il faut que le geste soit sûr. » Que trouve-t-on sous la plume de Maria Pourchet ? Pourquoi a-t-elle attendu d’avoir trente ans pour se mettre à écrire – alors qu’elle était sûre de sa vocation dès le CE1 ? Quel déclic doit-elle à Romain Gary ? Comment la langue est-elle devenue « un pote » ? Dans ce dialogue franc du collier, celle qui écrit « comme on gueule » raconte tout, ou presque : son enfance vosgienne « saturée » de livres, son admiration pour Pierre Michon, Achille Talon, Daniel Balavoine ou Les Valseuses, son art mordant de la punchline et, très en détails, la fabrication de ses premiers romans, d’Avancer (2012) au succès de Feu (2021). Une conversation lucide et incandescente avec l’une des révélations de la scène littéraire contemporaine. 11,90€ - 128 pages. Toutes les infos sur le livre / sur le podcast. Alice Zeniter L’art littéraire d’Alice Zeniter, de A à Z. Remarquée en CE2 par une autrice confirmée, publiant son premier livre à seize ans, cette romancière, dramaturge, metteuse en scène, traductrice et scénariste s’est imposée comme l’une des voix les plus stimulantes du paysage francophone. Aux Hébrides ou en Hongrie, au plus près des affects d’une hackeuse, d’anciens harkis ou d’une femme de ménage, les histoires d’Alice Zeniter interpellent, en sa qualité de membre honoraire de ce club d’écrivain·e·s qui refusent d’écrire toujours le même livre. Mais comment cette amoureuse éperdue des enquêtes de Sherlock Holmes travaille-t-elle au quotidien ? De quelle façon sa pratique du théâtre influence-t-elle sa prose ? Comment surmonter ses doutes quand on se trouve « écrasée par l’ampleur de ses sujets » ? Et qu’est-ce que « la stratégie de la semoule » ? Un dialogue didactique, plein d’humour et de modestie, sur la fabrique de l’écriture. 10,90€ - 144 pages. Toutes les infos sur le livre / sur le podcast. Nicolas Mathieu Comment écrire sans trahir le milieu d’où l’on vient ? De sa première rédac’ au Goncourt reçu à 40 ans pour Leurs enfants après eux, en passant par ses « chocs » en lisant Céline, Manchette ou Annie Ernaux, Nicolas Mathieu revient sur la naissance de sa vocation, sa discipline quotidienne et les « coups » que la littérature « lui permet de rendre à la vie, qui nous en met plein la gueule » le temps d’une conversation précise et généreuse. Une plongée passionnante dans la fabrique et les mondes intérieurs du petit bleu des Vosges, devenu l’une des figures montantes du roman contemporain, dont la colère contre « les mensonges, le tout falsifié » reste l’un des carburants, et qui dit avec joie avoir appris davantage en matant Les Soprano qu’en étudiant Tolstoï. 10,90€ - 144 pages. Toutes les infos sur le livre / sur le podcast. Bookmakers écoute les écrivain.e.s détailler leurs secrets d’écriture. C’est le récit d’un récit, les coulisses de fabrication d’un livre majeur dans la carrière d’un.e auteur.e, qui dévoile sa discipline, son rythme et ses méthodes de travail. C’est quoi, le style ? Comment construit-on une intrigue, un personnage ? Où faut-il couper ? Chaque mois, Bookmakers écoute les plus grand.e.s écrivain.e.s d’aujourd’hui raconter, hors de toute promotion, l’étincelle initiale, les recherches, la discipline, les obstacles, le découragement, les coups de collier, la solitude, la première phrase, les relectures… mais aussi le rôle de l'éditeur, de l’argent, la réception critique et publique, le regard sur le texte des années plus tard. Animé par Richard Gaitet, écrivain et homme de radio, le podcast Bookmakers détruit le mythe d’une inspiration divine qui saisirait les auteurs au petit matin. Il rappelle que l'écriture est aussi un métier, un artisanat, un beau travail. Enregistrement septembre 2023 Ecriture Richard Gaitet Mixage Samuel Hirsch Production ARTE Radio
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Oct 18, 2023 • 39min

Constance Debré : La règle du je (3/3)

La règle du je Bookmakers #26 - L'autrice du mois : Constance Debré Née en 1972 à Paris, Constance Debré se décrit parfois comme « le baron de Charlus option Sid Vicious ». C’est-à-dire : un authentique noble proustien, raffiné et ambigu, qui aurait mis les doigts dans la prise du punk des Sex Pistols, avec le désir revendiqué de « dire la violence » et « l’obscénité » de nos « vies lamentables ». « C’est jubilatoire », confie-t-elle avec un léger chuintement dans la voix, qu’elle nomme avec humour son « accent snob ». Ex-avocate pénaliste, elle est surtout l’autrice, en seulement cinq ans, de quatre livres à succès principalement autofictionnels, épurés et nerveux, en rupture avec les conventions sociales ou familiales, de « Play boy » (Stock, 2018) à « Offenses » (Flammarion, 2023). Constance Debré (3/3) « J'assume tout quand j'écris "je", j'écris démasquée. La vérité est la solution la plus simple. Et la plus excitante. » Publié en 2020 aux éditions Flammarion, « Love me tender » est le roman auto-fictif de l’affranchissement familial de Constance Debré, « d'une solitude assumée, fondamentale », le journal de bord d’une pré-quinquagénaire qui se confronte aux normes en vivant pleinement son coming-out. Ou encore, et surtout, les confessions cinglantes, un peu bouleversantes et sans un gramme de pathos d’une mère dépossédée de son fils, qui réinvente le lien et interroge l’amour filial. Il s’écoule quarante mille exemplaires de ces cent cinquante pages, traduites au Royaume-Uni, aux États-Unis ou dans les pays scandinaves. Sur le même principe, le livre d’après, « Nom » (2022), ausculte sa généalogie, son « origine », les malheurs et les vertus de son clan, et marche aussi très bien : trente-deux mille exemplaires vendus. En janvier 2023, « Offenses » amène Constance Debré à sortir du couloir de nage de l’autobiographie romancée. Sujet : l’histoire vraie d’un criminel de dix-neuf ans, déjà père et sérieusement dans la dèche, qui assassina une vieille voisine de dix coups de couteau pour lui voler 450 euros. Le meurtrier s’adresse à nous, Constance aussi, pour restituer le procès et les circonstances psycho-sociales de la tragédie, érigeant le tueur en « saint » qui serait « coupable à notre place ». La démarche ne convainc guère, mais le livre se vend à près de dix mille copies. En dernière instance de cette comparution immédiate dans les studios d'Arte Radio, Constance lira la traduction des paroles d'une chanson de Leonard Cohen, qui présente de troublantes similitudes avec son œuvre désenchantée. Le podcast Bookmakers devient une collection de livres ! Nicolas Mathieu, Alice Zeniter et Maria Pourchet nous dévoilent les coulisses de la fabrication de leurs œuvres. Comment travaillent-ils leur plume ? Ils nous détaillent leurs secrets d'écriture, de leur discipline, à leur rythme de travail. Une coédition ARTE Éditions / Points. Enregistrement septembre 2023 Entretien, découpage Richard Gaitet Prise de son, réalisation, mixage Charlie Marcelet Montage Mathilde Guermonprez Musiques originales Samuel Hirsch Piano Vincent Erdeven Lectures Samuel Hirsch, Manon Prigent Illustration Sylvain Cabot Remerciements Clarisse Le Gardien, Joseph Hirsch, Lou Marcelet, Alicia Marie Production ARTE Radio
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Oct 18, 2023 • 44min

Constance Debré : Play plaidoirie (2/3)

Play plaidoirie Bookmakers #26 - L'autrice du mois : Constance Debré Née en 1972 à Paris, Constance Debré se décrit parfois comme « le baron de Charlus option Sid Vicious ». C’est-à-dire : un authentique noble proustien, raffiné et ambigu, qui aurait mis les doigts dans la prise du punk des Sex Pistols, avec le désir revendiqué de « dire la violence » et « l’obscénité » de nos « vies lamentables ». « C’est jubilatoire », confie-t-elle avec un léger chuintement dans la voix, qu’elle nomme avec humour son « accent snob ». Ex-avocate pénaliste, elle est surtout l’autrice, en seulement cinq ans, de quatre livres à succès principalement autofictionnels, épurés et nerveux, en rupture avec les conventions sociales ou familiales, de « Play boy » (Stock, 2018) à « Offenses » (Flammarion, 2023). Constance Debré (2/3) Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les juré·e·s, les faits reprochés à Constance Debré sont accablants. Prenons la phrase suivante : « Écrire est un coup d’état, l’affirmation d’une autorité sans justification ni explication et qui se fout d’être légitime. C’est comme dans l’amour, quand on se penche et qu’on prend. » De loin comme de près, Constance décontenance : elle a rompu avec le couple, l’hétérosexualité, un travail stable, la possession et le confort d’un appartement douillet, pour écrire et ne faire que ça ; sauf, bien sûr, quand elle nage à la piscine deux kilomètres de crawl par jour, et enchaîne les conquêtes féminines tel un Don Juan androgyne aux cheveux de plus en plus courts, tatouée de toutes parts – avec les mots « plutôt crever » dans la chair de son cou. Tout ceci, Debré le raconte de façon frontale, impudique, dans « Play boy » et les deux romans suivants, à peine cachée derrière l’alter-ego qui porte son prénom, via des phrases courtes et des chapitres au rasoir, qui captivent son auditoire. Paru aux éditions Stock, « Play boy » se vendra tous formats confondus à trente mille exemplaires. Le geste impressionne, mais crispe aussi une partie de la critique, qui lui reproche la trop grande simplicité de son style ou la bourgeoisie teintée d’aristocratie de sa lignée, souvent sans savoir quelle est son histoire. « C’est important de déplaire et j’ai toujours trouvé infiniment sexy d’avoir des ennemis », dit-elle. « Il faut totalement assumer l'arrogance. » Dans ce deuxième épisode, examinons les fondations du casier littéraire de l’ex-avocate Constance Debré, son goût pour l’oralité, le « risque » et le sens de la « responsabilité » qui lui permettent de conjurer cette sensation permanente « d'étouffer sous le brouhaha », l’influence de Guillaume Dustan et de Christine Angot, ses antécédents au service de la justice, quand elle était « l’une des petites vedettes » du barreau de Paris, et les deux points communs essentiels qu’elle continue d’observer entre une plaidoirie et l’écriture d’un roman. « Toujours le moins de mots possible. Et : les choses graves doivent être dites. » Le podcast Bookmakers devient une collection de livres ! Nicolas Mathieu, Alice Zeniter et Maria Pourchet nous dévoilent les coulisses de la fabrication de leurs œuvres. Comment travaillent-ils leur plume ? Ils nous détaillent leurs secrets d'écriture, de leur discipline, à leur rythme de travail. Une coédition ARTE Éditions / Points. Enregistrement septembre 2023 Entretien, découpage Richard Gaitet Prise de son, réalisation, mixage Charlie Marcelet Montage Mathilde Guermonprez Musiques originales Samuel Hirsch Piano Vincent Erdeven Lectures Samuel Hirsch, Manon Prigent Illustration Sylvain Cabot Remerciements Clarisse Le Gardien, Joseph Hirsch, Lou Marcelet, Alicia Marie Production ARTE Radio
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Oct 18, 2023 • 47min

Constance Debré : Les circonstances (1/3)

Les circonstances Bookmakers #26 - L'autrice du mois : Constance Debré Née en 1972 à Paris, Constance Debré se décrit parfois comme « le baron de Charlus option Sid Vicious ». C’est-à-dire : un authentique noble proustien, raffiné et ambigu, qui aurait mis les doigts dans la prise du punk des Sex Pistols, avec le désir revendiqué de « dire la violence » et « l’obscénité » de nos « vies lamentables ». « C’est jubilatoire », confie-t-elle avec un léger chuintement dans la voix, qu’elle nomme avec humour son « accent snob ». Ex-avocate pénaliste, elle est surtout l’autrice, en seulement cinq ans, de quatre livres à succès principalement autofictionnels, épurés et nerveux, en rupture avec les conventions sociales ou familiales, de « Play boy » (Stock, 2018) à « Offenses » (Flammarion, 2023). Constance Debré (1/3) « La plupart des livres mentent. On est donc en droit de leur en vouloir. On devrait arriver à parler des livres normalement, arrêter de croire qu’ils nous surplombent, les jeter contre un mur quand on n’est pas d’accord. Les livres sont souvent bêtes. La plupart des livres publiés valent moins, moralement, politiquement, esthétiquement, qu’un McDo. » Il faut un certain aplomb pour annuler, en cinq phrases, la quasi-totalité de la production littéraire contemporaine. Quand Constance Debré surgit en librairies en 2018 avec « Play boy », brève autofiction qu’elle présente à 46 ans comme son premier roman, cette fougueuse avocate pénaliste s’apprête à ranger au placard sa longue robe noire à rabat blanc, pour « entrer en littérature comme dans les ordres, en plus fun quand même », selon la formule de Virginie Despentes – qui adore « cette écriture désinvolte, mais dévorée d’anxiété ». Elle apparaît à notre micro un cuir noir épais sur les épaules, chapeau mou marron posé sur son crâne rasé à blanc, pour partager, dans ce premier épisode, son enfance à la garçonne, ses lectures capitales de Blaise Pascal et Saint-Augustin ou ses premiers tafs dans les coulisses de l’Assemblée nationale et les contentieux boursiers. Elle en profite aussi pour clore le débat sur ses deux véritables premiers ouvrages parus aux éditions du Rocher, « Un peu là beaucoup ailleurs » (2004) et « Manuel pratique de l'idéal » (2007), aujourd’hui reniés… « parce qu’il manquait la volonté ». Constance Debré allait pourtant jusqu’à inscrire en ces pages sa propre épitaphe : « Ci-git (…), elle ne plaisantait pas. » Le podcast Bookmakers devient une collection de livres ! Nicolas Mathieu, Alice Zeniter et Maria Pourchet nous dévoilent les coulisses de la fabrication de leurs œuvres. Comment travaillent-ils leur plume ? Ils nous détaillent leurs secrets d'écriture, de leur discipline, à leur rythme de travail. Une coédition ARTE Éditions / Points. Enregistrement septembre 2023 Entretien, découpage Richard Gaitet Prise de son, réalisation, mixage Charlie Marcelet Montage Mathilde Guermonprez Musiques originales Samuel Hirsch Piano Vincent Erdeven Lectures Samuel Hirsch, Manon Prigent Illustration Sylvain Cabot Remerciements Clarisse Le Gardien, Joseph Hirsch, Lou Marcelet, Alicia Marie Production ARTE Radio
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Jul 19, 2023 • 54min

Laurent Chalumeau :Kiffe la vibe avec Elmore Leonard (3/3)

Kiffe la vibe avec Elmore Leonard Bookmakers #25 - L'auteur du mois : Laurent Chalumeau Né en 1959 à Paris, Laurent Chalumeau a démarré comme critique, reporter et intervieweur du magazine « Rock&Folk », taillant le bout de gras avec Johnny Cash, Ice-T ou Al Green. Un coup de fil d’Antoine de Caunes l’embarque dans l’aventure Canal+ où sa plume mordante fait rire chaque soir des millions de Français·es. Il a signé une douzaine de romans, dont, récemment, « VNR » et « Vice » (Grasset). Se définissant parfois comme « un couteau suisse contrefait », Laurent Chalumeau est également scénariste (pour Alain Corneau, Éric Rochant ou la série « Le Train ») et parolier (pour Michel Sardou, Michèle Torr, Patrick Bruel, Bertrand Burgalat ou l’un des premiers boys-band de l’Hexagone, G-Squad). Il vit et travaille près de Pigalle. Laurent Chalumeau (3/3) Avec « Le Siffleur », Laurent Chalumeau inaugure en 2006 une série de cinq romans d’escroquerie frontalement rigolards, plantés sur la Côte d’Azur – qui pullule soudain de bras cassés infoutus de réussir le moindre braquage. « Le V8 de la Mustang 1967 grondait voluptueusement, cramant vingt litres au cent et polluant l’air marin, Maurice retrouvant des sensations oubliées, sourdement excité, s’il était honnête, par le petit voyage dans le temps qu’il était en train de s’offrir. À supposer bien sûr qu’un sermon servi aux deux trompettes avec le ton qu’il faut suffise à les calmer. Si les mecs jouaient aux durs, que l’affaire partait en burnes, Maurice savait pas trop jusqu’où il saurait suivre. Mais là, de se retrouver comme ça aux commandes d’une vraie tire, fringué au rayon hommes pour changer de d’habitude, avec la perspective de recadrer deux merglus avant d’aller se coucher, Maurice, pour un peu, aurait remercié le ciel de lui avoir prêté vie et maintenu la santé. » Le roman sera transposé au cinéma par Philippe Lefèbvre, avec François Berléand et Virginie Efira. « Écrire bien, ça ne veut rien dire, dit Laurent Chalumeau, pas mécontent des 15 000 exemplaires écoulés du roman suivant, intitulé « Les arnaqueurs aussi ». « Mais écrire de façon efficace et adaptée à son sujet, ça signifie savoir où appuyer, à quel moment et avec quelle intensité. Comme chez l’ostéo ou chez le kiné. » Ces gestes qui sauvent (un roman, un dialogue, une intrigue, un personnage), Laurent les a appris en étudiant, pendant des années, la prose « zéro pour cent de matière grasse » de l’Américain Elmore Leonard, que Quentin Tarantino adapta sur grand écran via « Jackie Brown ». En résulte un essai passionnant signé Chalumeau aux éditions Rivages en 2015, « Elmore Leonard, un maître à écrire », bourré de conseils pratiques à suivre dans ce troisième épisode. Des trucs et astuces de narration, qui lui ont permis de bâtir des bouquins comme « Un mec sympa », « Bonus » ou « Kif », ses « petits polars légers, secs et nerveux, garantis sans prêcha », conçus comme « un vin de soif, gouleyant, à boire frais ». « La seule vraie noblesse de cet artisanat, dit-il encore, c'est d'essayer de produire la moins chiante des lectures possibles. C’est DU boulot, mais jamais ça ne me fait l’effet d’être UN boulot. Mettre un mot après l'autre et voir la gueule que ça a. Joie de l’encre noire. » Le podcast Bookmakers devient une collection de livres ! Nicolas Mathieu, Alice Zeniter et Maria Pourchet nous dévoilent les coulisses de la fabrication de leurs œuvres. Comment travaillent-ils leur plume ? Ils nous détaillent leurs secrets d'écriture, de leur discipline, à leur rythme de travail. Une coédition ARTE Éditions / Points. Enregistrement mai 2023 Mise en ligne 19 juillet 2023 Entretien, découpage Richard Gaitet Prise de son, montage Mathilde Guermonprez Réalisation, mixage Charlie Marcelet Musiques originales Samuel Hirsch Lectures Chloé Assous-Plunian, Arnaud Forest, Mathilde Guermonprez Illustration Sylvain Cabot Remerciements Clarisse Le Gardien Production ARTE Radio
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Jul 19, 2023 • 45min

Laurent Chalumeau : Fuck fiction (2/3)

Fuck fiction Bookmakers #25 - L'auteur du mois : Laurent Chalumeau Né en 1959 à Paris, Laurent Chalumeau a démarré comme critique, reporter et intervieweur du magazine « Rock&Folk », taillant le bout de gras avec Johnny Cash, Ice-T ou Al Green. Un coup de fil d’Antoine de Caunes l’embarque dans l’aventure Canal+ où sa plume mordante fait rire chaque soir des millions de Français·es. Il a signé une douzaine de romans, dont, récemment, « VNR » et « Vice » (Grasset). Se définissant parfois comme « un couteau suisse contrefait », Laurent Chalumeau est également scénariste (pour Alain Corneau, Éric Rochant ou la série « Le Train ») et parolier (pour Michel Sardou, Michèle Torr, Patrick Bruel, Bertrand Burgalat ou l’un des premiers boys-band de l’Hexagone, G-Squad). Il vit et travaille près de Pigalle. Laurent Chalumeau (2/3) De 1990 à 1995, Laurent Chalumeau signe cinq fois par semaine l’une des séquences les plus vues de l’émission la plus branchée de l’époque : le sketch final de « Nulle Part Ailleurs » sur Canal+. Grâce à Antoine de Caunes et José Garcia, le critique rock qui se rêvait « grantécrivain » crée pour le petit écran des personnages franchouillardement mythiques, tels Didier l'Embrouille, Pine d'huître, Gérard Languedepute ou Raoul Bitembois – ce dernier patronyme résumant bien l’un des sujets principaux des blagues délivrées sur le joyeux plateau animé par Philippe Gildas. L’humour noir, la saleté et le mauvais esprit éclaboussent la téloche, et ça réveille. Au sujet de cette expérience, le comique de l’ombre dira cependant qu’elle fut à la fois « une très bonne école et une malédiction ». Ce que Chalumeau nous explique au cours de ce deuxième épisode, avant de revenir sur ses quatre premiers romans publiés aux éditions Grasset. Son coup d’épée initial au titre provoc’, « Fuck », montre qu’il était possible en 1991 de déconstruire avec rage la culture du viol et la bêtise virile tout en étant un homme hétéro blanc cisgenre amateur de guitares braillardes ; il s’en vendra, tous formats confondus, 30 000 exemplaires. Trois ans après, « Anne Frank 2 : le retour ! », brûlot bizarre sur les compromissions de la Mitterrandie, nous renseigne sur ses indignations. Chalumeau enchaîne avec deux romans de gare imbibés de n’importe nawak (mais pas du tout nuls, par ailleurs), « Neuilly brûle-t-il ? » suivi de « Topodoco ! », et la critique commence à le citer en disciple de Michel Audiard. Le flingueur répliquera, via l’un de ses personnages de scribouillard « au physique de radio » nommé Régis Grognon : « Audiard, Audiard, par moments, on croirait que les gens parlent de Shakespeare. Après, on s’étonne que les téléspectateurs soient ce qu’ils sont. Mais quand leur idée du beau style procède exclusivement d’Audiard, tout s’explique. J’en peux plus d’Audiard. J’en peux plus des intellos qu’aiment pas Audiard. J’en peux plus des gros cons qu’adorent Audiard. J’en peux plus de vos gueules de cons d’Audiard de merde, et je vous jure que si j’entends un mot de plus sur Audiard, j’en bute un au hasard. » Le podcast Bookmakers devient une collection de livres ! Nicolas Mathieu, Alice Zeniter et Maria Pourchet nous dévoilent les coulisses de la fabrication de leurs œuvres. Comment travaillent-ils leur plume ? Ils nous détaillent leurs secrets d'écriture, de leur discipline, à leur rythme de travail. Une coédition ARTE Éditions / Points. Enregistrement mai 2023 Mise en ligne 19 juillet 2023 Entretien, découpage Richard Gaitet Prise de son, montage Mathilde Guermonprez Réalisation, mixage Charlie Marcelet Musiques originales Samuel Hirsch Lectures Chloé Assous-Plunian, Arnaud Forest, Mathilde Guermonprez Illustration Sylvain Cabot Remerciements Clarisse Le Gardien Production ARTE Radio
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Jul 19, 2023 • 57min

Laurent Chalumeau : Light my fire (1/3)

Light my fire Bookmakers #25 - L'auteur du mois : Laurent Chalumeau Né en 1959 à Paris, Laurent Chalumeau a démarré comme critique, reporter et intervieweur du magazine « Rock&Folk », taillant le bout de gras avec Johnny Cash, Ice-T ou Al Green. Un coup de fil d’Antoine de Caunes l’embarque dans l’aventure Canal+ où sa plume mordante fait rire chaque soir des millions de Français·es. Il a signé une douzaine de romans, dont, récemment, « VNR » et « Vice » (Grasset). Se définissant parfois comme « un couteau suisse contrefait », Laurent Chalumeau est également scénariste (pour Alain Corneau, Éric Rochant ou la série « Le Train ») et parolier (pour Michel Sardou, Michèle Torr, Patrick Bruel, Bertrand Burgalat ou l’un des premiers boys-band de l’Hexagone, G-Squad). Il vit et travaille près de Pigalle. Laurent Chalumeau (1/3) Ce qui se retient d’abord de Laurent Chalumeau, c’est son style. Gouailleur en diable, généreux dans le grandguignolesque, tissé d’argot et d’anglicismes, cochon truffier de la punchline à mille dollars, doté d’un sens du rythme – & blues – résolument « médusant », comme il dirait. Sa phrase est aussi acérée qu’un éperon, mais le cœur de ses livres s’avère aussi tendre que celui d’un cactus. Marrant, mais pas que. Volontiers « NRV ». Il convenait donc de creuser pour vérifier si, dans le gisement de sa prose riche d’une douzaine de romans, de centaines d’articles, d’essais musicaux ou de posts à foison sur les réseaux, se trouvaient des pépites. Bingo. Il faut se lever tôt pour tricoter les arnaques fendardes du « Siffleur » (2006) ou de « Kif » (2014), pour aiguiser la satire des élites ridicules de « VIP » (2017) ou pour déclarer son amour érudit à Dolly Parton dans « Jolene t’es gouine ? » (2022). Coup de pot : ce cowboy du macadam parigot, fringuant sexagénaire à barbe blanche finement taillée, partage nos vues sur l’écriture envisagée comme un artisanat. « La littérature, dit-il, c’est pas un mec ou une nana que le génie visite le soir quand la ville dort. Écrire c’est de la tambouille, du bricolage, des tours Eiffel en allumettes et une bouteille dans laquelle t’essayes de monter un bateau. De la corde à nœuds et des séries d’abdos. De la technique. Plus on maîtrise, plus on peut prendre de risques. » Mesurons alors dans ce premier épisode le parcours de l’apprenti. En se posant les bonnes questions. Mais pourquoi ses études de lettres l’ont-elles à ce point traumatisé ? Comment ce fan d’Elvis, de Prince ou de Bowie a-t-il rejoint la rédaction de « Rock&Folk », dont il fut l’un des correspondants le temps de « pèlerinages extasiés, enthousiastes et innocents » dans les mythes de l’Amérique, entre portes du pénitencier, rodéos sur paddocks et tournois de billard, qui lui vaudront l’admiration et l’amitié de Virginie Despentes ? Quelles leçons essentielles a-t-il retenu des journalistes Philippe Manœuvre et Philippe Garnier, ou de Tom Wolfe, auteur du « Bûcher des vanités » ? Allez, au charbon. Chalumons le feu. Le podcast Bookmakers devient une collection de livres ! Nicolas Mathieu, Alice Zeniter et Maria Pourchet nous dévoilent les coulisses de la fabrication de leurs œuvres. Comment travaillent-ils leur plume ? Ils nous détaillent leurs secrets d'écriture, de leur discipline, à leur rythme de travail. Une coédition ARTE Éditions / Points. Enregistrement mai 2023 Mise en ligne 19 juillet 2023 Entretien, découpage Richard Gaitet Prise de son, montage Mathilde Guermonprez Réalisation, mixage Charlie Marcelet Musiques originales Samuel Hirsch Lectures Chloé Assous-Plunian, Arnaud Forest, Mathilde Guermonprez Illustration Sylvain Cabot Remerciements Clarisse Le Gardien Production ARTE Radio
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May 17, 2023 • 45min

Céline Minard : Son premier monde (1/3)

Son premier monde Bookmakers #24 - L'autrice du mois : Céline Minard Née à Rouen en 1969, Céline Minard a étudié la philosophie et travaillé en librairie avant d’arpenter, dès 2004, les sentiers les plus aventureux de la fiction francophone contemporaine. Cette fine lectrice du « Quichotte » est révélée par la critique avec « Le Dernier Monde », monologue métaphysique et burlesque de l’ultime habitant de la Terre (Denoël, 2007). Depuis, elle honore le crédo d’une « littérature transgenre », avec notamment « Bastard Battle », bataille médiévale teintée de manga (mention spéciale du prix Wepler, Léo Scheer, 2008), le western « Faillir être flingué » (prix du Livre Inter, vendu à 100 000 exemplaires, Rivages, 2014) ou les nouvelles S.-F. de « Plasmas » (grand prix de l’Imaginaire, Rivages, 2022). Céline Minard vit et écrit aujourd’hui dans le massif des Corbières. Céline Minard (1/3) Dans « So long, Luise » (Rivages, 2011), Céline Minard rédige le testament d’une écrivaine qui ne jure que par « la marche, la marche, le mouvement ». Son héroïne s’étonne que des journalistes « de plus en plus savants et retors » viennent tenter de lui tirer les vers du nez à propos de sa prose, sa ponctuation, et tout ce qu’elle nomme « ses ustensiles de cuisine ». Elle note pour la postérité les trois questions les plus paresseuses de n’importe quelle interview littéraire : « 1°) Vous vous documentez beaucoup ? 2°) C’est autobiographique ? 3°) Vous avez mis longtemps à l’écrire ? » Nous avons donc redoublé de souplesse à l’heure d’avancer en terrain Minard. « J’adore l’exigence de la narration, la solidité qu’elle requiert. C’est le monde des possibles, la permission absolue. Une expérience de liberté, une vie de plus, dérobée. On est tous des menteurs, des imposteurs, des gosses ébahis avec des yeux comme des soucoupes ! », dit avec entrain celle dont l’œuvre – née d’un accident de rollers – démarre avec le très confidentiel « R. » (Comp’Act, 2004), journal des rêveries d’un promeneur pas tout à fait solitaire, qui traverse les Alpes dans les pas de Jean-Jacques Rousseau. Suivra une douzaine d’ouvrages souvent exigeants, oui, mais drôles, et rigoureusement stimulants sur le plan conceptuel. Un univers hétéroclite, peuplé de braqueuses excentriques, de papesse vengeresse, ou de chevaux génétiquement modifiés. Mais comment tout a commencé pour cette disciple en audace de François Villon ou de l’Allemand Arno Schmidt ? Comment s'inspire-t-elle de « la rue, la lumière sur une feuille ou dans un bol de thé, et les trente-six mille formes du vivant » ? Pour le savoir, tous et toutes en rando derrière Céline Minard ! Enregistrements mars 23 Entretien, découpage Richard Gaitet Montage Mathilde Guermonprez Prise de son, réalisation, mixage Charlie Marcelet Musiques originales Samuel Hirsch Lectures Emma Bouvier, Samuel Hirsch, Richard Gaitet Illustration Sylvain Cabot Remerciements Clarisse Le Gardien Production ARTE Radio
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May 17, 2023 • 43min

Céline Minard : Sauce samouraï (2/3)

Sauce samouraï Bookmakers #24 - L'autrice du mois : Céline Minard Née à Rouen en 1969, Céline Minard a étudié la philosophie et travaillé en librairie avant d’arpenter, dès 2004, les sentiers les plus aventureux de la fiction francophone contemporaine. Cette fine lectrice du « Quichotte » est révélée par la critique avec « Le Dernier Monde », monologue métaphysique et burlesque de l’ultime habitant de la Terre (Denoël, 2007). Depuis, elle honore le crédo d’une « littérature transgenre », avec notamment « Bastard Battle », bataille médiévale teintée de manga (mention spéciale du prix Wepler, Léo Scheer, 2008), le western « Faillir être flingué » (prix du Livre Inter, vendu à 100 000 exemplaires, Rivages, 2014) ou les nouvelles S.-F. de « Plasmas » (grand prix de l’Imaginaire, Rivages, 2022). Céline Minard vit et écrit aujourd’hui dans le massif des Corbières. Céline Minard (2/3) Chaque roman est pour Céline Minard l’occasion d’inventer « une nouvelle cabane ». Celle qui la fit connaître se passe de gravité. Dans « Le Dernier monde » (Denoël, 2007), un astronaute américain découvre un peu tard, du haut de sa station orbitale, qu’il est l’ultime représentant de l’humanité. Revenu sur Terre, il entreprend d’explorer le globe à la rencontre des animaux qui, eux, ont survécu à la catastrophe – dont « cinquante-neuf mille têtes de porcs » qu’il essaie de gouverner. Sur 500 pages, cette démonstration de métaphysique postapocalyptique aux accents burlesques force le respect – et, avec le temps, finit par s’écouler à 15 000 exemplaires. Critiques et libraires s’interrogent alors sur cette autrice parisienne planquée à Ménilmontant, qui cite parmi ses influences une internationale de francs-tireurs : Faulkner, Borges, Duras, Michaux ou Elfriede Jelinek. « Tous les grands textes, dit-elle, sont ceux qui, bien que clos et achevés, regorgent d’ambiguïtés et de contradictions qui continuent de bouger dans leur espace, de creuser des passages inédits dans la tête des lecteurs. Je veux lire des choses pas possibles qui se posent comme une évidence. » Son premier public sera – positivement – désarçonné l’année suivante par le très court « Bastard Battle » (Léo Scheer, 2008), bataille médiévale rédigée en faux vieux français et contaminée par sa lecture compulsive de… mangas, qui lui vaut de recevoir la mention spéciale du prix Wepler. Une distinction symbolique, qui pesa sans doute dans l’obtention d’une résidence d’un an au sein d’une charmante cabane entourée de pins parasols : la Villa Médicis, à Rome. Sonnant ainsi le glas d’une précarité économique, que la romancière évoque sans détours dans ce deuxième épisode. Enregistrements mars 23 Entretien, découpage Richard Gaitet Montage Mathilde Guermonprez Prise de son, réalisation, mixage Charlie Marcelet Musiques originales Samuel Hirsch Lectures Emma Bouvier, Samuel Hirsch, Richard Gaitet Illustration Sylvain Cabot Remerciements Clarisse Le Gardien Production ARTE Radio
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May 17, 2023 • 47min

Céline Minard : Dans la mine d’or (3/3)

Dans la mine d’or Bookmakers #24 - L'autrice du mois : Céline Minard Née à Rouen en 1969, Céline Minard a étudié la philosophie et travaillé en librairie avant d’arpenter, dès 2004, les sentiers les plus aventureux de la fiction francophone contemporaine. Cette fine lectrice du « Quichotte » est révélée par la critique avec « Le Dernier Monde », monologue métaphysique et burlesque de l’ultime habitant de la Terre (Denoël, 2007). Depuis, elle honore le crédo d’une « littérature transgenre », avec notamment « Bastard Battle », bataille médiévale teintée de manga (mention spéciale du prix Wepler, Léo Scheer, 2008), le western « Faillir être flingué » (prix du Livre Inter, vendu à 100 000 exemplaires, Rivages, 2014) ou les nouvelles S.-F. de « Plasmas » (grand prix de l’Imaginaire, Rivages, 2022). Céline Minard vit et écrit aujourd’hui dans le massif des Corbières. Céline Minard (3/3) « Mes romans débordent les genres, les décadrent, les dévoient, les collisionnent. Ils sont transgenres. Ce qu’il faut déboulonner, c’est le cadre. » Pour ce troisième épisode consacré à l’art de Céline Minard, ouvrons sa caisse à outils et regardons quels boulons font tenir la charpente de ses textes si spacieux. En cavalant d’abord dans les plaines de « Faillir être flingué », western naturaliste débarrassé des traditionnels oripeaux de virilité. Dans lequel un cow-boy en crise peut se promettre, « devant le premier nid qu’il avait observé depuis sa renaissance, que la connaissance des oiseaux serait la seule science à laquelle il s’adonnerait pour le reste de sa vie. Et la collecte des contes, le seul passe-temps ». Pour ses lectures personnelles, la romancière confie chercher la sensation « d’être perdue et retrouvée, baladée comme jamais, dépaysée et accueillie sans bien connaître le protocole et sa signification. » C’est l’effet produit par « Plasmas », son recueil de nouvelles de science-fiction, bâti comme « une entreprise de désorientation ». Où des nomades nés dans l’espace après « l’extinction des feux » étudient les archives de la Terre. Où une pisteuse agile apprend à vivre au contact d’une société de grands singes, sous la menace de drones tueurs. Où l’on peut « développer une idée aérienne de la sexualité » et entretenir « des relations de plusieurs degrés de sensualité » avec des plantes. Peu après « Plasmas », Céline Minard livra dans « Libération » sa définition du mot « imaginaire » : « Muscle psychique à l’origine de toutes les émancipations. Son contrôle ou le contrôle de son usage est un enjeu majeur pour les sociétés pyramidales. Puissance ou superpouvoir projectif, prospectif et microgravitaire, l’imaginaire est quotidiennement à l’œuvre dans le monde réel qu’il façonne, dément, fore, réforme, et avec lequel il entretient des échanges de gaz et de mucus revigorants. » Laissons-nous revigorer par l’imaginaire de Céline Minard, par son « goût de la frontière et le passage de celle-ci, discret ou tonitruant, toujours illégal ». Enregistrements mars 23 Entretien, découpage Richard Gaitet Montage Mathilde Guermonprez Prise de son, réalisation, mixage Charlie Marcelet Musiques originales Samuel Hirsch Lectures Emma Bouvier, Samuel Hirsch, Richard Gaitet Illustration Sylvain Cabot Remerciements Clarisse Le Gardien Production ARTE Radio

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