Club 44 | notre monde en tête-à-têtes

Club 44
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Apr 16, 2019 • 1h 54min

Proust Cinéaste | Bernard Comment et Patrick Ferla

Comment Proust a introduit l’optique du cinéma dans la littérature Phénomène unique dans À la Recherche du temps perdu, un épisode est écrit à deux reprises dans le roman de Proust : celui de la vue sur les clochers de Martinville. Ce bégaiement volontaire est évidemment un indice, il faut y regarder de près. Et l’on découvre ainsi la façon dont Proust, qui disait se méfier du regard (« trop près de l’intelligence »), en fait le cœur même de sa révolution esthétique. Car si le regard est le seul sens corporel qui connaît un échec dans les expériences de mémoire involontaire (madeleine, pavés mal équarris, etc.), il est aussi le champ d’expérimentation d’un rapport au monde où la question du mouvement, et en particulier du mouvement de l’observateur, devient essentielle. Bernard Comment est né à Porrentruy en 1960. Licencié ès lettres de l’Université de Genève (avec Jean Starobinski), diplômé de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales à Paris, il enseigne à l’Université de Pise et vit à Florence de 1985 à 1990. Depuis, il est installé à Paris, où il a dirigé la fiction à France Culture avant de reprendre, en 2004, la collection Fiction & Cie fondée par Denis Roche aux éditions du Seuil. Il est l’auteur de nombreux romans et recueils de nouvelles (L’ombre de mémoire, Le colloque des bustes, Un poisson hors de l’eau), dont Tout passe (prix Goncourt de la nouvelle 2011). Il a été l’éditeur des Fragments de Marilyn Monroe et du Brouillard d’Arles de Vincent Van Gogh. Son dernier roman, Neptune Avenue, vient de paraître aux éditions Grasset. Rencontre animée par Patrick Ferla, journaliste indépendant. En collaboration avec le Club littéraire jurassien et la librairie La Méridienne. Enregistré au Club 44 le 16 avril 2019.
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Apr 10, 2019 • 1h 52min

Solidaire, de qui, de quoi, Pourquoi ? | Serge Paugam

Au cours des dernières années, un peu partout dans le monde, les inégalités se sont accrues et les catégories sociales moyennes et supérieures éprouvent de plus en plus ouvertement le besoin de s’affranchir de la présence des pauvres jugés indésirables, ce qui affecte les relations sociales et la vie de la Cité. Ce processus (ré)interroge la notion de solidarité. Comment et jusqu'où peut-on et doit-on être à la fois solidaire de sa famille, solidaire de ses divers groupes d'appartenance affinitaire, solidaire de son entreprise ou de son groupe professionnel, solidaire de sa nation et solidaire des inconnus dans le besoin ? A partir de son dernier livre Ce que les riches pensent des pauvres (Seuil, 2017, avec Bruno Cousin, Camila Giorgetti et Jules Naudet), Serge Paugam tentera de revenir aux sources de la solidarité humaine et de repenser les liens sociaux dans une société fracturée. Serge Paugam est un sociologue français. Ses travaux sur les inégalités, les ruptures sociales et les formes contemporaines du lien social font autorité. Directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'EHESS, il est l'auteur de plusieurs ouvrages, désormais classiques, sur la pauvreté, la précarité et la solidarité, tant en France qu'à l'étranger. Il a créé et dirige la collection « Le lien social » ainsi que la revue Sociologie aux PUF. Il est directeur du Centre Maurice-Halbwachs (CNRS/EHESS/ENS). www.serge-paugam.fr En collaboration avec la librairie La Méridienne. Enregistré au Club 44 le 10 avril 2019.
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Apr 9, 2019 • 1h 41min

Le Grand Nord, les enjeux énergétiques | Marc Decrey

Le 2 août 2007, un sous-marin russe plantait un drapeau au fond de l’océan glacial Arctique, tout juste au pôle Nord. Une manière de revendiquer ces fonds marins riches de promesses en matière de pétrole et de gaz que se disputent Russes, Américains, Canadiens, Danois ou Norvégiens. Et depuis on s’agite beaucoup, car le réchauffement climatique aiguise les appétits. Si aujourd’hui on piétine côté pétrole, côté gaz, la Russie met les bouchées doubles. 2019 verra la mise en exploitation du gigantesque champ gazier de Yamal au cœur du Passage du Nord-Est. Le Grand Nord est-il désormais en danger ? Journaliste et explorateur, premier navigateur suisse à avoir franchi le fameux Passage du Nord-Ouest, Marc Decrey évoquera ces territoires fascinants de beauté pour y décrypter les enjeux de cette nouvelle guerre (très) froide qui se joue dans le Grand Nord.   Né en 1953, passionné d’aventures, de montagne et de mer, Marc Decrey effectue de 1982 à 1987 un premier tour du monde à la voile. Journaliste, reporter, puis rédacteur en chef adjoint à la Radio Suisse Romande, il largue à nouveau les amarres en 2007 et part à bord de Chamade explorer en priorité la face nord du monde. www.chamade.ch Dans le cadre du Printemps culturel 2019 consacré au Grand Nord. www.printempsculturel.ch Enregistré au Club 44, le 9 avril 2019
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Apr 4, 2019 • 10min

Inuit du Groenland - vernissage | Philippe Geslin

• 19h15 - Vernissage de l’exposition Inuit du Groenland, photographies de Philippe Geslin Le Groenland, la plus grande île du monde. Un univers minéral, isolé. Des terres convoitées. Minerais, pétrole, gaz. Des enjeux aussi, économiques, stratégiques, environnementaux. Depuis dix ans je côtoie les derniers chasseurs inuit, qui vivent, là-haut, à la jonction des baies de Melville et de Baffin, sur la côte ouest. Une dizaine de communautés aux maisons de couleur tournées vers la mer, la banquise. Pour les Inuit, cette banquise est un lieu de chasse et de pêche. J’explore et je témoigne. J’y décrypte la vie. Je suis au cœur d’une partition unique qui donne la mesure des chamboulements à venir. Les Inuit savent mieux que quiconque, en ces terres animistes, la fragilité de notre puissance. Chaque image témoigne enfin de ce que nous en avons fait, obstinément, jusqu’à l’absence, la disparition. Philippe Geslin Philippe Geslin est ethnologue. Il vit et travaille à Neuchâtel. La photographie est pour lui un véritable mode d’expression littéraire. Elle permet de rendre compte par le sensible de l’étonnante diversité des peuples et, en retour, de porter un regard sur notre propre société. www.philippegeslin.com Le photographe remercie Alain Germond, photographe, qui a offert le tirage des photographies, ainsi que les chasseurs inuit des communautés de Nusuaq et de Kullorsuaq, district d’Upernavik, Groenland. Exposition jusqu'au 29 juin, ouverte les soirs de conférence ou sur rendez-vous durant les heures de bureau (032 913 45 44 ou info@club-44.ch). Enregistré au Club 44 le 4 avril 2019.
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Apr 4, 2019 • 1h 55min

Inuit du Groenland - conférence | Nicolas Dubreuil et Philippe Geslin

Le quotidien des derniers chasseurs "Ceux du grand pouce", c’est ainsi qu’ils se nomment, sont les derniers chasseurs inuit. Ils vivent encore au rythme des saisons, de la banquise et de la mer, des tempêtes et du froid. Extrêmes. Là-haut, au nord-ouest du Groenland, dans le district d’Upernavik, ils guettent la présence des phoques, celle, plus rare, des bancs de bélougas. Sur la banquise, les chiens, presque des loups, attendent l’hypothétique départ pour la chasse. Tout ici semble en suspens pour ces peuples du Nord. Quotidiens malmenés. Dans cet univers minéral, ils se résignent aux coups de boutoir du pétrole, des quotas et des mines. Peut-on pour autant parler de rupture avec leurs modes de vie ancestraux ? Que révèlent-ils de nos imaginaires ? Maître de conférences en informatique à l’Université Louis Pasteur à Strasbourg, Nicolas Dubreuil sillonne les régions de l’Arctique et de l’Antarctique, en kayak, à ski, en traîneau et à pied depuis 20 ans. Passant plus de 9 mois par an près des pôles, il parle le groenlandais et maîtrise les techniques traditionnelles de chasse et de déplacement des Inuit. www.sikumut.com Philippe Geslin est ethnologue. Il vit et travaille à Neuchâtel. La photographie est pour lui un véritable mode d’expression littéraire. Elle permet de rendre compte par le sensible de l’étonnante diversité des peuples et, en retour, de porter un regard sur notre propre société. www.philippegeslin.com En partenariat et avec le soutien de la Banque Raiffeisen des Montagnes Neuchâteloises et en collaboration avec Payot Libraire. Dans le cadre du Printemps culturel 2019 consacré au Grand Nord. www.printempsculturel.ch Enregistré au Club 44 le 4 avril 2019.
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Mar 28, 2019 • 1h 50min

28 mars 2019 | Aymeric Caron

Vivant - De la bactérie à Homo ethicus RENCONTRE Tandis qu’Homo sapiens a entrepris de détruire tout ce qui vit sur cette planète, la défense du vivant s’impose en ce début de XXIe siècle comme la priorité politique et philosophique absolue. Mais pour respecter le vivant, il faut d’abord le comprendre. Comment classer les différentes formes de vie? Pourquoi la conscience existe-t-elle? Les plantes éprouvent-elles la souffrance? Et les poissons? Qui sont les viandales? Pourquoi faut-il parler de génocide animal? Existe-t-il des formes de vie que l’on peut combattre ou sacrifier? Pourquoi la nature bonne est-elle une illusion? Qu’est-ce que l’existence pour un humain? Comment s’assurer d’avoir été vivant avant de mourir? Notre court passage sur cette planète peut-il avoir un sens? En convoquant la biologie et la philosophie, Aymeric Caron retracera l’histoire de la vie sur Terre, depuis les premières bactéries apparues il y a près de 4 milliards d’années jusqu’à l’émergence de l’intelligence artificielle. En prolongeant une prophétie de Darwin, ce livre annonce la naissance d’une nouvelle espèce humaine qui remplacera la nôtre : Homo ethicus, l’homme moral. Ce sera lui, ou la fin de l’humanité. Aymeric Caron est journaliste et écrivain. Il est l’auteur de No steak (Fayard, 2013), Antispéciste (Don Quichotte, 2016), Utopia XXI (Flammarion, 2017) et de Vivant – De la bactérie à Homo ethicus (Flammarion, 2018). Rencontre animée par Manuela Salvi, journaliste à la RTS. Elle invite régulièrement des intellectuels qui forgent la pensée du temps présent dans l’émission Futur antérieur.
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Mar 26, 2019 • 1h 48min

Rouge - Histoire et symbolique d'une couleur | Michel Pastoureau

Admiré des Grecs et des Romains, le rouge est dans l’Antiquité symbole de puissance, de richesse et de majesté. Au Moyen Âge, il prend une forte dimension religieuse, évoquant aussi bien le sang du Christ que les flammes de l’enfer. Mais il est aussi, dans le monde profane, la couleur de l’amour, de la gloire et de la beauté, comme celle de l’orgueil, de la violence et de la luxure. Au XVIe siècle, les morales protestantes partent en guerre contre le rouge dans lequel elles voient une couleur indécente et immorale, liée aux vanités du monde et à la "théâtralité papiste". Dès lors, partout en Europe, dans la culture matérielle comme dans la vie quotidienne, le rouge est en recul. Ce déclin traverse toute l’époque moderne et contemporaine et va en s’accentuant au fil du temps. Toutefois, à partir de la Révolution française, le rouge prend une dimension idéologique et politique. C’est la couleur des forces progressistes ou subversives, puis des partis de gauche, rôle qu’il a conservé jusqu’à aujourd’hui. Michel Pastoureau est né en 1947. Il est professeur à la Sorbonne et à l’école pratique des Hautes Etudes où il est titulaire de la chaire d’Histoire de la symbolique occidentale. Historien de la symbolique occidentale mondialement connu pour ses travaux sur l’histoire des couleurs en Occident, il a également publié une dizaine d’ouvrages sur les significations de l’héraldique, sur les blasons et les armoiries. Il a publié notamment au Seuil, dans "La Librairie du XXIe siècle" : L’Étoffe du diable (1991), Une histoire symbolique du Moyen Âge occidental (2004), L’Ours. Histoire d’un roi déchu (2007) et Le Loup. Une histoire culturelle (2019). Son autobiographie Les Couleurs de nos souvenirs a reçu le prix Médicis Essai en 2010. Il est également l’auteur d’une série consacrée à l’histoire sociale et culturelle des couleurs en Europe. Rouge. Histoire d'une couleur (2016) fait suite à Bleu. Histoire d’une couleur (2000), à Noir. Histoire d’une couleur (2008) et à Vert. Histoire d’une couleur (2013). En collaboration avec la librairie La Méridienne. Enregistré au Club 44 le 26 mars 2019.
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Mar 21, 2019 • 1h 46min

Le racisme n'est pas une question morale | Rokhaya Diallo

Suivant une certaine vision assez répandue, le monde serait divisé entre "gentil·le·s" antiracistes et "méchant·e·s" racistes. Depuis quelques années des collectifs, nés dans la première décennie des années 2000, appréhendent le racisme comme un phénomène politique. Selon leur conception, le racisme n’est pas lié à des qualités ou défauts individuels: il est le produit d’un système forgé par des siècles d’oppression. De ce fait n’importe qui peut être auteur·e d’une manifestation de racisme, d’une manière volontaire ou involontaire, malveillante ou non. Rokhaya Diallo est une journaliste, écrivaine et réalisatrice dont le travail est marqué par un engagement en faveur de l'égalité. Animatrice et chroniqueuse pour la télévision et la radio, auteure d’enquêtes pour la presse écrite, Rokhaya Diallo a produit et réalisé plusieurs documentaires dont Les réseaux de la haine consacré au cyberharcèlement. Rencontre animée par Valérie Kernen, journaliste indépendante, spécialisée dans le multiculturalisme et les enjeux sociaux. Dans le cadre de la SACR - Semaine d’actions contre le racisme et en partenariat avec l’association Bel Horizon et Payot Libraire. Enregistré au Club 44 le 21 mars 2019.
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Mar 19, 2019 • 1h 29min

Le corps photographié | Nathalie Herschdorfer

La photographie contemporaine offre à voir le corps sous tous ses angles, mais elle a surtout balayé le nu qui en était le genre majeur depuis le 19e siècle. Depuis l’essor d’Internet, les images de corps sont omniprésentes, répondant à une société qui encourage le narcissisme. La production de photographies s’est même déprofessionnalisée avec l’arrivée des images amateures en tout genre qui abondent sur la Toile. De couleur de peau et d’âge différents, mince, voluptueux, éclatant de santé ou souffrant, le corps photographié est devenu un objet globalisé et les normes de beauté s’en voient modifiées et sont accompagnées de nouvelles identités du genre qui bousculent la société. Depuis son invention, la photographie met les humains à nu et cherche à comprendre quel corps nous sommes, de la naissance à la mort. Nathalie Herschdorfer est directrice du Musée des beaux-arts du Locle. Très active dans la photographie contemporaine et suivant de près son actualité, elle a été invitée à organiser de nombreuses expositions au niveau international. Elle a dirigé le festival de photographie contemporaine Alt.+1000 dans les Préalpes vaudoises, et s’apprête à relancer une nouvelle édition en 2019 dans la vallée de La Brévine. Elle enseigne la photographie contemporaine à l’ECAL (Lausanne) et est l’auteure de plusieurs ouvrages, parmi lesquels reGeneration : Photographes de demain (2005 et 2010), Le dictionnaire de la photographie (2015), Papier glacé : un siècle de photographie de mode chez Condé Nast (Thames & Hudson, 2012), Jours d’après : Quand les photographes reviennent sur les lieux du drame (Thames & Hudson, 2011). Au printemps 2019, un ouvrage de référence consacré au corps et à la photographie contemporaine réunissant près de 200 artistes sortira en anglais (Thames & Hudson) et en français (Fonds Mercator). www.mbal.ch En collaboration avec le Musée des beaux-arts du Locle et avec Payot Libraire. Enregistré le 19 mars au Club 44.
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Mar 7, 2019 • 1h 44min

Sans faute ! | Richard-Emmanuel Eastes

Sans faute ! – Petite philosophie de l’erreur en éducation Pourquoi avons-nous si peur de nous tromper ? L’erreur est-elle toujours une faute ? Et si l’erreur était naturelle féconde indispensable même ? Après avoir montré combien nous sommes conditionnés dès l’enfance pour avoir peur de l’erreur nous montrerons sa relativité et son formidable potentiel dans des domaines aussi divers que la science l’entreprenariat ou encore le football. Mais si l’erreur était réhabilitée il faudrait repenser l'enseignement voire même l’évaluation des élèves ! A quoi ressemblerait alors l’éducation ? Un exercice auquel nous nous livrerons sans vergogne dans cette conférence vivante et interdisciplinaire qui concerne toutes celles et tous ceux qui ont eu le malheur (ou la chance ?) de se tromper un jour. Professeur agrégé de chimie, docteur en sciences de l’éducation et en philosophie, auteur de plusieurs ouvrages sur la science et l’éducation, Richard-Emmanuel Eastes coordonne le centre de soutien à l’enseignement supérieur de la HES-SO, conseille la société Creaholic en tant que partenaire académique et dirige la société de conseil en communication scientifique et en ingénierie cognitive SEGALLIS. Conférence enregistrée au Club 44 le 7 mars 2019.

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