Club 44 | notre monde en tête-à-têtes
Club 44
Le Club 44 est un centre de débats et de conférences à la pointe de l'actualité.
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Sep 15, 2022 • 1h 45min
Vivre avec nos morts : petit traité de consolation | Delphine Horvilleur
Vivre avec nos morts : petit traité de consolation
Une conférence de Delphine Horvilleur
« Tant de fois je me suis tenue avec des mourants et avec leurs familles. Tant de fois j’ai pris la parole à des enterrements, puis entendu les hommages de fils et de filles endeuillés, de parents dévastés, de conjoints détruits, d’amis anéantis… » Être rabbin, c’est vivre avec la mort : celle des autres, celle des vôtres. Mais c’est surtout transmuer cette mort en leçon de vie pour ceux qui restent : « Savoir raconter ce qui fut mille fois dit, mais donner à celui qui entend l’histoire pour la première fois des clefs inédites pour appréhender la sienne. Telle est ma fonction. Je me tiens aux côtés d’hommes et de femmes qui, aux moments charnières de leurs vies, ont besoin de récits. »
Delphine Horvilleur intervient en prolongement de son dernier livre « Vivre avec nos morts ». À travers onze chapitres, Delphine Horvilleur superpose trois dimensions, comme trois fils étroitement tressés : le récit, la réflexion et la confession. Le récit d’une vie interrompue (célèbre ou anonyme), la manière de donner sens à cette mort à travers telle ou telle exégèse des textes sacrés, et l’évocation d’une blessure intime ou la remémoration d’un épisode autobiographique dont elle a réveillé le souvenir enseveli. Nous vivons tous avec des fantômes : « Ceux de nos histoires personnelles, familiales ou collectives, ceux des nations qui nous ont vu naître, des cultures qui nous abritent, des histoires qu’on nous a racontées ou tues, et parfois des langues que nous parlons. » Les récits sacrés ouvrent un passage entre les vivants et les morts. « Le rôle d’un conteur est de se tenir à la porte pour s’assurer qu’elle reste ouverte » et de permettre à chacun de faire la paix avec ses fantômes…
Enregistrée le 28 juin 2022 au Club 44
Jun 20, 2022 • 1h 42min
Deep time, 40 jours sous terre | Christian Clot
Deep time, 40 jours sous terre.
Une exploration de nos capacités d’adaptation, une expérience collective inédite.
Une conférence de Christian Clot.
Quinze volontaires, quarante jours dans la grotte de Lombrives. Une première mondiale pour une expédition de recherche hors norme sur les capacités humaines d’adaptation face à de nouvelles conditions de vie, hors du temps. Le 14 mars 2021, ils sont sept femmes et huit hommes à se cloîtrer pour quarante jours dans la grotte de Lombrives en Ariège française, sans accès à aucune information temporelle. Ni soleil, ni montre. Isolés dans cet environnement qui leur est inconnu, ils vont mener des études uniques sur la capacité du cerveau à comprendre le temps et à recréer une nouvelle synchronisation, permettant au groupe d’agir en commun dans ce contexte si particulier.
Comment se donner rendez-vous pour un travail ? Comment fonctionner ensemble alors que seuls les rythmes biologiques personnels dictent les périodes de sommeil et de veille ? Comment s’adapter à cet univers nocturne, à température et humidité constantes (10° C et 100 %) ? Quelques questions parmi bien d’autres qui permettent de réfléchir à ce que pourraient être de nouvelles modalités de vie sur une Terre bouleversée par le changement climatique ou sur d’autres planètes. Mais surtout une splendide aventure humaine qui montre combien la coopération est nécessaire pour dépasser les situations difficiles !
Christian Clot explore notre monde depuis plus de vingt ans, à la rencontre des milieux extrêmes et des humains qui les peuplent. Cela lui a permis de développer une vision pluridisciplinaire unique portée sur notre monde et son futur empreint de réalisme, mais régi par l’espoir d’agir. Il a ainsi créé l’institut de recherche Human Adaptation, avec pour ambition de mieux préparer les femmes et les hommes au monde de demain. Spécialiste de l’adaptation face aux changements et de la gestion de crise, il intervient régulièrement en entreprise pour préparer et accompagner les organisations dans toutes les situations.
Dans le cadre du Spelaion Forum22, forum.spelaion.ch, à la Chaux-de-Fonds (9 – 28.06.22), proposé par l’Institut Suisse de Spéléologie et de Karstologie, ISSKA.
Enregistrée le 14 juin 2022 au Club 44
Jun 14, 2022 • 1h 59min
Adaptabilité, formation ou transformation ? | Barbara Stiegler
Voix unique de la philosophie actuelle, Barbara Stiegler est une penseuse française qu’il nous semblait essentiel d’inviter dans le cadre de BIG BOUNCE, cette itinérance réflexive au long cours organisée en partenariat avec deux autres institutions culturelles chaux-de-fonnières, le Centre de culture ABC et le Théâtre Populaire Romand. Avec l’aide d’invités éclairants, de dispositifs singuliers, ou encore d’expériences collectives ancrées dans notre territorialité, nous partons en quête de quelques issues ouvrant la voie à une réappropriation possible de notre « à-venir ». Par ses réflexions et son engagement, Barbara Stiegler incarne une invitation permanente à passer à l’action, elle qui a raconté dans Du Cap aux grèves sa métamorphose de penseuse à citoyenne engagée dans la cité. Depuis, elle n’hésite pas à prendre position dans les médias, dénonce le monde qui est en train d’éclore, à savoir un monde cybersécurisé, « code-barrisé », où les formes diverses d’agora démocratiques ou de vies sociales réelles tendent à se raréfier. Au Club 44, elle a choisi de réfléchir à la question ô combien importante aujourd’hui de la formation. En effet, alors que triomphe l’injonction à l’adaptabilité, que signifie se former ? Et pourquoi faut-il se former ? Comment penser les tensions entre formation, transformation et adaptation ? La philosophe affrontera ces questions en traversant deux domaines de manière conjointe : celui de la formation scolaire et universitaire, et celui de la crise écologique et sanitaire, dans son lien avec l’éducation et la formation tout au long de la vie.
Enregistrée le 9 juin 2022 au Club 44
May 30, 2022 • 1h 50min
Si les animaux écrivaient, pourrions-nous les lire ? | Vinciane Despret
Beaucoup de ceux qui connaissent les animaux pensent qu’ils écrivent, à leur manière… Ils se parlent entre eux et avec d’autres. Les chiens laissent des messages pour les autres chiens sur les arbres et les réverbères, les chats le font aussi, ils disent quantité de choses dans les odeurs et les subtiles alchimies qu’ils laissent un peu partout. Ainsi le font également les loups, les sangliers, les poulpes avec leur encre, les renards, les chèvres des montagnes, les fourmis, … et bien sûr les rats écrivent aussi. Quant aux oiseaux, ils ont opté pour des formes littéraires orales et chorégraphiques. Tous laissent des traces, des marques, des signatures pérennes ou éphémères. Et chaque animal apprend à lire celles qui lui sont destinées, et parfois d’autres.
Et si nous imaginions qu’un jour, nous aussi serions capables de les lire?
Vinciane Despret a conversé avec Manuela Salvi, journaliste à la RTS.
Le 25 mai, Vinciane Despret a été également présente pour un bord de scène au Temple allemand à la suite de la représentation du « Souper » de Julia Perazzini que nous avons proposé en partenariat avec le Centre de culture ABC. Cette création théâtrale remarquable a été fortement marquée par les réflexions puissantes de la philosophe des sciences et éthologue belge sur les morts (« Au Bonheur des morts, récits de ceux qui restent », La Découverte, 2017). Représentations les 25 et 26 mai 2022.
Philosophe passionnée par l’éthologie, Vinciane Despret a publié une
dizaine de livres sur ce sujet, notamment : « Penser comme un rat », « Que diraient les animaux si on leur posait les bonnes questions ? », « Habiter en oiseau », ainsi qu’une série de fictions avec « Autobiographie d’un poulpe ».
Conférence enregistrée au Club 44 le 24 mai 2022
May 18, 2022 • 6min
Quel travail pour demain ? | Exposition des étudiant·e·s de l'UniNE
Quel travail pour demain ? Leçons du territoire neuchâtelois (et alentours) | Exposition des étudiant·e·s de l’Université de Neuchâtel avec la participation de Mario Cafiso sous la direction de Gaël Brulé.
Cette exposition veut permettre à la société civile de réfléchir à la place que le travail occupe dans le contexte actuel de la crise écologique. De prime abord, il semble que la réponse n’a rien d’évident : entre activités détruisant l’environnement et initiatives créant des contre-récits écologiques, il y a un continuum sur lequel l’ensemble des secteurs professionnels et des métiers se déploient. Il n’y a pas que l’activité en elle-même, mais aussi les comportements des travailleurs et travailleuses qui choisissent de s’insérer, de composer ou de résister au sein des plis organisationnels. Ce sont ces questions auxquelles les étudiants et étudiantes de l’université de Neuchâtel tenteront de répondre à partir d’une dizaine de terrains très divers (administrations, entreprises technologiques, initiatives d’expérimentation écologique, mouvements protestataires…) répartis sur le territoire.
Exposition jusqu’au 28 juin 2022, ouverte les soirs de conférence ou sur rendez-vous durant les heures de bureau.
Enregistrée le 12 mai 2022 au Club 44
May 18, 2022 • 1h 41min
Réinventer le travail | Dominique Meda
"Réinventer le travail. Quels scénarios pour l’avenir du travail ?"
Une conférence de Dominique Méda
Nous traversons une double crise de l’emploi et du travail. La pandémie a accéléré les évolutions déjà en cours (digitalisation, externalisation, plateformisation du travail). Quels sont les scénarios actuellement en lice qui nous permettrait de résoudre cette double crise tout en constituant une réponse à la menace climatique ? Parmi les trois scénarios proposés, un seul – celui de la reconversion écologique – nous permet de prendre au sérieux l’ensemble des menaces qui pèsent sur « la persistance de conditions de vie authentiquement humaines sur terre ». Est-il encore possible de le déployer ? Avec quels acteurs ?
Agrégée de Philosophie, Dominique Méda est professeure de sociologie, directrice de l’Institut interdisciplinaire en sciences sociales (IRISSO) à l’Université Paris Dauphine-PSL, et co-titulaire de la Chaire «Reconversion écologique, travail, emploi et politiques sociales» au Collège d’Études Mondiales. Elle est également présidente de l’Institut Veblen, et auteure de nombreux ouvrages sur le travail et les politiques économiques et sociales.
En collaboration avec Payot Libraire et l’Université de Neuchâtel.
Enregistrée le 12 mai 2022 au Club 44
May 18, 2022 • 1h 44min
Comment le grand rouge de l'Est est devenu un gris nuageux en Europe | Peter Sloterdijk
"Comment le grand rouge de l'Est est devenu un gris nuageux en Europe. Réflexions sur la théorie politique de la couleur du 20e siècle"
Une conférence de Peter Sloterdijk
Peter Sloterdijk suit le fil de la couleur grise à travers l’histoire de la philosophie, de l’art et des mentalités. Il se penche sur le grisonnement rouge de la République démocratique allemande, sur la photographie en niveaux de gris et sur les paysages hostiles dans la littérature. En explorant le gris comme métaphore, comme indicateur d’humeur et comme indicateur d’ambiguïté politico-morale, il fournit une multitude de preuves convaincantes de la thèse qui donne son titre à son prochain ouvrage à paraître «Wer noch kein Grau gedacht hat».
Cette conférence s’inscrit dans le cadre de «philExpo22 - Une semaine de philosophie en Suisse», une initiative de philosophie.ch, et dans le cadre de la Semaine de l’Europe.
Peter Sloterdijk, philosophe et essayiste, longtemps recteur de la prestigieuse Hochschule für Gestaltung à Karlsruhe, est l’auteur de nombreux ouvrages qui ont fait date, dont « Critique de la raison cynique », la trilogie « Sphères », « Tu dois changer ta vie », et « Après nous le déluge ».
Enregistrée le 6 mai 2022 au Club 44
May 11, 2022 • 1h 27min
Ne plus espérer | Sarah Nemstov et Maïa Brami
" Ne plus espérer. Récits et échanges autour d’une amitié créative et créatrice" | Sarah Nemstov et Maïa Brami
Dans le cadre des Amplitudes, festival monographique de musique
contemporaine qui se tiendra en différents lieux de la ville du 4 au 8 mai 2022, notre tribune accueillera une conversation en résonance entre la compositrice Sarah Nemtsov et l’écrivaine Maïa Brami autour de leurs sources d’inspirations communes – l’enfance, la femme, les rapports entre création et procréation, la poésie, le judaïsme, la pluridisciplinarité. C’est ici l’occasion de les entendre converser en interaction avec le public et de découvrir plus en profondeur la démarche artistique et créative de l’invitée principale du festival. En miroir à l’installation «RED» présentée simultanément au Centre de culture ABC, une version concertante sera donnée au Club 44 par la violoncelliste Sonja Schmid.
*Conférence en anglais, traduction consécutive.
Artiste de tout premier plan dont la carrière prend depuis plusieurs années un essor exceptionnel, Sarah Nemtsov (*1980), compositrice allemande établie à Berlin, offre à entendre une musique puissante, complexe et accessible, dense et subtile, significative et indispensable dans le panorama musical contemporain. C’est notamment autour de l’œuvre «…pour qu’il advienne» (2009) – cinq aphorismes pour mezzo-soprano et piano préparé qui sera présenté à la Synagogue de la Chaux-de-Fonds le 5 mai 2022 juste après cet événement – que Sarah Nemtsov a collaboré avec Maïa Brami.
Maïa Brami (*1976), écrivaine, journaliste et photographe. Elle partage avec Sarah Nemtsov de nombreux champs de création.
Enregistrée le 5 mai 2022 au Club 44
May 3, 2022 • 1h 48min
Europe, la colonisation de l'eau, de la vie | Riccardo Petrella
Europe, la colonisation de l’eau, de la vie. La fin des biens communs et des droits universels. Une conférence de Riccardo Petrella.
L’Europe a cessé d’être une « Communauté » et est devenue en 1992 une « Union de marché ». Elle a tout marchandisé, privatisé, l’eau, les semences, le vivant, l’intelligence artificielle. Pourquoi ? Pour l’Union, la politique de l’eau est un problème de fixation d’un prix permettant de financer les coûts des services hydriques sans peser sur les finances publiques. Pour cela, les acteurs clés de la politique de l’eau doivent être les porteurs d’intérêts (stakeholders) notamment privés. Les citoyens ? Du blabla. L’Union ne parle plus de droit à l’eau (ou à la santé) mais d’accès équitable à prix abordable à l’eau (à la santé). Elle vient d’accepter la mise en Bourse de l’eau (décembre 2020) Comment l’Europe a-t-elle pu réaliser une telle inversion concernant la valeurs des biens communs essentiels et non remplaçables pour la vie pour tous et le droit à la vie? Peut-on songer à un autre devenir ?
Professeur émérite de l’Université Catholique de Louvain, Riccardo Petrella est un économiste politique. Il a dirigé entre 1978 et 1994 le programme FAST (Forecasting and Assessment in Science and Technology) à la Commission de la Communauté européenne. Il est fondateur avec Mario Soares en 1997 du Comité international pour le Contrat Mondial de l’Eau. Il est l’auteur du « Manifeste de l’eau » (Labor, 1998), « Pour une nouvelle narration du monde » (Écosociété, 2007) et « Au nom de l’Humanité » (Couleurs livres, 2015).
Enregistrée au Club 44 le 18 avril 2022
Apr 30, 2022 • 1h 47min
Les avatars de la question raciale | Éric Fassin
Les avatars de la question raciale, de l’exception française à l’internationalisation | Une conférence d'Éric Fassin.
La question raciale est souvent posée en termes d’exception nationale. C’est ainsi qu’en France on aime invoquer la tradition universaliste républicaine. Mais cette rhétorique est aujourd’hui remise en cause - par les sciences sociales, en même temps que par des revendications minoritaires qui ont pris une dimension internationale. À l’heure de Black Lives Matter, « aveugle à la race » s’entend de plus en plus comme : « aveugle au racisme ». Comment penser ensemble le racisme idéologique et le racisme systémique, voire le racisme d’État ?
Éric Fassin est professeur de sociologie au département d’études de genre et de science politique à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, chercheur au Laboratoire d’études de genre & de sexualité (LEGS, CNRS) et membre senior de l’Institut Universitaire de France.
Enregistrée le 31 mars 2022 au Club 44


