L’échappée

Mediapart
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Aug 21, 2025 • 1h 4min

Alain Schnapp pour « une éthique du passé »

« Les hommes se croient toujours les premiers alors qu’ils sont les derniers », nous dit Alain Schnapp, plaidant pour « ce qu’on pourrait appeler, au sens ancien du terme en français, un commerce avec le passé ». « Sans passé, poursuit-il, il n’y a pas de relations correctes entre les personnes et entre les siècles. Et c’est pourquoi le problème de la fouille préventive, le problème de la protection du patrimoine, c’est de faire partager le respect pour ce qui est enfoui dans le sol. »Dans ce deuxième épisode de notre série d’émissions en défense d’une archéologie en butte aux attaques des courts-termismes politiques et économiques (lire cette contribution dans le Club), Alain Schnapp en défend la «  dimension éthique ». « La dimension éthique de l’archéologie préventive, explique-t-il, c’est que ce qui nous a été laissé est digne d’intérêt. Et que cet intérêt, on doit le mesurer au passage du temps. »Historien de la Grèce antique, longtemps professeur d’archéologie grecque à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, cet élève et disciple du grand Pierre Vidal-Naquet aime citer ce passage de saint Augustin (354-430), l’évêque d’Hippone (aujourd’hui Annaba, en Algérie), dans La Cité de Dieu : « Quiconque n’envisage pas le commencement de son activité ne sait pas en prévoir la fin. Ainsi, à la mémoire qui se retourne vers le passé se lie nécessairement l’attention qui se porte vers l’avenir. Qui oublie ce qu’il commence saura-t-il comment il peut finir ? »Depuis ses études des années 1960 à la Sorbonne parisienne, marquées par son fort engagement en Mai 68 – il publia, en 1969, avec Vidal-Naquet un Journal de la Commune étudiante qui reste une somme incontournable –, Alain Schnapp n’a cessé de se battre, en duo avec le préhistorien Jean-Paul Demoule, invité de notre première émission, pour qu’en France, l’archéologie soit enfin reconnue, promue et protégée. Point de départ de notre série, leur ouvrage commun, Qui a peur de l’archéologie ? rend compte de ce long combat, encore fragile et inachevé, qui a conduit Alain Schnapp, au début des années 2000, à prendre la direction de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) en même temps que son complice prenait celle de l’Institut national des recherches archéologiques préventives (Inrap), tout nouvellement créé.Mais cette conversation est aussi l’occasion de visiter une œuvre aussi savante qu’originale. Pédagogue méticuleux, Alain Schnapp est notamment l’auteur d’un ouvrage formidable et monumental, paru en 2020 dans la collection du regretté Maurice Olender au Seuil : Une histoire universelle des ruines. Dans une approche à la fois érudite et sensible, il y arpente la magie des ruines, ce spectacle qui nous rappelle qu’« il en va de l’homme comme de la nature » : « Les ruines sont un instrument de compréhension du passé autant que du futur. Elles sont le moyen d’une méditation unique sur la condition humaine et le sens de l’histoire. »À le lire et à l’écouter, on comprend dès lors pourquoi l’archéologie est politiquement subversive, en ce sens qu’elle dérange un monde moderne d’immédiateté et de rentabilité qui se croit éternel parce que puissant. Et Alain Schnapp de démentir cette prétention en citant un poète, le surréaliste Benjamin Péret : « Peut-être retrouvera-t-on un jour, alors que son souvenir sera effacé de la mémoire des hommes, le gigantesque fossile d’un animal unique, la tour Eiffel… »Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Aug 13, 2025 • 1h 2min

Plaidoyer pour l'archéologie. Jean-Paul Demoule contre « le mythe des origines »

« Creuser un trou pour creuser un trou » : c’est ce que Rachida Dati, dans son langage direct, appelle « faire des fouilles pour se faire plaisir ». En avril 2024, cette sortie de la ministre de la culture contre l’archéologie préventive avait mis en émoi toute la profession, comme en avait témoigné Jean-Paul Demoule dans Mediapart.Depuis, la menace persiste, tant sur les moyens accordés aux fouilles préventives que sur la légitimité d’un dispositif mis en place par une loi de 2001 qui s’est traduite par la création de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) dont le célèbre préhistorien fut le premier président. « Le projet de loi de “simplification de la vie économique” met notre patrimoine archéologique en danger », s’est-il ainsi alarmé, avec nombre d’autres archéologues, en avril dernier.Parti pris assumé en défense de l’archéologie, cette série spéciale de trois émissions de « L’échappée » entend percer ce mystère de la tenace et lointaine défiance des élites politiques, économiques et administratives françaises vis-à-vis de l’archéologie de leur propre pays. Son symbole le plus manifeste est la relégation des splendeurs découvertes dans le sol français au musée de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), bien moins doté – et c’est peu dire –, que le musée du Louvre, joyau de la capitale et de la culture nationales où, pourtant, l’on ne voit presque aucun objet archéologique mis au jour en France, l’essentiel de ses trésors venant d’ailleurs, ramenés de Mésopotamie, d’Égypte, de Grèce, d’Italie, etc.Qui a peur de l’archéologie ? Notre questionnement s’inscrit dans le sillage du livre ainsi titré de Jean-Paul Demoule et Alain Schnapp, autre archéologue, spécialiste de la Grèce antique, paru l’an dernier aux Belles Lettres. Nous avons donc demandé à ces deux éminents savants, rejoints par l’actuel président de l’Inrap, Dominique Garcia, spécialiste, lui, de la Gaule et de l’antiquité gréco-romaine, d’éclairer ce mystère tout en nous faisant partager leurs passions historiennes.Au fil de ces trois entretiens, on découvre que la réponse ne se réduit pas aux logiques économiques de rentabilité et d’immédiateté. Si l’archéologie dérange, c’est aussi, sinon surtout, parce qu’elle met en question les fadaises identitaires et les racontars idéologiques qui mythifient une France éternelle et des civilisations immuables.Ainsi, dans cette première émission, Jean-Paul Demoule déconstruit méthodiquement « le mythe des origines » comme il l’a fait dans de nombreux ouvrages, en inlassable pédagogue. En attendant La France éternelle, une enquête archéologique, à paraître le 12 septembre à La Fabrique, on citera notamment son Homo Migrans, limpide histoire globale des migrations (Payot, 2022), et son Mais où sont passés les Indo-Européens, somme sur le mythe d’origine de l’Occident (Seuil, 2014). Il faut « fouiller le passé pour interroger le présent », explique-t-il tout au long de notre conversation. Et, en l’écoutant, on comprend mieux pourquoi l’archéologie bouscule et interpelle, notamment en nos temps de régression politique vers les pires conservatismes.« La France n’a pas d’origine », écrivait-il déjà en 2012 dans On a retrouvé l’histoire de France (Robert Laffont) : « Il faut pulvériser le mythe de l’origine, insistait-il. Il n’y a pas d’origine de la France, pas de jour où la France aurait commencé. […] Les archéologues ne sont pas seulement là pour fouiller le sol. […] Ils ont aussi la charge de dénoncer les manipulations de l’histoire. […] Nous n’avons pas besoin de mythes, nous avons besoin de savoir pourquoi nous vivons ensemble : nous avons besoin de comprendre l’histoire du sol sur lequel nous vivons et, quels que soient les lieux où ont vécu naguère nos propres ancêtres biologiques, de connaître les impasses qui ont conduit à la catastrophe certaines des sociétés passées. »Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Aug 12, 2025 • 1h 8min

Anna Colin Lebedev : « En Ukraine, il y a une société qui résiste »

Née soviétique en 1975 à Moscou, et arrivée en France en 1989, deux ans avant la fin de l’URSS, Anna Colin Lebedev est aujourd’hui maîtresse de conférences à l’université Paris-Nanterre et chercheuse rattachée à l’Institut des sciences sociales du politique. À rebours des héritages de l’ancienne kremlinologie, c’est-à-dire d’une approche des sociétés postsoviétiques centrée sur le pouvoir d’État, la grande originalité de son travail est de s’intéresser en priorité aux sociétés, de documenter leurs complexités et de renseigner leurs vitalités.C’est ce qu’elle fait dans son récent Ukraine : la force des faibles (Seuil, « Libelle »), qui fait suite à Jamais frères ? Ukraine et Russie : une tragédie postsoviétique, paru en 2022. Elle y rend compte de l’avancée de ses recherches sur un pays qu’elle connaît bien pour y avoir vécu. Ses travaux, dont elle tient le carnet de route sur son blog, mettent en évidence la dynamique de la société ukrainienne, impulsée par la révolution dite de l’Euromaïdan de 2013-2014, qui explique sa résistance à l’invasion russe de 2022, construite depuis les premières agressions de 2014. « La méfiance à l’égard de l’État a été un moteur puissant d’engagement citoyen, parce que les Ukrainiens étaient certains que leur État seul n’était pas capable de faire face à la menace russe », écrit Anna Colin Lebedev, qui raconte comment « l’engagement protestataire se transformera ensuite en engagement militaire ».« L’État, c’est nous, ce n’est pas eux », « eux » désignant les élites politiques et administratives : cette mobilisation de la société ukrainienne, qui est la première explication de la résistance de l’Ukraine à l’impérialisme russe, est ainsi résumée à Anna Colin Lebedev par Kyrylo, un chercheur en biologie engagé depuis 2014 dans un des bataillons volontaires pour combattre au front, dans l’est du pays. C’est pourquoi, au-delà du défi à la volonté de puissance grand-russe, la résistance ukrainienne est un défi à la dictature de Vladimir Poutine : « L’Ukraine est douloureuse pour la Russie parce qu’elle est une alternative », résume dans « L’échappée » la chercheuse, qui explique aussi combien « cette guerre est en train de détruire la société russe de l’intérieur ».Tout son propos est une alerte qui interpelle notre trop grande indifférence à une guerre européenne commencée il y a déjà onze années, puis devenue extrême il y a plus de trois ans et, surtout, partie pour durer encore longtemps tant, explique Anna Colin Lebedev, la guerre est « un facteur de stabilité pour le régime poutinien ». Les Ukrainien·nes « sont en train de nous défendre, ils se battent pour nous », insiste-t-elle en invitant à sortir d’une vision étatiste et campiste du monde, où seuls les pouvoirs politiques comptent, pour mieux se rapprocher des sociétés et connaître leurs peuples.Retrouvez tous les numéros de « L’échappée » sur Mediapart. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Aug 11, 2025 • 49min

François Héran explique l’immigration à Bruno Retailleau

François Héran, démographe et sociologue de renom, aborde les réalités des migrations en France. Il défend l'idée que l'immigration est une composante essentielle de notre société. Héran démystifie les chiffres alarmistes souvent évoqués et souligne que la France n'est pas en tête des pays européens en matière d'immigration. Il critique les discours politiques, révèle l'impact du COVID sur la reconnaissance des travailleurs immigrés, et explore les racines profondes des migrations comme un mouvement historique inévitable.
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Jun 6, 2025 • 1h 11min

Laure Murat : « Soyons “woke”, mais avec méthode ! »

Laure Murat, universitaire à UCLA et autrice engagée, aborde des thèmes brûlants comme la "cancel culture" et le "wokisme". Elle défend une approche méthodique du réveil social, tout en plaidant pour la contextualisation des œuvres littéraires plutôt que leur réécriture. Laure évoque l'importance de l'intersectionnalité dans les luttes pour l'égalité et met en garde contre la censure grandissante aux États-Unis. Sa passion pour Proust et la nécessité de préserver les mémoires des oppressions enrichissent le débat sur la démocratie et la liberté d'expression.
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May 12, 2025 • 1h 6min

Malika Rahal : « L’anticolonialisme est une affaire du présent »

Malika Rahal, historienne et directrice de l'IHTP, explore les résonances contemporaines du colonialisme. Elle évoque le double standard de l'Occident, soulignant les massacres coloniaux de 1945 et la nécessité d'un engagement anticolonial plus authentique. Rahal discute aussi de l'importance de l'histoire orale et numérique pour nommer les victimes et appelle à une politique étrangère française cohérente. Elle analyse les héritages ambivalents de l'Algérie et plaide pour décentrer la perspective européenne dans la compréhension des luttes historiques.
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Apr 11, 2025 • 1h 12min

Agnès Callamard sur Gaza : « Cela nous détruit nous aussi de ne pas vouloir reconnaître la destruction de tout un peuple »

Agnès Callamard, Secrétaire générale d'Amnesty International et ancienne rapporteuse de l'ONU, partage son expertise sur les droits humains et son engagement envers Gaza. Elle dénonce l'indifférence face à la destruction en cours, tout en discutant des rapports accusant des crimes génocidaires. Callamard aborde également les enjeux de la décennie, notamment le viol comme arme de guerre et la nécessité de cohérence dans la solidarité internationale. Avec rigueur et passion, elle appelle à une clarté morale et à l'organisation collective pour défendre les droits de tous.
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Mar 10, 2025 • 1h 1min

Lola Lafon : « La seule joie politique de mon existence, c’est #MeToo »

« L’art est une façon de tenir tête à ce que l’on nomme le réel », écrit Lola Lafon dont toute l’œuvre, déjà abondante, est un précis de résistance à l’air du temps, aux résignations et aux compromissions.Dans Une fièvre impossible à négocier, son premier livre paru en 2003, on trouve cette notation : « On ne discute pas avec le cancer, on fait une chimiothérapie… Le fascisme, c’est pareil : on l’élimine ou on en crève. » Lola Lafon, qui se revendique volontiers anarchiste féministe (ou féministe anarchiste) depuis ses jeunes années passées chez les autonomes et dans les squats, raconte dans ce numéro de « L’échappée » comment elle a mûri ses convictions, revendiquant aujourd’hui un humanisme radical.Leur fil conducteur est le combat des femmes non seulement contre les violences que leur font les hommes – elle fut victime d’un viol dont le souvenir habite son œuvre, notamment Chavirer (2020) – mais surtout contre l’imaginaire masculiniste dans lequel s’ancre leur domination, cette passion du pouvoir, cet amour de la verticalité, ce vertige de la puissance. Son propos est d’une actualité criante face à ce qu’incarne le duo Trump-Poutine.Dans Quand tu écouteras cette chanson (2022), intense réflexion née d’une nuit passée au musée Anne-Frank d’Amsterdam, elle fait l’éloge des « irrévérentes » à son image d’indocile et de rétive. « On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Mais on pourra dire qu’on ne savait pas quoi faire de ce qu’on savait », écrit-elle dans Il n’a jamais été trop tard (2025), recueil de chroniques sur le temps présent. Mais c’est, ensuite, pour mieux secouer nos renoncements avec cette citation d’Ernst Bloch : « Ce dont il faut se souvenir, c’est avant tout ce qu’il reste à faire. »Un entretien revigorant, au plus près de nos doutes et de nos inquiétudes. Une parole qui, dans ses précautions et ses nuances, (re)donne espoir dans le souci sans frontières des êtres, corps et âmes mêlées. Un voyage aussi où l’on croise la danse, le chant, la Roumanie, le passé communiste et l’histoire juive – et, par-dessus tout, la littérature.Retrouvez tous les numéros de « L’échappée » sur Mediapart. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Feb 17, 2025 • 1h 3min

Patrick Chamoiseau : « Nous sommes en face du surgissement de l’inconcevable »

Patrick Chamoiseau, écrivain martiniquais reconnu et lauréat du prix Goncourt, explore des thèmes essentiels comme l'obscurantisme contemporain et la perte du poétique. Il interpelle sur la nécessité de nourrir un imaginaire de la relation, en réaction à l'élection de Trump et à la crise politique. Chamoiseau appelle à la libération des peuples d'Outre-mer et à une diversalité qui défie l'universalisme. Il plaide pour la puissance de la littérature comme résistance créative face à la désespérance et l'impensable.
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Feb 12, 2025 • 1h 14min

Dominique de Villepin : « Faire face à une Amérique qui se moque du monde »

« Construire ensemble un monde meilleur » : c’est par ces mots que se concluait, le 14 février 2003, le discours de Dominique de Villepin prononcé dans l’enceinte du Conseil de sécurité des Nations unies. Avec l’espoir de faire barrage à l’aventure militaire nord-américaine en Irak.Vingt-deux ans après, alors que cette perspective semble plus éloignée que jamais à l’heure du retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis d’Amérique, l’ancien ministre des affaires étrangères de Jacques Chirac a accepté de se confier longuement, pour cette troisième édition de « L’échappée ».Pour Dominique de Villepin, « l’enjeu du monde d’aujourd’hui, c’est : est-ce que l’homme universel existe ? Est-ce que l’autre existe ? C’est une certaine conception de l’homme, de l’autre, de l’altérité, de l’humanité commune, qui aujourd’hui est en cause. Comme il s’agissait hier de se battre contre une puissance américaine débridée, aveugle aux réalités du Proche et du Moyen-Orient, aujourd’hui il faut faire face à une Amérique qui ne comprend pas le monde, ne connaît pas le monde, mais pire que ça, se moque du monde ».Des défis de la situation internationale aux enjeux de la crise française, celui qui, de 1995 à 2007, fut successivement secrétaire général de l’Élysée, ministre des affaires étrangères, ministre de l’intérieur puis premier ministre, assume explicitement dans cet entretien sa volonté de revenir dans le jeu politique national et en détaille les raisons.« Nous sommes confrontés à un choc historique. Ce combat, je ne peux pas ne pas y participer. Je ne peux pas ne pas être aux avant-postes », dit-il en réponse à une question sur son ambition présidentielle, avant de s’expliquer sur les parts d’ombre que lui prêtent ses détracteurs.« Aujourd’hui la démocratie se fait sans les citoyens et se fait même contre les citoyens. Le drame d’Emmanuel Macron, c’est qu’il a cru pouvoir gouverner contre les Français », explique Dominique de Villepin à propos de ce qu’il nomme « le malheur français ». « Nous sommes au pied du mur », insiste-t-il pour justifier son retour dans l’arène politique, en prolongement de son expression sur les questions internationales, et notamment de son plaidoyer pour une « intransigeance sur l’essentiel » : « Nous ne pouvons pas transiger sur le droit international. Il y va de notre identité culturelle, diplomatique, humaine. »Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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