

Le Nouvel Esprit Public
Philippe Meyer
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
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Jan 20, 2019 • 1h 2min
La lettre d’Emmanuel Macron aux français et le Grand débat national ; Brexit : commencement de la fin ou fin du commencement ? (#72)
La lettre d’Emmanuel Macron aux français et le Grand débat nationalLundi dernier, paraissait dans la presse et les réseaux sociaux, la lettre adressée aux Français par Emmanuel Macron. Elle contient 34 questions, lance et cadre le « Grand débat national », officiellement inauguré le mardi suivant lors d’un déplacement du président de la République à Grand Bourgtheroulde, commune du département de l’Eure. Emmanuel Macron a répondu, près de sept heures durant, aux nombreuses interrogations des maires réunis pour l’occasion. Des cahiers de doléances avaient été remis la veille à l’Élysée par l’association des maires ruraux, permettant au Président de prendre connaissance des principales demandes exprimées à ce jour par les Français. Des préoccupations récurrentes en ressortent, telles que la limitation de vitesse à 80km/h, une demande de réorganisation politique et territoriale avec le maintien des services de proximité, une soif de justice fiscale … Ce sont ces mêmes thématiques qui ont ressurgi lors de la rencontre avec les maires normands. Cet exercice inédit de questions-réponses a pour but de ressouder le lien entre le président de la République et les maires, lien qui avait été entaché dès le début de son quinquennat par la réforme de la taxe d’habitation. Les maires, pourtant déçus par l’absence du Président à leur dernier congrès annuel, se sont néanmoins montrés courtois et satisfaits de cette journée avec le Président. De son côté, Emmanuelle Wargon, la secrétaire d’État chargée de coanimer le grand débat national avec Sébastien Lecornu, a reçu mardi des gilets jaunes de la commune de Brionne dans l’Eure. Les échanges ont été plus mouvementés et les interlocuteurs de la ministre ont exprimé des réticences à participer au grand débat national. La nomination d’Emmanuelle Wargon et de Sébastien Lecornu faisait suite à la démission de Chantal Jouanno la semaine précédente. Le choix de deux membres du gouvernement a jeté le doute sur l’indépendance des conducteurs du grand débat national. Pour répondre à cela, un collège de cinq garants a été désigné. ***Brexit : commencement de la fin ou fin du commencement ? Le 15 janvier dernier, la Chambre des Communes a massivement rejeté l’accord de sortie du Royaume Uni de l’Union européenne que Theresa May avait difficilement négocié depuis plus de deux ans. Ce sont 432 membres qui s’y sont opposés sur une totalité de 650 membres soit seulement 202 voix pour soutenir la Première ministre britannique. Parmi les points clivants de l’accord, la question du « filet de sécurité », le « backstop », a attisé les tensions. Il désigne le moyen de conserver la frontière irlandaise ouverte de façon temporaire, maintenant ainsi les nord-Irlandais ainsi que l’ensemble du Royaume Uni dans l’union douanière pour une durée non déterminée. L’Irlande du Nord resterait donc assujettie à certaines règles du marché commun sans pour autant que soit réglée la question de sa frontière avec le sud. Depuis mercredi, bien que le Parlement ait rejeté de justesse la motion de censure lancée contre Theresa May par l’opposition travailliste, la situation face à laquelle se trouve la Première ministre britannique est toujours délicate. Elle ne dispose que d’un faible soutien - les députés ayant été 325 contre 306 à exprimer leur confiance dans son gouvernement - et va donc devoir faire des concessions si elle ne veut pas d’un Brexit sans accord : un « no deal ». L’Union européenne se prépare à cette éventualité comme l’a souligné Michel Barnier, négociateur en chef de l’Union européenne. De son côté, la France a déclenché jeudi son plan pour faire face à un possible Brexit sans accord. Il s’agit d’un ensemble de mesures législatives et juridiques visant notamment à protéger les intérêts des Français résidant au Royaume-Uni, de garantir un statut pour les citoyens britanniques en France ou encore de prévoir les mesures en vue du rétablissement des contrôles des marchandises aux frontières. Cinq ordonnances seront adoptées dans les trois semaines qui viennent auxquelles s’ajoutent 50 millions d’euros investis dans les ports et les aéroports. Ce même jour, dans une lettre publiée par le quotidien britannique, The Times, plus de 170 patrons du Royaume-Uni ont appelés à un nouveau référendum alors même que le parti conservateur au pouvoir et le parti travailliste, principal parti d’opposition mené par Jeremy Corbyn, rejettent pour le moment l’idée d’un nouveau vote. Theresa May a jusqu’à demain, lundi 21 janvier, pour présenter son plan B devant la Chambre des Communes. Il sera soumis au vote du parlement le 29 janvier.
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Jan 15, 2019 • 30min
bada #9
Gilets jaunes : vers une sortie de crise ? ; 2019 : Annus horribilis pour l’Europe ? (#71)
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Jan 13, 2019 • 1h 9min
Gilets jaunes : vers une sortie de crise ? ; 2019 : Annus horribilis pour l’Europe ? (#71)
Gilets jaunes : vers une sortie de crise ? Hier, samedi 12 janvier, 84.000 manifestants ont participé à l’acte IX des Gilets Jaunes. Cela aura été l’occasion de constater que, depuis le 19 novembre, le théâtre des opérations de ce mouvement ne cesse de se démultiplier et de se déplacer. Certaines villes comme Bordeaux et Toulouse sont des foyers importants et constants de manifestations : au moins 5.000 participants aux défilés organisés hier dans ces deux villes. A peine moins qu’à Paris où les manifestants étaient 8.000 (dont 74 ont été placés en garde à vue). A l’appel de certains figures « historiques » du mouvement, 6.000 personnes se sont rassemblées à Bourges, ce qui place de cette ville juste après la capitale pour le nombre de manifestants. A Bourges et ailleurs, des leaders émergent ou ont émergé ces dernières semaines. Certains d’entre eux faisaient partie des huit porte-parole désignés par les militants fin novembre. D’autres annoncent des initiatives en rapport avec les élections européennes à venir, voire la création d’un mouvement politique. On voit apparaître ici et là les prémices d’une organisation et certains groupes de gilets jaunes ont accepté de déclarer leur manifestation en préfecture pour éviter les débordements des précédents samedis. L’une des réclamations les plus répandues avec le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune est la création d’un referendum d’initiative citoyenne dont les modalités et la portée ont autant de définitions qu’il a de partisans. Les demandes d’augmentation du pouvoir d’achat et de baisse de certaines taxes sont constantes, mais beaucoup des revendications dont on a connaissance sont saugrenues ou inconséquentes, tandis que d’autres paraissent manipulées par des lobbies ou des groupes politiques. Et, tandis que le Rassemblement national et la France insoumise affirment qu’il existe des liens de parenté entre eux et les gilets jaunes, le gouvernement n’a pas d’interlocuteur patenté à la veille du lancement du grand débat national dont l’organisatrice, Chantal Jouanno, vient de lui faire faux-bond après que la publication de son salaire a suscité une vive agitation sur les réseaux sociaux et au-delà.Emmanuel Macron tente d’apaiser les tensions en se rendant personnellement au contact des Français comme il s’apprête à le faire dans l’Eure mardi prochain. Le chef de l’État adressera également aux Français en début de semaine prochaine la lettre qu’il avait promise lors de ses vœux. **2019 : annus horibilis pour l’Europe ?Depuis le 1er janvier, la Roumanie exerce la présidence du Conseil de l’Union européenne pour une durée de six mois. Le pays est agité par le projet d’une réforme judiciaire qui permettrait notamment de gracier des individus accusés de corruption. Cette réforme est proposée par Liviu Dragnea, actuellement à la tête du parti social-démocrate roumain lui-même accusé de détournements massifs de fonds européens. La Roumanie n’est pas le seul pays de l’Union à faire aujourd’hui fi des règles démocratiques européennes. La Hongrie et la Pologne ont multiplié ces dernières années les atteintes à l’indépendance du pouvoir judiciaire et s’en sont pris aux organes anti-corruption. Toutefois, depuis quelques mois, ces gouvernements sont défiés par leur propre opinion publique. Ainsi la Hongrie connait-elle un fort mouvement hostile à la réforme du temps de travail instaurée par le gouvernement de Viktor Orban à la mi-décembre.Les courants anti-européens ou populistes sont vivaces au sud de l’Europe. Aux élections régionales de décembre, la deuxième plus grande et plus peuplée des 17 communautés autonomes d’Espagne, l’Andalousie a mis fin à 36 ans de pouvoir socialiste grâce au soutien du parti d’extrême droite, Vox, qui a remporté 12 sièges. Quant à l’Italie, après avoir affiché son soutien aux gilets jaunes la semaine dernière, son ministre de l’Intérieur Matteo Salvini cherche à forger des alliances entre extrême droite et droite dure en vue des élections européennes. En témoigne son récent déplacement à Varsovie le 9 janvier dernier pour y rencontrer les dirigeants du parti ultraconservateur Droit et Justice actuellement au pouvoir en Pologne. C’est dans ce contexte que l’Union européenne va devoir affronter en cette année 2019 un agenda chargé auquel figure le Brexit dont la date est fixée au 29 mars prochain si les négociations entre Theresa May et le Parlement britannique aboutissent ainsi que les élections européennes qui se tiendront les 23 et 26 mai prochain dans les 27 états membres et à l’issu desquelles 705 députés seront élus.
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Jan 6, 2019 • 58min
Thématique : la presse a mauvaise presse (#70)
La perte de confiance dans les médias, la prospérité des réseaux sociaux, la prolifération des fausses nouvelles, l’importance de leur audience et l’intrusion de la Russie dans leur circulation, le sensationnalisme et la course au spectaculaire des chaines d’information en continu, leur concurrence sans règles ni arbitre, la violence des attaques des leaders populistes contre les journalistes, la faillite du système de distribution, le ratage du tournant informatique : voici quelques-unes des raison de se pencher sur l’état d’une profession qui n’a rien vu venir de l’effervescence sociale de novembre et décembre dernier, pas plus qu’elle n’avait vu arriver, en 2017, la vague de dégagisme et ses conséquences.Qu’est-ce que le métier d’informer ? Dans quelles conditions peut-on l’exercer ? Quels obstacles, quels défis, quelles opportunités, quelles menaces apportent les nouvelles donnes de l’information ?
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Dec 30, 2018 • 60min
Thématique : le cinéma et la der des ders, avec Bertrand Tavernier / n°69
« C’est la dernière fois que je vous importune avec mes chiffres terribles. Mais par comparaison avec le temps mis par les troupes alliées à descendre les Champs-Élysées lors du défilé de la Victoire (environ trois heures je crois), j’ai calculé que, dans les mêmes conditions de vitesse de marche et de formation réglementaire, le défilé des pauvres morts de cette inexpiable folie n’aurait pas duré moins de onze jours et onze nuits. Pardonnez-moi cette précision accablante. » Telles sont les dernières phrases, lues par Philipe Noiret, de la lettre d’un personnage fictif, le commandant Dellaplane, sorti des imaginations associées de Jean Cosmos et de Bertrand Tavernier pour les besoins de « La Vie et rien d’autre », l’un des films qui aura le plus contribué à la mémoire de la guerre dont nous venons de commémorer l’armistice. « Capitaine Conan », du même scénariste et du même réalisateur, redonne vie à ce « Corps expéditionnaire d’Orient », dont les soldats poursuivirent la guerre dans les Balkans bien après que les cloches avaient fait retentir l’heure de l’armistice. Le succès de ces deux films- que vient amplifier leur audience à chaque passage à la télévision ou sur le câble- est assurément dû à leurs auteurs et à leurs interprètes. Mais ce sont aussi des œuvres qui atteignent en nous quelque chose de profond et souvent d’informulé : le vertige devant l’ampleur de ce que cette guerre aura détruit et le besoin inlassable de savoir, de comprendre et de compatir.Dès les premières années de la guerre, le cinéma fut mis à contribution, tantôt pour répondre à ce besoin, tantôt pour promouvoir telle ou telle vision du conflit. Cent ans plus tard, la Der des ders continue d’inspirer les cinéastes, même s’ils l’abordent sous un angle inédit – celui de la place des femmes dans une société en guerre- comme Xavier Beauvois dans un film de 2017, « Les Gardiennes ».
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Dec 23, 2018 • 1h
Thématique : comment peut-on (encore) faire du théâtre ? / n°68
Avec Julie Deliquet, metteuse en scène et scénographe (« Fanny et Alexandre », en février, à la Comédie française, Jeanne Candel co-diretrice du Théâtre de l’Aquarium et Jean Robert-Charrier, directeur du théâtre de la porte Saint Martin.4 millions d’entrées dans les théâtres publics en 2017, 4 millions dans les théâtres privés, presque tous à Paris. Ces dernières années, le nombre de spectateurs est en progression lente mais constante, sans oublier les 460 conservatoires et les troupes d’amateurs si nombreuses qu’elles ne sauraient être recensées. Non seulement le théâtre n’est pas affecté par la révolution numérique, mais il en tire peut-être profit en offrant une alternative de chair et d’os aux divertissements virtuels…Pour autant, est-il raisonnable de « monter une pièce » ? Économiquement, c’est un peu plus coûteux chaque année : les spectacles vivants ne peuvent gagner en productivité qu’à la marge de la marge : le même acteur ne peut pas jouer deux protagonistes d’une même pièce, le même décor ne peut pas figurer un hôpital et un jardin. Scientifiquement, cela s’appelle la loi de Baumol : le théâtre souffre d’un différentiel de productivité́ avec le reste de l’économie qui induit une croissance inexorable de ses coûts relatifs. L’État intervient pour contrer ou adoucir les effets de cette loi. Il occupe donc une place de plus en plus importante dans l’offre de spectacles, avec ses cinq Théâtres nationaux, ses 70 Scènes nationales et ses 38 Centres dramatiques nationaux. Cela entraine-t-il une uniformisation de cette offre ? Un alignement des carrières artistiques sur certaines carrières de la fonction publique ? L’offre du privé constitue-t-elle une alternative ? La loi de 2003 sur le mécénat a-t-elle modifié la donne ? Le financement participatif offre-t-il une nouvelle perspective ?
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Dec 16, 2018 • 1h 2min
Macron et les réponses aux gilets jaunes ; Le feuilleton du Brexit (#67)
Macron et les réponses aux gilets jaunesLundi dernier, le président de la République a présenté ses réponses à la crise des gilets jaunes en déclarant un « état d’urgence économique et social ». Le chef de l’État a annoncé plusieurs mesures fiscales favorables aux salariés : revalorisation immédiate de 100€ de la prime d’activité pour les travailleurs au SMIC, défiscalisation des revenus des heures supplémentaires que le projet de loi de finances initial prévoyait seulement d’exonérer de cotisations sociales, annulation pour 2019 de la hausse de CSG pour les retraités dont le revenu n’excède pas 2 000€ par mois. Enfin Emmanuel Macron a réaffirmé sa volonté d’engager un « large débat national » l’an prochain à travers une consultation qui doit aborder le sujet de la fiscalité mais également celui des services publics et plus largement des institutions.Les réactions des gilets jaunes ont divergé. Si certains porte-parole du mouvement ont estimé que les mesures annoncées ne répondaient pas à leurs revendications, d’autres figures comme Jacline Mouraud ont estimé que ce discours constituait « un début de compréhension ». Par ailleurs l’opposition s’est pour la première fois divisée entre certains partis dont ceux de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen appelant à poursuivre le mouvement tandis que le président des Républicains a appelé mardi à ne pas manifester samedi. Cette position a également été celle du gouvernement dont le porte-parole Benjamin Griveaux a estimé que les manifestations devaient cesser arguant du surcroît de mobilisation des forces de l’ordre suite à un attentat ayant fait 4 morts mardi soir dans le centre ville de Strasbourg.Dans les semaines qui viennent, le président de la République devra défendre le nouvel équilibre budgétaire auprès de la Commission européenne dans une situation de tension exacerbée par le rejet récent du budget italien pour cause de déficit excessif. En effet le ministre des comptes publics a estimé cette semaine à 10Md€ le coûts des mesures annoncées lundi ce qui portera le déficit de la France à 3,4% de son PIB contre 2,8% inscrits dans le projet initial envoyé à la Commission.C’est dans ce contexte que le cinquième samedi de mobilisation organisé hier a marqué un reflux notamment à Paris. Les manifestations organisées sur tout le territoire ont néanmoins rassemblé 66.000 personnes selon le ministère de l’intérieur dont 2.200 dans la capitale et motivé plus de 100 mises en garde à vue. ***Le feuilleton du BrexitMardi dernier, le vote décisif qui devait soumettre pour approbation au Parlement britannique l’accord de sortie de l’Union européenne négocié par le gouvernement de Theresa May n’a pas eu lieu. En effet la Première ministre a annoncé la veille à la Chambre des communes qu’elle reportait ce vote sine die les conditions de l’adoption de cet accord par le Parlement n’étant manifestement pas réuniesCe report a été critiqué par la classe politique britannique. Le parti Conservateur a organisé mercredi un vote de défiance qui aurait pu contraindre la Première ministre à la démission. Mais Theresa May a conservé la confiance de 200 députés de son parti contre 117. Les chefs d’État et de gouvernement réunis à Bruxelles jeudi pour leur dernier sommet de l’année ont réaffirmé leur opposition ferme à toute réouverture des négociations de l’accord adopté en novembre. Ils ont néanmoins consenti à l’adoption d’un texte commun de clarification réaffirmant que le « filet de sécurité » entre l’Irlande du nord et la République d’Irlande instauré par l’accord de sortie n’était qu’une solution temporaire.Dans ce contexte la Première ministre dispose d’une très étroite marge de manœuvre pour convaincre le Parlement d’adopter l’accord qu’elle a négocié tandis que l’ancien Premier ministre Tony Blair a réaffirmé vendredi son soutien à l’organisation d’un nouveau référendum auquel 48% des Britanniques seraient favorables et 34% hostiles. En France, l’Assemblée nationale a adopté lundi en première lecture un projet de loi autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances dans le cas d’un Brexit sans accord. La Cour de justice de l’Union européenne, saisie par un groupe de neuf parlementaires britanniques, a statué qu'un État-membre ayant enclenché le processus de sortie de l'Union européenne peut unilatéralement revenir sur sa décision tant que le divorce n'a pas été acté.
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Dec 12, 2018 • 33min
Bada #8 - Questions du public "Gilets jaunes : acte IV ; G20 : quel avenir pour le multilatéralisme commercial ?"
Enregistré à l'École alsacienne le dimanche 9 décembre 2018 avec Jean Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine, Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova, Nicole Gnesotto, professeur titulaire de la chaire Union européenne au CNAM, et Nicolas Baverez, avocat et essayiste.
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Dec 9, 2018 • 1h 2min
Gilets jaunes : acte IV ; G20 : quel avenir pour le multilatéralisme commercial ? (#66)
Gilets jaunes : acte IVSamedi 8, les gilets jaunes appelaient à manifester pour la 4ème fois. De 300.000 manifestants le 17 novembre dernier, ils seraient passés à 125.000. A Paris, à Toulouse, à Lyon et à Bordeaux, la journée a été émaillée de nouveaux affrontements entre les forces de l’ordre dont 89.000 fonctionnaires étaient mobilisés et des manifestants liés ou non aux gilets jaunes. Selon le ministère de l’intérieur, il y a eu plus de 1.400 interpellations au niveau national et 974 personnes ont été placées en garde à vue. Lundi, les partis d’opposition ont tous été reçus à Matignon. Jeudi, la France insoumise, le Parti communiste et le Parti socialiste annonçaient le dépôt demain d’une motion de censure conjointe.Mardi, dans une première tentative de désamorcer le mouvement, le Premier ministre a annoncé la suspension pour 6 mois de la hausse de la taxe sur le carburant, suspension commuée le lendemain par le Président de la République en annulation pure et simple, bien que les mesures annoncées par le Premier ministre aient été adoptées à l’assemblée nationale par 358 voix contre 194. Le ministre des comptes publics a estimé à 4 milliards d’euros le coût de cette annulation.Mercredi, Emmanuel Macron a demandé aux autorités politiques, syndicales et patronales de lancer un appel au calme « clair et explicite » pour éviter les débordements samedi. Si plusieurs syndicats de salariés et du patronat ont débattu avec la ministre du travail vendredi de mesures bénéfiques au pouvoir d’achat des salariés, la CGT a refusé la concertation et lancé un appel à la grève des routiers, appel annulé après l’acceptation par le patronat des revendications des camionneurs. La FNSEA a appelé à la mobilisation la semaine prochaine. Une manifestation étudiante a réuni plus de 1.000 manifestants vendredi, plusieurs centaines de lycées ont été bloqués au cours de la semaine. Les images de l’intervention des forces de l’ordre à Mantes la Jolie ont provoqué un déluge de commentaires sur les réseaux sociaux, et le dévoilement des affinités, voire des affiliations, politiques de certains porte-parole des gilets jaunes a soulevé de nombreuses questions.Vendredi soir, les commentaires de ceux des gilets jaunes reçus par le Premier ministre avaient, pour la première fois, une tonalité confiante.Le Président de la République, qui ne s’est pas exprimé publiquement sur depuis la présentation de la stratégie énergétique de la France le 27 novembre dernier prendra la parole mardi.***G20 : quel avenir pour le multilatéralisme commercial ?Samedi 1er décembre, les chefs d’État américain et chinois ont annoncé conjointement s’être mis d’accord sur l’instauration d’une trêve dans la guerre commerciale qui oppose leurs deux pays depuis l’investiture de Donald Trump en janvier 2017. Cette trêve de 90 jours, qui n’est pas la première annoncée par les autorités des deux pays, devrait leur permettre de négocier un accord pour rééquilibrer leur relation commerciale. Cette rencontre est intervenue en marge du sommet du G20 de Buenos Aires qui s’est tenu les 30 novembre et 1erdécembre et qui a vu les chefs d’État européens dont le Royaume-Uni adopter une position commune de défense du multilatéralisme. Cette position est apparue de plus en plus isolée dans le G20. En effet, si les délégations européennes ont pu rallier la Chine à leur volonté de réformer rapidement l’Organisation mondiale du commerce, le G20 a surtout été marqué par le poids croissant des négociations bilatérales à l’image du nouveau traité de libre-échange entre le Mexique, les États-Unis et le Canada signé solennellement en marge du sommet le 30 novembre. Le Brésil a quant à lui réitéré son opposition aux instances multilatérales en confirmant son refus d’organiser la COP25 en 2019. Dans ce contexte, l’évolution des relations commerciales à l’échelle internationale reste suspendu au résultat de la réflexion sur l’avenir de l’OMC qui sera engagée à l’occasion de son prochain conseil général le 12 décembre. Enfin, l’équilibre commercial international reste largement dépendant du résultat des négociations engagées entre les États-Unis et la Chine et qui devront se terminer avant la fin du mois de février 2018.
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Dec 2, 2018 • 1h 1min
Vers un "nouveau contrat social" & tensions en mer d'Azov
VERS UN « NOUVEAU CONTRAT SOCIAL » ?Mardi 27 novembre dernier, le président de la République a détaillé la stratégie environnementale à long terme adoptée par la majorité. Il a annoncé la tenue d’une large consultation citoyenne qui s’étendra sur une durée de trois mois et qui portera sur la mise en œuvre de la transition écologique et sur les moyens de rétablir une cohésion sociale en France. Souhaitant y inclure des représentants des milieux syndicaux, patronaux, associatifs et des élus locaux, Emmanuel Macron a appelé de ses vœux la mise au point par cette consultation d’un « nouveau contrat social ». Ce discours a été prononcé dans le sillage des manifestations des gilets jaunes entrées hier dans sa troisième semaine de mobilisation. Ce mouvement n’est pas sans rappeler les émeutes britanniques de 2011 qui avait été analysées par le sociologue Zygmunt Bauman comme une réaction à l’émergence de nouveaux modes de consommation contemporains. En effet les premières analyses rétrospectives du mouvement montrent que ce dernier rassemble des catégories sociales d’une grande hétérogénéité allant de l’ouvrier au paysan en passant par les petits entrepreneurs qui ont en commun leur sédentarité et une grande vulnérabilité vis-à-vis de perspectives de mobilité qui se réduisent. Ce mouvement est à ce titre une nouvelle illustration de l’approfondissement de la fracture sociale qui avait été à la fois baptisée et mis en exergue par le géographe Christophe Guilluy en 2014 dans son essai sur La France périphérique. Quatre ans après la parution de ce livre, Christophe Guilluy a réitéré son diagnostic dans un livre paru cette année, No society, dans lequel il regrette la dégradation des conditions de vie de la population périurbaine qui a presque doublé depuis 1968 pour atteindre plus de 15 millions d’habitants en 2018. Enfin on observe dans la littérature contemporaine un retour au centre de l’attention de la question sociale et de cette question périurbaine. Outre Fief, le premier roman remarqué l’année dernière de l’écrivain David Lopez, c’est cette France que le récent lauréat du prix Goncourt Nicolas Mathieu décrit dans son roman Leurs enfants après eux paru en septembre aux éditions Actes Sud.TENSIONS EN MER D’AZOVLe 25 octobre dernier, la marine russe a arraisonné trois navires ukrainiens en mer d’Azov arguant d’un transit irrégulier à travers le détroit de Kertch contrôlé par les autorités russes depuis l’annexion de la Crimée en 2014. Cette manœuvre a entrainé une condamnation immédiate de la part du gouvernement ukrainien et une escalade des tensions. Cette escalade s’est matérialisée cette semaine par l’adoption par le parlement ukrainien d’un texte autorisant l’application pendant 30 jours de la loi martiale dans les régions frontalières du pays. Cet affrontement est le résultat de tensions croissantes autour de la mer d’Azov depuis que le président russe a inauguré en mai un pont enjambant le détroit de Kertch pour relier la Crimée à la Russie. Cette matérialisation de l’annexion de 2014 s’accompagne d’un renforcement du contrôle exercé par Moscou sur les passages dans le détroit. Kiev considère ces mesures comme contraires au traité de 2003 qui stipule un contrôle partagé entre l’Ukraine et la Russie et les autorités ukrainiennes dénoncent une tentative d’asphyxie de leurs ports commerciaux de la mer d’Azov. Face à l’escalade consécutive à l’incident de dimanche, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé à une « retenue maximale ». Parallèlement, différents élus européens se sont publiquement interrogés sur l’opportunité d’engager de nouvelles sanctions financières contre la Russie au cas où la liberté de passage dans le détroit de Kertch ne serait pas rétablie. Ainsi le président de la commission des Affaires étrangères du Bundestag Norbert Röttgen n’a-t-il pas exclu d’engager de telles sanctions tandis que le président polonais Andrzej Duda a affirmé qu’il serait prêt à les soutenir. Vladimir Poutine a qualifié de « provocation » la proclamation de la loi martiale par le président ukrainien Porochenko qu’il a accusé de n’agir que pour redresser le peu de chances que les sondages lui accordent d’obtenir un nouveau mandat aux élections présidentielles du 31 mars prochain.
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