

Le Nouvel Esprit Public
Philippe Meyer
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
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Episodes
Mentioned books

Jan 7, 2020 • 2min
Événement - Hors-série Le Nouvel Esprit Public - Paris nous appartient
Lundi 13 janvier à 19h30, nous vous attendons au Théâtre Michel pour un hors-série du Nouvel Esprit Public. Il débutera avec la lecture par Loïc Corbery et Emmanuel Noblet de textes sur Paris qui pourraient en surprendre (et en ravir) plus d’un. Sociétaire de la Comédie française, Loïc Corbery a récemment marqué de sa patte le personnage d’Herbert Thallman dans Les Damnés ; Emmanuel Noblet a interprété pendant quatre ans en France et dans de très nombreux pays son adaptation de « Réparer les vivants » de Maylis de Kerangal. En amis et en auditeurs du nouvel Esprit public, Loïc et Emmanuel accompagneront notre soirée.L’invité en sera Jérôme Fourquet, auteur du récent best-seller « L’Archipel français ». Ce livre a été salué pour l’intérêt et la nouveauté de son état des lieux du pays et pour sa mise en lumière des tendances structurantes de l’évolution de notre société. Mais on a moins relevé ce qui y est écrit sur Paris et sur la place très particulière qu’il tient dans cette évolution. Ce sera le point de départ de la conversation que Jean-Louis Bourlanges, Béatrice Giblin, Lucile Schmid et moi aurons avec Jérôme Fourquet. Venez nombreux, participation aux frais : 15€, inscriptions ici : https://www.weezevent.com/lnep-paris
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Jan 5, 2020 • 59min
Thématique : le voyage en question, avec Jean-François Rial / n°122
En 2018, le nombre de voyageurs internationaux s’est élevé à 1,4 milliard, soit 6% de plus qu’en 2017. L’organisation mondiale du tourisme (OMT) table sur une nouvelle croissance de 3 à 4% cette année et prévoit 1,7 milliard de voyageurs internationaux en 2030. Première destination touristique mondiale, la France a reçu près de 90 millions de visiteurs étrangers en 2018, majoritairement britanniques, allemands, belges et luxembourgeois. L’Europe demeure la destination la plus prisée avec 713 millions d’arrivées, devant l’Asie-Pacifique (343 millions) et les Amériques (217 millions). Les 220 millions de touristes chinois en 2018, ont voyagé très souvent en groupe, de préférence dans les pays voisins de la Chine, ensuite en Europe, avec un budget moyen de 4.000€. Les touristes américains voyagent le plus souvent en famille, plus de 4 fois par an, essentiellement dans leur pays. Seuls 18% voyagent à l’étranger et dépensent près de 2.000$ par séjour. Les Français ont privilégié cet été la France à 56%. Ceux qui sont partis à l’étranger ont choisi les pays voisins, avec en destinations phares l’Italie et l’Espagne. Si le tourisme de masse représente une importante manne financière - globalement, il contribue à plus de 10% du produit intérieur brut mondial - il concentre 95% des voyageurs mondiaux aux mêmes endroits, sur moins de 5% de la planète. Les écologistes dénoncent le « surtourisme ». Il met en danger les animaux sauvages. Il pollue la planète (un avion rejette en moyenne 360 grammes équivalent CO2 lors d’un déplacement d’un km, contre 150 grammes pour une voiture et 11 grammes pour un train). Il rend les villes invivables, comme Venise, Barcelone ou Dubrovnik. Il vide certains quartiers de leurs habitants, comme à Paris, Berlin, Londres ou Amsterdam. Il menace les sites naturels et historiques : Îles de Pâques, temples d’Angkor, Galapagos, Maldives… Des solutions sont tentées pour remédier au « surtourisme » : répartir les flux géographiquement, les étaler dans le temps, augmenter le coût des séjours, limiter les locations de courte durée, interdire des lieux, imposer ou proposer des quotas, diriger les flux touristiques. Jean-François Rial, vous êtes le pdg du groupe Voyageurs du Monde, et vous réfléchissez de longue date aux phénomènes que je viens d’évoquer. Comment organiser des voyages basés sur le respect des régions et des populations visitées, comment organiser la solidarité et la répartition équitable des retombées économiques du tourisme, comment contrebalancer la pollution créée par les transports aériens ?
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Jan 1, 2020 • 21min
BADA # 18 : Grève, COP 25 et séries télévisées
Les échanges avec le public du 8 décembre 2019.
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Dec 29, 2019 • 57min
Thématique : la géopolitique des séries ou le triomphe de la peur, avec Dominique Moïsi / n°121
LA GÉOPOLITIQUE DES SÉRIES OU LE TRIOMPHE DE LA PEUR Au lendemain du 11 septembre 2001, la géopolitique a envahi non seulement le réel mais aussi nos imaginaires. Les séries sont devenues des références politiques tout autant que culturelles. Par la force de leurs intuitions, les scénaristes ne sont-ils pas les meilleurs analystes du monde contemporain ? Que perçoivent-ils de nos sociétés ? Avant tout la peur, répond Dominique Moïsi dans son ouvrage « La géopolitique des séries ou le triomphe de la peur ». La peur de la barbarie et le triomphe du chaos avec Game of Thrones, (Le Trône de fer), la peur de la fin de la démocratie avec House of Cards, (Le Chateau de cartes) celle du terrorisme avec Homeland, celle d’un ordre du monde qui disparait dans Downton Abbey, enfin la peur de la menace russe avec Occupied (Envahis). Foreign Policy s’était amusée à transposer le monde fantastique de Game of Throne ou la fascination du chaos, dans le Moyen-Orient d’aujourd’hui. Ainsi les Lannister sont l’Arabie saoudite, la Maison Stark les mouvements d’opposition qui ont brièvement accédé au pouvoir au lendemain des « printemps arabes » ; la Maison Barathéon représente les autocrates… Après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, la réalité a dépassé la fiction. Ce n’estplus Winter is coming, mais Winter has come. Et comme dans la série, on peut craindre qu’il ne dure très longtemps. Dans Downton Abbey, Dominique Moïsi analyse la nostalgie de l’ordre. La série débute en 1912. Un monde s’apprête à être bouleversé. Cette saga familiale aurait pu s’appeler « Le déclin de la famille Crawley ». La problématique de Homeland – et si l’ennemi venait de l’intérieur, et s’il était nous ? – a pris une crédibilité plus grande aux lendemains des attentats de Londres en 2005, des assassinats de Toulouse en 2012, de Paris en 2015, de Fort Hood et de San Bernardino aux Etats-Unis… House of Cards, décrit la fin du rêve américain et la montée des populismes, avec à l’époque de la diffusion de la série, les premiers succès flatteurs de Donald Trump, lors de la campagne pour les primaires du Parti. House of Cards traduit une perte de confiance généralisée à l’égard des élites. Dans Occupied, on retrouve croisées toutes les peurs de notre temps, du réchauffement climatique à la crise du modèle démocratique encouragée par des dirigeants médiocres. De la montée de la peur face à la Russie de Poutine, surtout depuis sa gestion de la crise ukrainienne, au discrédit relatif ou absolu dans lequel sont tombés l’Union européenne et les Etats-Unis d’Amérique au cours de ces dernières années.
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Dec 22, 2019 • 1h
Thématique : « De Gaulle » par Julian Jackson / n°120
J’ai trouvé dans les mémoires du diplomate et journaliste libanais Salah Stétié cette appréciation sur le commandant de Gaulle, rédigée par le général de Bigault du Granrut lorsque de Gaulle quitta son poste au Liban : "Depuis deux ans que je peux l'apprécier dans les fonctions de Chef du 3ème Bureau de mon état-major, je n'ai cessé d'éprouver pour l'ensemble des qualités intellectuelles et morales qu'il possède une estime mêlée d'admiration. Sur la valeur guerrière je n'ai pas besoin d'appuyer, ses blessures, le reste de ses citations se passent de commentaires. J'insiste sur les mérites hors pair de ce soldat qui développe par un travail constant les qualités qu'il a conscience de posséder. Il sait d'ailleurs les faire apprécier avec discrétion, gardant en toutes circonstances une attitude réservée, empreinte d'une correction toute militaire. Beau soldat, ce sera un beau chef, qu'il y a intérêt pour le bien de son armée et de toute l'armée à pousser rapidement aux hautes situations où il donnera sa pleine mesure et ne décevra pas." 2020 marquera un triple anniversaire : les 130 ans de la naissance de Charles de Gaulle, les 50 ans de sa disparition et les 80 ans de l’appel du 18 juin. Pour nous y préparer, c’est le citoyen d’un pays avec lequel le général a entretenu des rapports pour le moins contrastés, la Grande Bretagne. Professeur Julian Jackson, vous enseignez à Queen Mary, University of London, vous êtesun spécialiste de l’histoire de la France au XXe siècle. On vous doit notamment, « La France sous l’occupation 1940-1944 » aux éditions Flammarion et vouspubliez aux éditions du Seuil « De Gaulle. Une certaine idée de la France ouvrage salué par la critique britannique, américaine et française et couronné du Duff Cooper Prize.» Pour cette biographie, vous vous êtes appuyé sur de nombreux fonds documentaires, lettres, et livres, et sur les archives récemment ouvertes de la présidence de la Ve République, ainsi que de celles de Michel Debré. La personnalité rugueuse du Général constitue une donnée essentielle pour comprendre un itinéraire parfois chaotique. Courageux, déterminé, mais aussi colérique et ingrat, Charles de Gaulle parait un homme pétri de contradictions : « un soldat qui passa le plus clair de sa carrière à critiquer l’armée ; un conservateur qui s’exprimait souvent comme un révolutionnaire ; un homme de passion incapable, ou presque, d’exprimer des émotions » Si le général de Gaulle s’affirmait guidé par « une certaine idée de la France », vous montrez que cette idée était sujette à d’importantes variations selon une dialectique toute bergsonienne qui cherche « à établir l’importance de l’intuition par rapport à l’intelligence analytique, de l’élan vital contre la doctrine figée ». Professeur Jackson, au fil des 1.000 pages de votre biographie, comment s’est modifiée la certaine idée du général de Gaulle de vos débuts ?
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Dec 15, 2019 • 59min
G.B. = Good Bye / n°119
G.B = GOOD BYE Les conservateurs britanniques conduits par Boris Johnson ont remporté jeudi la majorité absolue des sièges au Parlement. Des 650 sièges aux Communes, ils en obtiennent au moins 362 contre 317 lors du précédent scrutin en 2017, tandis que les travaillistes de Jeremy Corbyn se sont effondrés à 203sièges (contre 262 en 2017). Celui-ci s’est déclaré vendredi « très déçu » du résultat des élections législatives, ajoutant qu’il ne « conduira pas le parti aux prochaines élections »Le Premier ministre Boris Johnson avait convoqué ce scrutin après avoir perdu sa majorité au Parlement, à la suite de désaccords avec son petit allié nord-irlandais du Parti unioniste démocrate et au sein de son propre Parti conservateur sur la forme que doit prendre le Brexit, voté en juin 2016 par 52% des britanniques.Pour l’hebdomadaire britannique The Economist, ces élections ont représenté un cauchemar, à cause de la radicalisation des deux principaux partis du gouvernement. Deux visions opposées, portées par deux leaders impopulaires, se sont affrontées durant la campagne électorale : le conservateurBoris Johnson a garanti la sortie de l’Union européenne, avec pour slogan « GetBrexit done » (Réalisons le Brexit), tandis que le travailliste Jeremy Corbin envisageait la sortie partielle de l’économie de marché. Ce que l’hebdomadaire Courrier international a résumé en un titre : « les Britanniques choisissent entre ‘’un marxiste’’ et un ‘’fanatique du Brexit’’ ». Ils ont donc choisi le « fanatique du Brexit » au terme d’une campagne électorale marquée selon The Times « par l’amertume, les exagérations et les mensonges à un degré inhabituel ».Elu pour un mandat de cinq ans, Boris Johnson s’est félicité d’avoir obtenu « un nouveau mandat fort, pour “faire le Brexit” qu’il peut mettre en œuvre au 31 janvier 2020. Toutefois, si, en vertu de l’accord de divorce, Londres a jusqu’au 31 décembre 2020 pour négocier la future relation avec le club européen, ce délai semble d’ores et déjà quasi impossible à tenir, et les experts parient déjà sur une prolongation de la transition.Dès mardi 17 décembre, les nouveaux députés feront leur entrée à Westminster et pourraient avoir à se prononcer sur le « Withdrawall bill », l’acte législatif de retrait de l’Union européenne avant Noël.
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Dec 8, 2019 • 1h 7min
La grande grève ; Une COP chasse l’autre / n°118
LA GRANDE GRÈVE 806 000 manifestants dans toute la France selon le ministère de l’Intérieur, 1,5 million selon la CGT. A Paris, Rennes, Marseille, Toulouse, Bordeaux ou Lille, la mobilisation du 5 décembre contre la réforme des retraites a été très importante. Le secrétaire national du Parti Communiste Fabien Roussel note une mobilisation « dans toutes les provinces de France, mais particulièrement exceptionnelledans les petites communes et les villes moyennes, beaucoup plus en tout cas qu’en 1995 ».Cheminots, policiers, avocats, enseignants, pompiers, routiers, personnels hospitaliers, étudiants, retraités étaient dans les cortèges. 90% de TGV et 80% de TER ont été annulés, les métros et bus bloqués. 51,15% des enseignants du primaire et 42,32% du secondaire étaient en grève, selon le ministère de l’Éducation, tandis que les syndicats, qui parlent de record historique font état de 70% des enseignants du primaire et 75% dans les collèges et lycées. Au départ circonscrit à la seule annonce par les syndicats de la SNCF de leur grève reconductible, le mouvement a été rejoint par nombre de syndicats et de partis politiques, des Insoumis au Rassemblement national, à l’exception du parti présidentiel. Une mobilisation que 68% des Français estiment « justifiée », selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et France info. Fin octobre, 57% des sondés se déclaraient opposés au mouvement. Pour Philippe Askenazy, professeur d’économie à l’Ecole normale supérieure-Ecole d’économie de Paris et chercheur au CNRS-Centre Maurice-Halbwachs, « le gouvernement semble avoir tout fait pour entretenir le flou sur le contenu final de la réforme et sur ses intentions, ajoutant même des déclarations contradictoires sur la ‘’clause du grand-père’’, un paramètre parmi une infinité d’autres inconnus à ce jour ». Plusieurs mouvements de grève ont été reconduits. A la RATP, il doit durer jusqu’à lundi. Le Premier ministre devrait communiquer l’architecture de la réforme en milieu de semaine prochaine. « La très grande diversité des régimes actuels, des 42 régimes de retraite actuels, ne peut pas perdurer » a rappelé vendredi Édouard Philippe. Une rencontre doit avoir lieu lundi avec l'ensemble des organisations syndicales et patronales pour « clôturer le cycle de négociations sociales et de débats avec les Français ».***UNE COP CHASSE L’AUTRE La Conférence des Nations unies sur les changements climatique, COP 25 (pour « conference of parties ») qui se tient du 2 au 13 décembre à Madrid - sous la présidence du Chili, qui a dû renoncer à accueillir l’événement en raison de la crise politique en cours – est la réunion des pays signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, adoptée en 1992. A l’occasion de cette 25e édition, des décisions devraient être prises sur au moins trois sujets : les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui doivent être revus à la hausse, l’aide aux pays les plus vulnérables, et l’encadrement des « marchés carbone ».En 2015, faisant suite à la COP 21, l'accord de Paris, approuvé par 195 délégations, convenait de tout mettre en œuvre afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C au-delà des températures préindustrielles. Toutefois, la somme des contributions volontaires pour réduire les émissions domestiques à effet de serre annoncées par l’ensemble des pays ne permettait pas de contenir le réchauffement planétaire sous la barre des 3°C. En outre, si pour certains Étatsl’accord est contraignant, pour d’autres, il n’en est rien, puisque le traité ne prévoit aucune sanction en cas de non-respect des engagements. Quatre ans plus tard, dans un compte-rendu sur le climat publié en septembre, l’ONU évoquait « une décennie perdue ». Dans son dixième rapport annuel publié le 26 novembre dernier, l’Organisation internationale rappelaitque « le niveau actuel d’émissions de gaz à effet de serre est quasiment le même que ce que [nos rapports] prévoyaient pour 2020 si aucune politique n’était mise en place ». Fin novembre, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) annonçait, quant à elle, que la présence des gaz à effet de serre dans l’atmosphère avait battu de nouveaux records en 2018. A priori, cette COP 25, ne devrait pas être l’occasion de grandes décisions. Elle devrait lancer la dynamique vers celle de Glasgow en Ecosse, l’an prochain. Très attendue, la COP 26 sera le premier grand rendez-vous dans le cycle onusien depuis la signature des accords de Paris : les États volontaires y seront appelés à présenter de nouvelles « contributions nationales », plus ambitieuses. Pour l’instant, seuls 68 pays essentiellement des pays en développement (Chili, Mexique, Argentine, Fidji, îles Marshall, notamment) sur les 197 membres de la Convention cadre des Nations unies s’y sont engagés. Aucun des principaux pollueurs (Chine, États-Unis, Inde, Canada, Australie, Brésil), à l’exception de l’Afrique du Sud, n’a encore montré qu’il était prêt à s’engager davantage dans la bataille pour du climat.
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Dec 1, 2019 • 1h 2min
Europe : la commission, enfin ! / Tremblement de peuple en Iran / n°117
EUROPE : LA COMMISSION, ENFIN !Après un parcours semé d’embûches, le 27 novembre, le Parlement de Strasbourg a donné son aval au collège de 26 membres présenté par Ursula vonder Leyen avec la plus large majorité enregistrée jusqu’à présent : 461 voix pour, 157 contre et 89 abstentions. Avec un mois de retard sur le calendrier, l’ancienne ministre allemande de la Défense devient aujourd’hui, la première femme présidente de la Commission européenne. Un retard dû au profil contestéde commissaires désignés, aux atermoiements du Brexit, à la polémique autour du nom d’un portefeuille devenu « Promotion du mode de vie européen » au lieu de « Protection » de ce mode de vie, aux équilibres fragiles du Parlement européen où pour la première fois depuis sa création en 1979, le Parti populaire européen (PPE) et celui des Socialistes et démocrates (SD) ne réunissent pas une majorité absolue et doivent composer avec Renew, constitué en juin 2019 et auquel La République en Marche est affilé, et enfin en raison de la dégradationdes relations entre Paris et Berlin.La France et l’Allemagne ont en effet eu bien du mal à se mettre d’accord sur le nom d’Ursula von der Leyen en tant que présidente de la Commission européenne. Ni Michel Barnier, ni Manfred Weber n’ont été choisis. Paris a consenti à accepter une allemande à condition de décrocher un portefeuille économique large. Entre-temps, Berlin a profité de la polémique sur la nomination de Sylvie Goulard pour contester via le Parti populaire européen lepérimètre de son portefeuille jugé trop large. Au terme de son audition au Parlement européen, le 14 novembre, le Français Thierry Breton a hérité de ce poste qui englobe le marché intérieur, la politique industrielle, le marché unique numérique, ainsi que l’industrie de la défense et de l’espace.Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée en 2017, les différends se sont accumulés entre Paris et Berlin. Fin octobre, le coup d’éclat du Président français qualifiant l’Otan d’institution en état de « mort cérébrale » avait été jugé inacceptable par la chancelière allemande. Auparavant, en août, le « virage russe », du chef de l’Etat a d’autant plus irrité l’Allemagne qu’il a été opéré sans concertation avec la chancellerie. Mais la décision française la plus préjudiciable, serait d’avoir fermé la porte, en octobre, à un élargissement de l’Union européenne à l’Albanie et la Macédoine du Nord. La mésentente concerne également les programmes communs d’armement, la réforme de la zone euro et l’avenir de l’Europe de la Défense. Finalement, ce que le président français reproche surtout à la chancelière allemande, c’est de ne pas avoir répondu à ses propositions de 2017. De ne pas avoir saisi la main tendue.***TREMBLEMENT DE PEUPLE EN IRAN En Iran, le 15 novembre, des manifestations ont éclaté dans une centaine de villes à l’annonce d’une hausse d’au moins 50% du prix des carburants à la pompe et malgré une réforme du mode de subvention de l’essence, censée bénéficier aux ménages les plus défavorisés. Le lendemain, sur ordre du Conseil suprême de sécurité nationale iranien l’accès à internet a été bloqué, pour n’être rétabli qu’une semaine plus tard. Durant cette période, une répression à huis clos s’est abattue sur le pays. Les manifestants s’en sont pris aux bâtiments officiels, symboles de la corruption du régime, y compris les écoles religieuses, les municipalités et les banques publiques. Des stations-service ont été incendiées, des commissariats de police attaqués et des magasins vandalisés. Les forces de sécurité ont fait usage d’armes à feu. Amnesty International évoque un bilan de plus de 150 morts vérifiées. Plus d’un millier de personnes auraient été arrêtées. « La rapidité avec laquelle le régime a réagi d’une main de fer indique qu’il se sent assiégé, et ne tolérera aucune dissidence », estime Ali Vaez, directeur du programme Iran à l’International Crisis Group. Pour un sociologue qui préfère demeurer anonyme, « cette violence est sans doute le résultat de l’accumulation de frustrations à la fois politiques et économiques ».Depuis le retrait unilatéral de Washington, en mai 2018, de l’accord sur le nucléaire iranien, les recettes du pays assurées à 40% par le pétrole ont chutédrastiquement. Selon le Fonds monétaire international, le produit intérieur brut de l’Iran, qui a chuté de 5% en 2018, devrait cette année baisser encore de 9,5%. La pénurie des biens de consommation entraîne une inflation qui atteint officiellement 40% et le taux de chômage des jeunes se situe autour de 30%. En outre, pour la première fois, l’influence iranienne dans le monde arabeest contestée. A Beyrouth et dans le reste du Liban, un mouvement populaire remet en cause depuis la mi-octobre le système confessionnel qui profite au Hezbollah, la puissante formation politique et militaire chiite, relais des intérêts de l’Iran dans le pays. Plus encore, à Bagdad et dans le sud chiite de l’Irak, des milliers de manifestants, depuis fin octobre, refusent la mainmise de Téhéran sur leur pays. A quelques mois des législatives de février, la République islamique est affaiblie à l’intérieur par les sanctions américaines et dénoncée à l’extérieur pour son ingérence dans son environnement proche, au premier chef en Irak.
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Nov 24, 2019 • 1h 2min
Congrès des maires de France / L’Amérique latine dans la rue / n°116
Congrès des maires de France A quatre mois des municipales, le président Macron a ouvert mardi le 102e congrès des maires de France, à la Porte de Versailles à Paris devant plusieurs milliers d’élus locaux. Depuis son élection, Emmanuel Macron entretient des relations tumultueuses avec les maires, avec en point d’orgue sa décision de ne pas participer au Congrès 2018, alors même qu’il s’était auparavant engagé à venir chaque année. Depuis, le Président a souhaité s’appuyer sur les 34 967 maires lors du Grand débat national pour sortir de la crise des gilets jaunes et il amultiplié les signes en direction des élus. Parmi les sujets de friction figurent en particulier : les treize milliards d’euros d’économies réclamées aux territoires sur l’ensemble du quinquennat, la compensation de la suppression de la taxe d’habitation, ou encore la taille des intercommunalités jugée trop grande à force de regroupements. Plus largement, les édiles s’estiment dépossédés, abandonnés par le pouvoir central face à la disparition chronique des services publics, alors que, selon la dernière enquête du Cevipof, le maire est de loin le représentant politique en qui les Français ont le plus confiance (58% en décembre 2018, contre 31% de confiance envers les députés, et 23% pour le président). Dans son long discours mardi aux élus, Emmanuel Macron a tenté de corriger son image de « Président des villes » ou président « hors sol en martelant « J’ai besoin de vous », tout en évoquant notamment la hausse de la rémunération des maires, une nouvelle étape de la décentralisation qui sera présentée mi 2020 et en se prononçant contre l’interdiction des listes communautaires aux municipales. A quatre mois du scrutin, les maires ne sont plus que 28% à ne plus souhaiter se représenter en 2020, contre environ un sur deux il y a un an, selon une enquête du Cevipof. C’est sensiblement la même proportion que lors des municipales de 2014. Le Premier ministre Édouard Philippe est intervenu en clôture jeudi « sur le volet opérationnel », au moment où le parlement examine un projet de loi « Engagement et proximité » qui se veut une réponse aux attentes des élus locaux.*** L’Amérique latine dans la rue Depuis deux mois, au Chili, en Argentine, en Équateur, au Pérou, en Bolivie, en Uruguay, ou bien les gouvernements sont congédiés dans les urnes ou bien ils sont contestés dans les rues. Au Chili, si l’élément déclencheur a été l’augmentation du ticket de métro, les revendications massivement soutenues par des manifestations qui ont rassemblé jusqu’à un million de personnes, ont rapidement porté sur une profonde rénovation de la répartition des richesses et d’un système politique organisé par une constitution qui date du général Pinochet. En Argentine, ce sont les électeurs qui ont remercié dès le premier tour le président sortant, Mauricio Macri et son modèle d’austérité concocté avec le Fonds monétaire international. Ils ont confié aux péronistes le soin de venir à bout des maux qui rongent un pays dans lequel a été déclaré un état d’urgence alimentaire. En Equateur, la suppression des subventions pour l’essence et le diesel, décidées conformément aux préconisations du FMI, ont embrasé les rues de Quito et contraint le président Lenin Moreno à se réfugier à Guayaquil, la plus grande ville du pays, avant de négocier une trêve avec les manifestants. Des troubles moins directement liés à l’austérité ont également eu lieu au Pérou, en Bolivie, et en Uruguay, où les élections se sont déroulées sur fond de revendications sociales. En Colombie, les jeunes, et plus particulièrement les étudiants, manifestent depuis septembre pour dénoncer les cas présumés de corruption et réclamer une éducation décente. Au Venezuela, la crise économique et humanitaire n’en finit pas de ne pas trouver d’issue. Pour Olivier Compagnon, directeur de l’Institut des hautes études de l’Amérique latine, cette vague de protestations latino-américaines a pour cause première l’effondrement de la croissance économique, qui est passée de 4% en moyenne entre 2000 et 2012 à une prévision de 0,6% en 2019. Une croissance en berne, dans une région que la commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes de l’ONU décrivait en janvier comme « la plus inégalitaire du monde ». Pour le sociologue chilien Manuel Antonio Garreton si les mouvements englobent les revendications économiques et sociales, ils les dépassent et portent très fortement sur les modes de représentation politique.
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Nov 22, 2019 • 25min
BADA #17 : Réformes et OTAN
Les échanges avec le public, enregistrés le 17 novembre 2019 à l’Ecole Alsacienne.
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