

Le Nouvel Esprit Public
Philippe Meyer
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
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Episodes
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Jun 14, 2020 • 1h 10min
Racisme : ils n’en souffraient pas tous, mais tous étaient frappés / n°145
RACISME : ILS N’EN SOUFFRAIENT PAS TOUS, MAIS TOUS ÉTAIENT FRAPPÉS L’onde de choc provoquée par la mort de George Floyd aux Etats-Unis continue de se propager en France. Le 2 juin, devant le tribunal judiciaire de Paris, 20.000 personnes, selon la Préfecture de police, au moins 60.000, selon les organisateurs, se sont rassemblées à l'appel du comité La vérité pour Adama du nom du jeune homme de 24 ans, mort en 2016, lors de son interpellation par des gendarmes dans des circonstances qui font encore aujourd’hui l’objet d’une information judiciaire. Le comité Adama est devenu le symbole le plus connu en France de la lutte contre les violences policières. Personne n'avait vu venir l'ampleur de la mobilisation, qui se poursuit dans plusieurs villes de France. Depuis plusieurs semaines, la dénonciation de certaines pratiques policières et les accusations de racisme à l'encontre des forces de l'ordre se multiplient. Sur plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, des insultes proférées par des policiers - utilisant des termes à caractère raciste - alimentent un débat sur l'interprétation à faire de ces comportements : faut-il y voir le fait d'agents isolés à sanctionner individuellement ou le symptôme d'un mal plus profond, structurel, au sein de l'institution policière ? Au-delà de l’affaire Adama Traoré la question est posée dans le calme ou avec passion du caractère institutionnel des violences policières et du caractère « systémique » du racisme. « Il s'agit de dire que le racisme est détachable des individus pour être le fait d'une institution ou d'un système, selon Fabien Jobard, sociologue et directeur de recherche au CNRS. Ici, le racisme est le produit d'un cumul de processus, notamment historiques, avec une histoire de la police fortement marquée par la guerre d'Algérie et la chasse aux travailleurs d'Afrique du Nord, et d'une organisation économique et sociale, qui veut que la jeunesse masculine sans diplôme, occupant l'espace public, est principalement formée de descendants de l'immigration post-coloniale ». Saisi d'une affaire relative à des violences policières sur des jeunes noirs et d'origine maghrébine de Paris, commises entre l'été 2013 et l'été 2015, le Défenseur des droits, Jacques Toubon a formulé, le 12 mai dernier, des observations devant le tribunal judiciaire de Paris plaidant pour une analyse « systémique » des discriminations qu'ont subies ces jeunes. Le ministère de l'intérieur, s'il condamne les cas individuels, refuse de parler de « racisme diffus dans la police », comme l'a déclaré le secrétaire d'État Laurent Nunez. Lors des questions d'actualité au gouvernement, le 2 juin, Christophe Castaner a défendu la police « qui protège dans ce pays les femmes et les hommes de tout, y compris du racisme ». L’ancienne Garde des Sceaux, Christiane Taubira a jugé pour sa part que, contrairement aux États-Unis, où l’aspect systémique du racisme ne fait plus beaucoup débat, « chez nous, des personnes meurent d’avoir rencontré des policiers, pas d’avoir rencontré la police ».
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Jun 9, 2020 • 23min
Bada # 33 : Et au Vanuatu ? Questions à Frédéric Ducarme
A 16 320 kilomètres de l’appartement où nous enregistrons notre conversation hebdomadaire, Frédéric Ducarme peut revendiquer le titre de « notre plus lointain auditeur », en tout cas, il peut le disputer aux 242 fidèles que nous comptons en Nouvelle Zélande. Chercheur du Muséum National d'Histoire Naturelle, et professeur au Lycée Français de Port-Vila, il parcourt les 80 îles de cet archipel de 300 000 âmes qui a pu se protéger de la Covid-19. Les anciens « protecteurs » du Vanuatu, la France et le Royaume-uni ne sont plus présents que par quelques traditions sympathiques. La Chine, elle, est proche, présente et pressante : « une amie qui vous veut du bien » ?
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Jun 7, 2020 • 1h 3min
Un mort noir de plus, un mort noir en trop / Donald Trump contre l’OMS / n°144
UN MORT NOIR DE PLUS, UN MORT NOIR EN TROPLe 25 mai un policier de Minneapolis a été filmé alors qu'il écrasait de son genou pendant neuf minutes le cou d'un Africain-Américain, George Floyd jusqu’à ce que mort s’ensuive. Dans son agonie, Floyd a gémi qu'il ne parvenait plus à respirer, une plainte qui rappelle les derniers mots d'Eric Garner, dont le décès, en 2014, a contribué à donner naissance au mouvement Black Lives Matter « les vies noires comptent ». La mort de Floyd est survenue seulement trois jours après l'arrestation en Géorgie de trois hommes accusés d'avoir traqué et assassiné un jeune Noir, Ahmaud Arbery, alors qu'il faisait son jogging.À Minneapolis, les manifestants ont déferlé dans les rues, et la police a réagi beaucoup plus durement que face aux contestataires anticonfinement armés jusqu'aux dents. Dans la soirée du 27 mai, les manifestations pacifiques ont dégénéré en émeutes. Le lendemain, le gouverneur démocrate du Minnesota appelait en renfort la Garde nationale. La colère provoquée par la mort de George Floyd à Minneapolis a continué de s'étendre, embrasant quelque 40 grandes villes du pays. Certaines ont dû instaurer un couvre-feu.Face à ces troubles, le président américain a menacé de déployer l'armée pour venir à bout de ce qu'il a qualifié de « terrorisme intérieur ». Il pourrait mettre en œuvre une loi de 1807, qui n’a pas été appliquée depuis 30 ans. Cette éventualité a semé le trouble dans l’institution militaire. L’ancien Secrétaire d’État à la défense, l’ex-général des marines, James Mattis, a publié, mercredi, une tribune incendiaire accusant le président de diviser le pays. « Je n’ai jamais imaginé qu’on ordonnerait à des soldats de violer les droits constitutionnels de leurs concitoyens », écrit-il dans le magazine The Atlantic. L’amiral Mullen, ex-chef d’état-major des armées, le général Allen, ancien patron de la coalition contre Daech et l’actuel chef d’état-major se sont prononcé contre le président. Mark Esper, l’actuel Secrétaire à la défense, a, lui aussi, pris ses distances avec la menace de la militarisation brandie par le président américain. Selon le New York Times, 40% des effectifs de l’armée américaine sont des « personnes de couleur ». Barak Obama a estimé que les noirs ont joué un rôle prépondérant pour « réveiller » le pays. ***DONALD TRUMP CONTRE L’OMS Le président Trump a annoncé le 29 mai « mettre fin à la relation » entre son pays et l'Organisation mondiale de la santé (l'OMS. Il accuse l'organisation onusienne de se montrer depuis le début de la pandémie trop indulgente avec la Chine, où le coronavirus est apparu en décembre avant de se répandre sur la planète. La décision était redoutée mais attendue : après avoir gelé son financement en avril, puis l'avoir sommée, mi-mai, de se réformer en profondeur dans les 30 jours, Donald Trump a finalement privé l’OMS d'une part essentielle de son maigre budget et menacé ainsi des programmes de santé dans les pays les plus pauvres.Née en 1948, l'OMS est une énorme machine de 7.000 employés présente dans le monde entier. Ses missions sont tributaires des crédits accordés par ses États membres et les dons de bienfaiteurs privés. Dotée de 2,8 milliards de dollars par an (5,6 milliards sur l'exercice biennal 2018-2019), l'OMS a « le budget d'un hôpital de taille moyenne dans un pays développé », a déploré son directeur général, l'Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus. Avec 893 millions de dollars apportés sur la période 2018-2019, (15 % du budget), les États-Unis en sont le premier bailleur de fonds, devant la fondation Bill et Melinda Gates, premier contributeur privé, l'Alliance du vaccin Gavi, le Royaume-Uni et l'Allemagne, et loin devant la Chine et ses 86 millions.La contribution américaine va essentiellement en Afrique et au Moyen-Orient. Environ un tiers de ces contributions co-finance les opérations de lutte contre les urgences sanitaires, le reste étant d'abord consacré aux programmes d'éradication de la poliomyélite, à l'amélioration de l'accès aux services de santé et à la prévention et la lutte contre les épidémies. L'annonce américaine a stupéfié la communauté scientifique. Richard Horton, rédacteur en chef de la revue médicale britannique The Lancet, l'a qualifiée de « folle et terrifiante », estimant que « le gouvernement américain joue au voyou en pleine urgence humanitaire ».Une question demeure sans réponse pour le moment : quand et comment les Etats-Unis couperont-ils concrètement les vivres à l’OMS ? Dans un tweet publié le 29 mai, Lawrence Gostin, professeur au O'Neill Institute for National and Global Health Law à l'université de Georgetown et collaborateur de l'OMS, a jugé la décision du président américain « illégale » à deux titres : les Etats-Unis ont signé et ratifié un traité d'adhésion à l'OMS et les crédits sont votés par le Congrès américain.
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Jun 2, 2020 • 25min
Bada # 32 : Et en Australie ? Questions à François Vantomme
Rédacteur en chef du Courrier australien, créé en 1892 et devenu en 1940 le journal de la résistance dans le Pacifique, François Vantomme décrit la réaction dans l’île-continent à une pandémie qui a relégué au second plan des incendies d’une ampleur et d’une durée sans précédent. Comment a réagi le gouvernement si sévèrement jugé pendant les mois de feux de brousse, en quoi la pandémie ajoute-t-elle à la crise économique née de la catastrophe précédente ? Comment la Chine a-t-elle réagi à l’attitude australienne à son égard ?
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May 31, 2020 • 1h 4min
Élections sans conviction / Bruxelles : salto avant / n°143
ÉLECTIONS SANS CONVICTION Le Premier ministre a annoncé le 22 mai, que le second tour des élections municipales, qui concernera 4 922 communes, arrondissements ou secteurs et environ 16,5 millions d'électeurs, aura lieu le dimanche 28 juin. Cette décision, comme l'a précisé Édouard Philippe, est « réversible ». Le conseil scientifique sera appelé à réévaluer la situation épidémique dans les semaines précédant le scrutin et une « clause de revoyure » est prévue, « sans doute dans deux semaines ». Dans l'hypothèse où la situation sanitaire ne permettrait pas la tenue du second tour à la date envisagée, un projet de loi permet le report des municipales, en reprenant intégralement le processus, au plus tard en janvier 2021.Le conseil scientifique, qui considère que la situation sanitaire s’est « nettement améliorée », juge « difficile d’anticiper ». Ni pour ni contre, il a laissé à l'autorité politique la responsabilité de la décision, tout en formulant plusieurs recommandations : il estime que « l'organisation de la campagne électorale devra être profondément modifiée » et qu'il est « possible et nécessaire de sécuriser les opérations électorales proprement dites afin de réduire les risques qui leur sont associés ». Le Premier ministre entend poursuivre la concertation avec les associations d'élus et les partis politiques « pour organiser en toute sûreté les opérations électorales proprement dites » et « pour adapter la campagne à la situation sanitaire ». « La sincérité du scrutin, donc le bon déroulement de la campagne, est une des conditions sine qua non au bon fonctionnement d'une démocratie », insiste M. Philippe.Il s'est dit prêt à l'assouplissement des règles relatives aux procurations, pour en faciliter le recueil. Il ne s'est pas prononcé sur la possibilité de passer d'une à deux procurations établies en France par mandataire, ce qui supposerait une adaptation législative. En revanche, il s'est montré très réservé sur l'extension du vote par correspondance, rappelant que, si celui-ci avait été supprimé en 1975, c'était pour endiguer des fraudes électorales. Les maires sortants se sont félicités de la tenue du second tour en juin, notamment à droite et au Parti socialiste, cependant certains partis, notamment La France Insoumise et le Rassemblement National, s’inquiètent des conditions de la campagne.Prétendre que le niveau municipal constitue le nec plus ultra d’une démocratie réellement participative et proche des citoyens est une blague, un artifice de communication -c’est à dire de propagande dont sont également bénéficiaire les maires encensés et le président de la république qui se donne ainsi les apparences de la proximité-. C’est une blague, parce que le niveau municipal est celui où la corruption fait le plus de ravages, y compris dans de petites municipalités, parce qu’en choisissant l’intercommunalité plutôt que la fusion des communes, on a organisé l’irresponsabilité, préféré une fois de plus les dépenses de fonctionnement (notamment en personnel) aux dépenses d’investissement et introduit la bureaucratie au front de bœuf dans les rares endroits du pays où elle n’avait pas pu prospérer.***BRUXELLES : SALTO AVANT Le 27 mai, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté au Parlement européen un plan de relance de 750 milliards d'euros pour aider le continent à sortir d'une récession sans précédent. Cette mesure s'ajoute aux 540 milliards d'euros de prêts d'urgences déjà consentis par l'UE et aux 1.000 milliards d'euros que la Banque centrale européenne (BCE) s'est engagée à injecter dans le système financier. Pour financer son plan, la Commission européenne empruntera sur les marchés 750 milliards d'euros, qui viendront abonder le budget européen, dont certains programmes seront renforcés et d'autres créés pour faire face à la situation.Sur cette somme, 500 milliards d'euros seront transférés, par le canal du budget européen, aux Etats membres qui ont été les plus affectés par le Covid-19, comme l'avaient imaginé Paris et Berlin. Pour en bénéficier, les pays devront présenter un plan d'investissements et de réformes, qui devra être compatible avec les priorités politiques de la Commission européenne, à savoir le « green deal », la transition écologique et une plus grande souveraineté européenne. Ils devront également tenir compte des recommandations que fait une fois par an la Commission à chacun des Vingt-Sept.Pour l'heure, la Commission a réservé une enveloppe à laquelle pourra prétendre chacun des Vingt-Sept. Ainsi l'Italie pourra-t-elle se voir accorder jusqu'à près de 82 milliards d'euros de subventions, l'Espagne jusqu'à 77 milliards, la France 39 milliards, la Pologne 38 milliards, l'Allemagne 29 milliards… Ursula von der Leyen a également prévu un volant de prêts, de 250 milliards d'euros, dont elle a également prévu une préallocation – soit 91 milliards pour l'Italie, 63 milliards pour l'Espagne, 26 milliards pour la Pologne, rien pour la France ou l'Allemagne. A terme, donc, la Commission se verra rembourser ces 250 milliards.La Commission devra trouver les moyens de rembourser les 500 milliards de subventions qu'elle aura accordés. Elle prévoit de commencer à payer ses dettes à partir de 2028, et jusqu'en 2058.Le projet de la Commission de mutualiser la dette nécessite l’accord des Vingt-Sept. Cela suppose un revirement de l’attitude des pays dits « frugaux » - Pays-Bas, Suède, Danemark, Autriche - qui se sont jusqu'à présent opposés à une telle idée.
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May 28, 2020 • 26min
Bada #31 : Et au Chili ? Questions à Manuel Antonio Garreton, sociologue et professeur à l’Université du Chili
La pandémie est survenue dans un Chili secoué depuis l’automne 2019 par un mouvement social d’une très grande ampleur. Son l’aboutissement provisoire devait être une consultation populaire sur une nouvelle constitution. Cette échéance a dû être reportée en raison du Covid-19. Manuel Antonio Garreton revient sur ce mouvement et sur la situation créée par ce report. Il relate les limites des réponses à la pandémie, la nécessité de l’action publique dans un pays qui en a les moyens mais pas (encore) la volonté et il examine les différences et les ressemblances entre le Chili et ses voisins, l’Argentine, le Pérou et le Bolivie.
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May 24, 2020 • 1h 1min
Coronabonds : le tabou est fêlé / En Chine, beaucoup de soucis / n°142
CORONABONDS : LE TABOU EST FÊLÉ Le18 mai, la chancelière allemande et le président français ont proposé que la Commission européenne emprunte 500 milliards d'euros sur les marchés. Ces fonds abonderaient le budget européen et seraient distribués aux États, régions et secteurs selon la sévérité des dommages occasionnés par la pandémie. Cet emprunt serait remboursé non pas individuellement par les États, mais par l'Union européenne. Il reste toutefois à préciser les critères d'attribution comme ceux de remboursement. Emmanuel Macron a insisté : il s'agirait de « transferts » aux États, puisque « les clés de répartition pour le remboursement ne seront pas nationales. » Infranchissable jusqu'ici, le tabou de la mutualisation de la dette serait ainsi ébranlé. « Nous devons agir en Européens pour que l'Europe sorte renforcée par cette crise » a avancé Angela Merkel pour justifier le glissement de la position allemande.Cette initiative représente une petite révolution potentielle pour l'Europe. Pour l'Allemagne, elle matérialise en effet la fin de deux tabous qui ont longtemps empêché une plus forte intégration économique européenne : une mutualisation des dettes et une hausse considérable des transferts c'est-à-dire de la redistribution entre les Vingt-Sept, puisque 500 milliards d'euros représentent trois fois et demie l’actuel budget annuel européen. C'est loin des 1.000 à 1.500 milliards espérés par Paris, mais c'est déjà plus que le plan Marshall américain de l'après-guerre. Désormais, la chancelière est d'accord pour que l’emprunt vienne abonder le budget communautaire et soit remboursé au niveau de l'Union européenne, et non pas en fonction de ce que les uns et les autres auront touché. Cependant, « un accord entre la France et l'Allemagne ne veut pas dire un accord à Vingt-Sept, a reconnu Emmanuel Macron. Mais il n'y a pas d'accord à Vingt-Sept sans accord franco-allemand », a-t-il ajouté. Rien n'est encore joué, puisque le camp dit des « frugaux » - qui réunit les Pays-Bas, l'Autriche et les pays scandinaves -, refuse encore le principe d'un mécanisme de subvention et souhaite que l'argent soit remboursé par ceux qui en auront bénéficié. Le ton est très différent à Rome et à Madrid, où quelques critiques étaient seulement entendues aux extrêmes de l'échiquier politique. Le Premier ministre portugais Antonio Costa a salué mardi le plan franco-allemand.Mandatée par les États membres pour proposer un plan de relance, la Commission européenne doit le présenter le 27 mai prochain.***EN CHINE, BEAUCOUP DE SOUCIS La Chine n’a pas pu éviter que l'assemblée annuelle de l'Organisation mondiale de la santé, les 18 et 19 mai, ne débatte de la place à rendre à Taïwan dans l’organisation, ni que l’OMS ne lance une enquête indépendante sur la gestion par l'agence de l'ONU de la crise du Covid-19. Face aux critiques internationales sur le manque de transparence dont son pays a fait preuve, le président chinois, Xi Jinping a parlé de l’avenir en promettant notamment de partager un éventuel vaccin avec le reste du monde et de consacrer, sur deux ans, 2 milliards de dollars à la lutte contre le coronavirus, en particulier dans les pays en voie de développement. Les États-Unis, ont dénoncé un artifice de communication et souligné la « responsabilité particulière de la Chine ». Fortement invité par les États-Unis, la plupart des pays européens et une quinzaine d’autres nations à réintégrer Taïwan comme observateur contre l’avis de Pékin, le directeur général de l'OMS, le docteur Tedros, a botté en touche et renvoyé la question à une prochaine session.Taïwan est un souci pour la Chine, non seulement à l’OMS, mais également en tant que modèle. La pandémie a en effet donné à Taïwan une occasion unique de briller sur la scène internationale, au grand dam de Pékin. Les habitants de l'île attribuent leur victoire sur la pandémie à ce qui fait leur force : transparence, liberté de la presse et mise à distance de la Chine. Les médias internationaux plébiscitent le « modèle » taïwanais et critiquent le chinois. Ulcéré par l'aura qui entoure actuellement Taïwan, Pékin a accentué sa pression sur l’ancienne Formose. Ses manœuvres militaires à proximité de l'île, dont la fréquence a augmenté depuis l'élection de la nouvelle présidente en janvier, ont continué ces derniers mois. « Le signal envoyé à Taïwan, comme aux Etats-Unis, qui la soutiennent, est clair : "Ne profitez pas de l'épidémie pour avancer vers l'indépendance" », analyse Kharis Templeman, consultant pour l'institut Hoover, de l'université Stanford.Le sommet de l’OMS s’est déroulé sur fond de poursuite de la pandémie en Chine : Pékin s’inquiète de nouveaux foyers de contamination concentrés depuis le début du mois dans la région du Nord-Est proche de la Russie, où les 600.000 habitants de la ville de Shulan sont en confinement strict chez eux depuis le début de la semaine.La Chine doit se batte sur un troisième front : celui de Hong Kong toujours en rébellion contre Pékin. La Chine entend rendre effectives des dispositions interdisant « la trahison, la sécession, la sédition » et la « subversion » dans le territoire semi-autonome. Des appels à des rassemblements contre ce projet ont commencé à émerger sur les réseaux sociaux à Hong Kong.
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May 20, 2020 • 23min
Bada # 30 : Et en Grèce ? Questions à Georges Prevelakis
Georges Prevelakis, professeur émérite à La Sorbonne, géopoliticien et ambassadeur auprès de l’OCDE analyse la réaction sanitaire à la pandémie, l’attitude de la population, la situation des réfugiés et les perspectives économiques.
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May 17, 2020 • 1h 8min
Demain, quoi d'autre ? / n°141
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May 13, 2020 • 58min
Bada # 29 : Et aux Etats-Unis ? Questions à François Bujon de l’Estang
Ambassadeur aux Etats-unis de 1995 à 2002, François Bujon de l’Estang éclaire l’histoire récente de ce pays dans toute son excentricité et remet les années Trump en perspective.
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