

Le Nouvel Esprit Public
Philippe Meyer
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
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Mar 29, 2026 • 1h 3min
Les municipales : quels enseignements ? / Le nouveau choc pétrolier : quelles conséquences ?
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 27 mars 2026.Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.LES MUNICIPALES : QUELS ENSEIGNEMENTS ?Quatre enseignements peuvent être tirés de ce scrutin.D’abord, si Les Républicains et le Parti socialiste dominent, ils reculent par rapport à 2020. LR a remporté 77 grandes villes, le PS 50. Dans les 3.300 villes de plus de 3.500 habitants, pour lesquelles les candidats ont l’obligation de déclarer leur appartenance politique, qui représentent 69 % de la population, la droite apparaît comme la gagnante de ces élections municipales, avec 1.267 maires élus. La gauche se place deuxième, avec 829 élus, devant les 586 maires centristes. Depuis, 2020, la gauche a perdu une vingtaine de municipalités, et la droite sept, tandis que l’extrême droite en a gagné 21. En 2026, l’extrême droite a remporté 63 communes, dont moins de 20 comptent plus de 20.000 habitants.Du point de vue des suffrages exprimés, c’est le bloc de gauche qui constitue la première force politique, rassemblant près de 9,2 millions de votes lors des deux tours, devant les 8,7 millions pour la droite, 3,8 millions pour le centre et 2,5 millions pour l’extrême droite. La gauche radicale, représentée par La France insoumise et le Parti communiste, a remporté l’adhésion de près de 1,2 million d’électeurs, même si elle n’a remporté que sept municipalités.Ensuite, le second tour a été défavorable aux maires sortants : Parmi les 21.706 maires qui briguaient un nouveau mandat lors de ces élections municipales, la grande majorité (plus de 88 %) a été réélue dès le premier tour. Pour les autres, le second tour s’est révélé plutôt fatal : sur 960 maires sortants encore en compétition le 22 mars, les trois quarts (724) ont été battus.En outre, si la parité progresse, elle reste cependant limitée : 23 % des têtes de liste élues lors de ces élections municipales (premier et second tours combinés) sont des femmes. Ce niveau est en légère progression par rapport aux élections précédentes, où elles représentaient 20 %. Mais seules huit femmes seront à la tête de villes de plus de 100.000 habitants, contre 11 en 2020.Enfin, avec 42,18 % lors du second tour, l’abstention s’ancre à un niveau record : Jamais les Français n’avaient autant boudé une élection de ce type, hors crise sanitaire. Fait notable, toutefois : la participation a légèrement augmenté au second tour (57,8 % contre 57,2 % au premier), signe d’une légère remobilisation des électeurs dans un scrutin à l’issue incertaine dans de nombreuses villes.LE NOUVEAU CHOC PÉTROLIER : QUELLES CONSÉQUENCES ?L’intervention d’Israël et des États-Unis en Iran a provoqué la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transitent habituellement environ 20 % du commerce mondial de pétrole et de gaz, déclenchant une nouvelle crise majeure de l’énergie. « Nous sommes confrontés à la plus grande menace pour la sécurité énergétique mondiale de toute l’histoire » averti le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie Fatih Birol qui n’exclut pas un nouveau déblocage d’une partie des stocks stratégiques de pétrole des Etats membres pour détendre les prix.L’ensemble de l’économie mondiale est menacé par un retour de l’inflation, une dégradation du pouvoir d’achat des ménages, un ralentissement de la croissance et du chômage : un phénomène connu sous le nom de stagflation. Les experts de Goldman Sachs estiment qu'une hausse de 10 % du prix du pétrole réduit de 0,1 % le produit intérieur brut. Le coup pourrait aussi être rude pour les industriels dont l'activité dépend fortement des matières premières énergétiques, comme les engrais agricoles ou la chimie. En plus de ses effets directs sur les prix, la crise désorganise de nombreux flux logistiques, avec un allongement des parcours pour contourner les zones à risque. Des livraisons sont bloquées, les coûts du transport grimpent et les primes d’assurances s’envolent. Le prix du carburant à la pompe est affecté, mais aussi le prix des aliments, des médicaments, des billets d’avion, de l’électricité, de l’huile alimentaire, des semi-conducteurs et de bien d’autres choses encore, à travers le monde.C’est en Europe et en Asie que la flambée des cours du pétrole et du gaz pèsera le plus lourd. En Europe, le choc sera rude pour des pays comme l’Allemagne, où des secteurs industriels très énergivores (chimie, pharmacie, automobile) occupent une place centrale dans l’économie. Les économies asiatiques sont encore plus exposées car elles dépendent elles aussi grandement des importations énergétiques : 45% des approvisionnements énergétiques de la Chine provient du détroit d’Ormuz. Les pays à faibles et moyens revenus sont particulièrement sensibles aux variations des taux de change.Cette crise ne fait pas que des malheureux. Les pays producteurs de pétrole, la Norvège en Europe, l’Algérie en Afrique, le Brésil, le Mexique ou le Canada sur le continent américain, voient même les profits exploser. Grand gagnant aussi, la Russie, dont les exportations d’hydrocarbures vers l'Inde ont bondi de 50 %. Son secteur pétrolier pourrait générer ses plus larges revenus depuis 2022. Reste les Etats-Unis, l’un des instigateurs de la crise. Le pays est certes le plus gros producteur mondial de pétrole, mais ses compagnies sont très exposées au Moyen-Orient et les consommateurs américains paient eux aussi leur tribut avec une augmentation de 30 % du gallon d'essence depuis le 28 février.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 25, 2026 • 27min
Bada : les questions du public (relation franco-allemande et doctrine de défense européenne)
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne émission de Philippe Meyer, enregistrée en public au ministère des Affaires étrangères le 20 mars 2026.Avec cette semaine :Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 22, 2026 • 1h 9min
La relation franco-allemande / Quelle doctrine militaire pour les Européens ?
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne émission de Philippe Meyer, enregistrée en public au ministère des Affaires étrangères le 20 mars 2026.Avec cette semaine :Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.LA RELATION FRANCO-ALLEMANDELes relations franco-allemandes se sont tendues ces derniers mois autour de nombreux sujets. Fin décembre, c'était l'accord commercial avec le Mercosur. Puis l'utilisation des avoirs gelés russes a opposé les deux capitales : Friedrich Merz était en faveur de la confiscation des avoirs russes gelés en Europe – quelque 200 milliards d’euros – pour aider militairement l’Ukraine, plutôt que d’un emprunt européen appelé de ses vœux par le président français. Emmanuel Macron ne l’a pas suivi dans cette mesure qui impliquait de tordre le bras à la Belgique. Début février, dans un entretien avec la presse, le président français prônait une émission de dette européenne, des eurobonds, pour accélérer les investissements du Vieux Continent dans les technologies de rupture suscitant l'irritation des pays « frugaux », notamment l’Allemagne qui a pointé du doigt la nécessité pour l'Europe de mener des réformes structurelles et d'investir moins d'argent dans des secteurs comme l'agriculture.Autre pierre d’achoppement, en matière d’énergie, la France mise sur le nucléaire, tandis que l'Allemagne parie sur les renouvelables.En février, Berlin a reproché à la France, des efforts « insuffisants » en matière de dépenses de défense. Dans le même temps, Paris et Berlin n'arrivent pas à s'entendre sur le système aérien du futur (SCAF), sur fond de rivalités industrielles entre Dassault et Airbus. Le chancelier allemand a affirmé que son pays n'avait pas besoin du même avion que la France, laissant entendre que Paris et Berlin pourraient construire deux appareils différents, chacun de son côté.Longtemps, l'Allemagne a incarné les moyens économiques et la France, la volonté politique et militaire. Mais depuis, Friedrich Merz, comme il l'a redit en février lors de conférence de Munich sur la sécurité, a décrété « la fin des longues vacances loin de l'histoire du monde » après avoir lancé un grand programme d'investissement dans la défense. Le chancelier allemand a promis de faire de la Bundeswehr « la plus grande armée conventionnelle d'Europe ». Désormais les incompréhensions majeures portent aussi sur les questions de défense, au-delà même du blocage sur le SCAF. Tandis que Paris défend la voie d’une Europe souveraine et d’une « autonomie stratégique », le chancelier allemand, plus prudent, mise sur la complémentarité entre un renforcement de l’indépendance de l’Union européenne et une revitalisation des liens qui la rattachent aux Etats-Unis. L’Allemagne est aujourd’hui le pays le plus engagé dans le soutien à l’Ukraine au travers de l’Union européenne comme en bilatéral. Beaucoup moins vocale que la France, elle a donné à Kyiv l’an passé 10 milliards d’euros et la France 2 milliards.Ces crispations franco-allemandes récurrentes ont d’autant plus d’impact qu’elles interviennent dans un moment très tendu des relations internationales.EUROPE : QUELLE DOCTRINE MILITAIRE ? Le ton frontalement hostile adopté par Washington à l’égard de l’Union européenne en tant que projet politique impose une réévaluation stratégique profonde de la relation transatlantique. 2026 pourrait marquer l’entrée dans une décennie où les pays européens devront choisir entre résignation stratégique et construction active d’une souveraineté de défense crédible. L’un des piliers de la boussole stratégique — le document clef pour la stratégie de défense européenne adopté en 2022 — touche au renforcement des capacités de gestion de crises. À ce titre, l’Union a créé une « capacité de déploiement rapide », force européenne composée de 5.000 soldats pouvant être déployée pour les efforts de stabilisation, de sauvetage et d’évacuation, d’assistance humanitaire et de secours en cas de catastrophe, de maintien de la paix, de prévention des conflits et de renforcement des capacités. Opérationnelle depuis 2025, elle est contrôlée et commandée par la Capacité militaire de planification et de conduite de l’Union : elle constitue ainsi une véritable « force européenne ».L’année 2025 a vu plusieurs d’initiatives destinées à renforcer l’industrie de défense européenne : programme pour rationaliser l’acquisition conjointe et accélérer la montée en puissance de capacités critiques, programme destiné à financer la création d’une base industrielle européenne compétitive à long terme ... Difficilement mis en œuvre, ils se heurtent au dilemme stratégique entre préférence européenne et achat à des partenaires extra-européens puisant dans leurs stocks existants.Afin de renforcer et diversifier ses relations avec des pays tiers, l’Union a signé huit partenariats de sécurité et de défense en 2025 avec l’Ukraine, la Moldavie, la Géorgie, le Canada, le Royaume-Uni, le Japon et la Corée du Sud. La décision prise à l’été 2025 par les pays membres de l’OTAN de porter leurs dépenses militaires de 3,5 % à 5 % du PIB constitue une étape cruciale pour renforcer la défense européenne. En évoquant le 2 mars à l’Ile longue une évolution de la doctrine nucléaire vers une « dissuasion avancée » et un renforcement du dialogue stratégique avec les partenaires européens, Emmanuel Macron a ouvert la perspective d’une nouvelle architecture de sécurité pouvant conduire à structurer l’environnement stratégique européen autour de la dissuasion française.Mais, dans le domaine conventionnel, selon le Center for Strategic and International Studies, les stocks de munitions européens restent relativement limités. Le rythme de consommation observé dans la guerre en Ukraine a mis en évidence les difficultés de nombreux États européens à soutenir durablement un conflit de haute intensité. Cette fragilité constitue aujourd’hui l’un des principaux défis pour la sécurité européenne.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 18, 2026 • 40min
Bada : les questions du public (guerre en Iran et en Ukraine)
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l’École alsacienne le 15 mars 2026.Avec cette semaine :Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales.Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique.Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et président de la fondation Terra Nova.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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Mar 15, 2026 • 1h
Entre l’Ukraine et l’Iran, la guerre a-t-elle changé de nature ?
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l’École alsacienne le 15 mars 2026.Avec cette semaine :Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales.Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique.Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et président de la fondation Terra Nova.ENTRE L'UKRAINE ET L'IRAN, LA GUERRE A-T-ELLE CHANGE DE NATURE ?Il y a deux semaines, le 28 février, Israël a déclenché contre l'Iran une attaque dite « préventive » coordonnée avec les Etats-Unis. En la baptisant « <i>Fureur épique</i> » Donald Trump a fixé un objectif à cette opération : « <i>Défendre le peuple américain en éliminant les menaces imminentes posées par le régime iranien</i> », qualifié de « <i>sponsor d'État numéro 1 du terrorisme</i> ». Ni le caractère « <i>imminent</i> » de ces menaces, ni ce en quoi elles concernent les Etats-Unis n'a été établi.Il y a quatre ans, lorsque la Russie a lancé son invasion massive de l'Ukraine, certains se sont demandé si le monde n'entrait pas dans une troisième guerre mondiale. Avec l'actuelle guerre avec Iran, la même inquiétude refait surface.Cette guerre concerne déjà plus d'une douzaine de pays de la région : Outre l'Iran et Israël, des missiles ou des drones ont frappé les Emirats arabes unis, l'Arabie saoudite, le Qatar, Bahrein, la Jordanie, le Koweit et Oman. Au Liban, les forces terrestres israéliennes poursuivent leurs opérations contre le Hezbollah. À Chypre, Iran a lancé une attaque de drones contre une base militaire britannique. Des missiles balistiques ont été interceptés en Turquie. En Irak, les milices pro-iraniennes entretiennent l'instabilité. Un soldat français a été tué. L’Azerbaïdjan a désormais été touché. Les Iraniens pourraient finir par entraîner le Yémen dans le conflit. C'est, de loin, la guerre du Golfe la plus étendue à ce jour.<br>Zelensky a reconnu qu'une guerre prolongée avec l'Iran pourrait avoir un impact sur les livraisons américaines de munitions pour les systèmes de défense antiaérienne fournis à l'Ukraine par ses alliés occidentaux afin de défendre ses infrastructures essentielles, notamment énergétiques. En quatre ans de guerre, Kyiv a mis au point une gamme d'intercepteurs efficaces, bon marché et considérés comme étant parmi les plus avancés du monde, conçus pour détruire en vol les drones d'attaque Shahed de conception iranienne. Les États-Unis, le Qatar et les Émirats arabes unis ont récemment fait appel à l'expertise ukrainienne pour leur lutte contre les drones iraniens. Face à l'épuisement de leurs stocks de missiles Patriot, les intercepteurs bon marché conçus par Kyiv représentent un atout stratégique majeur pour la sécurité de la navigation.Pour le politologue Frédéric Charillon, en Ukraine ou en Iran, il s'agit de guerres choisies, c'est-à-dire qu'aucune raison immédiate de sécurité nationale n'imposait. Ils en tire d'ores et déjà trois leçons : les alliances ne valent plus rien et la possession de l'arme atomique semble demeurer la dernière garantie de sécurité ; l’Occident n'est plus un facteur de stabilité, sa parole est démonétisée, on regardera donc ailleurs ; enfin l'emploi démesuré de la force par les candidats à l'hégémonie impose de nouveaux partenariats, même contre-nature, pour les contenir.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 11, 2026 • 32min
Thématique : Paris et son histoire, avec Alexandre Gady (2/2)
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne conversation entre Alexandre Gady, historien de Paris et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 17 octobre 2025.PARIS ET SON HISTOIRE, AVEC ALEXANDRE GADYPhilippe Meyer :Bonjour, merci de nous avoir rejoints pour ce Nouvel Esprit Public consacré à Paris, à Paris aujourd’hui, mais aussi à son histoire. J’ai la chance d’avoir avec moi Alexandre Gady. Si vous deviez présenter vos lettres de créance personnelles et professionnelles pour être admis à Paris, que diriez-vous de votre rapport avec cette ville ?Alexandre Gady :Pour un petit banlieusard qui n’était jamais monté à la capitale avant ses 18 ans, parce que ses parents détestaient la foule parisienne, l’arrivée à Paris a été un choc. Je venais du sud des Yvelines, près de Rambouillet, une banlieue encore assez rurale. Et cette ville m’a pris dans ses bras. Très vite, j’ai eu envie de travailler sur cette masse d’architecture, d’urbanisme et de beauté qui contrastait si fortement avec ce que j’avais connu, et qui m’intriguait.À l’époque – je parle des années 85-86 – la littérature sur Paris était beaucoup moins abondante qu’aujourd’hui. J’avais donc beaucoup de questions et peu de réponses. Et comme on écrit souvent les livres qu’on n’a pas trouvés, je me suis lancé à corps perdu dans la recherche de cette histoire de Paris. Même si ma spécialité d’historien est le XVIIème siècle, travailler sur Paris oblige à devenir multicarte. On ne peut pas comprendre la ville sans son substrat antique, son héritage médiéval, ni bien sûr l’époque classique. Mais il faut aussi s’intéresser à Haussmann et Napoléon III. Et puis, comme simple citoyen et piéton, je vis comme tout le monde les transformations contemporaines, même si mes compétences dans ce domaine sont plus modestes.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 8, 2026 • 1h 1min
Thématique : Paris et son histoire, avec Alexandre Gady (1/2)
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne conversation entre Alexandre Gady, historien de Paris, et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 17 octobre 2025.PARIS ET SON HISTOIRE, AVEC ALEXANDRE GADYPhilippe Meyer :Bonjour, merci de nous avoir rejoints pour ce Nouvel Esprit Public consacré à Paris, à Paris aujourd’hui, mais aussi à son histoire. J’ai la chance d’avoir avec moi Alexandre Gady. Si vous deviez présenter vos lettres de créance personnelles et professionnelles pour être admis à Paris, que diriez-vous de votre rapport avec cette ville ?Alexandre Gady :Pour un petit banlieusard qui n’était jamais monté à la capitale avant ses 18 ans, parce que ses parents détestaient la foule parisienne, l’arrivée à Paris a été un choc. Je venais du sud des Yvelines, près de Rambouillet, une banlieue encore assez rurale. Et cette ville m’a pris dans ses bras. Très vite, j’ai eu envie de travailler sur cette masse d’architecture, d’urbanisme et de beauté qui contrastait si fortement avec ce que j’avais connu, et qui m’intriguait.À l’époque – je parle des années 85-86 – la littérature sur Paris était beaucoup moins abondante qu’aujourd’hui. J’avais donc beaucoup de questions et peu de réponses. Et comme on écrit souvent les livres qu’on n’a pas trouvés, je me suis lancé à corps perdu dans la recherche de cette histoire de Paris. Même si ma spécialité d’historien est le XVIIème siècle, travailler sur Paris oblige à devenir multicarte. On ne peut pas comprendre la ville sans son substrat antique, son héritage médiéval, ni bien sûr l’époque classique. Mais il faut aussi s’intéresser à Haussmann et Napoléon III. Et puis, comme simple citoyen et piéton, je vis comme tout le monde les transformations contemporaines, même si mes compétences dans ce domaine sont plus modestes.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 4, 2026 • 37min
Bada : Patrice de Moncan, historien de Paris
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne conversation entre Patrice de Moncan et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 5 décembre 2025.À Paris, 1 + 1 = 1 selon Patrice de Moncan. Il s'explique ainsi dans cette conversation avec Philippe Meyer : un appartement plus un appartement fait un appartement, plus grand mais unique. Dans la plus petite grande ville d'Europe, le logement est une affaire complexe, et mouvante. Cette conversation revient ainsi sur les grandes mutations des années 50, alors que naissent la co-propriété et les promoteurs immobiliers. L'essor des prix aidant, il devient impossible de transmettre des immeubles entiers en raison des droits de succession : la propriété se fragmente, sans permettre pour autant aux jeunes actifs d'accéder à la propriété. Les préemptions de la Ville depuis cinq ans, afin de créer des logements sociaux, semblent peu efficaces pour préserver l'antique diversité parisienne, en raison des prix trop élevés des loyers. Une histoire économique et commerciale de Paris reste encore à écrire, notamment en regard des questions foncières, si anciennes et tellement contemporaines.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Mar 1, 2026 • 1h 3min
Municipales : antichambre de 2027 ou élections locales ? / Quatre années de guerre : effets sur la Russie
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 27 février 2026.Avec cette semaine :Akram Belkaïd, journaliste au Monde diplomatique.Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.MUNICIPALES : ANTICHAMBRE DE 2027 OU ÉLECTIONS LOCALES ?Les élections municipales se tiendront les 15 et 22 mars prochains. Il s’y mêlera enjeux locaux et nationaux, peut-être d’autant plus que, cette année, le vote se tient tout juste un an avant l'élection présidentielle, un cas de figure qui ne s'est présenté qu'en 1965 et en 2001.Selon Émeric Bréhier, directeur de l'Observatoire de la vie politique de la Fondation Jean Jaurès, si LFI et le RN ont beaucoup à gagner de ces élections et chercheront à en faire un enjeu national, à l’inverse, le PS et LR essaieront avant tout de conserver les villes qu’ils détiennent, pour montrer qu’ils restent des partis qui comptent, qui ont une base locale solide et surtout qu’ils peuvent avoir une carte à jouer lors de la présidentielle. Alors que les regards se concentrent beaucoup sur les grandes villes, l’un des enjeux de ces élections devrait être le sort de nombre de moyennes et de petites municipalités qui pourraient basculer à l’extrême droite, mais, le Rassemblement national aborde les municipales avec l’onction des sondages nationaux, mais un ancrage local toujours fragile. Le parti de Jordan Bardella détient moins de 15 villes, dont une seule de plus de 100.000 habitants. Officiellement : pas d’objectif chiffré avancé, ni de villes visées.Au Havre, l’ancien Premier ministre, Édouard Philippe candidat à la présidentielle 2027, a lui-même lié son destin national à cette échéance locale. Un pari risqué. « Si j’échouais à convaincre les Havrais (...), je ne serais pas dans une bonne position pour espérer convaincre les Français », a-t-il déjà prévenu. Dans le camp présidentiel, en revanche, on semble déjà vouloir oublier ce scrutin avant même qu'il n'ait lieu, tant il s'annonce comme un révélateur de la faiblesse du macronisme à l'échelle locale.Selon un sondage Odoxa-Mascaret publié mardi pour Public Sénat et la presse régionale, 55 % des Français souhaitent l'élection d'un autre maire plutôt que la réélection de leur maire actuel au scrutin des 15 et 22 mars. Cette aspiration au changement est motivée par des enjeux locaux, en premier lieu : 76 % des sondés affirment qu'ils se prononceront en fonction d'enjeux « spécifiques à leur commune », tandis que 24 % auront des enjeux nationaux en tête. Ce dernier score est en progression de 5 points par rapport au mois de novembre, preuve, pour l’institut de sondage que ces municipales, premières élections convoquées après les législatives anticipées de juin 2024, dessineront la ligne de départ de la campagne pour l'élection présidentielle. C'est parmi les sympathisants de LFI (28 %) et du RN (27 %) que se trouvent le plus d'électeurs qui choisiront leur maire avec l'Élysée en point de mire.QUATRE ANNÉES DE GUERRE : EFFETS SUR LA RUSSIEAprès quatre ans de guerre en Ukraine, selon les évaluations concordantes des chercheurs et des services de renseignement occidentaux, on compte plus d’un million et demi de soldats russes hors de combat morts, blessés, prisonniers et disparus. Sur le terrain, d'après DeepState, collectif ukrainien de cartographie en sources ouvertes, la Russie a occupé en 2025 moins de 1 % du pays ukrainien. Analyses corroborées par l'Institut pour l'étude de la guerre. Mi-février, le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, évoquait environ 65.000 soldats russes tués ou blessés en l'espace de deux mois, qualifiant ces pertes de « folles ». Pour les alliés de l'Ukraine, ces chiffres interrogent la capacité de Moscou à maintenir durablement son effort de guerre sans décision politiquement risquée, comme une nouvelle vague de mobilisation.D’autant que l’économie russe se dégrade. Si au cours des premières années de guerre, dopée par le complexe militaro-industriel, l’économie russe a enregistré des croissances supérieures à la moyenne européenne, aujourd’hui, les signaux virent au rouge. Pour résorber la hausse du déficit budgétaire, qui devrait dépasser les 3,5 % à 4,4 % du PIB en 2026, le gouvernement doit financer un budget de la défense qui, en hausse de 30 % sur 2025-2027, engloutit 40 % des dépenses. Les revenus des hydrocarbures, qui composent l’habituel poumon économique du pays, s’effondrent à cause de la baisse des cours mondiaux et des effets des sanctions obligeant à vendre avec une décote. Le gouvernement cherche donc d’autres sources de revenus. Les consommateurs russes sont confrontés à l’inflation (5,6 % officiellement, bien au-delà de 10 % en réalité), la hausse des défauts de crédits bancaires, et la réduction des heures travaillées dans les usines.La guerre menée contre l’Ukraine s’accompagne d’une mise au pas de plus en plus violente de la société russe. Le taux de popularité de Vladimir Poutine ne semble pas fléchir : plus de 80 % des Russes disent approuver son action, selon Levada, le centre d’études d’opinion indépendant de l’Etat. Un chiffre à prendre cependant avec précaution comme dans tout pays où, sans liberté d’expression, les sondages sont menés dans un climat de peur et de délation. Sans opposition politique ni critiques dans la presse, sans société civile ni débats publics parmi les élites, cette popularité apparente cache une réalité : en quatre ans, la chape de plomb imposée par le Kremlin s’est alourdie. La répression ciblant une prétendue « cinquième colonne » s’est intensifiée : les défenseurs des droits humains recensent entre 3.000 et plus de 4.600 prisonniers politiques. Sur les écrans de télévision et sous les préaux des écoles, la propagande déroule son message : comme Staline, Poutine combat le nazisme ; comme durant la Grande Guerre patriotique, les opposants sont des traîtres.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Feb 25, 2026 • 20min
Bada : la fabrication humaine, avec Marie-Christine Delpech et Pascal Chind (2/2)
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne conversation entre Marie-Christine Delpech, Pascal Chind et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 13 février 2026.2 : Dans ce second épisode, les deux-coprésidents de l'association Fabrication humaine, Pascal Chind et Marie-Christine Delpech, nous expliquent l'importance de bien informer le public des conséquences de l'IA générative. Ils reviennent également sur certains de leurs partenariats, et sur les rencontres qui leur ont permis de faire avancer leur réflexion. Ils concluent en évoquant leur peur de la massification de la culture par les capacités infinies de l'IA, massification rimant avec automatisation, et donc homogénéisation.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.


