Collège de France - Sélection

Collège de France
undefined
Jan 18, 2007 • 50min

Leçon inaugurale - Jean-Paul Clozel : La Biotechnologie : de la science au médicament

Chaire d'Innovation technologique - Liliane BettencourtJean-Paul Clozel : Leçon inaugurale, le 18 janvier 2006La Biotechnologie : de la science au médicament
undefined
Nov 30, 2006 • 1h

Leçon inaugurale - Antoine Compagnon : La Littérature, pour quoi faire ?

Antoine CompagnonCollège de FranceLeçon inaugurale (30/11/2006)Chaire de Littérature moderne et contemporaine : Histoire, critique, théorieLa Littérature, pour quoi faire ?Auprès de la question théorique ou historique traditionnelle : « Qu'est-ce que la littérature ? », se pose avec plus d'urgence aujourd'hui une question critique et politique : « Que peut la littérature ? » Quelle valeur la société et la culture contemporaines attribuent-elles à la littérature ? Quelle utilité ? Quel rôle ? « Ma confiance en l'avenir de la littérature, déclarait Calvino, repose sur la certitude qu'il y a des choses que seule la littérature peut nous donner. » Ce credo serait-il encore le nôtre ?
undefined
Jun 1, 2006 • 56min

Leçon inaugurale - Jon Elster : Raison et raisons

Jon Elster Chaire Rationalité et sciences sociales Collège de France Leçon inaugurale - Jon Elster : Raison et raisons Date : 01 juin 2006 Résumé Le même mot latin, ratio, est à la racine de deux traditions intellectuelles à la fois très différentes et liées entre elles. Pour les moralistes, la raison a toujours été opposée aux passions et, chez les modernes, aux intérêts. Pour les économistes modernes, au contraire, le choix rationnel va souvent de pair avec l'intérêt, au point que la poursuite rationnelle de l'intérêt est devenue une hypothèse de base. L'opposé du rationnel est, bien entendu l'irrationnel, qui comprend non seulement les passions mais aussi divers biais cognitifs.La raison est une idée normative, qui est censée guider le comportement des agents dans l'espace public. La Bruyère note que « Ne songer qu'à soi et aux autres, source d'erreur en politique ». Pour corriger l'erreur, il faut considérer et les autres et l'avenir, dans une perspective impartiale qui donne le même poids à chaque personne et à chaque moment. En plus, il faut agir sur des croyances bien fondées, ce qui requiert un investissement optimal dans la collecte d'informations. On peut dire que l'inculcation de la raison est la tâche principale du précepteur du prince. La rationalité est une idée explicative, qui est censée pouvoir rendre compte de l'action en la ramenant aux raisons de l'agent, c'est-à-dire à ses motivations et à ses croyances, supposées bien fondées. Bien que l'hypothèse de l'action rationnelle se soit révélée fragile en tant que système explicatif, elle garde une importance normative dans le sens de produire des impératifs hypothétiques : si tu veux ceci, fais cela. Dans ce sens, la poursuite de la rationalité est la tâche du conseiller du prince. Il lui dit comment agir pour réaliser le plus efficacement ses fins, quelles qu'elles soient. Il ne lui incombe pas d'imposer les demandes de la raison. L'empire de la raison serait faible si elle n'était pas soutenue par la rationalité et l'amour-propre. En toute société, il existe une hiérarchie normative des motivations, selon laquelle on est blâmé de faire une certaine action par telle motivation, et loué d'avoir fait la même action par telle autre. Le plus souvent les mobiles désintéressés priment sur les mobiles intéressés. Un acteur rationnel qui n'est mû que par son intérêt aura donc intérêt à le cacher, afin de ne pas s'attirer des blâmes. Mais le besoin de l'estime des autres est sans doute moins important que le besoin d'estime de soi, ou l'amour-propre. Pour citer Jean Domat, « toute la déférence qu'a le cœur pour l'esprit est que, s'il n'agit pas par raison, il faut au moins croire qu'il agit par raison. »
undefined
Apr 27, 2006 • 1h 6min

Leçon inaugurale - Stanislas Dehaene : Vers une science de la vie mentale

Stanislas Dehaene Psychologie cognitive expérimentale Collège de France Année 2005-2006 Leçon inaugurale - Stanislas Dehaene : Vers une science de la vie mentale Date : 27 avril 2006 Résumé La leçon inaugurale a porté sur les lois de la psychologie et les stratégies de recherche qui pourraient permettre de les établir. « La psychologie est la science de la vie mentale. » Ainsi William James cernait-il, dès 1890, le domaine de ce qui allait devenir la psychologie cognitive. Celle-ci s'affirme comme une part intégrante des sciences de la vie, qui exploite toutes les méthodes de la biologie, depuis la génétique jusqu'à l'imagerie cérébrale ; mais une science de la vie mentale, qui tente d'énoncer des lois générales de la pensée, un domaine intime et subjectif que l'on aurait pu penser inaccessible à la méthode scientifique. La diversité des cultures, des personnalités, et des compétences humaines semble rendre hasardeux le projet d'une science psychologique unifiée, capable d'énoncer des lois d'une portée générale. De fait, depuis les vingt dernières années, les laboratoires de psychologie expérimentale se sont spécialisés, chacun s'attachant à comprendre un aspect restreint de la cognition. Par-delà les hasards de l'histoire évolutive et culturelle de l'espèce humaine, se pourrait-il pourtant que notre vie mentale soit régie par quelques principes généraux d'architecture cérébrale ? Renouant avec l'esprit du programme psychophysique de Fechner, Wundt, Ribot ou Piéron, la psychologie doit se donner un objectif ambitieux : pousser l'analyse des fonctions cognitives supérieures jusqu'à un niveau de formalisation comparable à celui de la physique, par la formulation de théories mathématiques et de modèles neuro-informatiques. Les lois psychologiques, même si elles peuvent être exprimées sous forme d'algorithmes formels, ne seront comprises en profondeur que lorsqu'elles auront été mises en relation avec les différents niveaux d'organisation du système nerveux. L'imagerie cérébrale présente ainsi une opportunité exceptionnelle d'approfondissement du champ de la psychologie. Loin de ne constituer qu'une « néo-phrénologie », elle donne accès à l'architecture fonctionnelle et aux mécanismes des fonctions cognitives, plus directement que la traditionnelle étude du comportement. Pour illustrer ces propos, la leçon inaugurale a présenté la dissection d'une fonction cognitive, l'arithmétique mentale, qui offre un prétexte à passer en revue quelques questions fondamentales d'architecture de la cognition animale et humaine. On pourrait penser que l'arithmétique n'est qu'une invention culturelle récente de l'humanité. Pourtant, un sens du nombre est présent chez le nourrisson et de nombreuses espèces animales. Il suit des lois psychophysiques simples qui régissent également la plupart des dimensions perceptives. Plus d'un siècle après leur formulation mathématique, ces lois reçoivent une validation directe avec la découverte, chez l'animal, de neurones codant pour les nombres, dans des régions homologues de celles observées dans le cerveau humain. Les propriétés de ces populations de neurones rendent compte des variations de nos temps de réponse dans des opérations arithmétiques simples. Les règles de la chronométrie mentale peuvent se déduire de la physique statistique de réseaux neuronaux qui implémentent, en première approximation, un algorithme de prise de décision optimale. Si l'on commence ainsi à comprendre les opérations mentales les plus automatiques, l'un des défis de la psychologie reste d'élucider les mécanismes de leur contrôle conscient. Loin de constituer le dernier refuge de la subjectivité, la cognition consciente suit également des lois psychologiques universelles. La compétition entre deux objets de perception, la collision de deux opérations mentales ou le détournement de l'attention créent des conditions reproductibles où l'on peut, à volonté, faire apparaître ou disparaître la perception consciente. Les recherches actuelles délimitent le contour des opérations subliminales et les contrastent aux états corticaux globaux et synchronisés observés lors de la prise de conscience. Elles laissent ainsi entrevoir une modélisation neuronale objective des contenus subjectifs de la conscience.
undefined
Apr 6, 2006 • 54min

Leçon inaugurale - Thomas Pavel : Comment écouter la littérature ?

Thomas Pavel Chaire internationale (2005-2006) Collège de France Leçon inaugurale : Comment écouter la littérature ? Date : 6 avril 2006 Résumé Ce projet prend pour objet l'ensemble des liens qui rattachent la littérature d'imagination à l'ensemble de nos préoccupations morales. En abordant cette thématique, déjà explorée par les travaux de Jacques Bouveresse et de Michel Zink, je souhaite me pencher en particulier sur la manière dont la littérature d'imagination met en valeur une dimension essentielle de la vie en commun, qui est celle de la difficulté que les êtres humains ont à se frayer une voie parmi le foisonnement des exigences éthiques. Mon point de départ, d'une grande simplicité, consiste à soutenir que la littérature d'imagination nous propose une multitude de cas individuels destinés à éclairer les difficultés de la pratique morale. L'œuvre littéraire accomplit cette tâche en exerçant sur nous une double action : poétique d'un côté, et fictionnelle de l'autre. La force de la poésie nous libère des nos attaches empiriques immédiates ; la poésie nous transporte. La fiction, quant à elle, nous installe ailleurs, au sein des mondes qu'elle évoque. Ces deux opérations sont complémentaires car, en nous arrachant à nos soucis quotidiens, l'exaltation poétique facilite notre immersion imaginaire dans les univers fictionnels.
undefined
Feb 23, 2006 • 49min

Leçon inaugurale - Maurice Bloch : L'anthropologie cognitive à l'épreuve du terrain

Maurice Bloch Chaire annuelle Européenne (2005-2006) Collège de France Leçon inaugurale : L'anthropologie cognitive à l'épreuve du terrain Date : 23 février 2006 Résumé Traditionnellement, les anthropologues mènent deux entreprises qui ne semblent pas avoir beaucoup en commun. D'une part, ils étudient de manière extrêmement minutieuse des petits groupes d'individus, souvent assez isolés des grands centres de la mondialisation, dont ils s'efforcent d'interpréter la conception du monde ou l'organisation sociale. D'autre part, ils échafaudent des théories générales concernant les comportements et les manières de penser de l'humanité dans sa globalité. Comment ces deux types d'activités peuvent-elles être reliées et dans quel but ? Il semble que la majorité des anthropologues contemporains considère comme peu intéressant le type d'approche visant à réunir ces deux pratiques puisqu'ils se livrent entièrement et exclusivement à l'une ou l'autre d'entre elles. Ainsi les départements universitaires d'anthropologie de par le monde sont-ils de plus en plus dominés par une ethnographie ayant abandonné toute ambition théorique générale. Par conséquent, les théoriciens se trouvent plus à l'aise en dehors des départements d'anthropologie classiques. Le problème se pose d'une manière particulièrement aiguë pour l'anthropologie cognitive car elle emprunte beaucoup de ses idées à des disciplines issues des sciences cognitives qui n'hésitent pas à généraliser au niveau de l'espèce. En revanche, elles ne s'intéressent que de manière anecdotique à des cas particuliers situés dans le temps et l'espace. Dans cette leçon inaugurale, Maurice Bloch propose de garder, à l'instar d'anthropologues comme Bronislaw Malinowski, Claude Lévi-Strauss ou Françoise Héritier, un pied dans chacune de ces deux entreprises. Ce n'est qu'ainsi, pense-t-il, que l'anthropologie est en mesure d'apporter une contribution originale et enrichissante aux autres disciplines des sciences humaines. Aussi a-t-il entrepris récemment un nouveau type de recherche dans le petit village de la forêt orientale malgache où il travaille depuis maintenant plus de trente ans. Utilisant des tests de psychologie cognitive développés à l'origine aux États-Unis, il a cherché à comparer de manière rigoureuse le développement cognitif des enfants malgaches avec celui des enfants américains testés au préalable par des collègues psychologues. Cependant, lors de son dernier séjour, en 2004, au lieu d'importer une grille d'interprétation développée par les scientifiques, il a demandé aux villageois d'interpréter eux-mêmes les résultats des expériences. Le test utilisé, dit test de « fausse croyance », avait eu une grande importance pour les théories récentes sur le développement chez les enfants de la compréhension de la nature du monde social. Ce test avait pour but de mettre en évidence le fait que les adultes agissent en termes non pas de la nature du monde mais de ce qu'ils croient être la nature du monde, et qu'ils le savent. Cette connaissance est essentielle pour vivre en société. Les enfants malgaches se sont comportés dans ces tests de manière similaire aux enfants américains ou européens, ce qui était attendu, mais le point central était l'observation de la manière dont les villageois interpréteraient la différence entre les très jeunes enfants, qui ne comprennent pas encore que les gens agissent selon ce qu'ils croient, et les enfants plus âgés, qui ont intégré cette réalité. Ce travail récent de Maurice Bloch a montré que les adultes malgaches comprennent cette étape essentielle du développement des enfants d'une manière étonnamment proche, sans lui être toutefois identique, de celle des scientifiques occidentaux. De ces observations, Maurice Bloch tire un certain nombre de conclusions qui seront exposées dans ce cycle de leçons. Le premier constat est que ce que les psychologues ont révélé par leurs expériences est plus proche du sens commun qu'on ne l'a souvent prétendu, et que, de ce fait, la théorie de l'esprit, nécessaire à la vie sociale, se situe à la frontière du conscient et du non conscient. Deuxième constat : ces données mettent en doute certaines théories anthropologiques, dues entre autres à Marcel Mauss, sur la nature culturelle de la notion de personne. Troisième constat : ces résultats permettent de revoir la relation entre l'ethnographie de terrain et la théorie généralisante.
undefined
Feb 2, 2006 • 1h 8min

Leçon inaugurale - Christian de Portzamparc : Architecture : figures du monde, figures du temps

Christian de PortzamparcChaire annuelle Création artistique (2005-2006) Collège de France Leçon inaugurale : Architecture : figures du monde, figures du tempsDate : 2 février 2006 « Je suis étonné que dans le monde d'aujourd'hui l'idée même d'architecture survive. Les plans d'une grande part de ce qui se construit dans le monde depuis cinquante ans sont faits par des bureaux techniques où il n'y a pas à proprement parler d'architecte, au sens de celui qui se porte responsable devant la collectivité et l'esprit du temps. Une architecture est une petite utopie qui s'est réalisée, un morceau de futur qui est advenu aujourd'hui, à une époque où il n'y a pas de doctrine qui donne forme au temps. » Christian de Portzamparc
undefined
Feb 10, 2005 • 43min

Leçon inaugurale - Sandro Stringari : L'aventure des gaz ultra-froids. Condensation de Bose-Einstein et superfluidité

Sandro Stringari Chaire annuelle Européenne (2004-2005) Collège de France Leçon inaugurale - Sandro Stringari : L'aventure des gaz ultra-froids. Condensation de Bose-Einstein et superfluidité Date : 10 février 2005 Résumé À très basse température, le mouvement des atomes ne peut plus être décrit par les lois classiques de la mécanique newtonienne, mais suit plutôt celles de la mécanique quantique. Les atomes de certains gaz perdent alors leur identité. Ainsi, dans la condensation de Bose-Einstein (théoriquement prédite dès 1925, mais réalisée expérimentalement en 1995 seulement), les ondes des atomes se fondent dans une seule onde géante de matière et le système se comporte comme la lumière dans un faisceau laser. La superfluidité se manifeste par la disparition de la viscosité.
undefined
Nov 18, 2004 • 51min

Leçon inaugurale - Celâl Sengör : L'Histoire d'une science est la science elle-même : le cas de la tectonique

Celâl Sengör Chaire annuelle Internationale (2004-2005) Collège de France Leçon inaugurale - Celâl Sengör : L'Histoire d'une science est la science elle-même : le cas de la tectonique Date : 18 novembre 2004 Résumé Toute l'histoire de la tectonique – cette branche de la géologie qui étudie la structure et l?évolution structurelle de la couverture rocheuse de la Terre – est celle du conflit entre deux « écoles » de pensée, guidées chacune par une « image directrice » : l'école « catastrophiste » qui croit en un univers régulier et déterministe à comportement catastrophiste ; et l'école « uniformitariste » qui croit en un univers irrégulier (et en principe indéterministe) au comportement uniforme. Cette histoire est ici contée « à rebours », du XXe siècle aux présocratiques.
undefined
May 13, 2004 • 1h 11min

Leçon inaugurale - Jean-Louis Mandel : Gènes et maladies : les domaines de la génétique humaine

Jean-Louis Mandel Chaire Génétique humaine (2003-2016) Collège de France Leçon inaugurale : Gènes et maladies : les domaines de la génétique humaine Date : 13 mai 2004 Résumé La génétique humaine analyse la contribution des gènes aux questions fondamentales « D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? ». C'est également une discipline médicale qui veut contribuer à prévenir ou traiter les maladies dont les causes résident au moins partiellement dans les variations individuelles de la séquence des gènes, notamment celles dont les mutations dans un seul gène sont la cause première, maladies individuellement rares, mais dont l'impact cumulé est majeur en termes de handicaps physiques, sensoriels et mentaux, et de mortalité précoce.

The AI-powered Podcast Player

Save insights by tapping your headphones, chat with episodes, discover the best highlights - and more!
App store bannerPlay store banner
Get the app