Collège de France - Sélection

Collège de France
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Nov 30, 2023 • 33min

Colloque - La ville du futur : Matière, énergie, urbanisation : une histoire sans transition

Grand événementCollège de FranceLa ville du futurAnnée 2023-2£024Colloque - La ville du futur : Matière, énergie, urbanisation : une histoire sans transitionIntervenant(s)Jean-Baptiste Fressoz, ENS, LSE, thèse d'histoire IUE/EHESS, maître de conférences à Imperial College Londres, chargé de recherche au CNRSRésuméEn matière de construction comme en matière d'énergie, le nouveau ne fait pas disparaître l'ancien. L'extraordinaire ascension du béton entre 1950 et 2000, loin d'éradiquer les autres matériaux de construction, a permis leur croissance : le verre bien sûr, l'acier, le bois mais aussi la brique qu'il concurrence pourtant directement. Sous le règne du béton chaque matériau trouve son utilité. Parce que la ville de futur (2050) ressemblera à s'y méprendre à celle du présent, le futurisme n'est pas un bon guide quand il s'agit de penser le défi climatique.------------Le futur est dans la ville. En 2022, 56 % de la population mondiale, soit environ 4,4 milliards d'habitants, vivaient en milieu urbain. Cette tendance, si elle se maintenait, ferait que d'ici 2050, 7 personnes sur 10 seront citadines.Cette concentration humaine est source de richesse économique et culturelle, mais induit évidemment des risques, des fragilités, des inégalités parfois extrêmes. Elle est aussi génératrice d'effets environnementaux indésirables. La Banque mondiale estime que les villes représentent actuellement près des 2/3 de la consommation mondiale d'énergie et 70 % des émissions planétaires de gaz à effet de serre. Responsable certes, mais aussi victime de l'accélération des changements environnementaux, en particulier climatiques, caractéristiques de l'anthropocène.Ainsi s'impose la nécessité d'adapter les grands ensembles urbains à ces défis environnementaux. Certaines métropoles sont menacées par la montée des eaux océaniques. D'autres – parfois les mêmes – sont menacées par les accidents climatiques extrêmes, précipitations massives génératrices d'inondations brutales, canicules, voire simplement augmentation soutenue des températures moyennes impactant violemment populations et infrastructures urbaines. À ces défis vient s'ajouter la gestion du risque sanitaire : qualité et disponibilité de l'eau, risque épidémique, maladies liées à la pollution. L'« exposome urbain » reste à appréhender dans sa globalité, sans parler des altérations de la biodiversité microbienne, animale et végétale.Ces pressions environnementales, devenues globales – à des degrés variables – à l'échelle planétaire, sont aussi de puissants révélateurs et moteurs d'inégalités, que ce soit dans une seule et même ville où elles creusent un fossé entre populations aisées et populations marginalisées ou entre des villes situées sur des continents et dans des contextes socioéconomiques différents. L'urbanisation galopante est ainsi principalement portée par la poursuite du développement en Afrique et en Asie.Les politiques de la ville devront tenir compte de ces exigences d'adaptation, à l'intersection des impératifs socio-économiques, environnementaux, climatiques et sanitaires, pour bâtir un espace urbain résilient et accueillant pour tous. Elles pourront s'inspirer d'exemples d'adaptabilité de métropoles soumises de longue date aux excès climatiques. L'acceptabilité sociale et économique des adaptations indispensables à la conception de la ville du futur est un autre défi pour les politiques urbaines à venir.Le Collège de France, par le biais de son initiative Avenir Commun Durable, espère apporter une contribution aux réflexions sur ces questions complexes. Pour ce faire, il s'appuie sur un panel large d'intervenants couvrant un vaste champ de disciplines.À quoi donc ressemblera la ville du futur ?L'initiative Avenir Commun Durable bénéficie du soutien de la Fondation du Collège de France, de ses grands mécènes La Fondation Covéa et TotalEnergies et de ses mécènes Faurecia et Saint-Gobain.
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Nov 30, 2023 • 39min

Colloque - La ville du futur : L'émergence du risque environnemental urbain et sa régulation aux XVIIIe et XIXe siècles

Grand événementCollège de FranceLa ville du futurAnnée 2023-2£024Colloque - La ville du futur : L'émergence du risque environnemental urbain et sa régulation aux XVIIIe et XIXe sièclesIntervenant(s)Thomas Le Roux, historien de l'environnement, chargé de recherche au CNRS et directeur du Centre de recherches historiques------------Le futur est dans la ville. En 2022, 56 % de la population mondiale, soit environ 4,4 milliards d'habitants, vivaient en milieu urbain. Cette tendance, si elle se maintenait, ferait que d'ici 2050, 7 personnes sur 10 seront citadines.Cette concentration humaine est source de richesse économique et culturelle, mais induit évidemment des risques, des fragilités, des inégalités parfois extrêmes. Elle est aussi génératrice d'effets environnementaux indésirables. La Banque mondiale estime que les villes représentent actuellement près des 2/3 de la consommation mondiale d'énergie et 70 % des émissions planétaires de gaz à effet de serre. Responsable certes, mais aussi victime de l'accélération des changements environnementaux, en particulier climatiques, caractéristiques de l'anthropocène.Ainsi s'impose la nécessité d'adapter les grands ensembles urbains à ces défis environnementaux. Certaines métropoles sont menacées par la montée des eaux océaniques. D'autres – parfois les mêmes – sont menacées par les accidents climatiques extrêmes, précipitations massives génératrices d'inondations brutales, canicules, voire simplement augmentation soutenue des températures moyennes impactant violemment populations et infrastructures urbaines. À ces défis vient s'ajouter la gestion du risque sanitaire : qualité et disponibilité de l'eau, risque épidémique, maladies liées à la pollution. L'« exposome urbain » reste à appréhender dans sa globalité, sans parler des altérations de la biodiversité microbienne, animale et végétale.Ces pressions environnementales, devenues globales – à des degrés variables – à l'échelle planétaire, sont aussi de puissants révélateurs et moteurs d'inégalités, que ce soit dans une seule et même ville où elles creusent un fossé entre populations aisées et populations marginalisées ou entre des villes situées sur des continents et dans des contextes socioéconomiques différents. L'urbanisation galopante est ainsi principalement portée par la poursuite du développement en Afrique et en Asie.Les politiques de la ville devront tenir compte de ces exigences d'adaptation, à l'intersection des impératifs socio-économiques, environnementaux, climatiques et sanitaires, pour bâtir un espace urbain résilient et accueillant pour tous. Elles pourront s'inspirer d'exemples d'adaptabilité de métropoles soumises de longue date aux excès climatiques. L'acceptabilité sociale et économique des adaptations indispensables à la conception de la ville du futur est un autre défi pour les politiques urbaines à venir.Le Collège de France, par le biais de son initiative Avenir Commun Durable, espère apporter une contribution aux réflexions sur ces questions complexes. Pour ce faire, il s'appuie sur un panel large d'intervenants couvrant un vaste champ de disciplines.À quoi donc ressemblera la ville du futur ?L'initiative Avenir Commun Durable bénéficie du soutien de la Fondation du Collège de France, de ses grands mécènes La Fondation Covéa et TotalEnergies et de ses mécènes Faurecia et Saint-Gobain.
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Nov 30, 2023 • 28min

Colloque - La ville du futur : Paris-New York vus par Breton, Marx Ernst et Claude Lévi-Strauss : le carambolage des temps

Grand événementCollège de FranceLa ville du futurAnnée 2023-2£024Colloque - La ville du futur : Paris-New York vus par Breton, Marx Ernst et Claude Lévi-Strauss : le carambolage des tempsIntervenant(s)Emmanuelle Loyer, professeur d'histoire contemporaine, Sciences Po ParisRésuméNew York, ville de l'exil des surréalistes et de l'ethnologue Claude Lévi-Strauss, est la capitale du moderne, mais aussi le refuge de l'archaïque. « Caverne d'Ali Baba », elle ménage des issues dérobées et permet d'échapper au temps de l'Histoire.------------Le futur est dans la ville. En 2022, 56 % de la population mondiale, soit environ 4,4 milliards d'habitants, vivaient en milieu urbain. Cette tendance, si elle se maintenait, ferait que d'ici 2050, 7 personnes sur 10 seront citadines.Cette concentration humaine est source de richesse économique et culturelle, mais induit évidemment des risques, des fragilités, des inégalités parfois extrêmes. Elle est aussi génératrice d'effets environnementaux indésirables. La Banque mondiale estime que les villes représentent actuellement près des 2/3 de la consommation mondiale d'énergie et 70 % des émissions planétaires de gaz à effet de serre. Responsable certes, mais aussi victime de l'accélération des changements environnementaux, en particulier climatiques, caractéristiques de l'anthropocène.Ainsi s'impose la nécessité d'adapter les grands ensembles urbains à ces défis environnementaux. Certaines métropoles sont menacées par la montée des eaux océaniques. D'autres – parfois les mêmes – sont menacées par les accidents climatiques extrêmes, précipitations massives génératrices d'inondations brutales, canicules, voire simplement augmentation soutenue des températures moyennes impactant violemment populations et infrastructures urbaines. À ces défis vient s'ajouter la gestion du risque sanitaire : qualité et disponibilité de l'eau, risque épidémique, maladies liées à la pollution. L'« exposome urbain » reste à appréhender dans sa globalité, sans parler des altérations de la biodiversité microbienne, animale et végétale.Ces pressions environnementales, devenues globales – à des degrés variables – à l'échelle planétaire, sont aussi de puissants révélateurs et moteurs d'inégalités, que ce soit dans une seule et même ville où elles creusent un fossé entre populations aisées et populations marginalisées ou entre des villes situées sur des continents et dans des contextes socioéconomiques différents. L'urbanisation galopante est ainsi principalement portée par la poursuite du développement en Afrique et en Asie.Les politiques de la ville devront tenir compte de ces exigences d'adaptation, à l'intersection des impératifs socio-économiques, environnementaux, climatiques et sanitaires, pour bâtir un espace urbain résilient et accueillant pour tous. Elles pourront s'inspirer d'exemples d'adaptabilité de métropoles soumises de longue date aux excès climatiques. L'acceptabilité sociale et économique des adaptations indispensables à la conception de la ville du futur est un autre défi pour les politiques urbaines à venir.Le Collège de France, par le biais de son initiative Avenir Commun Durable, espère apporter une contribution aux réflexions sur ces questions complexes. Pour ce faire, il s'appuie sur un panel large d'intervenants couvrant un vaste champ de disciplines.À quoi donc ressemblera la ville du futur ?L'initiative Avenir Commun Durable bénéficie du soutien de la Fondation du Collège de France, de ses grands mécènes La Fondation Covéa et TotalEnergies et de ses mécènes Faurecia et Saint-Gobain.
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Nov 30, 2023 • 50min

Colloque - La ville du futur : Métropolisation : comment les grandes cités ont pensé et construit leur futur

Grand événementCollège de FranceLa ville du futurAnnée 2023-2£024Colloque - La ville du futur : Métropolisation : comment les grandes cités ont pensé et construit leur futurIntervenant(s)Patrick Boucheron, Professeur du Collège de France------------Le futur est dans la ville. En 2022, 56 % de la population mondiale, soit environ 4,4 milliards d'habitants, vivaient en milieu urbain. Cette tendance, si elle se maintenait, ferait que d'ici 2050, 7 personnes sur 10 seront citadines.Cette concentration humaine est source de richesse économique et culturelle, mais induit évidemment des risques, des fragilités, des inégalités parfois extrêmes. Elle est aussi génératrice d'effets environnementaux indésirables. La Banque mondiale estime que les villes représentent actuellement près des 2/3 de la consommation mondiale d'énergie et 70 % des émissions planétaires de gaz à effet de serre. Responsable certes, mais aussi victime de l'accélération des changements environnementaux, en particulier climatiques, caractéristiques de l'anthropocène.Ainsi s'impose la nécessité d'adapter les grands ensembles urbains à ces défis environnementaux. Certaines métropoles sont menacées par la montée des eaux océaniques. D'autres – parfois les mêmes – sont menacées par les accidents climatiques extrêmes, précipitations massives génératrices d'inondations brutales, canicules, voire simplement augmentation soutenue des températures moyennes impactant violemment populations et infrastructures urbaines. À ces défis vient s'ajouter la gestion du risque sanitaire : qualité et disponibilité de l'eau, risque épidémique, maladies liées à la pollution. L'« exposome urbain » reste à appréhender dans sa globalité, sans parler des altérations de la biodiversité microbienne, animale et végétale.Ces pressions environnementales, devenues globales – à des degrés variables – à l'échelle planétaire, sont aussi de puissants révélateurs et moteurs d'inégalités, que ce soit dans une seule et même ville où elles creusent un fossé entre populations aisées et populations marginalisées ou entre des villes situées sur des continents et dans des contextes socioéconomiques différents. L'urbanisation galopante est ainsi principalement portée par la poursuite du développement en Afrique et en Asie.Les politiques de la ville devront tenir compte de ces exigences d'adaptation, à l'intersection des impératifs socio-économiques, environnementaux, climatiques et sanitaires, pour bâtir un espace urbain résilient et accueillant pour tous. Elles pourront s'inspirer d'exemples d'adaptabilité de métropoles soumises de longue date aux excès climatiques. L'acceptabilité sociale et économique des adaptations indispensables à la conception de la ville du futur est un autre défi pour les politiques urbaines à venir.Le Collège de France, par le biais de son initiative Avenir Commun Durable, espère apporter une contribution aux réflexions sur ces questions complexes. Pour ce faire, il s'appuie sur un panel large d'intervenants couvrant un vaste champ de disciplines.À quoi donc ressemblera la ville du futur ?L'initiative Avenir Commun Durable bénéficie du soutien de la Fondation du Collège de France, de ses grands mécènes La Fondation Covéa et TotalEnergies et de ses mécènes Faurecia et Saint-Gobain.
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Nov 30, 2023 • 15min

Colloque - La ville du futur : Discours d'accueil

Grand événementCollège de FranceLa ville du futurAnnée 2023-2£024Colloque - La ville du futur : Discours d'accueilIntervenant(s)Thomas Römer, Professeur et administrateur du Collège de FranceJean-Marie Tarascon, Professeur du Collège de FrancePhilippe Sansonetti, Professeur du Collège de FrancePatrick Boucheron, Professeur du Collège de France------------Le futur est dans la ville. En 2022, 56 % de la population mondiale, soit environ 4,4 milliards d'habitants, vivaient en milieu urbain. Cette tendance, si elle se maintenait, ferait que d'ici 2050, 7 personnes sur 10 seront citadines.Cette concentration humaine est source de richesse économique et culturelle, mais induit évidemment des risques, des fragilités, des inégalités parfois extrêmes. Elle est aussi génératrice d'effets environnementaux indésirables. La Banque mondiale estime que les villes représentent actuellement près des 2/3 de la consommation mondiale d'énergie et 70 % des émissions planétaires de gaz à effet de serre. Responsable certes, mais aussi victime de l'accélération des changements environnementaux, en particulier climatiques, caractéristiques de l'anthropocène.Ainsi s'impose la nécessité d'adapter les grands ensembles urbains à ces défis environnementaux. Certaines métropoles sont menacées par la montée des eaux océaniques. D'autres – parfois les mêmes – sont menacées par les accidents climatiques extrêmes, précipitations massives génératrices d'inondations brutales, canicules, voire simplement augmentation soutenue des températures moyennes impactant violemment populations et infrastructures urbaines. À ces défis vient s'ajouter la gestion du risque sanitaire : qualité et disponibilité de l'eau, risque épidémique, maladies liées à la pollution. L'« exposome urbain » reste à appréhender dans sa globalité, sans parler des altérations de la biodiversité microbienne, animale et végétale.Ces pressions environnementales, devenues globales – à des degrés variables – à l'échelle planétaire, sont aussi de puissants révélateurs et moteurs d'inégalités, que ce soit dans une seule et même ville où elles creusent un fossé entre populations aisées et populations marginalisées ou entre des villes situées sur des continents et dans des contextes socioéconomiques différents. L'urbanisation galopante est ainsi principalement portée par la poursuite du développement en Afrique et en Asie.Les politiques de la ville devront tenir compte de ces exigences d'adaptation, à l'intersection des impératifs socio-économiques, environnementaux, climatiques et sanitaires, pour bâtir un espace urbain résilient et accueillant pour tous. Elles pourront s'inspirer d'exemples d'adaptabilité de métropoles soumises de longue date aux excès climatiques. L'acceptabilité sociale et économique des adaptations indispensables à la conception de la ville du futur est un autre défi pour les politiques urbaines à venir.Le Collège de France, par le biais de son initiative Avenir Commun Durable, espère apporter une contribution aux réflexions sur ces questions complexes. Pour ce faire, il s'appuie sur un panel large d'intervenants couvrant un vaste champ de disciplines.À quoi donc ressemblera la ville du futur ?L'initiative Avenir Commun Durable bénéficie du soutien de la Fondation du Collège de France, de ses grands mécènes La Fondation Covéa et TotalEnergies et de ses mécènes Faurecia et Saint-Gobain.
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Nov 23, 2023 • 1h 3min

Cycle Europe - Justine Lacroix 4/4 : Les valeurs de l'Europe et l'indétermination démocratique - Les droits humains, entre libre marché et principe de responsabilité

Samantha BessonCollège de FranceAnnée 2023-2024Droit international des institutionsConférencier invité - Justine Lacroix : Les valeurs de l'Europe et l'indétermination démocratique 4/4 - Les droits humains, entre libre marché et principe de responsabilitéPrésentationCette série de quatre conférences de Justine Lacroix s'inscrit dans le cadre du cycle Europe du Collège de France. En 2023-2024, ce cycle est consacré au thème L'Europe démocratique.Le recours au répertoire des valeurs est devenu omniprésent tant dans les espaces publics nationaux que dans les stratégies de communication et de mobilisation des institutions européennes. Cette invocation récurrente de nos valeurs communes éclipse le caractère conflictuel des interprétations à donner aux principes qui structurent un espace public démocratique. L'objectif de cette première série de conférences est de se saisir d'un certain nombre de principes proclamés dans le préambule de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne en vue de montrer les tensions dont ils sont porteurs. Il en va ainsi de l'affirmation selon laquelle « l'Union européenne repose sur le principe de la démocratie et de l'État de droit ».Cette association ne semble plus aller de soi comme c'était le cas au début des années 2000, date de proclamation de la Charte. D'où la nécessité de rappeler les liens compliqués, et néanmoins inextricables tissés entre les principes de la liberté individuelle et ceux de l'autodétermination collective (1) et de maintenir le sens des distinctions entre libéralisme, néo-libéralisme et autoritarisme (2). Le préambule de la Charte mentionne également la volonté d'établir un « espace de liberté, sécurité et justice ».Ces trois notions ne se laissent pas aisément concilier à l'heure où l'impératif de sécurité conduit au recul d'un certain nombre de libertés (3), et où la place donnée à la liberté d'entreprendre dans l'ensemble européen peut sembler nous éloigner des promesses de l'égalité et des exigences de la justice sociale (4). La conviction qui anime ces conférences est que les droits humains restent pertinents pour penser l'action démocratique en raison de leur indétermination et de leur potentialité autocritique par rapport aux usages dont ils font l'objet et aux conséquences qu'ils peuvent avoir. Loin d'être une communauté monolithique unie autour de valeurs supposées consensuelles, l'Europe démocratique devrait davantage être comprise comme le lieu d'un affrontement civilisé entre diverses interprétations des droits proclamés dans la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.RésuméPour nombre d'observateurs, le primat conféré aux droits individuels dans l'ensemble européen serait le symptôme d'une renonciation aux promesses de l'égalité et aux exigences de la solidarité sociale. L'usage fait de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne alimenterait un individualisme de la déliaison radicale qui occulte la réalité des rapports de force sur le terrain et néglige les solidarités collectives. Cette critique a une part de vérité. Cependant, le fait que les droits humains aient parfois pu servir d'alibi à l'abandon d'un vrai projet solidaire ne devrait pas conduire à les déserter, mais plutôt à explorer leurs ressources internes qui pourraient venir appuyer des politiques sociales ou écologiques ambitieuses. Cet effort d'élucidation suppose de s'interroger sur les apports et les ambivalences des concepts de « responsabilités » et de « devoirs » mentionnés dans le préambule de la Charte.
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Nov 22, 2023 • 59min

Cycle Europe - Justine Lacroix 3/4 : Les valeurs de l'Europe et l'indétermination démocratique - Impératif de sécurité et droits à la sûreté

Samantha BessonCollège de FranceAnnée 2023-2024Droit international des institutionsConférencier invité - Justine Lacroix : Les valeurs de l'Europe et l'indétermination démocratique 3/4 - Impératif de sécurité et droits à la sûretéPrésentationCette série de quatre conférences de Justine Lacroix s'inscrit dans le cadre du cycle Europe du Collège de France. En 2023-2024, ce cycle est consacré au thème L'Europe démocratique.Le recours au répertoire des valeurs est devenu omniprésent tant dans les espaces publics nationaux que dans les stratégies de communication et de mobilisation des institutions européennes. Cette invocation récurrente de nos valeurs communes éclipse le caractère conflictuel des interprétations à donner aux principes qui structurent un espace public démocratique. L'objectif de cette première série de conférences est de se saisir d'un certain nombre de principes proclamés dans le préambule de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne en vue de montrer les tensions dont ils sont porteurs. Il en va ainsi de l'affirmation selon laquelle « l'Union européenne repose sur le principe de la démocratie et de l'État de droit ».Cette association ne semble plus aller de soi comme c'était le cas au début des années 2000, date de proclamation de la Charte. D'où la nécessité de rappeler les liens compliqués, et néanmoins inextricables tissés entre les principes de la liberté individuelle et ceux de l'autodétermination collective (1) et de maintenir le sens des distinctions entre libéralisme, néo-libéralisme et autoritarisme (2). Le préambule de la Charte mentionne également la volonté d'établir un « espace de liberté, sécurité et justice ».Ces trois notions ne se laissent pas aisément concilier à l'heure où l'impératif de sécurité conduit au recul d'un certain nombre de libertés (3), et où la place donnée à la liberté d'entreprendre dans l'ensemble européen peut sembler nous éloigner des promesses de l'égalité et des exigences de la justice sociale (4). La conviction qui anime ces conférences est que les droits humains restent pertinents pour penser l'action démocratique en raison de leur indétermination et de leur potentialité autocritique par rapport aux usages dont ils font l'objet et aux conséquences qu'ils peuvent avoir. Loin d'être une communauté monolithique unie autour de valeurs supposées consensuelles, l'Europe démocratique devrait davantage être comprise comme le lieu d'un affrontement civilisé entre diverses interprétations des droits proclamés dans la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.RésuméLe préambule de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne mentionne la volonté d'instituer un espace de « liberté, de sécurité et de justice ». Comment articuler ces notions notamment au regard de l'article 6 de cette même charte consacré au droit à la liberté et à la sûreté ? Au cours des deux dernières décennies, l'impératif de sécurité s'est progressivement substitué au droit à la sûreté dans les discours, et parfois les pratiques de nombre d'États européens, au risque de porter atteinte à la liberté politique et de rouvrir la voie à un esprit de vengeance au détriment du sens de la justice. À partir d'une élucidation du sens politique du droit à la sûreté puis des risques attachés à la mise en avant d'un droit à la sécurité, cette conférence se propose de concevoir la sécurité sur le mode d'une libération, à savoir une condition nécessaire à la liberté qui doit être un des objectifs des pouvoirs publics.
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Nov 16, 2023 • 51min

Cycle Europe - Justine Lacroix 2/4 : Les valeurs de l'Europe et l'indétermination démocratique - Le libéralisme autoritaire ou l'identification des contraires

Samantha BessonCollège de FranceAnnée 2023-2024Droit international des institutionsConférencier invité - Justine Lacroix : Les valeurs de l'Europe et l'indétermination démocratique 2/4 - Le libéralisme autoritaire ou l'identification des contrairesPrésentationCette série de quatre conférences de Justine Lacroix s'inscrit dans le cadre du cycle Europe du Collège de France. En 2023-2024, ce cycle est consacré au thème L'Europe démocratique.Le recours au répertoire des valeurs est devenu omniprésent tant dans les espaces publics nationaux que dans les stratégies de communication et de mobilisation des institutions européennes. Cette invocation récurrente de nos valeurs communes éclipse le caractère conflictuel des interprétations à donner aux principes qui structurent un espace public démocratique. L'objectif de cette première série de conférences est de se saisir d'un certain nombre de principes proclamés dans le préambule de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne en vue de montrer les tensions dont ils sont porteurs. Il en va ainsi de l'affirmation selon laquelle « l'Union européenne repose sur le principe de la démocratie et de l'État de droit ».Cette association ne semble plus aller de soi comme c'était le cas au début des années 2000, date de proclamation de la Charte. D'où la nécessité de rappeler les liens compliqués, et néanmoins inextricables tissés entre les principes de la liberté individuelle et ceux de l'autodétermination collective (1) et de maintenir le sens des distinctions entre libéralisme, néo-libéralisme et autoritarisme (2). Le préambule de la Charte mentionne également la volonté d'établir un « espace de liberté, sécurité et justice ».Ces trois notions ne se laissent pas aisément concilier à l'heure où l'impératif de sécurité conduit au recul d'un certain nombre de libertés (3), et où la place donnée à la liberté d'entreprendre dans l'ensemble européen peut sembler nous éloigner des promesses de l'égalité et des exigences de la justice sociale (4). La conviction qui anime ces conférences est que les droits humains restent pertinents pour penser l'action démocratique en raison de leur indétermination et de leur potentialité autocritique par rapport aux usages dont ils font l'objet et aux conséquences qu'ils peuvent avoir. Loin d'être une communauté monolithique unie autour de valeurs supposées consensuelles, l'Europe démocratique devrait davantage être comprise comme le lieu d'un affrontement civilisé entre diverses interprétations des droits proclamés dans la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.RésuméDans la période récente, une formule s'est imposée dans nombre de cercles universitaires et militants pour désigner l'Union européenne : celle d'un libéralisme autoritaire qui serait inscrit dans le logiciel néo-libéral ou ordo-libéral des traités européens. L'origine de l'expression remonte aux derniers jours de la République de Weimar quand le juriste Hermann Heller la mobilise en réponse à un discours de Carl Schmitt devant le patronat allemand. Intitulé « État fort et économie saine », ce discours de Schmitt de 1933 donnerait, pour nombre d'auteurs, le motif fondamental qui informe les politiques développées dans le cadre de l'Union européenne depuis plus d'un demi-siècle. Pourtant, la thèse d'une affinité conceptuelle et politique entre Schmitt et l'ordo-libéralisme allemand et, au-delà, avec le néolibéralisme et la construction européenne soulève trois difficultés majeures qui ont trait aux rapports entre Schmitt et le libéralisme, à un usage abusif du concept d'autoritarisme et à une réduction du libéralisme à une défense de l'ordre du marché. D'où l'importance de maintenir le sens des distinctions entre constitutionnalisme du marché et autoritarisme, entre libéralisme, néolibéralisme et capitalisme afin d'éviter de faire d'un oxymore une des clés d'appréhension du monde contemporain.
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Nov 15, 2023 • 51min

Cycle Europe - Justine Lacroix 1/4 : Les valeurs de l'Europe et l'indétermination démocratique - Une démocratie sans libertés ? Réflexions sur la notion de démocratie illibérale

Samantha BessonCollège de FranceAnnée 2023-2024Droit international des institutionsConférencier invité - Justine Lacroix : Les valeurs de l'Europe et l'indétermination démocratique 1/4 - Une démocratie sans libertés ? Réflexions sur la notion de démocratie illibéralePrésentationCette série de quatre conférences de Justine Lacroix s'inscrit dans le cadre du cycle Europe du Collège de France. En 2023-2024, ce cycle est consacré au thème L'Europe démocratique.Le recours au répertoire des valeurs est devenu omniprésent tant dans les espaces publics nationaux que dans les stratégies de communication et de mobilisation des institutions européennes. Cette invocation récurrente de nos valeurs communes éclipse le caractère conflictuel des interprétations à donner aux principes qui structurent un espace public démocratique. L'objectif de cette première série de conférences est de se saisir d'un certain nombre de principes proclamés dans le préambule de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne en vue de montrer les tensions dont ils sont porteurs. Il en va ainsi de l'affirmation selon laquelle « l'Union européenne repose sur le principe de la démocratie et de l'État de droit ».Cette association ne semble plus aller de soi comme c'était le cas au début des années 2000, date de proclamation de la Charte. D'où la nécessité de rappeler les liens compliqués, et néanmoins inextricables tissés entre les principes de la liberté individuelle et ceux de l'autodétermination collective (1) et de maintenir le sens des distinctions entre libéralisme, néo-libéralisme et autoritarisme (2). Le préambule de la Charte mentionne également la volonté d'établir un « espace de liberté, sécurité et justice ».Ces trois notions ne se laissent pas aisément concilier à l'heure où l'impératif de sécurité conduit au recul d'un certain nombre de libertés (3), et où la place donnée à la liberté d'entreprendre dans l'ensemble européen peut sembler nous éloigner des promesses de l'égalité et des exigences de la justice sociale (4). La conviction qui anime ces conférences est que les droits humains restent pertinents pour penser l'action démocratique en raison de leur indétermination et de leur potentialité autocritique par rapport aux usages dont ils font l'objet et aux conséquences qu'ils peuvent avoir. Loin d'être une communauté monolithique unie autour de valeurs supposées consensuelles, l'Europe démocratique devrait davantage être comprise comme le lieu d'un affrontement civilisé entre diverses interprétations des droits proclamés dans la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.RésuméAu cours de la dernière décennie, la montée de régimes politiques à la fois électifs et autoritaires a donné du crédit à l'idée selon laquelle l'État de droit et le respect des libertés ne seraient que les formes d'une limitation libérale de la démocratie. Ce postulat, que partagent aussi bien les critiques que de nombreux défenseurs des droits humains, peut alimenter soit le repli inconditionnel sur les droits humains contre les aléas de la démocratie, soit la revendication d'une démocratie supposée plus authentique où la volonté du peuple primerait sur les libertés individuelles. Mais il ne s'agit là que d'un contresens (ou d'un subterfuge) qui manque le sens de l'expérience démocratique, confond le peuple avec l'affirmation d'une identité homogène et rabat les droits de l'homme du seul côté du libéralisme.
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Nov 14, 2023 • 1h 53min

Grand événement - Cérémonie de remise des prix du Collège de France 2023

Grand événement - Cérémonie de remise des prix du Collège de France 2023Le Collège de France décerne chaque année des prix scientifiques à des chercheuses et des chercheurs choisis pour l'excellence de leurs parcours. Une cérémonie publique de remise des prix s'est tenue dans le grand amphithéâtre Marguerite de Navarre, le mardi 14 novembre 2023.https://www.college-de-france.fr/fr/actualites/ceremonie-de-remise-des-prix-du-college-de-france-2023Sept jeunes chercheurs, récompensés par les prix scientifiques 2023 du Collège de France, participeront à la table ronde « Jeunes chercheurs : à quoi sert la recherche aujourd'hui ? ». Ce débat sera précédé d'une cérémonie de remise des prix, en présence de Mme Retailleau, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.Créateurs, curieux, innovants, les chercheurs élargissent nos connaissances et notre capacité à agir sur le monde. En 2023, la France compte 300 000 chercheurs, 74 000 doctorants, 265 écoles doctorales et 35 organismes de recherche. Nos scientifiques publient dans les revues scientifiques mondiales les plus reconnues et affichent, selon Campus France, « le quatrième indice d'impact le plus fort au monde ».Pourtant, depuis plusieurs années, dans les médias ou les réseaux sociaux, circule une véritable défiance vis-à-vis de l'activité scientifique, de ses résultats comme de ses applications. Certains redoutent un décrochage français dans la recherche mondiale. D'autres regrettent une baisse générale de la culture scientifique en France. Ces phénomènes interrogent la place qu'occupe la recherche dans la société et la capacité des chercheurs à partager non seulement les connaissances qu'ils produisent, mais aussi leurs pratiques et le sens de leur vocation.Le 14 novembre 2023, de 18 h 30 à 20 h 30, le Collège de France invite, à l'occasion d'une table ronde modérée par Caroline Lachowsky, journaliste à RFI, sept jeunes chercheuses et chercheurs issus des sciences expérimentales, des mathématiques ou des sciences humaines, tous lauréats des prix du Collège de France, pour débattre, confronter leurs expériences et leurs analyses, sur l'utilité, la finalité et le sens qu'ils donnent aujourd'hui à leurs recherches et à la recherche.Découvrir les lauréats Naveen Kanalu Ramamurthy, historien spécialiste de l'Empire mogholPrix du Collège de France pour les jeunes chercheuses et les jeunes chercheurs=> Découvrez son entretien : « La période de 1650 à 1720 est peut-être la plus controversée dans l'histoire de l'Inde. » Olimpia Cutinelli-Rendina, économisteSélim Natahi, paléoanthropologuePrix de la Fondation Hugot du Collège de France Mathilde Montaubin, chercheuse en droitBourse Anna Caroppo – Fondation du Collège de France Julien Ablain, biologiste cancérologuePrix Delheim Florent Ginhoux, biologiste immunologuePrix Lacassagne Piet Lammers, mathématicienPrix du cours PeccotLe prix de la Fondation Hugot du Collège de France 2023 a été décerné à Olimpia Cutinelli-Rendina, économiste, et à Sélim Natahi, paléoanthropologue.Le prix Delheim 2023 a pour vocation d'encourager de jeunes chercheurs en biologie à poursuivre dans les laboratoires du Collège de France des travaux visant à répondre aux grands défis posés à l'humanité. Il a été remis à Julien Ablain, biologiste cancérologue.Le prix Lacassagne 2023, qui récompense les travaux et encourage la carrière de jeunes chercheurs en biologie, a été remis in absentia à Florent Ginhoux, biologiste immunologue.Mathilde Montaubin, chercheuse en droit, s'est vu remettre la bourse Anna Caroppo – Fondation du Collège de France 2023. Cette bourse accompagne de jeunes et talentueuses chercheuses, en leur permettant de poursuivre, pendant une année, leur formation par la recherche au sein des équipes du Collège de France dans les domaines des sciences humaines.Le prix Claude-Antoine Peccot 2023 a été remis à Piet Lammers, mathématicien. Il récompense chaque année de jeunes mathématiciens, de moins de trente ans, s'étant distingués dans l'ordre des mathématiques.Le prix du Collège de FranceLe Pr Dario Mantovani remettant le prix au lauréat 2023 du prix du Collège de France : Naveen Kanalu RamamurthyLe prix du Collège de France pour les jeunes chercheuses et les jeunes chercheurs récompense l'excellence du parcours et le caractère novateur de ses contributions à la recherche publique d'un jeune chercheur. Le prix 2023 avait pour thème « Rencontres des civilisations ». Il a été remis à Naveen Kanalu Ramamurthy, historien spécialiste de l'Empire moghol, par le Pr Dario Mantovani, président du jury.Table rondeTable ronde réunissant les lauréats des prix du CdF 2023La soirée s'est poursuivie par une table ronde modérée par Caroline Lachowsky, journaliste à RFI, autour du thème « Jeunes chercheurs : à quoi sert la recherche aujourd'hui ? ». Les lauréats ont pu exprimer leur vision des liens entre recherche scientifique et société.Conclusion de la cérémonieMme Sylvie Retailleau, ministre de l'Enseignement supérieur et de la RechercheLa soirée s'est conclue par une intervention de Mme Sylvie Retailleau, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

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