
Fracasser les vitres pour être entendues | Et parfois, on gagne
Feb 25, 2026
30:40
Londres, 1er mars 1912. Des femmes élégantes sortent calmement d'un immeuble du West End. Dans leurs sacs, des pierres et des petits marteaux. En quelques minutes, des centaines de vitrines volent en éclats. Deux cents femmes sont arrêtées — et c'est exactement ce qu'elles voulaient.
Cela fait soixante-dix ans qu'elles réclament le droit de vote. Soixante-dix ans de pétitions, de lettres, de réunions polies ; rien n'a marché. Alors elles ont décidé de changer de méthode. Elles se cachent dans des tuyaux d'orgue pour interrompre les discours des ministres. Elles se jettent dans les buissons des maisons de vacances du Premier ministre. Elles s'enchaînent aux grilles de Downing Street. Elles font la grève de la faim en prison, et sont gavées de force, des centaines de fois. Elles posent des bombes. Oui, des bombes.
À côté d'elles, des dizaines de milliers de suffragistes plus modérées construisent patiemment des alliances politiques. Des tisserandes du Lancashire organisent leurs camarades dans les cours d'usine. Des hommes se font emprisonner à leurs côtés.
Qu'est-ce qui a vraiment marché, au fond ? La violence ou les pétitions ? La dynamite ou les défilés de 500 000 personnes ? C'est le débat que l'on retrouve dans toutes les luttes — et il n'est toujours pas tranché. Un épisode sur le courage, la créativité tactique, et les divisions féroces d'un mouvement qui a changé l'histoire. À écouter avant d'aller voter.
Avec :
Clémentine Beauvais, écrivaine, traductrice, enseignante-chercheuse à l'université d'York en Angleterre, autrice du Tract Pour le droit de vote dès la naissance publié chez Gallimard.
Et parfois on gagne
On a beau pester, poster, protester, voter, manifester, pétitionner… souvent on a l’impression que tout ça ne sert à rien. La vague est trop haute, la catastrophe trop certaine, les méchants trop méchants. Alors à quoi bon ? Et puis... Parfois, on gagne. Des peuples entiers conquièrent des droits nouveaux. Des collectifs font plier des États ou des multinationales. « Et parfois on gagne », c’est le récit de luttes victorieuses. Pas des contes de fées ou des légendes auxquelles se raccrocher, non. Des histoires vraies pour nous apprendre à résister, des histoires d’hier et d’aujourd’hui, avec des techniques et des stratégies, de la rage et de la joie, des doutes et des sursauts, des conquêtes patientes et de l’improvisation. Le point commun de toutes ces histoires ? Leur dimension collective. Parce que si parfois on gagne, on gagne jamais tout seul.
Un documentaire de Victoire Tuaillon, Claire Richard et Bertrand Guillot
Enregistrements
décembre 2025
Écriture
Victoire Tuaillon, Claire Richard, Bertrand Guillot
Montage
Victoire Tuaillon
Réalisation et mixage
Charlie Marcelet
Illustration
Amandine Giloux
Production
ARTE Radio en partenariat avec l'INA
Informations, archives et bibliographie sur : https://www.arteradio.com/son/fracasser-les-vitres-pour-etre-entendues
