Agnès Levallois, spécialiste du Moyen‑Orient, éclaire la résilience iranienne. Isabelle Lasserre, correspondante diplomatique, décrypte les négociations et positions internationales. Georges Malbrunot, grand reporter, rapporte les dynamiques régionales et témoignages de terrain. Le général Jean‑Paul Paloméros apporte l'analyse militaire sur options, risques d'escalade et scenarii opérationnels.
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insights INSIGHT
Timelines Politiques Peu Fiables En Temps De Guerre
Les timelines politiques annoncées ne reflètent pas la réalité stratégique des guerres modernes.
Le général Jean-Paul Paloméros souligne que déclarer une fin en 15 jours ignore la résistance iranienne, ses capacités balistiques et la logique d'usure.
insights INSIGHT
La Victoire Peut Se Mesurer À La Survie Du Régime
La perception de victoire diffère fortement entre belligérants et attaquants et peut définir la fin d'un conflit.
Isabelle Lasserre rappelle que l'Iran se considère déjà comme vainqueur s'il survit et ne se fait pas renverser.
volunteer_activism ADVICE
Proposer Une Cogestion Pour Déverrouiller Hormuz
Négocier une co-gestion d'Hormuz pourrait être une sortie pragmatique pour réduire la tension sans renverser le régime.
Le général propose une gestion partagée du détroit en échange d'engagements iraniens sur nucléaire et balistique.
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C dans l’air du 27 mars 2026 - Trump et l'Iran : cessez-le-feu ou grand bluff
Près d’un mois de guerre au Moyen-Orient, et toujours aucune accalmie. Le président américain avait évoqué au début des frappes « quatre à cinq semaines » d’opérations pour remplir son objectif d’« éliminer les menaces imminentes posées par le régime iranien » contre « le peuple américain ». Vingt-huit jours plus tard, les bombardements se poursuivent, le détroit d’Ormuz demeure partiellement bloqué, les prix des hydrocarbures flambent, l’Amérique doute de plus en plus de la conduite de cette guerre, y compris chez les conservateurs… Et alors que l’échéance approche, Donald Trump continue de souffler le chaud et le froid.
Hier, le président des États-Unis a repoussé une nouvelle fois son ultimatum contre l’Iran, cette fois au 6 avril. Donald Trump avait menacé, il y a quelques jours, de frapper les centrales électriques iraniennes en cas de non-réouverture du détroit d'Ormuz. Il a également indiqué que les pourparlers en cours se passaient « très bien », tout en se disant « prêt à déchaîner l’enfer » dans le cas où l’Iran « ferait encore un mauvais calcul ».
Parallèlement, d’importantes quantités de matériel et des effectifs significatifs sont acheminés depuis plusieurs jours vers le Moyen-Orient. Deux navires d’envergure — l’USS Tripoli (assaut) et l’USS New Orleans (débarquement) — avec 2 200 Marines de la 31e unité expéditionnaire, basée au Japon, et 2 000 soldats de la 82e division aéroportée, sont déployés. L’administration Trump répète qu’elle peut encore accentuer la pression sur l’Iran. Y compris en déployant des troupes au sol ? Ce jeudi, le média américain Axios a rapporté que le Pentagone envisagerait de porter un « coup fatal » au régime iranien. Plusieurs possibilités seraient explorées dans cette optique. L’armée américaine pourrait tenter de s’emparer de l’île iranienne de Kharg, dans le golfe Persique, sur laquelle transitent environ 90 % des exportations de pétrole du pays. D’autres sites dans cette zone seraient également dans le viseur, dans l’objectif de reprendre le contrôle du détroit d’Ormuz.
Face aux déclarations américaines, l’Iran menace également. « L’ennemi doit savoir qu’une guerre terrestre sera plus dangereuse, plus coûteuse et irréparable pour lui », a averti ce jeudi Ali Jahanshahi, commandant des forces terrestres de l’armée iranienne, cité par l’agence semi-officielle Isna. « Tous les mouvements ennemis aux frontières sont surveillés et nous sommes préparés à toute éventualité. »
Les Gardiens de la révolution intensifient leurs frappes contre les bases militaires dans le Golfe, ciblent l’aéroport de Koweït et appellent ce vendredi les civils à se tenir à l’écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient. En Europe, les services de renseignement redoutent une violence terroriste sur leur sol, alors que des attentats ou des tentatives d’attaque contre des cibles liées aux États-Unis et à Israël ont été perpétrés dans plusieurs pays ces derniers jours, notamment en Norvège et aux Pays-Bas.
Nos experts :
- GÉNÉRAL JEAN-PAUL PALOMÉROS - Ancien chef d’état-major, ancien commandant suprême de la transformation de l’OTAN - ISABELLE LASSERRE - Correspondante diplomatique - Le Figaro - GEORGES MALBRUNOT - Grand reporter spécialiste du Moyen-Orient – Le Figaro - AGNÈS LEVALLOIS - Spécialiste du Moyen-Orient et présidente de l’IREMMO, Institut de Recherche et d’Études Méditerranée Moyen-Orient