Apolline Guillot, philosophe et autrice, raconte sa retraite contemplative après un burn-out numérique. Elle explore la crise de l’attention, son héritage industriel et la marchandisation par les plateformes. Elle évoque l’ennui, la dispersion créatrice à la Montaigne et des expériences de présence diffuse au jardin.
32:10
forum Ask episode
web_stories AI Snips
view_agenda Chapters
menu_book Books
auto_awesome Transcript
info_circle Episode notes
question_answer ANECDOTE
Pannes De Présence À La Ville
Apolline Guillot raconte des pannes de présence où elle se sentait « en pilote automatique » dans le métro ou à vélo et perdait le sentiment d'être elle-même.
Ces épisodes l'ont poussée à lier son malaise à l'omniprésence du numérique malgré une utilisation smartphone « banale », et à chercher des solutions radicales.
volunteer_activism ADVICE
Tester L'Isolement Et Tenir Un Journal
Apolline Guillot a choisi l'isolement rural pendant plusieurs semaines pour expérimenter sa concentration loin des routines urbaines et des écrans.
Elle a tenu un journal de bord quotidien pour observer, noter l'ennui et tester des habitudes (yoga, réveil, limitations d'écrans) sans se juger.
insights INSIGHT
Attention Comme Ressource Industrielle
Guillot relie la crise de l'attention à l'histoire industrielle: l'attention est devenue une ressource à optimiser depuis l'ère des chaînes de montage.
Cette vision productiviste a produit une injonction morale et psychologique à « maîtriser » l'attention.
Get the Snipd Podcast app to discover more snips from this episode
La philo peut-elle nous sauver de la brain gym ?
On a tous vécu ce moment : ouvrir un bon livre… et finir sur son téléphone au bout de vingt minutes à regarder une vidéo de quelqu’un qui nettoie un tapis. Bienvenue dans votre cerveau en 2026. Sommes-nous tous en train de devenir TDAH ? Nos cerveaux sont bousillés par les GAFAM, nos capacités d’attention dissoutes dans le scroll infini, si bien que l’on pourrait parler de « crise de l’attention ». Dans cet épisode de Vivons heureux la fin du monde, Delphine Saltel reçoit la philosophe Apolline Guillot, qui propose de dégonfler la panique autour de ladite crise. Avant d’écrire, elle a commencé par fuir : en proie à un sérieux sentiment d’épuisement numérique, elle décide de s’isoler plusieurs semaines dans un coin paumé du Cher. Là, elle observe. Elle note. Elle s’ennuie comme un rat. Elle se déconcentre. Et elle tient le journal de bord très concret d’une expérience : que devient notre attention quand on la laisse — enfin — respirer ? À partir de là, elle propose un léger déplacement : et si la panique en disait surtout long sur notre époque ? Car derrière notre obsession à rester concentrés, performants, focalisés, se cache une certaine idée très moderne — et très industrielle — de l’attention, conçue comme une ressource à maîtriser et à optimiser. Quitte à culpabiliser dès qu’elle nous échappe. Du côté de Montaigne ou de la phénoménologie, la dispersion n’est pas forcément une catastrophe. C’est aussi une manière d’habiter le monde : plus flottante, plus ouverte, moins disciplinée, parfois même féconde. Une façon d’être distrait… mais pas forcément perdu. Cela ne blanchit pas les plateformes qui se disputent chaque seconde de notre cerveau disponible. Mais entre l’angoisse du cerveau cramé et les coachs en deep focus, il y a peut-être une autre voie : arrêter, deux minutes, de traquer notre attention comme une ressource en fuite. Mention : “Les Essais” de Michel de Montaigne, INA Media, Les cent livres, Collection : RTF / ORTF Bibliographie : - Hors de soi, déjouer la tyrannie de l'attention, Apolline Guillot, Philosophie Magazine Editeur, 2026 ; - L'économie de l'attention, Yves Citton, Editions de la découverte, 2014 ; - Attensité! Manifeste du mouvement de libération de l'attention, ouvrage collectif, Editions de la découverte, 2026 ; - Les Essais, Michel de Montaigne. Remerciements : Merci à Apolline Guillot et Julie Davidoux.
Enregistrements avril 2026 Entretien et montage Delphine Saltel Réalisation et mixage Anna Buy Accompagnement éditorial Mina Souchon Illustration Yasmine Gateau