Entretien enregistré le 12 janvier 2026.
Professeur agrégé de science politique, installé depuis plus d’une décennie au Kazakhstan et actuellement en poste à l’Université américaine d’Arménie, Jean-François Caron revient au micro de Contact pour interroger l’un des grands angles morts de notre époque : la fragilisation de l’esprit démocratique face à la montée des régimes autoritaires.
Dans son prochain ouvrage, The Authoritarian Social Contract and the erosion of democratic legitimacy, Caron développe une thèse dérangeante : la démocratie n’est plus jugée à l’aune de ses idéaux, mais de sa capacité à satisfaire des besoins fondamentaux. « La liberté politique n’est pas un besoin essentiel, dit-il, si la sécurité, le bien-être matériel et la liberté personnelle sont garantis. »
En s’appuyant sur des exemples allant de l’Union soviétique post-stalinienne au Salvador de Nayib Bukele, il explique pourquoi certains citoyens sont prêts à renoncer à une part de leurs libertés politiques en échange d’un État perçu comme efficace, protecteur et prospère. « Le problème de la démocratie, ce n’est pas le vote, c’est ce qui se passe entre les élections », affirme Caron, inquiet d’un climat où la contradiction devient suspecte.
Face à des modèles de « capitalisme autoritaire » qui semblent parfois plus performants, il pose une question vertigineuse : la démocratie est-elle encore compétitive — ou devra-t-elle, pour survivre, se réinventer au risque de se renier ?
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